Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

À en juger par ses questions et commentaires durant les arguments oraux sur la loi du Mississippi interdisant la plupart des avortements à partir de la 15e semaine de grossesse, le président de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, est à la recherche d’une décision de compromis. Il serait prêt à valider cette loi mais pas à liquider l’arrêt « Roe v. Wade », contrairement à au moins trois autres juges conservateurs du tribunal – Clarence Thomas, Samuel Alito et Neil Gorsuch.

L’avenir de l’arrêt « Roe v. Wade », qui permet l’avortement jusqu’à la viabilité foetale, soit entre les 22e et 24e semaines de grossesse, repose donc entre les mains des juges conservateurs Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett. Ni un ni l’autre n’a donné raison aux défenseurs du droit à l’avortement d’espérer que l’arrêt survivra, même affaibli.

Kavanaugh semble notamment avoir oublié sa déclaration à la sénatrice républicaine du Maine Susan Collins selon laquelle Roe v. Wade fait partie des précédents auxquels on ne devait pas toucher. Lors des arguments oraux, il a plutôt fait la liste des décisions majeures qui ont renversé des précédents, dont « Brown v. Board of Education », qui a déclaré inconstitutionnelle la ségrégation raciale dans l’éducation publique.

La Cour suprême devrait rendre sa décision sur la loi du Mississippi fin juin. Si elle décide de liquider Roe v. Wade, au moins 21 États conservateurs interdiront dès lors, ou peu après, l’avortement sur leur territoire, ayant déjà adopté des lois à cette fin. D’autres leur emboîteront le pas, selon l’Institut Guttmacher, à qui l’on doit le graphique qui coiffe ce billet et cet article expliquant le tout.

Les femmes vivant dans ces États et qui voudraient interrompre une grossesse devraient le faire de façon illégale ou voyager dans les États où l’avortement serait encore légal, si elles en ont les moyens. J’ai peine à croire que les républicains n’auraient pas à payer pour ce scénario digne d’un roman dystopique à l’occasion des élections de mi-mandat.

(Graphique Institut Guttmacher)

24 réflexions sur “Les États qui aboliraient l’avortement

  1. Layla dit :

    « Kavanaugh semble notamment avoir oublié sa déclaration à la sénatrice républicaine du Maine selon laquelle Roe v. Wade fait partie des précédents auxquels on ne devait pas toucher. »

    la sénatrice suite à son affirmation aurait dû lui demander et si on vous demandait d’y toucher?

    1. Haïku dit :

      Layla
      Touché !! (😉)

    2. MarcB dit :

      La sénatrice aurait aussi pu lui demander combien de bières il avait bu lors de son audition, et combien il en boira lorsqu’il siègera. 🙂

    3. Benton Fraser dit :

      Susan Collins…

      C’est quand même fou le nombre d’élus républicains qui lui ont passés dessus!

      1. gigido66 dit :

        C’est un carpette ou une paillaisson?

    4. xnicden dit :

      F*ck you Collins

  2. Pierre+Lesage dit :

    roman dystopique… lequel selon vous?

    « Blessed be the fruit »

  3. Duduche dit :

    Pour ne pas avoir à en payer le prix politique, les Républicains peuvent continuer à jouer sur les restrictions aux votes. Il sont de moins en moins en phase avec l’ensemble de la population. Sauf peut-être dans certains états plutôt « conservateurs » au point d’en devenir théocratiques.

  4. jeani dit :

    Le Texas et la Floride, où résident 50 millions d’Etats-Uniens…

    Je suis vraiment surpris.

    Ironie, bien sur!

  5. ghislain1957 dit :

    « J’ai peine à croire que les républicains n’auraient pas à payer pour ce scénario digne d’un roman dystopique à l’occasion des élections de mi-mandat. »

    Il y a 50.5% de femmes aux zétats-zunis. Et elles ne doivent pas toutes être comme Amy Coney Barrett. Les ripoux-blicains peuvent s’attendre à un retour du balancier si le Mississipi gagne sa cause.

  6. ChrisC dit :

    Payez le prix? À les voir, on pourrait croire qu’ils trouveront une façon d’imputer ça aux démocrates.

  7. el_kabong dit :

    La loi du Texas n’a pas l’air de faire « payer le prix » à qui que ce soit.

    Je n’en reviens toujours pas de la docilité des progressistes de cet état qui ne font RIEN pour la contester…

  8. Benton Fraser dit :

    Depuis le jugement Rittenhouse, les femmes pourront toujours plaider l’autodéfense!

  9. NStrider dit :

    Je ne crois pas qu’on va renverser Roe v Wade, parce que trop de citoyens sont en faveur.
    Cependant on va accepter le projet de loi débattu en disant qu’il ne remet pas en cause Roe v Wade, mais tout simplement qu’il redéfinit le moment où l’on va interdire une IVG.
    On sera à 15 semaines jusqu’à ce qu’un autre état recule encore le moment où l’IVG sera autorisé. On verra une cascade jusqu’à ce qu’on atteigne 6 semaines moment ou souvent plusieurs femmes au cycle irrégulier ne savent même pas qu’elles sont enceintes

    Comme ça Kavanaugh n’aura pas rompu sa promesse à Collins mais là décision de la SCOTUS ara le même effet.

  10. Louise dit :

    On a beau retourner la question dans tous les sens, il reste qu’une loi contre l’avortement est une loi pensée et promulguée par des hommes pour garder le contrôle sur le corps des femmes.

    Si l’avortement est permis, les femmes qui sont contre ne se feront pas avorter de toute façon.

    Les femmes qui sont pour vont recourir à l’avortement juste en cas d’extrême nécessité. Ce n’est pas une décision qui se prend à la légère parce qu’il peut y avoir des conséquences non seulement physiques mais aussi psychologiques.

    Alors pourquoi une loi contre l’avortement comme si les femmes étaient des enfants qui n’ont aucun sens des responsabilités et aucun respect pour la vie ?

    Hypocrisie et autoritarisme d’un autre âge, c’est se qui se cache derrière ce débat qui n’en finit plus.

    1. MarcB dit :

      C’est surprenant, mais l’écart entre les hommes et femmes en faveur de l’avortement est assez petit, 62% des femmes contre 56% des hommes. Donc ce n’est pas la majorité des hommes qui veulent contrôler le corps des femmes, et il y a aussi beaucoup de femmes (38%) qui veulent le contrôler.

      (j’ouvre une parenthèse, 🙂 parmis ces 38% de femmes qui interdiraient l’avortement, combien se ferait avorter si c’était elles ayant une grossesse non-désirée )

      En regardant les stats plus bas, on s’aperçoit que le split est plutôt que les gens blancs évangélistes, ruraux, peu éduqués, plus agés, sont en faveur de l’interdiction. C’est aussi ceux qui appuient Trump…

      https://www.forbes.com/sites/alisondurkee/2021/11/30/how-americans-really-feel-about-abortion-the-sometimes-surprising-poll-results-as-supreme-court-weighs-overturning-roe-v-wade/

      1. Igreck dit :

        @MarcB. « les gens blancs évangélistes, ruraux, peu éduqués, plus agés, sont en faveur de l’interdiction. C’est aussi ceux qui appuient Trump… »
        En effet car ils sont « Sous son oeil » 👀

  11. monteregien dit :

    26 États, ça fait une majorité au Sénat. Combien d’États promulgueront de telles lois en sachant que la majorité de leur population souhaite le statu quo?

  12. xnicden dit :

    « If it really is an issue about choice, why is 15 weeks not enough time? » Chief Justice John Roberts asked.

    Cité dans USA Today

    Cette question montre non seulement qur Roberts n’a aucune criss d’idée de la vie des femmes, mais surtout qu’il prêt à faire sauter le seuil de viabilité du foetus établit par Roe v Wade.

  13. Toile dit :

    Le simple fait qu’il y ait un débat sur l’avortement dépasse de loin mon entendement. Je dois être socialisss dépravé ( quoiqu’ils le sont tous). Si la balance est entre les mains de Cavenough et de la mangeuse de balustre……. on est pas sorti du bois. Si jamais cette « avancée humaine » traverse la frontière, je fais une révolution, juré craché.

    1. paixsible dit :

      Je dois être socialisss dépravé ( quoiqu’ils le sont tous).🤣🤣🤣

  14. Anizev dit :

    Est-ce que ces États peuvent d’auto-avorter des États-Unis ?

    1. Haïku dit :

      Ouch !! 😂👌

  15. Stellaire11 dit :

    Le simple fait d’obliger une femme à porter un enfant sans pour autant obliger le père à assumer le soutien financier pour cette obligation démontre l’inégalité et l’hypocrisie foncière de ces lois anti avortement.

    J’espère juste que les femmes américaines vont se réveiller à temps et flanquer une défaite sévère aux républicains.

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