Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

La Cour suprême aurait décidé de renverser l’arrêt de 1973 « Roe c. Wade » qui garantit le droit des femmes à l’avortement, selon l’ébauche d’une décision obtenue par le site d’information Politico. « Roe constituait une erreur flagrante depuis le début », écrit le juge conservateur Samuel Alito dans cette ébauche qui circule au sein de la plus haute juridiction américaine. « Son raisonnement était exceptionnellement faible, et la décision a eu des conséquences dommageables. »

« Nous estimons que Roe et Casey doivent être annulés », ajoute-t-il en faisait allusion aux deux décisions de la Cour suprême sur l’avortement, qui permettent aux Américaines d’interrompre leur grossesse jusqu’à la viabilité du foetus, soit entre les 22 et 24e semaines. « Il est temps de tenir compte de la Constitution et de rendre la question de l’avortement aux représentants élus du peuple. »

La Cour suprême était appelée à se prononcer sur la loi du Mississippi qui interdit l’avortement après 15e semaines de grossesse. L’avortement deviendrait illégal ou limité dans plusieurs États conservateurs après une décision de renverser « Roe c. Wade ».

En temps normal, les plus importantes décisions de la Cour suprême sont dévoilées dans les derniers jours de la session courante, soit à la fin de juin ou au début de juillet. Comme le rappelle Politico, les délibérations concernant ces décisions sont « fluides » et peuvent donner lieu à des changements ou à des compromis. Mais il n’était jamais arrivé avant aujourd’hui, selon le site, qu’une ébauche de décision fasse l’objet d’une fuite.

Politico croit savoir que quatre autres juges conservateurs nommés par des présidents républicains – Clarence Thomas, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett – ont voté en février dernier pour renverser l’arrêt historique. Le président de la Cour suprême, John Roberts, serait donc le seul juge conservateur nommé par un président républicain à s’être opposé à cette décision.

(Photo Getty Images)



72 réflexions sur “La Cour suprême aurait décidé de renverser l’arrêt « Roe c. Wade »

  1. Léo Mico dit :

    Une bien triste nouvelle pour les USA.
    Je me demande à quoi va ressembler ce pays dans une vingtaine d’années…

    1. Alexander dit :

      @ Leo Mico

      Pour le droit des femmes?

      L’Afghanistan.

    2. Djé dit :

      Ils vont probablement être rendus à empêcher toute forme de contraception, parce que ça non plus
      ce n’est pas prévu dans la Constitution et en plus c’est contre la religion.

  2. defi25 dit :

    Vous rappelez-vous cette photo du 24 janvier 2017? C’est à partir de cette date que le destin des femmes américaines a été scellé. The worse is yet to come! https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/jan/24/photo-trump-womens-rights-protest-reproductive-abortion-developing-contries

    1. Layla dit :

      Defi25 21:33
      Merci pour le rappel

      Le 21 janvier 2017 les femmes lui ont fait l’affront ultime en marchant, le début de la vengeance de cet enragé n’a pas tardé 3 jours plus tard sa vengeance fut marquante comme l’article que vous nous offrez en fait foi et elle n’a jamais cessé et la cour suprême va lui permettre d’assouvir sa vengeance.

      C’est d’une tristesse, la journée de la confirmation officielle si ça se concrétise sera une journée de deuil pour des milliers de femmes et d’hommes.

  3. marie4poches4 dit :

    Désolée, encore MTG mais cette fois-ci, émue de cette bonne nouvelle

    Marge Greene starts crying when she hears about Roe: “This is the best news of our lifetime.. This is a great victory for God.”

    https://twitter.com/i/status/1521301112011300864

    1. Benton Fraser dit :

      Il semble que le Dieu républicain préfère avortement par armes à feu…

      Les pro-choix de la gâchette!

      1. N dit :

        Bien dit.

      2. Dekessey dit :

        🎯

      3. Haïku dit :

        @Benton Fraser
        Malheureusement bien vu !

    2. lanaudoise dit :

      Et elle critique l’idée du système de garde subventionnée. Si l’idéal féminin est celui de Papa a raison, qu’elle montre l’exemple et débarrasse le plancher.

    3. jeanfrancoiscouture dit :

      “… This is a great victory for God.” (MTG)

      God est un vieux teigneux rancunier. Dans LA GENÈSE, de mauvaise humeur après les deux tout-nus qui lui avaient désobéi, à la femme il dit:
      «Je multiplierai les peines de tes grossesses,
      dans la peine tu enfanteras des fils.
      Ta convoitise te poussera vers ton mari
      et lui dominera sur toi.»

      Le bougre, malgré qu’il fut omniscient, n’avait prévu ni la contraception ni les péridurales et encore moins l’IVG.
      Dans le cas présent et quoiq

      1. jeanfrancoiscouture dit :

        Bon, encore le mauvais «piton». Désolé, je termine:
        Dans le cas présent et quoiqu’en dise MTG, God ne crie pas «Victory». Il prend juste sa revanche sur ceux qui lui font avoir l’air fou avec ses affaires d’enfanter dans la douleur et de cultiver un sol qui ne devait produire «qu’épines et chardons».

    4. Layla dit :

      @marie4poches 21:39

      Ce n’est pas avec des femmes comme Marjorie Taylor Greene que ce pays va cesser d’avancer à reculons.

      1. simonolivier dit :

        Pour citer les chauffeurs de bus d’autrefois « Avancez en arrière »

    5. Chanounou dit :

      @Marie4poches,

       » This is a great victory for God »…
      J’aimerais qu’on m’explique en quoi  » Dieu » agit ( ou pas) en termes de victoire….. Si il y a des victoires pour Dieu alors il y a aussi des défaites….. A moins que les guerres, les viols, la pédophilie, par exemple ne soient ses defaites mais, moi, j’y vois uniquement des actions purement humaines….
      L’homme à toujours le choix . Dieu n’est pas un magicien et encore moins une camisole de force qui nous empêche de faire des  » hommeries »….

  4. ralbol dit :

    En arrière toutes !

    Le retour des pondeuses, bobonne à la cuisine, la messe le dimanche, go, go, go !

    Kossé tu veux… Ça prend plein de nouveaux petits consommateurs pour faire rouler c’te folie la !

    8 milliards c’t’annéee, 10 milliards and bust !

    Go les singes ! Goooo !

  5. marie4poches4 dit :

    Plus on avance, plus on recule

    En 1995
    51% des répus étaient pro-vie
    42% des répus étaient pro-choix

    En 2021
    74% des répus étaient pro-vie
    22% des répus étaient pro-choix

    1. Benton Fraser dit :

      Les républicains se radicalisent depuis plus 40 ans, c’est ça tragédie!

      Ronald Reagan est le meilleur coup de Rouhollah Khomeini pour détruire l’Amérique….

  6. Félicitations aux USA….

    maintenant la mortalité des femmes augmentera à cause des avortements clandestins.. mais bon, pas grave… ce sont de mauvaises femmes de toute façon… elles tuent de bons américains…

    Quel grand pays… les Talibans en talons hauts…

    Go! Avortement interdit peu importe les raisons…
    les Femmes cesseront-elles d’avoir des relations sexuelles ? ou seront-elles satisfaites que leur utérus soit considéré comme une ressource naturelle du pays…

    Ce pays recule et en est fier… Alors félicitons-le… c’est ce qu’ils veulent, ces braves gens….

    1. Achalante dit :

      Of. La mortalité des femmes qui accouche aux États-Unis est déjà celle d’un pays du tiers-monde, particulièrement quand la femme à la peau un peu plus foncée… Alors la vie des femmes ne vaut pas grand chose, déjà.

  7. treblig dit :

    En sortant de l’université, il y a plus de 4 décennies, j’ai travaillé au ministère fédéral du tourisme. J’en ai gardé un intérêt pour les répercussions économiques du tourisme. Non, je ne suis pas HS.

    Je vous annonce la renaissance du tourisme de femmes américaines enceintes de moins de 20 semaines dans les grands centres hospitaliers de Toronto, Montréal, Vancouver… De plus, on va pouvoir leur facturer les frais d’un avortement, ce qui va être bien pour notre balance commerciale.

    Plus sérieusement, ça va être la guerre si Roe va être renversé

    1. Madalton dit :

      La constitution n’empêche pas les États de légiférer sur l’avortement. On peut penser que la majorité des États démocrates permettront l’avortement. La décision de 1973 garantissait une protection fédérale de la constitution sur le droit à l’avortement.

      Il faudrait que le sénat adopte une loi fédérale légalisant le droit è l’avortement. Je ne sais pas si ça prendrait l’approbation des 2/3.

      Au Canada, aucune loi n’a remplacé la décision de la Cour Suprême sur le droit à l’avortement en 1988. La décision a force de loi. En 1990, la Chambre des communes a adopté une loi rendant l’avortement comme un acte criminel. Le Sénat ne l’a pas adopté de justesse. Je me suis toujours demandé pourquoi Trudeau n’a jamais adopté une loi permettant l’avortement pour régler le dossier une fois pour toute. Le PLC déclare toujours que les conservateurs vont interdire l’avortement mais il ne fait rien pour l’empêcher. Je soupçonne qu’il y a plusieurs députés libéraux qui sont contre l’avortement.

      https://www.jogc.com/article/S1701-2163(19)30875-8/pdf

      1. xnicden dit :

        Personnellement je soupçonne que les libéraux ne veulent pas perdre une partie de leur électorat qui pourrait être irritée par une loi. Les élections se gagnent à la marge dans beaucoup de comtés.

  8. Bantu Steve Biko dit :

    « Mais il n’était jamais arrivé avant aujourd’hui, selon le site, qu’une ébauche de décision fasse l’objet d’une fuite. »

    …C’est quand même très grave, non?…Serait-ce un des juges républicain qui voulait célébrer ce verdict qui est à l’origine de cette fuite?…

    1. marie4poches4 dit :

      Ou peut-être l’épouse de l’un d’entre eux, comme Ginni par exemple?

      1. xnicden dit :

        Pas bête comme hypothèse.

        Le personnel de la Cour va sans doute passer au polygraphe mais une fuite d’un juge conservateur – afin de tester les réactions – est loin d’être à exclure.

    2. gigido66 dit :

      Bonne question!

  9. N dit :

    Les spécialistes sont stupéfaits de cette fuite sans pŕécédent. Exemple:

    It’s impossible to overstate the earthquake this will cause inside the Court, in terms of the destruction of trust among the Justices and staff. This leak is the gravest, most unforgivable sin.

    Il est impossible de surestimer le séisme que cela va provoquer au sein de la Cour, en termes de destruction de la confiance entre les juges et le personnel. Cette fuite est le plus grave, le plus impardonnable des péchés.

    https://twitter.com/SCOTUSblog/status/1521295411545260035?t=w-maco_IiVcWGo_MfK5F3Q&s=19

    1. Achalante dit :

      Un péché pire que l’avortement? 🤪

  10. N dit :

    On le savait qu’avec cette CS c’était mal parti .. n’empêche que d’en avoir la confirmation donne froid dans le dos.

    1. Benton Fraser dit :

      CS devient la Confederate States…

      Après 150 ans, l’esprit sudiste reprends le pas!

      1. xnicden dit :

        Quand on y pense, avec le raisonnement des «textualistes» de la SCOTUS l’abolition de l’esclavage serait passée dans le tordeur.

  11. Gilles Morissette dit :

    Si cette « ébauche » devient LA DÉCISION (ce qui est de plus en plus probable), les USA feront un pas de plus vers l’obscurantisme, le retour en arrière, le passéisme.

    Les droits des femmes retourneront quasiment à l’Âge de Pierre.

    On interdit l’IVG mais on refuse toute législation qui règlementerait un temps soit peu, l’acquisition et la possession de « guns ».

    On interdirait l’IVG sous prétexte de « protéger la vie » (!!!) » mais, en même temps, on permet la libre circulation de « guns » qui « enlève la vie ».

    Cherchez l’erreur !!

    Les Talibans » ont pris le contrôle de ce « shit hole country ».

    « Crisse de pays arriéré » !!

    Tellement content de vivre au Canada.

    On a des hivers qui n »en finissent plus, on a parfois des « morrons » qui sèment le chaos et la terreur dans le pays, au nom de la LIBÂÂÂRTÉÉ mais on a quand même une société où la pluralité, la diversité, l’inclusion sont encore des valeurs qui ont leur place.

  12. NStrider dit :

    En décembre 2021 M. Hétu avait publié un billet sur les conséquences pratiques d’un renversement de Roe v Wade.
    Une autre décision qui rapproche les États-Unis de la dystopie de la servante écarlate et d’un modèle théocratique chrétien.
    Nos voisins sont en train abandonner leur constitution comme document fondateur pour adopter la bible.
    Quelle tristesse!
    Le seul point positif que je peux voir si la décision originale est renversée c’est que ça pourrait inciter les femmes à voter en plus grande proportion encore pour les démocrates aux élections de mi-mandat.

    https://richardhetu.com/2021/12/01/les-etats-qui-aboliraient-lavortement/

    1. treblig dit :

      @nstrider

      Je suis plus optimiste que vous. Les non-religieux sont de plus en plus nombreux aus USA. En retard sur les autres pays industrialisés occidentaux certes mais leur nombre augmente ( surtout en terre démocrate il va s’en dire).

      Ce clivage entre les états pro ou anti avortement va devenir une plaie purulente. Peut-être est-ce là le début de la fin pour les religieux

      1. NStrider dit :

        Effectivement la démographie devrait éventuellement jouer en faveur des démocrates, mais je crains que toutes les législations des états républicains pour limiter le droit de vote viennent largement compenser cet avantage.
        Je vois donc plutôt ça comme la fin du début. À partir de 2022 je crains malheureusement qu’on va assister à une accélération de la radicalisation théocratique dans tous les états sous contrôle républicain parce qu’il va y avoir beaucoup moins de contrepoids au fédéral.

      2. Madalton dit :

        En 10 ans, les non-croyants sont passés de 17 à 26 % en 2019. Cependant, ils représentent 17 % des électeurs. Ils devront se mobiliser pour avoir une influence.

        On se souvient aussi qu’Obama avait fait mention des non-croyants lors de son discours d’investiture en janvier 2009. Une première.

        https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/586814/les-i-nones-i-un-electorat-grandissant-mais-ambigu

        *https://www.huffpost.com/entry/obama-touches-the-untouch_b_159538

  13. ralbol dit :

    Lysistrata, où es-tu quand on a besoin de toi !

    Probablement assise devant la 60 pouces 8k OLED 240 Hertz à regarder Sex in the City…

  14. Madalton dit :

    Donc, si ce n’est pas permis dans la constitution on vote contre. Dans le 2e amendement, on ne parlait pas d’armes automatiques et pourtant…

    Le fédéral devrait payer la pilule abortive pour celles qui en font la demande. Présentement, beaucoup de femmes du Texas commandent en ligne cette pilule.

    On devrait exiger que le père de l’enfant à naitre paie les coûts de l’accouchement et une pension alimentaire retenue à même sa paie pour être remis à la mère. Je crois que plusieurs bonhommes deviendraient pro-choix assez rapidement.

    J’ai hâte de voir, si Roe vs Wade est renversée, si l’avertissement des 3 juges qui ont prédit que la SCOTUS en paierait un prix terrible se réalisera.

    1. xnicden dit :

      Pourquoi s’arrêter à Roe v. Wade? Il pourraient appliquer la même «logique» à une contestation de l’arrêt Grisworld (contraception) et de l’arrêt Obergefell (mariage gai).

      Le texte de la Constitution et l’histoire du pays ont le dos large.

  15. Haïku dit :

    RE:
    « La cour suprême aurait décidé de renverser l’arrêt « Roe C. Wade ».
    ——————
    Voici une analyse de cette phrase en sept temps.

    1-Cour:
    « Qui est souvent à la cour du roi, finit toujours par trahir ses amis. »
    (Proverbe Africain)

    2-Suprême:
    « La simplicité est la sophistication suprême. »
    (Léonardo De Vinci)

    3-Aurait:
    « Une fois que le bateau a coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver. »
    (Proverbe Italien).

    4-Décidé:
    « Le jour n’est fait que de ce que la nuit a décidé. »
    (Proverbe Anonyme.)

    5-Renverser:
    « Avec une volonté de fer, une souris peut renverser un éléphant. »
    (Proverbe Tibétain).

    6-l’arrêt:
    « Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être à l’arrêt. »
    (Proverbe Chinois).

    7-Uh oh:
    « J’espère que je n’ai pas insulté personne. »
    (Haïku 😉)

    1. Mona dit :

      @Haïku 👌😊 … où les mots apaisent les maux !

      1. Haïku dit :

        @Mona
        Gracias !

  16. marie4poches4 dit :

    22 états ont déjà des lois ou amendements en place qui leur permettront d’interdire l’avortement le plus rapidement possible.

    Alabama—
    Arizona—
    Arkansas—
    Georgia—
    Idaho—
    Iowa—
    Kentucky—
    Louisiana—
    Michigan—
    Mississippi—
    Missouri—
    North Dakota—
    Ohio
    Oklahoma

    1. marie4poches4

      tous des états qui baignent dans le développement économique et l’émancipation sociale… une croissance pour tous, dans tous les domaines…

      de hauts lieux d’évolution qui font l’envie de plusieurs sur cette planète….

  17. Les USA sont vraiment le pays de « la fuite »….

    tout coule dans les journaux … tout…. politique, finances, poursuites, justice, showbiz, police…

    tout coule d’une source anonyme… mais là on parle de la Cour Suprême… ça devient « facile » de deviner qui est le/la responsable…
    Quand même fou de se dire que même la Cour Suprême coule ses prochaines décisions dans les médias…
    Un pays sans éthique… de plus en plus totalitaire…. dysfonctionnel….

    c’est quand la dernière loi votée qui a eu un impact positif pour les citoyens du pays?? Faut quasiment reculer à Clinton!!!
    C’est quoi la dernière loi aux USA qui a fait avancer les droits humains???

    Depuis l’arrivée de G.W Bush ce pays recule… chaque Président a cédé un peu de droits, a négligé l’environnement, a laissé trainer des causes et des dossiers sociaux…

    depuis les USA sont en chute libre… la vitesse s’accélère de plus en plus, de reculons, comme si le moteur n’était plus assez fort pour gravir la montagne…

    on ne peut pas dire que c’est la folie d’un seul homme comme en Russie… non, c’est la société tout entière qui donne ce recul…. ils sont une meute qui grossit, un peu, chaque fois… c’est une folie sociétale ….

    une auto-destruction en directe….

    1. xnicden dit :

      «c’est quand la dernière loi votée qui a eu un impact positif pour les citoyens du pays?? Faut quasiment reculer à Clinton!!!»

      Obamacare?

      1. xnicden dit :

        Je ne nie pas qu’il y a eu des reculs significatifs depuis les Bush. Cela dit quand les démocrates ont la chance ils essaient de faire avancer les choses.

        En espérant que la leçon soit retenue pour les mid-terms.

  18. xnicden dit :

    «La sénatrice Susan Collins est demandée à la réception. Susan Collins».

  19. marie4poches4 dit :

    Déclaration de Pelosi et Schumer

    Joint Schumer/Pelosi statement: “Every Republican Senator who supported Senator McConnell and voted for Trump Justices pretending that this day would never come will now have to explain themselves to the American people.”

    Washington, D.C. – Senate Majority Leader Chuck Schumer and House Speaker Nancy Pelosi issued this statement following media reports of a draft Supreme Court decision overturning the landmark Roe v. Wade ruling:

    « If the report is accurate, the Supreme Court is poised to inflict the greatest restriction of rights in the past fifty years – not just on women but on all Americans.

    « The Republican-appointed Justices’ reported votes to overturn Roe v. Wade would go down as an abomination, one of the worst and most damaging decisions in modern history.

    « Several of these conservative Justices, who are in no way accountable to the American people, have lied to the U.S. Senate, ripped up the Constitution and defiled both precedent and the Supreme Court’s reputation – all at the expense of tens of millions of women who could soon be stripped of their bodily autonomy and the constitutional rights they’ve relied on for half a century.

    « The party of Lincoln and Eisenhower has now completely devolved into the party of Trump. Every Republican Senator who supported Senator McConnell and voted for Trump Justices pretending that this day would never come will now have to explain themselves to the American people. »

    https://twitter.com/AndrewDesiderio/status/1521329437127630848?s=20&t=pN63QFwWgYsLDDx5JsgT-g

  20. Apocalypse dit :

    @Léo Mico – 21:30

    ‘Je me demande à quoi va ressembler ce pays dans une vingtaine d’années…’

    Les Etats-Unis sont un pays sur le déclin, d’ici deux ou trois décennies, on risque fort de voir autre prendre la place. 🤔

    On peut se demander pendant encore combien de temps des états démocrates sont endurés le joug de la droite, des conservateurs. Un pays à la merci de la minorité et pire, une minorité qui ne vit pas au 21ième siècle. 🤦‍♂️😢

  21. Apocalypse dit :

    Si c’est effectivement la décision que va prendre cette Cour Suprême, attendez-vous à toute une levée de boucliers dans les états démocrates.

    La plus haute Cour de ce pays qui décide de ce que va faire la femme avec son corps, du « ça ne s’invente pas » à la puissance 1000. 🤮

    Nous ne sommes plus dans le déclin, mais carrément dans la décadence. Au plus vite, tout ce pays sur le divan d’un psy ASAP.

  22. Micheline dit :

    Fox news doit être en feu 🔥

  23. Apocalypse dit :

    @marie4poches4 – 23:32

    Merci!

    Si c’est effectivement la décision de la Cour Suprême, c’est bien beau les déclarations outrées des démocrates, mais peuvent-ils faire quelque chose?

    On parle d’une décision qui va toucher drastiquement la vie de millions de femmes et en effet, elle vient d’un groupe de gens qui n’est pas élu par le peuple; ils le sont indirectement par les politiciens, mais reste qu’on parle d’une décision extraordinairement importante avec de sérieuses ramifications sur la vie de millions d’américaines… 😰

    1. Achalante dit :

      Le fédéral pourrait passer une loi légalisant l’avortement, plutôt que de « déléguer » ce droit à la constitution. Si les Républicains du Sénat ne l’empêchent pas, évidemment.

  24. Toile dit :

    Malgré les multiples signaux à cette fin, mon cerveau n’arrive pas à concevoir l’impensable. Vous aie je déjà dit que j’ai en sainte horreur ces mangeux de balustres, ceux là même qui vous imposent leurs vues dites « divines » dans la gorge? Ils ont investit les lieux de pouvoir de l’état de droit pour y substituer l’état divin. Ainsi donc le genre féminin, dont la représentativité équivaut au genre masculin, n’a plus son mot à dire sur son corps, gracieuseté d’autres femmes faut il le dire aussi.

    L’argumentaire selon lequel il est temps de tenir compte de la constitution c’est comme dire on bannit l’électricité ou le téléphone parce que ca n’existe pas au temps des pères fondateurs ou bedon que l’instruction des femmes est une chose superflue vue qu’elles sont destinées à enfanter! Vive les nouveaux talibans de l’Amérique du nord. Ca se peut tu être aussi arriérés? Réponse courte: oui.

    Et que fera t on des femmes qui oseront l’avortement et des hommes qui prêteront assistance. Des hors la loi passibles du bucher populaire sinon des institutions carcérales. Comptez sur les législations des 22 états déjà prêts. 22 sur 50, rien de moins. Certes pas les plus populeux ni les plus développés mais tout même.

    C’est Morgentaler qui doit se retourner dans sa tombe.

    Je ne décolère pas de tant de stupidité. N’ayez même pas l’idée de traverser la frontière par le nord, je vous fait un ramdam du maudit, promis. C’est pas vrai que les cavernes et casseroles seront nos prochaines destinées après tant de luttes.

  25. Mona dit :

    C’est un long article de Courrier International mais il m’a paru tellement précurseur des combats qui se profilent .

    « Entretien. “Donnons aux femmes le pouvoir d’avorter par elles-mêmes”

    THE NEW YORK REVIEW OF BOOKS – 06 mars 2022 06:11

    De plus en plus reconnu, l’avortement par médicaments est une révolution libératrice pour les femmes, affirme Rebecca Gomperts. Cette militante pionnière évoque ses combats et l’accès à l’IVG à travers le monde, alors que la Cour suprême américaine semble prête à annuler le droit constitutionnel à l’avortement.

    [Article mis à jour le 3 mai à 9h30.]
    Le droit à l’avortement est gravement menacé aux États-Unis. La Cour suprême n’a pas invalidé une loi texane [en vigueur depuis septembre] qui permet à n’importe qui, n’importe où dans le pays, d’intenter un procès pour “complicité” d’avortement réalisé au Texas. C’est un texte qui, dans les faits, met hors la loi quasiment tous les avortements dans cet État. À l’été 2022, la Cour suprême va aussi se prononcer sur une affaire susceptible d’annuler ou de transformer radicalement l’arrêt Roe v. Wade, qui a légalisé en 1973 l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sur tout le territoire des États-Unis [le 2 mai, la fuite d’un document de travail a indiqué que la Cour suprême s’apprêtait à annuler cet arrêt].
    Aujourd’hui, les militantes féministes doivent se préparer à un avenir dans lequel beaucoup moins de femmes américaines pourront accéder à un avortement légal et sans danger dans l’État où elles résident. Certaines cherchent des stratégies pour aider les femmes à interrompre leur grossesse en toute sécurité, en dehors du système de santé.
    Elles peuvent s’inspirer de Rebecca Gomperts.
    Gomperts compte parmi les militantes du droit à l’avortement les plus radicales au monde, même si ce n’est pas l’idée qu’elle se fait d’elle-même. Elle se présente comme une médecin qui a fait serment d’aider celles et ceux qui le nécessitent. C’est à ce titre qu’elle procure un avortement sans danger aux personnes qui en ont besoin, que leur État l’autorise ou non.

    De Women on Waves à Women on Web

    Née au Suriname, elle a grandi aux Pays-Bas et a fait des études d’art conceptuel avant de se réorienter vers la médecine. Pendant ses premières années d’exercice, elle a navigué autour de l’Amérique latine avec Greenpeace comme médecin et militante écologiste, et elle a été témoin du lourd tribut que paient les femmes en raison d’avortements dangereux. En 1999, elle a créé Women on Waves [“les femmes sur les flots”], un centre mobile d’IVG installé sur un navire, qui se déplaçait au large de pays où l’avortement est strictement limité et qui distribuait des médicaments abortifs aux femmes démunies.
    Voulant aider plus de gens, elle a ensuite fondé l’ONG Women on Web en 2005, qui s’appuie sur la télémédecine et Internet pour prescrire du misoprostol et de la mifépristone – le traitement en deux étapes qui déclenche un avortement sans danger – et indiquer la marche à suivre afin que tout se passe bien et que partout dans le monde il soit possible d’avorter en privé, chez soi. En 2018, Rebecca Gomperts a lancé une autre initiative, Aid Access, [une société basée en Autriche] qui travaille en coopération avec des prestataires d’IVG aux États-Unis afin d’envoyer les médicaments abortifs par courrier, dans le contexte de plus en plus restrictif de ce pays.
    Aid Access a déclenché un conflit avec le gouvernement de Trump et l’Administration fédérale de l’alimentation et du médicament (FDA). Quand la FDA a envoyé une mise en demeure à Gomperts, aujourd’hui installée en Autriche, elle a refusé d’obtempérer. Quand le ministre américain de la Santé Alex Azar a bloqué des versements à destination d’Aid Access et saisi ses colis, Gomperts a intenté un procès au ministre et à la FDA. Depuis que Biden est au pouvoir, les relations avec la FDA ne sont plus les mêmes. En décembre 2021, cette administration a annoncé autoriser de façon permanente l’envoi de médicaments abortifs par voie postale.
    Jill Filipovic : Comment êtes-vous passée de Women on Waves à Women on Web ? Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
    Rebecca Gomperts : Après la première campagne maritime, surtout lors du passage en Irlande, nous avons reçu de nombreux courriels venus du monde entier, adressés par des femmes enceintes ; elles voulaient savoir quand le bateau passerait près de chez elles. Mais nous n’étions même pas propriétaire d’un navire, on se contentait d’en affréter un. On s’est dit qu’il fallait s’y prendre autrement : ce ne sont que des comprimés, les envoyer par voie postale était donc envisageable. Nous avons fait des recherches juridiques approfondies afin de trouver une méthode durable et légale, et nous avons identifié des brèches dans la législation. C’est comme ça qu’est né Women on Web, en 2005.
    Quelles sont ces brèches, en général ?
    Ce qui est intéressant, c’est que [le misoprostol et la mifépristone] sont de simples médicaments et qu’ils figurent sur la liste des médicaments essentiels tenue par l’Organisation mondiale de la santé [qui recense les médicaments auxquels les systèmes de santé devraient donner accès, partout dans le monde]. On peut vivre quelque part et commander des médicaments ailleurs, pour sa consommation personnelle. Ces comprimés ne sont pas illégaux, car ils peuvent être prescrits pour toutes sortes de motifs. Avaler ces comprimés n’est pas non plus contraire à la loi ; c’est seulement quand les femmes sont enceintes qu’elles font potentiellement quelque chose d’illégal.
    Il est aussi très difficile de prouver que quelqu’un a volontairement fait une fausse couche. Or ces comprimés abortifs déclenchent pour ainsi dire une fausse couche, et dans les cas très rares où quelqu’un a besoin de soins médicaux dans cette situation, il n’est pas possible de prouver que c’était un acte délibéré. En revanche, nous savons que dans certains pays les médecins exercent une forte pression sur les femmes pour leur extorquer une “confession” et leur faire dire qu’elles ont pris des médicaments pour déclencher un avortement.
    Sur le plan administratif, Women on Web a son siège au Canada, et il n’existe dans ce pays aucune loi sur l’avortement qui interdise ce que nous faisons. Les médecins qui travaillent pour Women on Web le font dans des pays où il est légal de prescrire ces médicaments à distance.
    J’ai vu que vous étiez en conflit avec certains membres du gouvernement de Trump à ce sujet. Maintenant que la FDA a amendé sa réglementation sur les médicaments abortifs, est-ce que votre plainte contre la FDA n’a plus de raison d’être ?
    Non, ça ne résout pas tout, mais ça résout en effet la question de la télémédecine.
    Je pratique les IVG par télémédecine depuis maintenant seize ans. Nous avons été les premiers à le faire. C’est une incroyable aventure qui nous a menés à une reconnaissance officielle, attestant que c’est une intervention acceptable, sans danger et préférable pour les femmes. Il faut bien comprendre que les femmes qui font appel à la télémédecine se trouvent dans deux types de situation : en position de force, ou en position de faiblesse.
    Les femmes qui sont en position de force préfèrent la télémédecine, car elles savent que tout peut se passer chez elles ; elles veulent être dans un environnement familier et avec la personne de leur choix au moment où la fausse couche a lieu. Mais celles qui sont en position de faiblesse ne peuvent pas accéder aux services de proximité. Les obstacles peuvent être financiers, liés à des violences intrafamiliales ou à tout autre facteur très concret. Et la télémédecine répond aux besoins de ces deux catégories de personnes.
    Pouvez-vous expliquer en quoi l’accès généralisé au misoprostol a changé les services proposés par les militantes du droit à l’avortement et les prestataires d’IVG ?
    C’était vraiment très fort de participer à cette révolution depuis le début. Mon travail a commencé en 1999. Le misoprostol était à disposition dans certains pays, notamment en Amérique latine, mais très peu de femmes savaient qu’il servait à l’avortement. À cette époque, il y avait une fracture entre les professionnels de santé et les féministes : de nombreux médecins n’étaient pas favorables au misoprostol – en particulier des médecins féministes, car beaucoup étaient convaincues que c’était décharger les praticiens de toute responsabilité. Selon ces médecins, il fallait procurer des avortements au lieu de rejeter la responsabilité sur les femmes.
    Nous avons raisonné autrement. D’après nous, il pouvait être libérateur pour les femmes de se prendre en charge. Les organisations féministes étaient du même avis. Les formations réalisées par les organisations féministes ont vraiment changé la donne : elles ont transmis la connaissance aux femmes, comme il se doit. Il a été fascinant d’assister à cette révolution, qui s’est développée et amplifiée dans toute l’Amérique latine. De très nombreux groupes en ont formé d’autres, et le réseau clandestin qui achète les comprimés et les fournit aux femmes s’est aussi développé. En Afrique, ça s’est passé un peu différemment, mais dans des pays comme l’Indonésie et le Pakistan, où nous avons aussi formé des organisations de femmes, nous avons observé la même transformation.
    J’imagine que même parmi les Américains qui défendent le droit à l’IVG, beaucoup pourraient avoir des réserves sur l’idée de “mettre l’avortement entre les mains des femmes”. Pourquoi pensez-vous que la transition vers la télémédecine et l’avortement médicamenteux est sans danger, efficace et nécessaire ?
    C’est sans danger. Des millions de femmes ont suivi cette procédure. Elle comporte moins de risques que les antidouleurs en vente sans ordonnance. On recense plus de décès à cause d’overdoses ou d’allergies au paracétamol que de décès liés à des avortements médicalisés. C’est une combinaison de médicaments très, très bien tolérée. Les femmes accouchent seules ou avec l’aide d’une autre femme depuis des siècles, et l’avortement précoce est moins difficile et dangereux que de donner naissance, ça ne fait aucun doute – c’est vraiment beaucoup plus sûr. Aux Pays-Bas, une femme sur 20 000 meurt des suites de l’accouchement ; lors d’une fausse couche, c’est moins d’une femme sur 1 million.
    Avec la nouvelle loi texane, qui autorise tout citoyen des États-Unis à porter plainte contre les “complices” d’un avortement, craignez-vous une responsabilité ou vulnérabilité juridique ?
    Je ne travaille pas aux États-Unis. Je suis une médecin immatriculée en Autriche, c’est en Autriche que je pratique la médecine. Je respecte toutes les lois en vigueur en Autriche et, surtout, je respecte le serment que j’ai prêté. C’est très simple : quand des personnes ont besoin de soins médicaux impératifs et urgents, le médecin n’a pas le luxe de répondre “Je ne vais pas vous aider.” C’est tout le sens de notre formation. Il existe de nombreux traités internationaux relatifs aux droits fondamentaux qui protègent l’accès des femmes aux soins, et l’avortement sans danger y est expressément mentionné. Ces textes prévalent sur les lois locales si elles sont contraires au droit qui protège les droits humains. C’est tout ce que je suis tenue de respecter.
    Dans quelles régions du monde observez-vous des avancées en matière de droit et d’accès à l’avortement ?
    Il y a honnêtement des avancées partout, sauf aux États-Unis. Non, ce n’est pas tout à fait vrai : il y a d’autres pays qui posent de vraies difficultés. La Pologne, par exemple, mais aussi la Hongrie, la Turquie et la Russie. Et ils ont en commun des problèmes avec l’État de droit et plus généralement la démocratie. Ce sont des pays où la démocratie est mise à mal dans tous les domaines.
    Quand la démocratie est plus solide ou que la tendance politique est à la démocratisation, ainsi que dans les pays plus respectueux des droits humains, il y a toujours un mouvement vers la légalisation de l’avortement – c’est ce qu’on voit en Irlande, en Irlande du Nord, à Gibraltar, en Thaïlande. La Corée du Sud a légalisé l’avortement, l’Argentine a légalisé l’avortement, le Mexique a légalisé l’avortement [et la Colombie récemment]. C’est aussi symptomatique d’une tendance dans ces pays. Les droits des femmes sont un indicateur caractéristique de la direction qu’emprunte une société.
    Quel est le lien entre les droits des femmes et un mouvement démocratique ou, au contraire, antidémocratique et autoritaire ?
    Dans les pays limitant l’accès à l’avortement, tous les droits sont enfreints ou sapés. En Hongrie, il n’y a plus de presse indépendante. L’ensemble des médias est sous le contrôle de personnes ou d’entreprises favorables au pouvoir en place, ou directement sous la mainmise du gouvernement. Ça ne se limite donc pas aux droits des femmes, ce sont toutes les libertés qui sont concernées.
    En Russie, en Pologne et en Hongrie, on observe aussi l’influence de mouvements eurocentristes et pronatalistes : ils veulent la naissance de plus de bébés blancs et ils cherchent à y parvenir en contrôlant le corps des femmes, qu’ils instrumentalisent à des fins politiques. S’ils forcent les femmes à avoir des enfants contre leur gré, ils maintiennent des gens dans la pauvreté. Et les pauvres n’ont pas de voix, ils n’ont pas leur mot à dire.
    En ce qui concerne l’accès à l’avortement aux États-Unis, avez-vous une idée de ce qui risque d’arriver, surtout dans les États conservateurs ?
    De nombreux Américains n’ont pas forcément en tête que les problèmes d’accès existaient déjà. L’IVG a un coût, c’est parfois 650, 800, 900 dollars. Et pour une personne qui vit sous le seuil de pauvreté, ce sont des sommes inaccessibles. Et même s’il y a des fonds d’aide, ils ne couvrent qu’une partie du déplacement ou de l’intervention, et jamais 100 % des frais réels. L’accès à l’avortement était déjà très problématique, en particulier chez les populations vulnérables.
    Interdire l’avortement a d’autant plus accentué l’injustice sociale, car les femmes qui peuvent se le permettre iront dans un autre État, et celles qui n’en ont pas les moyens subiront les conséquences de la loi. Il existe déjà aux États-Unis un immense marché clandestin [de médicaments abortifs], que ce soit par l’intermédiaire d’organisations féministes ou par d’autres moyens. On trouve du misoprostol sur Internet. Les femmes peuvent déclencher un avortement médicamenteux par elles-mêmes, et ce n’est pas dangereux, c’est pourquoi je ne pense pas que l’on reviendra à la situation d’avant Roe v. Wade, c’est-à-dire des femmes qui mouraient à cause d’un avortement réalisé avec un cintre ou dans d’autres conditions sordides.
    Le problème, ce sont plutôt les avortements tardifs. Les avortements médicamenteux peuvent avoir lieu facilement et en toute sécurité, à domicile, pendant le premier trimestre. Après douze semaines, le risque est un peu plus élevé, mais même dans ce cas il est possible de réaliser un avortement sans danger avec des médicaments. Dans les courriels que nous recevons, nous avons surtout noté la difficulté de trouver les médicaments à temps, afin de les prendre avant treize semaines.
    Les algorithmes de Google, par exemple, changent tout le temps et font que les services comme Aid Access et Women on Web sont plus difficiles à trouver, car Google met d’abord en avant les sites officiels des pouvoirs publics. Par conséquent, nous avons déjà vu des personnes chercher à déclencher des avortements en se laissant tomber dans les escaliers, en prenant des surdoses de vitamine C ou d’autres médicaments, ce qui ne fonctionne pas et peut être funeste. Ça existe déjà.
    Avez-vous connaissance d’initiatives pour faire pression sur des entreprises comme Google et Facebook, afin qu’elles mettent mieux en avant les informations médicales exactes et utiles sur l’avortement médicamenteux ?
    Absolument. YouTube et Facebook ont banni Women on Web à de nombreuses reprises, mais nous l’avons toujours contesté, et comme nous avions accès aux médias, nous avons pu trouver des solutions. C’est le cas le plus simple. L’algorithme de Google est un peu plus mystérieux et n’est problématique que depuis la pandémie de Covid-19 : ils cherchaient à rendre plus difficiles d’accès les informations non scientifiques sur le Covid. Mais c’est extrêmement compliqué à combattre, car personne ne comprend vraiment comment fonctionnent les algorithmes. Ce sera peut-être le sujet d’un futur procès. Les gens ne se rendent pas compte que Google filtre notre accès à l’information.
    Se renseigner sur ces médicaments est moins compliqué que savoir où les trouver. Le fonctionnement des algorithmes fait qu’il est très difficile de savoir où obtenir ces médicaments.
    Quel type de surveillance ou de supervision médicale est nécessaire pour réaliser soi-même un avortement médicamenteux ?
    Il n’en faut pas beaucoup, mais il faut avoir les bonnes informations : comment prendre les médicaments et quand solliciter une prise en charge médicale, s’il y a des complications. C’est tout. Et c’est très facilement accessible – ce sont des connaissances très précises que nous avons cumulées au fil des ans et que l’on ne lit pas sur les sites Internet qui vendent ces médicaments. De bons renseignements et une supervision médicale peuvent, dans certains cas exceptionnels comme les grossesses extra-utérines, sauver des vies. Mais ce traitement médicamenteux ne devrait pas être uniquement disponible sur ordonnance. Il devrait être vendu librement.
    Dans des pays comme les États-Unis et la Hongrie, que doivent faire les femmes aujourd’hui pour se préparer, se protéger et se défendre ?
    Les gens doivent bien sûr se mobiliser pour contester ces régimes, mais ce n’est pas si facile et leurs mesures sont déjà en place. Selon moi, il faut veiller à diffuser le plus possible d’information sur l’avortement médicamenteux et à faire des stocks de comprimés. Procurez-vous le plus possible de comprimés. Et accrochez-vous pour la suite.
    Vous voulez dire que les femmes devraient avoir du misoprostol et de la mifépristone chez elles, qu’elles soient enceintes ou non ?
    Absolument. La durée de conservation de la mifépristone est très longue. Donc oui, achetez-en et gardez tout ça à portée de main.
    Quels enseignements les féministes et les défenseurs du droit à l’avortement aux États-Unis peuvent-ils tirer de votre travail ?
    Ce que j’ai trouvé très intéressant, au fil de notre travail avec des organisations dans le monde entier, c’est qu’il y a au départ beaucoup d’autocensure et de craintes, car les lois sont souvent peu claires et les gens ont peur des procédures judiciaires – surtout aux États-Unis. Se débarrasser de cette autocensure est crucial. C’est quand on conteste publiquement ces lois qu’on se rend compte qu’il n’y a pas de raison d’avoir si peur. Les personnes qui sont généralement visées par la loi sont les plus vulnérables, celles qui n’ont pas de réseau pour les soutenir. Mais si vous êtes entourées et que vous travailliez ensemble, vous pourrez accomplir beaucoup de choses qui paraissaient inimaginables. »

    1. Toile dit :

      Interessant le lien entre états démocratiques et accès à l’avortement et plutôt inquiétant le rôle des algorithmes de Google. Merci pour le lien.

    2. Ziggy9361 dit :

      Rien ne va plus, les États-Unis sur la même longueur d’onde que la Hongrie. Les Zétas s’assurent d’avoir la main mise sur les décisions et responsabilités qui sont normalement dévolue aux parents ,en plus de privé les femmes du droit chèrement acquis de disposer de son
      corps comme elle l’entend.
      Pour ce faire leur plan à consisté à paqueter la cour suprême de juge acquis à leur vision d’une Amérique Blanche, et en laissant les législatures
      des différents états republicains faire la job de bras en s’empressant de soumettrent les femmes en particulier au loi de leur Dieu,et en tentant de privé leurs enfants d’une éducation complète et factuelle de leur temps.

    3. Chanounou dit :

      @Mona,
      Moi, ce qui me sidère , ce sont toutes ces lois qui sont édictées, provoquent des tollés , des manifestations mais qui finalement ne concernent pas ceux qui manifestent : la loi du mariage pour tous, par exemple, ne concerne finalement que les homosexuels, En quoi les hétérosexuels sont-ils concernés et de quel  » droit » manifestent-ils contre? PER-SON-NE ne les oblige à épouser quelqu’un du même sexe, que je sache? Ils peuvent tout à fait continuer à contracter un mariage hétérosexuel comme des milliards de gens sur cette Terre….
      De quoi je me mêle???

      Idem pour l’avortement…. En quoi cette loi oblige-t-elle les femmes qui le souhaitent à avorter? Toutes celles qui souhaitent garder l’enfant en gestation , fût-il le fruit d’un viol ou d’un inceste , PEUVENT le faire ! Il ne s’agit que d’une POS-SI-BI-LI-TE pour celles qui le souhaitent de le faire ds de bonnes conditions sanitaires… Rien de moins, rien de plus….
      Qui sont ces gens qui veulent régenter la vie des autres ? Pour qui se prennent-ils? De quel droit? Encore une fois » de quoi je me mêle » ?….

      Ça me rappelle le gigantesque coup de gueule poussé en Conseil d’école ds ma 1ere école dans les années 70 ( enseignement catholique sous contrat- que des garçons….) suite à l’annonce que le père Machinchose allait venir assurer les cours d’éducation sexuelle….!!!!
      Oh P******, du haut des mes 20-23 ans, je suis partie en vrille, martelant que le Père Machinchose avait fait VOEU de ne JAMAIS savoir ce qui se passait ds un lit entre un homme et une femme et que à ce titre, il n’avait AUCUNE légitimité pour l’affaire et que, s’il intervenait dans ma classe de 5e ( ca doit être une 7e au Quebec), je me réservais le droit de lui poser toutes les questions possibles , y compris les plus crues devant les gamins…, et en particulier sur les menstruations et leurs douleurs, l’orgasme féminin tout comme sur l’épisiotomie…Le lendemain, en salle des profs, j’ai relaté lincident haut et fort à qui voulait l’entendre….

      Et vous savez quoi? Il n’est jamais venu…..Ni Machinchose ni un autre…..
      Ils savaient fort bien que sur ce genre de sujet, j’étais absolument incontrôlable et surtout, que au regard de la loi française, il eût été im-pos-si-ble de me licencier pour un pareil motif….!
      Et ils ont fait appel à des médecins et autres psys et para-medicaux…., beaucoup plus qualifiés et que j’ai accueillis sans sourciller dans ma classe, même si leur discours était un brin conservateur à mon goût !

      C’est un peu comme si les automobilistes s’opposaient à une loi protégeant les cyclistes ou les piétons! ..

      1. jeanfrancoiscouture dit :

        @Chanounou: «Moi, ce qui me sidère , ce sont toutes ces lois qui sont édictées, provoquent des tollés , des manifestations mais qui finalement ne concernent pas ceux qui manifestent »

        Vous avez raison. Il y a trop de ces gens qui s’imaginent que ce sont leurs prétendues «valeurs» qui devraient avoir préséance et être imposées à tout le monde.
        C’est la même chose pour l’approche face à la fin de vie. Pourquoi ceux qui prétendent qu’il faut tolérer la souffrance qui accompagne trop souvent la fin d’une vie veulent-ils imposer leur vision des choses à autrui? Cela est d’autant plus intolérable que, personne n’a demandé à venir au monde. Si, à mon grand déplaisir, je n’ai rien eu à voir avec ma venue, on pourrait au moins me cr****r patience avec le choix de l’heure et de la manière de partir. 👻

      2. Mona dit :

        @Chanounou 👍🥰 Bravo c’est grâce à cette résistance et à cette prise de risques que nos acquis et nos droits sont défendus. Merci Chanounou.

  26. Toile dit :

    Ma lecture est un peu bornée dans la volonté de la droite religieuse. On veut exclure tout écart à la bible qu’il s’agisse d’avortement, d’homosexualité, ou de pratiques sexuelles qui ne mènent pas à la procréation, le tout dans le cadre d’un mariage homme/femme, la norme quoi! C’est ainsi que la volonté de Dieu s’exprime: point de salut pour les infidèles. Bien sur une grossesse issue du tabou de l’inceste n’a même pas valeur de considération morale. Endure ton péché la p’tite. Endure les thérapies de conversion. On va te remettre dans le droit chemin que tu le veuilles ou pas.

    Les croisades sont bel et bien commencées. Restera à instaurer une police des moeurs, ce que certains états ont déjà prévus via la délation outre frontières de leur état. Bingo, l’état taliban. Z’aucune différence.

  27. Mona dit :

    Aucun de nous tous n’est à l’abri de cette alliance entre inquisiteurs, fondamentalistes, directeurs de conscience autoproclamés et bêtes immondes … qui se prennent pour dieu !

     » Éducation. Des affiches antiavortement dessinées à l’école créent la polémique au Canada
    COURRIER INTERNATIONAL – 2 mai 2022

    C’est un cours d’art plastique pas comme les autres qui s’est déroulé au sein de l’école St. Patrick’s Catholic Elementary School, située à Woodstock, au Canada. L’organisation d’un concours de pancartes antiavortement a créé la polémique auprès des parents d’élèves et des associations qui militent pour le droit à l’avortement.

    La colère gronde chez les parents d’élèves d’une classe de la St. Patrick’s Catholic Elementary School. En effet, leurs enfants se sont vu demander un devoir particulier : la création de pancartes antiavortement. Rachelle Lynn Dixon, mère d’une élève de 13 ans, a confié à la CBC que sa fille a reçu pour instruction “d’incorporer les mots ‘les bébés non nés comptent’ dans son affiche”.

    En plus de récolter une note pour ces pancartes, il est prévu que ces dernières soient présentées à un concours organisé par l’association antiavortement “Oxford County Right to Life”, avec à la clé une somme d’argent allant jusqu’à 150 dollars. Choqués par ce devoir, certains parents ont décidé de changer leurs enfants d’école dès la prochaine rentrée.

    “Cela fait partie du programme de sixième”
    Suite aux plaintes de nombreux parents, le London District Catholic School Board (le conseil scolaire) a justifié cette activité en arguant qu’elle faisait partie du programme. Ainsi on peut lire dans Newsweek que, selon la déclaration, ce cours “s’inscrit dans le programme de religion de la sixième : les élèves apprennent les positions de l’Église catholique sur le caractère sacré de la vie et devront réaliser une affiche sur le sujet”. Mais, pour les parents, cette justification n’est pas la bienvenue. Rachelle Lynn Dixon a déclaré à la CBC :

    “Ils n’en ont pas parlé aux parents et ne donnent pas aux enfants le moindre aperçu de la position opposée concernant cette question. C’est une école catholique mais elle est financée par la population. Cette école élémentaire demande aux enfants de chercher des images d’avortement sur Google.”
    Intervention des organisations religieuses
    Selon la Abortion Rights Coalition of Canada, il n’est pas rare de voir des organisations religieuses intervenir dans les établissements canadiens. Radio-Canada relate les propos de la coalition : “Des organisations religieuses sont parfois invitées dans les écoles canadiennes pour donner des cours d’éducation sexuelle ou pour promouvoir leurs opinions antiavortement.” Des interventions difficiles à encadrer car elles sont souvent faites à l’initiative individuelle d’enseignants ou de membres de la direction des écoles.

    Pour Joyce Arthur, directrice générale de la Abortion Rights Coalition of Canada, ces pratiques sont “inacceptables” :

    “Ils font affaire avec un organisme politique externe antiavortement qui fait la promotion d’idées qui violent les droits des femmes et des personnes qui peuvent tomber enceintes. Ensuite, ils offrent un prix en argent aux élèves, ce qui est très manipulateur. J’estime qu’il s’agit d’une violation de la liberté de conscience des élèves”. »

    1. Madalton dit :

      Les dirigeants du conseil scolaire, le directeur de cette école ainsi que l’enseignant devraient être congédiés.

      1. Mona dit :

        @Madalton oui.
        Le problème est que ces idées d’un autre âge font leur chemin, trouvent leur porte-voix et ont leurs relais. Et que les populistes de tous pays s’en emparent allègrement !

  28. Toile dit :

    J’ai comme la vague impression que la commission scolaire devrait se faire ramasser royalement sur la légitimité de son programme. Suffit pas de prétendre que ça fait partie de son programme pour considérer la chose comme une lettre à la poste.

  29. Guy Pelletier dit :

    Ça fait un bon moment que le parti Républicain est tombé dans l’extrémisme et n’a plus rien à voir avec celui de Lincoln et Eisenhower. La victoire seule compte, le respect du corps et des droits des femmes ils en n’ont rien à cirer de même que des minorités leur prochaine cible.

    Ils viennent de s’assurer les votes des évangélistes chrétiens qui branlaient dans le manche et des latinos de fervents pratiquants religieux. Raz de marée prévisible en faveur des Républicain pour l’élection de mi-mandat de cet automne d’autant qu’il n’y a pas de leader fort et populaire chez les Démocrates pour les contrer!

    Malheureusement ça risque d’avoir des répercussions ici-même avec la montée de la droite de la droite, du vote des immigrants latinos et autres immigrants fervents pratiquants religieux TOUTES religions confondues de plus en plus recherché par les partis, assurons nous que ça n’arrive pas………………..

  30. Richard Dufour dit :

    « À cause de » ou « grâce à »

    Si la loi anti avortement amène le bonheur chez les enfants à la base non désirés par les futurs parents, on dira, c’est grâce à nous, si non, si les enfants ne le sont pas heureux, ça sera, c’est à cause de nous.

    Et c’est bien là tout le drame qu’engendre cette question sociale, que l’on soit pour ou contre l’avortement il y aura du bonheur ou du malheur chez les parents et/ou les enfants.

    Alors, peut on objectivement aller au fond de cette question?

    Quelle est la partie subjective d’un jugement comme Roe c Wade?

    Je repose la question autrement, est-ce que la loi USA, par extension canadienne, possède tous les articles légaux pour en arriver objectivement, et seulement, à un règlement final sur cette épineuse question qu’est le droit à l’avortement?

  31. Richard Dufour dit :

    Pour finir mon idée dans le présent, il est écrit

    « qu’une ébauche de décision fasse l’objet d’une fuite. »

    Une ébauche de décision Hé bin!

    Je ne comprend pas, y aurait il différents scénarios?

    Si c’est le cas la CS flaire telle le vent?

    Si c’est toujours le cas, la loi, est-ce utile?

    Je répète, je ne comprend pas qu’il soit possible pour la CS des USA de spéculer d’une éventuelle décision sur un éventuel procès?

  32. Daniel Legault dit :

    Moi, j’ai envoyé une lettre de remercîment à Monsieur Harper de m’avoir politisé. Depuis ce temps, je donne mon avis dans ma famille contre les conservateur. Et je continu, car je me méfie d’eux sur l’Environnement, les droits des Femmes en particulier et nos droits en général.

    Un gouvernement doit se baser sur la science et non sur la Bible.

    Et en pire: certaines personnes croient que Trump a été un bon président et que c’est un exemple à suivre.

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