Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

L’histoire remonte un soir de janvier 1995. Michael Cox, jeune policier de Boston, participe à la poursuite policière à haute vitesse de deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans un meurtre. En tenue civile, il se trouve à la tête d’une file de plusieurs auto-patrouilles. Arrivé à un cul-de-sac, il descend de sa voiture et se met à courir après un des suspects. Puis, stoppant un moment devant une clôture que vient de franchir le suspect, il reçoit derrière la tête un coup violent qui le projette au sol. Et les coups continuent de pleuvoir sur sa tête et d’autres parties de son corps. Ce sont des policiers qui le passent à tabac, ayant pris leur collègue afro-américain pour un des suspects. Quand ils s’aperçoivent de leur erreur en voyant l’écusson de Cox, ils l’abandonnent sur place.

Aujourd’hui âgé de 57 ans, Michael Cox vient d’être nommé chef de la police de Boston par Michelle Wu, la mairesse progressiste de cette ville. Il n’aurait sans doute jamais pensé à une telle promotion durant les années qui ont suivi son tabassage, qui l’a laissé avec des lésions rénales, une commotion et les séquelles durables d’un traumatisme. En récupérant de ses blessures, ce natif de Roxbury, quartier noir de Boston, a d’abord été étonné de ne recevoir aucune excuse, puis choqué de réaliser qu’aucun des quelque 20 policiers ayant participé à la poursuite n’avait rapporté avoir vu l’assaut dont il avait été victime.

Près d’un an après l’attaque, Michael Cox s’est résolu à intenter une poursuite contre la ville et plusieurs policiers, faisant valoir que ses droits civiques avaient été violés. Quatre ans plus tard, quatre policiers ont été virés mais aucune accusation criminelle n’a été portée contre eux, les enquêteurs n’ayant pas été capables de briser la loi du silence qui régnait au sein de la police de Boston. Au bout du compte, Cox s’est vu accorder une somme de 1,25 million de dollars en dommages-intérêts. Mais il aura été auparavant ostracisé par ses collègues, il aura reçu des appels téléphoniques de menace et les pneus de sa voiture auront été crevés à plusieurs reprises.

Il aurait pu alors quitter la police de Boston. Il a choisi d’y rester, servant pendant 15 ans parmi le personnel de commandement du service, notamment au sein des affaires internes et des opérations, de même qu’à titre de superviseur de l’académie de police de Boston. Il n’a jamais voulu devenir un symbole de la lutte contre la brutalité policière, mais il dit avoir toujours cherché à comprendre cette culture qui amène des policiers à protéger leurs collègues brutaux ou criminels.

En 2019, il a quitté Boston pour diriger le service de police d’Ann Arbor, au Michigan. Son retour à Boston se fait donc par la grande porte. Lors de l’annonce de sa nomination, Michael Cox a déclaré que l’histoire de son passage à tabac n’était « pas différente des incidents qui se sont produits dans tout le pays à l’encontre des Noirs et des Latinos en général ».

« Après cet incident, j’ai eu le choix entre démissionner ou rester, et j’ai choisi de rester, parce que je crois en un travail de police respectueux de la communauté », a-t-il ajouté. « Et je sais que les hommes et les femmes avec lesquels je travaille croient aussi en cette même chose. »

En racontant l’histoire de Michael Cox, le New York Times note que la femme du policier avait été conduite à l’hôpital dans les heures qui suivirent le passage à tabac de son mari par des policiers. Quand elle leur demanda ce qui était arrivé, un des policiers lui répondit que son mari avait glissé sur une plaque de glace et était tombé sur la tête.

Quant à Michael Cox, il a plus tard souligné que son tabassage marquait la quatrième fois depuis son embauche par la police de Boston où des collègues le prenaient pour un suspect.

(Photo The Boston Globe)

53 réflexions sur “L’incroyable histoire du nouveau chef de police de Boston

  1. Marc dit :

    C’est un pays gangrèné. Mais quel bout amputer?

    1. garoloup dit :

      La tête, bien sûr!

    2. Daniel Beaumier dit :

      Le nôtre est gangréné par un préjugé contre les francophones qui mène au génocide culturel de ceux-ci, mais qui fait avant toute chose l’unité de la majorité du pays autour de la haine qu’ils ont envers la minorité dont ils ont peur.

  2. Haïku dit :

    Un certain aspect de son épreuve passée me rappelle le film  » Serpico ».

  3. marie4poches4 dit :

    Je suis pas capable de ramasser ma mâchoire et mes bras qui sont tombés par terre….

    1. Pierre Belley dit :

      Moi non plus.

  4. garoloup dit :

    Je serais porté à croire que ses collègues savaient très bien qui il était. Sinon ils ne l’auraient pas laissé là, blessé!

    1. Bartien dit :

      Il s’est fait faire le coup 4 fois….bande de sales racistes

      1. lanaudoise dit :

        Exact. Par la suite, il a opté pour des travaux plus administratifs. Question de ne pas se faire tabasser une autre fois., et vraiment pas par hasard.

  5. racisme systémique de 1 er degré… hallucinant… et évidemment, aucun état n’a pensé « former » les policiers pour contrer ce jugement de jambon d’attaquer ou de tuer les gens noirs dans des situations de stress….

    racisme systémique total et ancré depuis des siècles dans leur cervelle…

    ce pays se refuse toujours de se regarder dans un miroir pour trouver les solutions… non, ce pays opte pour trouver un coupable et ainsi ça lave les « péchés » de tous les autres…

  6. Apocalypse dit :

    « Incroyable », sans doute un euphémisme pour une histoire surréelle.

    Michael Cox, « I like him! » 🙏

    On lui souhaite bonne chance dans ses nouvelles fonctions et pourquoi pas, changer cette satanée mentalité chez les policiers de faire des bêtises – parfois bibliques – et de tout vouloir cacher sous le tapis.

    1. garoloup dit :

      Traditionnellement, ce sont des Blancs d’ascendance irlandaise qui forment en grande partie le corps policier de Boston…

  7. monteregien dit :

    Je viiens de terminer la série « We Own This City » sur HBO. Assez désespérant. Quelle est la solution ?

  8. Et ca c’est ce qui arrive a un policier.
    Imaginez ce qui arrive a la population non blanche.

  9. Apocalypse dit :

    @marie4poches4 – 16:16

    Je suis bien d’accord!

    C’est une histoire hallucinante!

    En tout cas, ce Michael Cox, en voilà un qu’on ne pourra accuser d’abandonner et de manquer de caractère; un bel exemple à suivre.

  10. marlo63 dit :

    On ne peut que saluer sa résilience et son courage. Rien ne laisse présager que cette entrée par la grande porte laisse entrevoir des jours faciles. Mais je crois en cette attitude positive : peut-être que justement, il sera cette personne qui saura convaincre ses pairs que la violence n’est pas la solution à tout! Il devrait rencontrer Fadi Dagher, le chef de police de Longueuil.

  11. Apocalypse dit :

    @garoloup – 16:18

    « La tête, bien sûr! »

    🤣

    En effet, on veut être CERTAIN qu’on va résoudre le problème.

  12. Carl Poulin dit :

    Comme policier qui travaille dans un pays où les armes circulent librement, je comprends mais n’excuse pas ce genre de réactions de violence défensive.

  13. Layla dit :

    Ils ont plaidé quoi? Que lui et sa voiture correspondaient au signalement de la personne soupçonnée de meurtre bizarre cette histoire en plus ils l’abandonnent sur place.

    Aucun des rapports de police ne signalaient cette attaque.

    Cette histoire me dit que le Comité 1/6 et le Congrès doivent aller au fond des choses avec les services secrets et briser cette loi du silence.

    1. lanaudoise dit :

      Non, curieusement, il y avait beaucoup de monde, mais personne n’a rien vu.

  14. Il a été chanceux dans sa malchance : la plupart du temps, les policiers tirent quand ils voient du Noir.

  15. REMI GUITARD dit :

    Un pays dont l’emblème sur le drapeau devrait arborer un champ de coton, des esclaves et un arbre au bout du champs servant à les fouetter et les pendre. Dans un contexte ou les républicains veulent rayer la période de l’esclavage de leur histoire, ils ne reconnaitront jamais le racisme systémique dans le pays. Des indices que les mi mandats profiteront au GOP et la montée de la droite extrémiste ne permettent pas d’être positif à court terme. Il est très préoccupant de voir qu’encore aujourd’hui des citoyens mourront convaincus qu’ils sont d’une race supérieure et qu’il faut mépriser et/ou tuer les autres. En ce qui concerne ceux qui meurent aujourd’hui, le combat doit continuer et cette nomination sensibilisera peut-être les enfants et les jeunes. Pour les autres, Michael Cox devra continuer à combattre ceux dont la haine est gravée dans leur ADN. Le racisme est la pierre sur laquelle l’empire américain à bâti sa nation et certains déséquilibrés semblent y croire encore.

  16. Loufaf dit :

    Les racistes dans le service de police doivent être dans leurs p’tits souliers.
    Ce sera assez difficile d’ en passer une vite au chef. Demande de transfert en vue….
    En tout cas, c’ est une bonne nouvelle et particulièrement pour la population noire de Boston.

  17. Avoir été pris pour un suspect ??? Une fois, c’est déjà douteux mais 4 FOIS ?… Jamais. C’était clairement prémédité et ce, peu importe la raison. Couleur de peau ou autres.

  18. C’est vrai qu’un uniforme de police ressemble a des vêtements de citoyens. La méprise était de mise, c’est évident !

    1. Richard Hétu dit :

      Il était en tenue civile, comme souligner dans le billet.

  19. Mona dit :

    Si il survit, et j’espère qu’aucune balle perdue n’écoutera sa carrière, il sera ce contre-exemple que l’on attendait : survivant, déterminé, engagé dans des forces armées, dirigeant … presque toutes les qualités que les Blancs racistes s’attribuent 😉
    Je suis curieuse de voir comment il va vraiment être obéi par les groupes extrémistes de la police de Boston.

  20. Darth Smart dit :

    « . . . il dit avoir toujours cherché à comprendre cette culture qui amène des policiers à protéger leurs collègues brutaux ou criminels. »

    Moi aussi, ça me dépasse. Un crime reste un crime, même si c’est un collègue ou un ami qui le commet. Quand un policier voit un collègue agenouillé sur le cou d’une victime inerte, il doit intervenir. Quand il voit un collègue inactif quand des enfants se font massacrer dans une classe, il doit intervenir. Ne serait-ce que pour dire « stop ! ça suffit » ou «  woah ! ce n’est pas ce qu’il faut faire ». Je ne comprends toujours pas, moi non plus.

    1. Ce n’est pas étranger à ce qui s’est passé à Uvalde : les policiers se protègent d’abord, pas seulement individuellement, mais collectivement. Tes collègues sont ceux qui peuvent te protéger, et s’ils sentent que tu ne fais pas la même chose pour eux, ils vont te mener la vie dure.

    2. Bob Inette dit :

      Le premier devoir du membre d’une institution est de protéger l’institution à laquelle il appartient.
      À leurs yeux, l’institution sera toujours plus importante que le bien-être du commun des mortels !

  21. lanaudoise dit :

    Son histoire était bien racontée dans le Boston globe d’il y a dix jours. Il a persisté était-il écrit à plusieurs reprises. Cela va faire vraiment changement, un président de l’union de la police de Boston ayant été récemment condamné pour pédophilie, fait connu de ses collègues depuis 1995!, il s’est ainsi permis d’abuser et du père et de sa fille, un genre de suite dans les idées.

    Pour en revenir à Michael Cox, ce n’était pas la première fois que M. Cox se faisait battre par ses collègues. C’était la quatrième! Un de ses bourreaux a même réussi à rester dans la police de Boston, malgré plusieurs crimes, et reçoit un salaire de $244,000. Pas mal pour un délinquant.

    Cox is the man of the moment
    Boston’s new police commissioner, brutalized by colleagues three decades ago, is exactly the leader the BPD needs right now
    By Yvonne Abraham Globe Columnist,Updated July 13, 2022, 7:28 p.m.

    Already, it is one of the most remarkable Boston stories ever.

    A Black undercover police officer is beaten half to death by fellow officers who mistake him for a murder suspect, then leave him without medical care when they realize what they’ve done. He spends years trying to hold his attackers accountable, staring down intimidation, overcoming a massive coverup, and refusing to be hounded out of the job he loves.

    Almost three decades later, he is named to lead the force.

    On Wednesday, Mayor Michelle Wu introduced Michael Cox, now 57, as the city’s next police commissioner, surely the most extraordinary and improbable appointment in that department’s — or perhaps any police department’s — long and checkered history.

    Cox’s story, as a victim of its brutal, racist, and dishonest side, embodies all that is wrong with the Boston Police Department. In his brave refusal to give in to his abusers, he embodies its best. As BPD’s new leader, he signals the potential for transformation. Given a fair chance and the right circumstances, he could be a historic leader for the city.

    Who better to lead the force at this long overdue time of reckoning in policing and racial justice than someone who has seen his colleagues at their worst, yet still believes in what cops can be at their best?

    “There isn’t another candidate for this office who has experienced police violence and racism the way Michael Cox has,” said Tom Nolan, a former Boston police lieutenant and an expert on policing who worked with Cox when he came on the job in the late 1980s. “He is the leader we need in this moment.”

    The most intriguing thing about Cox is his faith. Even after he was brutalized by some colleagues and mistreated by others, he stayed committed to the force then and in the decades since. In the months after the attack, that faith was misplaced: Cox kept quiet and waited in vain for those who beat him to come forward and apologize, he told former Globe reporter Dick Lehr and others who have written about his ordeal. But the blue wall of silence shot up: Dozens of officers who were on the scene that night filed remarkably similar reports claiming they’d seen nothing. Their superiors seemed reluctant to investigate.

    Cox eventually brought state and federal suits to hold responsible those who had beaten him. In court documents, Cox said he had been subjected to similar brutality by his colleagues who had mistaken him for a suspect three times before the 1995 attack. After he sued, he was harassed with threatening calls, his tires were slashed, and he became a pariah on the job.

    The city eventually settled with Cox for $1.3 million. It took years for the officers who took part in his beating to be disciplined. Cox, meanwhile, stuck it out and moved up the ranks. He worked in mostly administrative positions, because, Nolan said, “there was the very real possibility that he could come to some harm at the hands of fellow officers.”

    Now Cox will have direct control over the culture that did him so much harm.

    Whether he can transform it is the question.

    “The culture has been broken for decades,” Nolan said.

    Obviously, policing in general is better, and the force more diverse and accountable, than it was 30 years ago. But the BPD is still prone to reflexive secrecy, as the Globe’s strenuous, months-long efforts to extract information about disgraced former officer, union chief, and sexual abuser Patrick Rose laid bare.

    And it is still nearly impossible to move most cops who shouldn’t have badges — let alone guns — out of the department, given the strength of the union and the use of arbitration, which overwhelmingly favors officers accused of misconduct.

    Exhibit A in that respect is David C. Williams, one of the officers eventually fired for beating Cox on that cold Mattapan street in January 1995. In 2005, an arbitrator decided that Williams had been unfairly terminated, even though he had lied in his account of that night. He got his job back, plus $550,000 in back pay.

    In 2012, the BPD fired Williams again, this time for putting a man in a choke hold on a North End Street in 2009 (The department did not properly investigate the incident until the victim filed a federal lawsuit, winning a $1.4 million settlement). Williams appealed that firing too, and yet again, an arbitrator ruled he should get his job back.

    Now a detective, Williams earned $244,000 last year, according to city records.

    As of next month, he works in his victim’s police department. Williams and the rest of BPD’s problems are now Cox’s to solve, and they’ve bedeviled many a predecessor. To make any headway, he will need his own leadership team, made up of trusted colleagues who share the belief that public safety and social justice should not be mutually exclusive goals. And he will need the unrelenting trust and backing of the mayor who made the inspired choice to appoint him.

    Cox will also need the support of communities whose faith in the police is more shaken than ever. His career hasn’t made him a public figure in town like a Willie Gross or a Bill Evans, who often showed up at community events and crime scenes. Cox must start working on those ties right away, and to forge them he must do something he has long been loath to do: Talk about his experience as a victim of police brutality, what he sacrificed to hold those who hurt him accountable, and why he still has faith in the force.

    With his appointment, we have arrived at an extraordinary moment. If Cox succeeds, his story — and Boston’s — will be one for the ages.

    1. Layla dit :

      @Lanaudoise 17:49

      J’avais lu qu’il avait été tabassé trois fois après cette attaque, mais non c’est trois fois avant… 🤦‍♀️

      1. lanaudoise dit :

        il a bien dû faire encore plus attention après!

  22. lanaudoise dit :

    Toujours dans le Boston globe: Deux de ses agresseurs sont toujours dans la police de Boston! En effet:

    In the pre-dawn darkness of 1995, Officer Michael Cox became a crime victim — at the hands of fellow Boston police officers
    By John R. Ellement and Ivy Scott Globe Staff,Updated July 13, 2022, 11:45 p.m.

    Boston Police Officer Michael A. Cox talked to the media about the night he was attacked and beaten by other police officers in 1995 on Oct. 29, 1998

    Early on a Wednesday morning, amid one of the most violent criminal periods in Boston’s long history, Boston Police Officer Michael A. Cox ran into a dead-end Mattapan street after a murder suspect. Moments later, Cox, dressed in plainclothes, was pummeled by fellow officers who mistook him for the wanted man and beat him unconscious.

    “I felt a real sharp blow on the back of my head. . . . It felt like a metal pipe, or, you know, very hard object,” Cox, who is Black, testified during a federal trial in 1990s. “I started to look up and the person kicked me in my face, in my mouth in particular. He was a white male and he had on what looked like a uniform.”

    “I was hit many, many times, it seemed like all at once, in different parts of my body . . . my head, my back and my face. Mostly my upper trunk. But it seemed like there were several people hitting me all at once,” Cox testified after the brutal attack, according to earlier Globe coverage.

    It would take Cox, then a veteran plainclothes officer, six months to recover from the beating. And his fellow police officers would spend years trying to cover up what happened.

    Today, officers in some departments are required to report crimes committed by colleagues. But no such standard existed on Jan. 25, 1995, when Cox was attacked.

    There were two unwritten rules among Boston police officers back then: Punish any officer who pursued a complaint against a colleague, a stance that was ruthlessly enforced against Cox and his family. Following the incident, Cox’s tires were slashed and his family received numerous hang-up telephone calls at night, the Globe reported. Second was the perpetuation of a “code of silence” among colleagues. It was rare for anyone to talk to department investigators about who got hurt and why.

    In Cox’s case, he spent years fighting his own department in state and federal courts, demanding to know who harmed him, and insisting that those who attacked him should not continue to represent the city with a gun and a badge.

    The Globe Spotlight Team reported in 1997 that of the nearly two dozen officers required to file reports about what they saw or heard that night, not one said they witnessed an attack on Cox, or even saw him injured.

    Boston Police Commissioner Paul F. Evans eventually disciplined four officers — James Burgio, David C. Williams, Ian A. Daley, and then-Sergeant Robert A. Dwan. But that did not take place until 1999, four years after the attack. None of the officers ever faced criminal charges.

    During a civil rights jury trial in US District Court, Williams and Burgio were found liable for violating Cox’s rights by using excessive force to subdue him, and for their indifference to Cox’s medical needs. Burgio also was found liable for assault and battery on Cox, but not responsible for intentional infliction of emotional distress.

    Daley was found liable for ignoring Cox’s medical needs, but not liable for the beating and allegedly ignoring the assault, the Globe has reported.

    The only police officer at the scene that morning who faced criminal charges was Kenneth M. Conley, who also rushed down the dead end known as Woodruff Way at the same time as Cox. Conley, who always insisted he did not see the attack on Cox, was prosecuted in federal court for perjury in 1998. He was convicted and sentenced. But he was allowed to remain free, pending appeals. His conviction was overturned by two different federal judges.

    Conley, who was acquitted by the jury in a civil trial, later rejoined the department and is now a sergeant detective, according to city records.

    Stephen A. Roach, one of the Boston attorneys who represented Cox during his years of litigation against the city, the department, and the officers who beat him, applauded Wu’s decision.

    “I think the city of Boston has finally made a very, very intelligent decision as to who should be the commissioner of the city of Boston Police Department,” he said in a phone interview Wednesday. “My feeling is if this hadn’t happened to him originally, I think he probably would have been a commissioner before this. You can quote me on that.”

    The morning that Cox was attacked began with a murder inside a Grove Hall restaurant that led to erroneous reports that the victim was a police officer.

    Four suspects drove off in a gold Lexus pursued by several agencies, among them Boston police — including then-gang unit member Michael Cox and his partner — at speeds reaching 90 miles an hour, the Globe reported.

    The Lexus finally came to a stop on dead-end Woodruff Way in Mattapan and the suspects jumped out of the car. Cox ran down the dead-end street and was climbing a fence after one of those four men when he was pulled back and pushed to the ground, then battered to the point of unconsciousness.

    Rushed to a Boston hospital that morning, Cox was treated for egg-sized contusions on his head, multiple lacerations on his face and lips, a concussion, and kidney damage, the Globe reported.

    None of the reports prepared by officers for the homicide investigation made any mention of the beating of Cox, or the fact that a fellow officer was injured seriously enough to warrant hospitalization, the Globe reported.

    “This is a homecoming for me… [and] a fairly emotional moment,” Cox said Wednesday. “It was a tough time but the reality is I love public service, and part of my healing process was [asking], what do I want to do with my life? And I thought, you know what, I’m not going anywhere…. I don’t know how to fix this, but I’m gonna stick around and see if I can figure it out, and that’s what I did in so many ways.”

  23. Encorutilfaluquejelesus dit :

    « les textos des services secrets supprimés par erreur »!

    « le passent à tabac, ayant pris leur collègue afro-américain pour un des suspects »!

    C’est juste moi ou je me sens idiot?
    Pour nous faire croire à des idioties pareilles, il faut nous prendre pour des idiots!
    Et pour nous prendre pour des idiots pareils, il faut être sacrément idiots!

    Voilà que je me sens déjà moins idiot!!!

  24. lanaudoise dit :

    J’ai particulièrement aimé ce portrait du nouveau chef:

    Fighting the blue wall of silence, Cox persevered
    By Dick Lehr Globe Correspondent,Updated July 13, 2022, 8:33 p.m.

    After his lawsuit was settled, Michael Cox stayed with the Boston Police Department.

    Before anyone knew the names of George Floyd, Michael Brown, Tamir Rice, and too many others to count, before police treatment of Black Americans triggered a national movement, Michael Cox felt the fury of police officers brutalizing a Black man, and the callous indifference of the blue wall of silence.

    The fact that Cox was one of their own, a fellow Boston police officer, was more than a bitter irony for what transpired on that cold January night in 1995. It was evidence that whatever gains made since the civil rights movement, too often race remained a deciding factor — sometimes to the point of life and death — when it came to crime and justice.

    Cox, then 29 and a member of the force’s anti-gang unit, was working in plainclothes, wearing jeans and a hoodie, when officers mistakenly took him for a fleeing murder suspect. They beat and kicked him unconscious on a dead end in Mattapan, one of the worst known cases of police brutality in the city’s history.

    Worse, he was abandoned that night on the street, and again by his own department when investigations went nowhere, as officers succumbed to the gravitational pull to lie that is the hallmark of a blue wall of silence. No one came forward to identify Cox’s assailants even though dozens of officers were involved in the chase . The incident reports those officers filed described police everywhere but at the scene of the beating itself. The assailants stayed silent, and the official explanation for Cox’s injuries became that he had slipped on ice.

    Wu picks a police commissioner who knows the worst about the BPD, yet stuck with it
    In the pre-dawn darkness of 1995, Officer Michael Cox became a crime victim — at the hands of fellow Boston police officers
    The beating became Exhibit A in a police culture gone wrong, of lies and coverup, which I reported extensively about, first as a member of the Boston Globe Spotlight Team and later for a book. But what also makes the case remarkable is Michael Cox himself. After being pummeled to the point where his two young sons did not recognize him, he remained a member of the Police Department.

    Who could have blamed him for walking away? Instead, he stayed.

    Not only that, in true-blue fashion, he initially expected justice from within. The excessive force was not acceptable but mistakes made in the heat of the moment were understandable. So he waited during months of recovery for his beaters to apologize.

    But when none came, and when there was no accountability, he took a stand. Teaming with attorneys Stephen A. Roach and Robert S. Sinsheimer, Cox took on Mayor Thomas M. Menino, the Police Department and Commissioner Paul Evans, and a handful of officers in a federal civil rights lawsuit. For that, he was victimized again, shunned by some in the department and even, at times, terrorized. More than once his tires were slashed and he received anonymous, threatening phone calls late at night at his Dorchester home.

    He stayed the course, though, and won a verdict against several officers. And then the city settled his other claims: $900,000. With Cox, it never seemed to be about the money, but about justice and accountability. Verdict in hand, he easily could have walked away once again. And who would have blamed him? But, again, Cox stayed, winning promotions and committing to changing toxic parts of policing from within.

    Mike Cox grew up in Boston on Winthrop Street just outside of Nubian Square (then Dudley Square). His father owned a landscaping business and his mother worked as a wire sorter at Raytheon. From early on, from knowing some of the officers who worked his neighborhood beat, the young Cox dreamed of being one of them. It’s what he aspired to — being a police officer in the city where he was born and raised.

    And by the mid-1990s, the tall, athletic Cox was living his dream, married to a fourth-year medical student and with two young boys and living in a brick house on Supple Street. Teamed with Craig Jones in the gang unit, the two became known by some street hustlers as the “Jump Out Boys” for the way they came up fast in their unmarked car to interrupt a drug deal or other wrongdoing.

    During my years of reporting about his case, others on the force would tell me they thought Cox possessed the right stuff to be police commissioner some day — integrity, fairness, and humility. Qualities that might well have been beaten out of him that nightmarish moment in Mattapan. Except they weren’t, and now Cox is back, his story running full circle, taking the top job some had once predicted for him.

    1. Encorutilfaluquejelesus dit :

      @ lanaudoise

      J’me tape tout ça et je vous reviens! 😉

      Sans rancune aucune! Je vous lis souvent et vous apprécie!

  25. ralbol dit :

    Y’a quelques années, à l’ère CyberPresse de ce blogue, je m’étais fait pitcher des tomates verbales pour avoir osé écrire que les américains vivaient dans une culture intrisèquement raciste.

    Merveilleux de voir comme les temps ont changé… on est à peu près tous d’accord !

    C’était pareil pour les questions de réchauffement climatique, et les droits des LGBTQ.

    Reste à souhaiter que les mentalités évoluent assez vite pour solidifier la couche du vernis de la civilisation sur le gros singe épais… avant son extinction…

  26. nefer111 dit :

    Les PIRE criminels porte un badge et du bleu !!!
    Hé ben … Je pensais pas que Scorsese était aussi près de la réalité quand il a réalisé THE DEPARTED …
    #AACAB pour « Almost All Cop Are Bastard » 🤷🏻‍♀️

    1. Haïku dit :

      @nefer111
      RE: le film « The Departed »…
      ———-
      Excellent parallèle !

  27. Toile dit :

    Tout même fascinant, façon de parler, qu’après toutes ces années, tous ces meurtres gratuits, de cette violence face aux non blancs, on en soit presque rendu au même point que la pensée esclavagistes. Ah bien oui, suprématie blanche oblige, une horreur toujours vivante. La politique de l’omerta a la vie longue dans le corps policier américain ( ailleurs aussi mais moins pour des questions raciales)

    Tombé sur la glace ! Aie faut être épais rare inventer une telle raison. Tout le reste de son corps meurtri prouve l’impossibilité de la chose.

    On vous souhaite longue vie, vous en aurez besoin.

    1. Ben oui, des lésions rénales, il faut mal tomber en titi.

  28. chrstianb dit :

    HS
    Ça concerne les séquelles de la tuerie de Uvalde. De plus en plus tarés…
    «Le district scolaire de Dallas, comme d’autres au Texas, a adopté lundi de nouvelles mesures de sécurité à la suite du massacre d’Uvalde en mai dernier : à compter de l’année scolaire 2022-2023, une grande partie de ses élèves devront utiliser des sacs à dos transparents ou en filet à l’école.
    Ces nouvelles règles s’appliqueront aux élèves de la 6e à la 12e année — de la dernière année du primaire à la dernière année du secondaire, donc. Les autres types de sacs ne seront plus autorisés.»

    *https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/735516/les-eleves-de-dallas-devront-porter-des-sacs-a-dos-transparents

    1. Haïku dit :

      @chrstianb
      Quoi !?!?!?
      Non mais…….. oufff.
      C’est une connerie extrêmement stupide.

    2. Les gens qui possèdent un AR-15 peuvent-ils porter n’importe quel sac à dos ?

      Les professeurs sont des groomers, et les élèves sont des tueurs. Le laxisme envers les armes à feu, rien à voir. Le formation des policiers, rien à voir. Les portes, par contre… N’importe quoi pour ne pas mettre en cause le 2e amendement.

      Et il y en a en même temps pour promouvoir les armes chez les élèves. La NRA sera pas contente si les élèves ne peuvent pas apporter une arme d’assaut. La meilleure défense contre un mauvais élève avec une arme, c’est un bon élève avec une arme.

      Les élèves ont le dos large, c’est le cas de la dire.

    3. Les sacs à dos transparents c’est pour étouffer le tueur. Les sacs en filet c’est pour le prendre au filet. C’est songé.

    4. ralbol dit :

      Et pas de nouvelles règles pour les policiers..?

      C’est l’fun, lors de fusillades, les policiers vont pouvoir regarder le sang emplir les sacs transparents des enfants, histoire de passer le temps en attendant que ça se tasse !

      Chu méchaaaaant !

    5. Nefer111 dit :

      Après la prochaine tuerie c’est les vêtements qui devrons être transparent … 🤦🏻‍♀️

  29. Haïku dit :

    Puisque ce billet concerne un nouveau chef de police,
    pourquoi pas une pause musicale/vidéo pondue par le groupe ‘The Police’/ »Wrapped Around Your Finger ».

    L’extrait vidéo du concert met surtout en scène l’extraordinaire batteur/percussionniste Stewart Copeland,
    membre fondateur du groupe.

    https://youtu.be/mmBdz1txGSo

  30. Gilles Morissette dit :

    L’histoire de M. Cox est avant tout l’histoire d’un Service de police gangrèné par le racisme, l’intolérance, le fanatisme envers la communauté Afro-Américaine.

    Il a fallu beaucoup de cran, de détermination, de conviction à M. Cox pour continuer à faire son boulot de policier.

    Le fait qu’il retourne à Boston, là où s’est passé son passage à tabac et qu’ils en deviennent le patron est un juste retour des choses.

    Maintenant qu’il est le grand patron, il pourra faire toutes les réformes qu,il veut sans se faire « écoeurer par un ramassis de salopards qui n’ont AUCUN respect pour leur profession, l’uniforme qu’ils portent, leur badge.

    Le fait d’imaginer les sales gueules de cette flicaille pourri lorsqu’ils ont appris la nomination de M. Cox, m’arrache un sourire.

    Bien fait pour vous autres, ENFOIRÉS DE SALES RACISTES !!

  31. sousmarin dit :

    Manque de sanctions appropriées (si toute la brigade se tient les coudes à l’encontre de toute logique, il faut virer toute la brigade et la police ne devrait assumer financièrement les fautes graves de ces agents qu’après qu’ils aient payés eux), protection de la justice (les procureurs qui ont besoin de la police au jour le jour poursuivent que très rarement des policiers), problèmes de recrutement (tout le monde sait que la police est fondamentalement à droite dans tous les pays mais c’est encore pire aux EU) et de formation (à commencer par les instructeurs).

    On récolte en fonction de ce que l’on sème.

  32. dynopax dit :

    Ouf! Quelle histoire, et je salue l’incroyable résilience de cet homme. Tout un chemin et un accomplissement qui doit être très inspirant. Je suis sans mots et je le salue bien bas, comme quoi on ne doit pas perdre foi en l’humain même s’il est plutôt désespérant…

  33. Daniel Beaumier dit :

    On est dépassé par ce genre de chose qui se produit pourtant dans la banalité. Il faut probablement beaucoup de peur, de haine et de colère pour tabasser quelqu’un à ce point qu’il en garde des séquelles des années durant. Dans ça, il faut 4 ou 5 personnes sur 25 pour intoxiquer l’esprit de tous les autres et par le force du préjuger tout le monde finir par entendre sincèrement ce qu’il s’attend à entendre ou voir sincèrement ce qu’il s’attend à voir. Idem au Canada même si les conséquences « ne sont que » le génocide culturel des francophones. Préjugé, quand tu nous tiens.

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