Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Il n’y pas qu’en Alabama où les républicains ont subi ce mardi un revers dans la guerre du redécoupage électoral (lire le billet précédent). Même si les raisons de leur échec sont forts différentes, les républicains de Caroline du Sud ont aussi encaissé une défaite. Et, contrairement au revers d’Alabama, cette défaite ne sera pas réversible avant les élections de mi-mandat.

En Caroline du Sud, des sénateurs républicains d’État ont voté avec leurs collègues démocrates pour empêcher l’adoption d’une nouvelle carte électorale qui aurait éliminé l’unique circonscription de l’État représentée par un élu noir à la Chambre des représentants des États-Unis, en l’occurrence James Clyburn. La plupart d’entre eux ont attribué leur décision au fait que le vote par anticipation avait déjà commencé pour les primaires de l’État, prévues le 9 juin. Il faut préciser qu’une situation semblable n’avait pas empêché les républicains de la Louisiane de passer à l’action il y a quelques semaines.

« Je ne peux plus soutenir l’adoption de ce projet de loi pour une raison bien simple : les citoyens de Caroline du Sud se rendent aux urnes aujourd’hui », a déclaré le sénateur républicain Richard Cash dans un communiqué. « Ni ma conscience ni le bon sens ne me permettent d’interrompre une élection qui a déjà commencé. »

La Chambre des représentants de l’État avait adopté la nouvelle carte électorale le 20 mai dernier. C’est le deuxième fois que le projet échoue au Sénat. La première fois, le chef des républicains au Sénat, Shane Massey, avait prononcé un discours de 45 minutes où il avait déclaré que les pressions exercées par Donald Trump pour changer les cartes électorales étaient « un parfait exemple de la façon dont les élus ont perdu le cap ».

« Trop de gens au pouvoir ne cherchent qu’à faire tout ce qu’il faut pour rester au pouvoir », avait-il déclaré. « Ils sont prêts à tout pour le conserver, mais je me demande dans quel but. Que fait-on une fois qu’on l’a obtenu ? »

(Photo AP)

13 réflexions sur “« Gerrymandering » : des républicains de Caroline du Sud défient Trump

  1. Charlot dit :

    Mais il pose une excellente question cet homme! D’autres devraient s’en inspirer.

  2. jeani dit :

    Est-ce que quelqu’un oserait penser ou suggérer que trump et ses pantins sont malhonnêtes?

    Ben, voyons donc!

  3. ghislain1957 dit :

    « Que fait-on une fois qu’on l’a obtenu ? (le pouvoir )»

    Comme tout bon ripoux-blicains, tu ne fais rien à part t’emplir les poches et te gagner une belle retraite.

  4. Mcdodo dit :

    De toute façon, c’est la défaite qui les attend à novembre et ils le savent.Avec le foutu bordel en Iran,les ripoux sous l’bus et lui🤡en premier

  5. MarcB dit :

    Et c’est l’examen médical de Donald aujourd’hui! Je crois que sa pression sera haute… 😉

    C’est difficile d’être en désaccord avec la décision des juges en Alabama ou des sénateurs de Caroline du Sud. Par contre, pour ces derniers, ce ne pourrait qu’être partie remise. Si les représentants de Caroline du Sud se prennent d’avance et soumettent leur carte électorale assez tôt, est-ce que les sénateurs la refuseront pour 2028?

  6. Jacques Bellehumeur dit :

    Bon, il y a de plus en plus de Républicains qui se rebellent.
    Il était temps !
    Mais ça va donner quoi car au niveau fédéral il a obtenu l’immunité de la CS.
    Reste juste les États et leurs justices pour le contrer.

    On est rendu là. C’est quoi la suite ?

  7. Gilles Morissette dit :

    Bravo. Ces élus républicains ont osé « défier 47 » mais ils pourraient en payer le prix.

    Cette position a du sens d’autant plus que le vote par anticipation était commencée et que l’adoption d’une nouvelle carte électorale, à ce stade ci, aurait créé encore plus de chaos, et ce, dans une situation déjà confuse.

    Donc le score est : Démocratie: 2, « 47 »: 0.

    Une bouffée d’air frais qui nous donne, pour l’instant, encore de l’espoir. Espérons que cela durera.

  8. POLITICON dit :

    Il y a quelque chose d’assez ironique dans cette histoire : ce n’est pas une victoire des démocrates contre les républicains; c’est plutôt un moment où certains républicains semblent avoir freiné leur propre machine.

    Le passage le plus révélateur n’est peut-être pas le rejet de la carte électorale lui-même, mais la phrase du sénateur républicain Shane Massey : « Trop de gens au pouvoir ne cherchent qu’à faire tout ce qu’il faut pour rester au pouvoir. » Cette phrase dépasse largement la Caroline du Sud. Elle touche un problème qui ronge autant les deux partis américains, même si le débat actuel vise surtout les initiatives républicaines : le pouvoir politique finit parfois par servir sa propre préservation plutôt que les électeurs.

    Le cas est aussi intéressant parce qu’il implique Donald indirectement. Depuis plusieurs mois, l’idée semble être de maximiser chaque siège possible avant les élections de mi-mandat, parfois avec une logique presque comptable : déplacer des frontières, redistribuer des quartiers, transformer des circonscriptions compétitives en forteresses partisanes.

    Mais il y a une limite politique que certains élus locaux semblent avoir reconnue : changer les règles pendant que les citoyens ont déjà commencé à voter crée un malaise démocratique évident. Ce n’est pas nécessairement un geste de courage idéologique; cela peut aussi relever d’un réflexe institutionnel — préserver un minimum de stabilité dans le processus électoral.

    Quant à James Clyburn, son siège devient presque secondaire dans l’histoire. Le véritable enjeu est plus vaste : lorsqu’un parti cherche à choisir ses électeurs plutôt qu’à convaincre les électeurs de le choisir, la démocratie commence à ressembler davantage à un exercice d’ingénierie qu’à une compétition politique.

    Et c’est peut-être cela qui est le plus frappant : les avertissements ne viennent pas seulement des opposants habituels, mais aussi de voix provenant de l’intérieur même du camp républicain.

  9. claudiaserei dit :

    Tel est pris qui croyait prendre 🌷

  10. Linda dit :

    Trump, comme à son habitude, triche et pour cela on modifie la carte électorale dans les états rouges pour élire des ripoublicains et rester au pouvoir. Et pourquoi s’accrocher au pouvoir? Simple, s’enrichir lui et sa famille et avoir son nom partout pour que l’on ne l’oublie pas.

  11. Pierre Belley dit :

    L’été et l’automne seront longs, politiquement je veux dire…

  12. citoyen dit :

    i know how now to get pay…

  13. Robert T dit :

    « Trop de gens au pouvoir ne cherchent qu’à faire tout ce qu’il faut pour rester au pouvoir », avait-il déclaré. « Ils sont prêts à tout pour le conserver, mais je me demande dans quel but. Que fait-on une fois qu’on l’a obtenu ? »

    C’est la définition exacte d’un politicien ! Ils mentent hypocritement afin d’accéder ou se maintenir au pouvoir…

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