Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Les droits de douane les plus draconiens imposés par Donald Trump aux produits de dizaines de pays sont illégaux, a tranché ce vendredi une cour d’appel fédérale, infligeant un cuisant revers au président américain, dont le controversé régime tarifaire constituait la pierre d’assisse de sa politique économique. La Cour d’appel des États-Unis pour le circuit fédéral suspendra sa décision jusqu’en octobre, le temps de permettre à Trump d’interjeter appel devant la Cour suprême.

La cour d’appel a ainsi confirmé la décision d’un tribunal de première instance selon laquelle le président a outrepassé ses pouvoirs en utilisant une loi de 1977, appelée International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), pour imposer la plupart de ses droits de douane. Cette loi d’urgence est utilisée en cas de menaces contre les États-Unis.

« La loi confère au président des pouvoirs importants pour prendre un certain nombre de mesures en réponse à une situation d’urgence nationale déclarée, mais aucune de ces mesures n’inclut explicitement le pouvoir d’imposer des droits de douane, des taxes ou autres, ni le pouvoir de taxer », ont écrit les juges fédéraux dans leur décision, rendue par 7 voix contre 4.

La décision remet en question l’avenir des droits de douane imposés par Trump à plus de 60 pays, de même que les négociations commerciales en cours avec plusieurs pays, dont le Canada. Sur Truth Social, Trump l’a critiquée, affirmant qu’une « cour d’appel hautement partisane a déclaré à tort que nos droits de douane devaient être supprimés, mais elle sait que les États-Unis d’Amérique finiront par gagner. Si ces droits de douane venaient à disparaître, ce serait un désastre total pour le pays ».

La contestation judiciaire a été intentée par un groupe de gouvernements d’États et de petites entreprises, qui ont notamment fait valoir qu’aucune situation d’urgence ne justifiait le recours à cette loi par Trump.

(Photo Reuters)

64 réflexions sur “Droits de douane : revers de Trump devant une cour d’appel

  1. M Beauregard dit :

    Il y a du monde qui vont perdre leur job dans pas long. C’est sûr même si ça semble être ne blague.

    1. jmaveja48a dit :

      Ce qui est frustrant c’est de savoir qu’il faudra seulement les 4 salopards de la cours suprême qui par partisannerie vont aller contre le bon sens de milliers de citoyens.

  2. Réjean Caisse dit :

    C’est le début d’un temps nouveau! La réalité serait-il en train de rattraper Trump et sa gang d’ésotériques.

  3. Syl08 dit :

    Nous sommes très satisfaits de nos avocats- L’île des pingouins 🐧

  4. Roger Allard dit :

    Juste le temps de prendre quelques « arrangements raisonnables » avec certains juges de la CS, tout va bien aller.

    1. gascar53 dit :

      C’est justement pour çà qu’il a nommé 3 juges à sa botte à sa cour suprême…elle fait parti intégrante de son administration..

    2. Kay dit :

      Afin d’éviter un suspens inutile « les dossiers chauds » devraient se rendre directement à la CS. Nous nous doutons bien de comment le tout va finir. Mieux encore, il devrait y apparaître, en plus du sceau de M. Trump, approved by supreme court. Défaitiste ce soir, ça me prendrait un remontant comme une blague de M. Haiku 😉

      1. Haïku dit :

        @Kay
        J’ai essayé de mon mieux.
        Voir plus bas.

  5. Layla dit :

    Des exemples de ses nombreuses déclarations ne manquent pas pour plaider la cause afin d’ appuyer leurs points de vue comme quoi « qu’aucune situation d’urgence ne justifiait le recours à cette loi par Trump. »

    La seule urgence qu’il met trop souvent de l’avant c’est de renflouer les coffres « facilement »

    On s’entend que ce n’est pas une urgence, sauf que comme il dit c’est facile et vite fait, ainsi il n’a pas besoin de s’atteler à la tâche pour gérer les finances publiques intelligemment avec des plans de travail bien définis. Mais comme on le sait tout ce qu’il avait c’était un « concept of a plan » et il n’y rien de plus après des mois.

  6. MarcB dit :

    H.S.

    Malheur et damnation! GAVIN C. NEWSOM menace le Canada des “BIGGEST TARIFFS” si nous ne lui donnons un gros avion. Je tremble de peur.

    (Trudeau répondrait, mais pas Carney. Dommage…)

    “I, GAVIN C. NEWSOM (THE MOST SUCCESSFUL GOVERNOR IN AMERICAN HISTORY), HEREBY DEMAND THAT CANADA GIFT ME “A BIG BEAUTIFUL PLANE” I GET TO KEEP AFTER I LEAVE OFFICE (IF I LEAVE). IF THEIR NEW PRIME MINISTER (VERY NICE GUY, BUT NOT AS HANDSOME AS TRUDEAU) DOES NOT SEND ME A PLANE, CALIFORNIA WILL IMPOSE “THE BIGGEST TARIFFS” HE HAS EVER SEEN, AS IS MY GOD-GIVEN RIGHT. MANY PEOPLE ARE SAYING, “GOVERNOR GAVIN C. NEWSOM DESERVES THE BEST PLANE, EVEN BETTER THAN AIR FORCE ONE.” I AGREE. SEND THE BIG PLANE, PRIME MINISTER CARNEY! I DESERVE IT. THANK YOU! — GCN”

    https://x.com/govpressoffice/status/1961534893151977503?s=46&t=x7enu8HJV-_ffBw-G7OWxQ

    1. Dekessey dit :

      Trop drôle.
      Si j’étais Carney j’embarquerais dans la blague en envoyant un CL-215 avec une note disant que ce modèle serait des plus utiles.

    2. chanounou dit :

      @Marc B,
      Il manque la désormais traditionnelle formule finale: TYFYATTM…, dont Trumpf doit penser qu’elle fait « very smart and professionnal » depuis qu’il l’a lue au bas d’un rapport sur une page A4 en anglais simplifié !

  7. Si la tendance se maintient, la décision de la Cour suprême permettra à Trump de contourner la loi et de continuer, par exemple, à faire en sorte que le Congrès l’autorise.

    1. loulaf dit :

      Tout à fait d’ accord avec vous André Couturier. Vous avez été plus vite que moi sur le clavier.

    2. lanaudoise dit :

      Rectification : rien de moins que la Constitution elle-même.

  8. Cubbies14 dit :

    Je m’attends à une crise de bacon sur Truie Sociale plus tard ce soir.

  9. treblig dit :

    La notion à préciser est si le prétexte utilisé par Trump est valide. Le fentanyl saisi aux douanes américaines en provenance du Canada est, aux dernières nouvelles, 0.2% du trafic total de cette drogue. Pour l’urgence d’agir on repassera et ça le justifie pas la démarche de Trump.

    Car pour invoquer l’urgence de contourner le congrès, le président doit démontrer ,ben, justement l’urgence d’agir. Ce qu’il n’a pas fait.

  10. Alexander dit :

    L’urgence?

    La vraie vraie situation d’urgence pour Trump?

    Se soustraire aux nombreuses poursuites contre lui et s’emplir les poches. Et à son âge, il y a urgence d’agir.

    Le reste c’est de la bouillie pour les chats. Depuis le début.

    Un terrible détournement de démocratie.

    Si la SCOTUS renverse cette décision, malgré les évidences, on comprendra mieux le niveau de servilité de ses juges.

    Si ces juges avaient des couilles, ce dont je doute, ils jugeraient que l’argument de l’urgence nationale ne tient pas la route pour justifier toutes ces aberrations de décrets et le reste tomberait comme un château de cartes.

    Mais, c’est ça le problème, tu ne demandes pas à une bande d’eunuques apeurés d’avoir des couilles.

    1. constella1 dit :

      Alexander
      tu ne demandes pas à une bande d’eunuques apeurés d’avoir des couilles.
      Hahaha excellent !👍

  11. lechatderuelle dit :

    Bah… trump ira à la Cour Suprême….
    Ils savent ce qui est bon pour eux….

    la fuite par en avant se poursuivra anyway…
    Ce ne sont quand même pas des juges qui vont décider !!!
    Trump valeur expliquer…. Miller décide! Point.

  12. Apocalypse dit :

    @André Couturier – 19:15

    « Si la tendance se maintient, la décision de la Cour suprême… »

    Je suis d’accord!

    Je serais surpris que la Cour Suprême confirme la décision de la Cour d’appel fédérale et donne ainsi un sérieux coup dur à l’obsession de Donald Trump pour les tarifs. On va trouver une manière de sauver la face et de lui permettre de continuer.

  13. P-o Tremblay dit :

    Bof chaque fois la cour suprême confirme la folie donc…

  14. marcandreki dit :

    Facile! La SCOTUS va renvoyer ça au Congrès, là où la constitution l’exige. C’est là que doit se brasser cette merde d’ « urgence nationale ». En attendant, qu’on ne retienne pas notre souffle. Les tarifs, comme les tarés du GOP, sont là pour rester, du moins jusqu’en 2026- 27, mais encore…

  15. titejasette dit :

    « La Cour d’appel des États-Unis pour le circuit fédéral suspendra sa décision jusqu’en octobre, le temps de permettre à Trump d’interjeter appel devant la Cour suprême » -Billet

    A quelle date (approximative) la Cour supreme rendra sa décision ?

    1. titejasette dit :

      Réponse tentative à ma question (20:15). Fin d’octobre ?

      1. titejasette dit :

        Chaque mois qui passe c’est l’automne qui nous arrive avec des signes évidents du début de la récession (perte d’emplois et fermetures d’usines).

        Pendant ce temps là, la perception des tarifs remplit la Caisse US. 30 milliards en juillet, plusieurs autres milliards par mois cet été. Aout, septembre et octobre s’annoncent encore plus généreux pour la Caisse.

        La Cour d’appel aurait du mettre la perception des tarifs en suspens (je rêve en couleur ?)

        Le temps c’est de l’argent }

        ou alors, les juges de la Cour supreme, grouillez-vous !

  16. jeani dit :

    Toutes les raisons sont bonnes pour l’incompétent qui a dû sécher ses cours d’économie 101.

    Au Brésil, ils sont en déficit commercial avec les USA, mais le tarla leur impose des droits parce que la Justice n’est pas gentille avec le pote du tricheur au golf, Bolsenaro.

    À peu près tout le monde a compris sur ce blogue ce que l’idiot n’a pas compris. Un pays comme les Zétats, avec ses 340 millions d’habitants qui ont besoin de tout posséder qui fait affaire avec un pays comme le Canada, avec ses 40 millions d’habitants, achètera bien plus que son voisin. Ce que l’idiot demande, c’est que le Canada finance la différence.

    Je ne me souviens plus qui a offert cette explication que l’incompétent ne pourrait comprendre tellement c’est simple. Figurons que je me mets à faire des achats débridés par carte de crédit. Après quelques mois, je porte plainte à la compagnie qui m’a fourni ma carte de crédit et qui m’a laissé dépenser autant de $$. J’exige un remboursement illico (droits de douane), tout comme le gros qui exige que leur déficit soit payé par les autres.

    1. Richard Desrochers dit :

      Et le café est plus cher grâce à ce faux déficit commercial. Des matins qui ne chantent pas.

    2. Kay dit :

      Très bien vulgarisé. Merci pour le partage d’informations

  17. Richard Desrochers dit :

    « Cette loi d’urgence est utilisée en cas de menaces contre les États-Unis »

    Y a-t-il une loi qui s’applique en cas de menaces de la part des États-Unis ? Ça serait plus approprié il me semble.

  18. Haïku dit :

    « Si ces droits de douane venaient à disparaître, ce serait un désastre total pour le pays ».
    (Dixit DT47)
    —-
    Désolé de vous l’apprendre,
    mais c’est vous qui êtes un désastre total pour le pays !

    1. Haïku dit :

      Ajout:
      J’espère que tu disparaîtras,
      Espèce de rat !

      1. Charlot dit :

        Horreur! Mais qu’est-ce que les rats, des bêtes intelligentes et industrieuses ont bien pu vous faire pour que vous les insultiez de pareille façon? Schocking 🤪

      2. Haïku dit :

        @Charlot
        J’aime bien votre sens de l’humour ! 😅
        ‘Schocking’

  19. ghislain1957 dit :

    No problems, whoops, no problem (I don’t want to be deported), MY supreme court will solve the problem.

    1. Haïku dit :

      Exactement !

  20. Apocalypse dit :

    @jeani – 20:15

    Votre dernier paragraphe est exactement la bonne comparaison.

    Les États-Unis ont créé ce problème par leur propre faute et maintenant, ils veulent que le reste de la planète paie pour réparer les pots qu’ILS ont eux-mêmes cassés.

    Ils ont poussé la Russie, l’Inde et le Brésil dans les bras de la Chine et maintenant, la BRICS est un sérieux contrepoids et problème pour l’hégémonie des États-Unis, qui tire à sa fin.

  21. marie4poches4 dit :

    2e réaction

    THE APPELLATE COURT MAJORITY TARIFF DECISION WAS WRONG

    The appellate court majority that ruled against most of the president’s tariffs has it wrong. Whether you like tariffs or not, the act at issue does, in fact, grant the president broad powers to declare an emergency. Even more, the Constitution, under Article II, grants the president broad powers to make foreign policy. The president’s lawyers are obviously aware of this, which is why the executive orders at issue rely, in part, on serious foreign policy considerations, including, as an example, Mexico, Canada, and China, which the president has determined are not doing enough to prevent the flow of deadly drugs into our country. The combination of broad authority and Article II powers trump the issues raised by the court’s majority. Moreover, judges should not be the final decision-makers about such matters as they’re exercising authority that was never delegated to them, and they should not substitute their own policy preferences for the president’s. The check here is Congress — that is, if it wishes to amend the law or pass a new law curbing the president’s power here. That said, Congress does not have boundless power, and it could run into separation of powers issues, given Article II and the president’s foreign policy authority. The Supreme Court will, once again, rule on this. In the past, Justices Thomas, Gorsuch, and Kavanaugh have noted the broad authority of the president in circumstances similar to this. I expect Justice Alito would concur.

    1. marie4poches4 dit :

      Même pas subtil…

    2. jeani dit :

      « Mexico, Canada and China are not doing enough to prevent the flow of deadly drugs into our country. »

      Sacrament, arrêtez de vous remplir le nez, incluant Don junior, et vous n’aurez plus ce genre de problèmes.

      N’êtes-vous pas les plus grands consommateurs de ces drogues au monde?

      1. Haïku dit :

        @jeani
        Malheureusement vous avez bien raison !

    3. Madalton dit :

      Ce n’est pas lui qui a écrit ça.

      1. marie4poches4 dit :

        Fort possible. Personne ne l’a vu ni entendu depuis mardi. Rien à l’agenda ce weekend.
        S’il n’est pas mort, il se retape en boucle la vidéo de la réunion de son cabinet.

      2. marie4poches4 dit :

        En effet, c’est Mark Levin

  22. marie4poches4 dit :

    Une autre défaite

    JUST IN: Judge Cobb has blocked the Trump administration’s effort to extend rapid-fire deportation procedures to immigrants who have been in the U.S. more than two years — warning that it is a flagrant deprivation of due process that could ensnare anyone.

    https://x.com/kyledcheney/status/1961588527935684971

  23. ghislain1957 dit :

    « La Cour d’appel des États-Unis pour le circuit fédéral suspendra sa décision jusqu’en octobre, le temps de permettre à Trump d’interjeter appel devant la Cour suprême. »

    Cour suprême dont les juges qui en bons lèche cul, lui donnera entièrement raison.

  24. Pierre S. dit :

    —————–

    il va faire quoi le gros débile à la main bleu ?

    Il va destituer le juge, faire fermer les business qui ont sonné cette charge contre
    ces stupides tarifs qui ruinent l’économie américaine ???

    Et si ca se rend à la SCOTUS ?
    Les 6 abrutits conservateur vont ils encore une fois y aller contre les intérets
    supérieurs du pays pour protéger PéDonald et sa bande de ploucs ?

  25. Haïku dit :

    HS,
    C’est vendredi…
    ————————–
    Six heures du soir dans le métro. L’heure de pointe.

    Dans un wagon plein à craquer, une femme debout s’écrie :
    -« C’est bientôt fini, espèce de dégoûtant ! Vous n’avez pas honte ! »

    -« Oh, oh !
    Calmez-vous, ma petite dame,
    répond l’homme en bleu de travail qui est serré près d’elle.
    Il y a maldonne !
    Je suis ouvrier chez Honda et je viens de toucher ma paie.
    Les billets sont dans mon portefeuille et l’appoint,
    on me l’a fait avec un rouleau de pièces qui est dans la poche de mon pantalon.
    Faudrait pas confondre ! »

    La jeune femme se tait…
    Mais vingt secondes plus tard, elle dit au type :
    -« Ecoutez, Monsieur,
    vous n’allez tout de même pas me dire que Honda vous a augmenté entre deux stations ?

    1. Che Sausage dit :

      Ah ah ah, excellent ! 😀
      Pour l’augmentation entre les deux stations, on mettra ça sur le compte de l’inflation ! 😀

      1. Haïku dit :

        @Che Sausage
        Gracias ! 😅

  26. Niouininon dit :

    GOLF OU GOLFE? Dure fin de semaine en vue pour le tsar et ses couillons, qui vont devoir en baver un coup avec leurs avocats pour aller déblatérer leur défense en CS, dans les prochaines semaines, même si on sait que cela sera à leur avantage au final.

    Va-t-il aller jouer au golf quand même ou se tirer dans le « golfe de l’Amérique », pour noyer sa peine? Rions, c’est vendredi…

  27. Kay dit :

    Merci M. Haiku, le rire, un remède à bien des maux

    Dsl pour ma gourmandise et d’en avoir redemandé. C’est mon seul péché !

    1. Haïku dit :

      @Kay
      Gracias !

  28. marie4poches4 dit :

    Une autre blague du vendredi, même si on est samedi.

    S. Miller: Secretary Kennedy, one of the world’s foremost experts on public health, is working hard to restore the credibility of the CDC as a scientific organization committed to the scientific method
    Secretary Kennedy has been a crown jewel of this administration

    https://x.com/Acyn/status/1961513290582098340

    1. Haïku dit :

      @marie4poches4
      « Secretary Kennedy has been a crown jewel of this administration »
      (S. Miller)

      Non mais, on dirait voir un sketch ressuscité de Monty Python. 🙉😱

  29. titejasette dit :

    La Constitution confère au Congrès, et non au président, le pouvoir de lever des impôts et des droits de douane. Je ne vois pas comment la Cour suprême puisse contredire la Cour d’appel à ce sujet Dans ce cas, le problème pourra très vite résolu. Trump n’a qu’à demander au Congrès de lui céder ce pouvoir.

    Trump veut nous faire croire qu’il y a urgence dans le pouvoir de lever les droits de douane et de taxation. Son cheminement direct par l’imposition des droits de douane sans passer par le Congrès est donc justifié ? La Cour suprême gobera-t-elle le tout ?

    Quelle est l’urgence à rétablir des déséquilibres commerciaux qui ont existés depuis des décenies lesquels déséquilibres ont été creusé par la surconsommation gloutonne d’un peuple assoiffé de pétrole et d’autres biens de consommation fabriqué en Chine et dans d’autres pays au salaire payé à une fraction du salaire américain…La chaine Dollar Tree (l’équivalent de notre magasin de 1$) fait un chiffre d’affaires de 17 milliards, avec 214 000 employés. Ses chiffres d’affaire ont toujours connu une croissance continue. Les amaricains importent et continueront à importer des gugusses chinois, indiens, vietnamines avec ou sans tarifs. Le déséquilibre commercial est causé par les amaricians, les consomateurs/acheteurs sont toujours libres de consommer et les vendeurs n’y sont pour rien.

    Quelle est l’urgence à rétablir le déclin de l’industrie manufacturière américaine ? Ce sont depuis des décenies que les chefs d’entreprises amaricains ont construit leurs usines dans ces pays aux salaires de misère. C’était un choix calculé par les patrons américains. Récemment Trump annonce qu’il veut rapatrier les magasins de meubles . Un analyste dans ce domaine ne croit pas aux mains malhabiles des amaricains pour faire le travail de rembourage des meubles, ni au travail de sculptage sur bois. Des meubles prets pour l’assemblage ?. Fais d’abord une étude du marché sur la concurrence avec Ikéa qui possède déjà des chaines de magasins dans plusieurs pays à travers le monde.

    Bonne nuit.. Je n’ai pas vu l’heure

    1. Che Sausage dit :

      Hello titejasette,

      Encore quelque chose d’illégal.

      Ce serait décidément plus court de dresser une liste des trucs légaux qui ont été mis en place depuis janvier que des trucs illégaux. C’est tout bonnement sidérant qu’il faille que la Justice rappelle à l’exécutif ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

      En attendant, après moultes indécisions, moults revirements, moults atermoiements, moults coups de bluff, moults mensonges et moultes indimidations, on est repartis pour un tour de tacopolitique. On va arriver en 2026 que la mesure(-)phare du programme orange n’aura pas encore été pleinement appliquée.

      Je doute que la cour suprême (toujours pas de majuscule pour cet organe qui offre une parodie de justice) aille dans le sens de la Cour d’appel. Je ne sais pas pourquoi, une intuition certainement. Il est très probable qu’ils ne se prononcent pas sur le fond et qu’ils nous sortent un jugement à la graisse de hérisson comme ils en ont le secret, du genre « la Cour d’appel n’a pas l’autorité pour décider de la légitimité des droits de douane ». Ce qui se terminera donc en statu quo et forcément, rien ne bougera.

      C’est certain que pas mal de pays vont morfler avec ces foutus tariffs mais franchement, s’ils sont maintenus et que ça peut accélérer la chute de MAGACityOne, je signe (et sans autosharpie, j’ai des mains assez grosses pour tenir moi-même le stylo).

      Ce sera dévastateur pour les citoyens mais il faut voir ça comme un mauvais moment à passer. Plus les choses traînent, plus la situation empire et plus ce sera compliqué après d’en sortir.

      1. titejasette dit :

        Hello Che,

        Quelques autres commentaires en complément de ceux ci-dessus.

        Les USA connaissent presque le plein emploi et ce, depuis les quelques dernières années. Quelle est l’urgence à rétablir les déséquilibres commerciaux, à rétablir le déclin de l’industrie manufacturière américaine ? Trump veut créer de nouveaux emplois, faire construire des usines. Ou trouver de la main-d’oeuvre disponible habile manuellement et à bas salaire ? Il y a eu récemment 1.5 milllions d’immigrants illégaux expulsés (la chasse n’est p-ê pas encore terminée ?). Ou est l’urgence ?

        Quelques patrons d’usines américains ont annoncé des investissements de milliards de $ (ex: Apple) Ou bien ce sont des promesses pour faire saliver Trump ou bien des projets réels mais nécessitant la construction des robots et l’IA, des prérequis nécessaire qui vont prendre quelques années de préparation avant de pouvoir faire rouler la production ? Ou est l’urgence ?

        Pour faire construire des nouvelles usines, les gouvernements donnent des subventions ou des avantages fiscaux aux entreprises. Des tarifs comme prévus par Trump, aux pourcentages de 50%, c;est la méthode la la Mafia

        Si les tarifs sont maintenus, une seule et unique raison qui pourrait faire changer la décision de Trump: une récession SOLIDE au niveau planétaire. Le TACO ira d’abord avancer en arrière peut être avec de la grogne du peuple US, la récession suivra ?

  30. chanounou dit :

    Pour vous @CheSausage et ceux d’entre vous qui n’ont pas Facebook, cet excellent article sur Trump de Rudy Demotte – ancien ministre belge et Président de la communauté francophone .
    Un portrait saisissant de l’homme et de la situation , exprimé dans une langue dont la qualité a un peu disparu du spectre des politiques et même de beaucoup de journalistes… En tous cas, à des années -lumières du verbiage infantile du Strumpf
    Bonne lecture
    __________________________________________________

    TRUMP OU L’ENTREPRENEUR DE L’ABJECTION

    Il m’aura fallu relire Julia Kristeva, figure majeure de la pensée contemporaine, au croisement de la psychanalyse, de la littérature et de la philo, pour découvrir que Trump n’est pas seulement un homme dangereux et instable. Un homme guidé par des cercles réactionnaires qui bousculent le monde pour le faire entrer dans une ère ténébreuse. C’est aussi , sous ses airs de camelot orange et braillard, l’entrepreneur le plus prospère d’une marchandise sinistre : l’abjection.

    Je m’explique: ce matin, en parcourant Le Monde, je tombe sur une interview de Julia Kristeva. L’autrice de Pouvoirs de l’horreur (1980). Dans cet essai, elle dissèque l’abjection comme ce que nous rejetons pour survivre mais qui revient toujours frapper à la porte.

    Et tout à coup, là, dans ces lignes, un fantôme orange m’est apparu : Donald Trump. Non pas un simple politicien outrancier, mais l’ingénieur en chef d’une fabrique moderne de l’immonde. Idéologique et comportemental.
    Oh, ne lui faisons pas l’honneur de dire qu’il a inventé l’abjection. Par contre, il l’a industrialisée.

    LE CORPS : UN CARNAVAL DE L’EXCÈS

    Commençons par l’image du corps. Trump n’est pas un corps présidentiel : c’est un carnaval à lui seul. Peau orange saturée d’autobronzant, grimaces d’Arlequin usé, chevelure qui semble échappée d’un nid malmené par la tempête. Il s’exhibe comme une parodie de statue impériale repeinte au stabilo. Par provocation. Par suffisance égocentrée.

    Et il fait de ce grotesque -de soi – un spectacle. On se souvient peut-être de 2015. Moi, je m’en rappellerai à jamais. Se moquant d’ un journaliste handicapé, il se contorsionne en direct. « You’ve got to see this guy… » – « Vous devez voir ce type… », raille-t-il, déclenchant l’hilarité. On détourne les yeux, honteux, mais on ne parvient pas à ne pas regarder. Voilà le génie noir de Trump : transformer la honte en attraction foraine.

    L’ignominie et le dédain comme un fer qui marque l’esprit. Comme une preuve de sa suprême domination et du mépris qu’il porte à la différence -et à ce qu’il considère comme faible.

    L’EXCLUSION : L’ABJECTION EN FRONTIÈRE

    Trump érige ses murs comme d’autres dressaient des autels. Le migrant devient la souillure par excellence, celui qu’il faut expulser pour préserver le « vrai peuple ». « Ils apportent la drogue, ils apportent le crime, ce sont des violeurs. »

    Oui, vous avez bien lu. La souillure qu’il faut expulser.

    Ce n’est pas un constat, c’est une incantation. Freud avait perçu ce mécanisme : la horde se soude autour de l’ennemi désigné. Dostoïevski l’avait mis en scène dans Les Démons : le grotesque qui séduit en pointant toujours un coupable à abattre.

    Abjection, quand tu nous tiens…

    L’ESSENTIALISATION DE L’AUTRE : UNE POLITIQUE DE LA CONTAMINATION

    Trump ne s’arrête pas aux slogans. Il « biologise » l’insulte. En 2023, il accuse les migrants d’« empoisonner le sang de notre pays ». En 2024, il précise : ils apportent « beaucoup de mauvais gènes ». La xénophobie atteint ici sa perfection : l’ennemi n’est plus un voisin importun, mais une mutation, un virus, une menace inscrite dans l’ADN.

    L’histoire a déjà entendu ce langage : le peuple pur à défendre contre l’intrus contaminant. Les mots changent, la puanteur reste la même. Céline éructait ses Bagatelles en logorrhée délirante ; Trump recycle la rhétorique dans ses meetings, avec moins de style mais plus de micros. La politique se fait caricature biologique : l’autre comme maladie.

    LE LANGAGE : UNE DÉCHARGE PUBLIQUE

    Trump parle comme on jette des sacs-poubelles dans une benne. Hillary Clinton ? « Pourrie ». Joe Biden ? « Idiot », « faible d’esprit ». Elizabeth Warren ? « L’une des personnes les moins intelligentes du Sénat ». Ted Cruz, sénateur du Texas « Malade mental ».

    Quant à Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, il a hérité de la version la plus cynique et cruelle du sobriquet politique : Trump l’a rebaptisé « Gavin Newscum », abjection nominative qui le transforme en figure répulsive, qu’on pourrait élégamment traduire par « Gavin l’ordure » . Mots lâchés par « Podus » comme on déverserait le contenu d’un pot de chambre sur les tapis de la Maison Blanche .

    La liste s’allongerait encore comme un inventaire de déchets jetés dans une décharge sans fond.

    En 2023, il décrivait ses adversaires politiques comme de la « vermine », affirmant qu’ils représentent une menace plus grave que des nations étrangères. C’est peu dire …

    A ce stade, cela n’est plus de la polémique, c’est une décharge. L’insulte répétée devient litanie, une messe noire où l’on expulse sans fin. Là où Sollers, compagnon de Kristeva, lui, maniait la provocation comme une arme littéraire ; Trump, se contente de la transformer en jingle de campagne. Vindicative et haineuse.

    L’ABJECTION DES “CITOYENS IMPURS” : LES VILLES À PURGER

    Après les individus, les territoires. Washington, Los Angeles, Chicago : des « puits de sang », des « dépotoirs urbains ». Trump prend le contrôle de la police de la capitale, déploie la Garde nationale sur la côte Ouest, menace Chicago d’occupation. Peu importe les chiffres de criminalité : ce n’est pas de la sécurité, c’est une dramaturgie.

    La ville et les territoires démocrates deviennent corps étranger, qu’on militarise comme on ampute un organe infecté. Arendt y verrait la mécanique totalitaire : transformer une partie de sa population en étrangers de l’intérieur.

    L’ABJECTION DE LA VIOLENCE RETOURNÉE

    L’Amérique s’est bâtie sur la violence : extermination des peuples autochtones, colonisation de l’Ouest, guerres transformées en westerns, interventions de la CIA en Amérique latine, Vietnam, Irak, Afghanistan… La bannière étoilée a souvent trempé dans le sang. La vente libre des armes et la démesure de son budget militaire ne sont que l’écho de cette matrice belliqueuse.

    Trump, lui, détourne ce tropisme ancestral. Là où les États-Unis projetaient leur brutalité à l’extérieur, il la retourne contre l’intérieur. Les villes démocrates deviennent ses champs de bataille, la Garde nationale son bras armé domestique. Bruno Colmant, économiste belge, connaissant bien les states et ami, l’a bien vu : faute de guerre extérieure, Trump invente une guerre civile larvée. L’abjection atteint ici son sommet : faire de sa propre société l’ennemie à abattre.

    L’HOMOÉROTISME ABJECT

    Et puis, il y a ce théâtre viril : Trump et Poutine, deux coqs fascinés l’un par l’autre. « If he says great things about me, I’ll say great things about him. » – « S’il dit de belles choses sur moi, je dirai de belles choses sur lui. » Une bromance ( une romance entre frères virilistes amoureux de leur alter ego), aussitôt refoulée en homophobie militante.

    Miroir cache donc mon attraction pour ce mâle alfa qui me magnétise.

    Ferenczi -collaborateur et ami de Freud, connu pour avoir approfondi la théorie de la sexualité – avait noté ce paradoxe : l’érotisation du semblable peut apaiser, mais refoulée, elle dégénère en haine. D’où ces campagnes contre les minorités sexuelles, cette obsession des transgenres. Trump expulse au-dehors ce qu’il refuse d’assumer en lui.

    LE DEAL : LE DEGRÉ ZÉRO DU SYMBOLIQUE

    Trump réduit tout au deal. Pas de valeur. Aucune liberté n’y résiste. Plus de pacte social, plus de symbolique : seulement la loi du plus fort et le marchandage. Retrait des accords de Paris, menaces sur l’OTAN : tout est ramené au cash, au troc brutal.

    Christopher Lasch, historien américain, décrivait déjà dans les années 70 une société américaine minée par ce qu’il appelait la « culture du narcissisme » : un monde obsédé par l’ego, l’image et l’instant, incapable de se projeter dans autre chose qu’un miroir. Quant à Georges Bataille, philosophe de l’excès, il aurait vu dans ce vacarme marchand une dépense absurde, sans grandeur, où l’agitation tient lieu de destin. Trump condense les deux : il transforme la politique en un souk criard, lui-même camelot orange derrière son comptoir, braillant sa pacotille.

    Sous Trump, le monde entier devient une halle exsudant des fragrances âcres des étals rebutants de l’autocratie.

    L’ABJECTION DE LA TRAHISON : L’ALLIÉ COMME ENNEMI

    L’abjection trumpienne ne se limite pas aux migrants ni aux adversaires ou démons intérieurs; elle s’étend à la trahison des anciens compagnons de route. L’Europe, le Japon, l’Inde – partenaires de longue date – se découvrent soudain traités en corps étrangers, frappés de tarifs punitifs comme on punirait des parasites indésirables. L’Ukraine, jadis célébrée comme rempart démocratique, est jetée sans scrupule dans les flammes russes, offrande cynique aux autocraties qu’il admire en secret. Et les libertés américaines, jadis brandies comme étendard planétaire, sont désormais brocardées, marchandées, vendues au rabais dans les brocantes de l’autoritarisme. Ce n’est plus une diplomatie, c’est une horripilation de la trahison : transformer l’ami en intrus, le frère en rebut, la valeur commune en marchandise avariée.

    PORTRAIT EN CREUX

    Trump n’est pas un simple populiste. Il est le PDG Faustien de l’abjection, l’homme qui a su transformer en capital politique ce que toute civilisation tente normalement de refouler. Il attire parce qu’il repousse, fascine même ceux qui le détestent parce qu’il dégoûte.

    Kristeva avait raison : l’abjection est ce qu’on rejette pour se construire, mais qui revient toujours hanter. Avec Trump, elle a trouvé son imprésario : une silhouette orange criarde, saturée d’autobronzant, dont le parfum est celui de la putréfaction des idées élevée au rang de marque.

    On est bien loin de la promesse d’un 21 eme siècle qui s’élèverait par l’esprit. Ce n’est pas la tête qui prend le dessus. Mais le ventre.

    Rudy

    Post scriptum:

    L’opus de Kristeva commence sur cette citation de V. Hugo

    « Pas de bête qui n’ait un reflet d’infini ;
    Pas de prunelle abjecte et vile qui ne touche
    L’éclair d’en haut, parfois tendre et parfois farouche »
    (La Légende des siècles).

    1. Che Sausage dit :

      Merci Chanounou,

      Effectivement, très bon texte ! 🙂 Il n’y va pas avec le dos de la main morte. J’avais déjà utilisé le terme d’abject à plusieurs reprises de-ci de là. Dans mon vocabulaire, je ne vois pas grand-chose de plus fort et quand je lis cet article, effectivement, on se rend compte qu’on atteint vraiment un niveau qui dépasse tout ce qu’on a pu voir depuis pas loin de 80 ans.

      Je n’arriverai toujours pas à comprendre comment les gens peuvent laisser faire et comment certains ont pu voter pour lui (ou ne pas voter contre). Ces années que nous vivons resteront comme une verrue purulente dans l’histoire de l’humanité.

    2. Kay dit :

      Merci Chanounou pour le partage.

      Je n’ai pas FB, c’est très apprécié.

    3. titejasette dit :

      Merci @ chanounou

  31. citoyen dit :

    on devrait moderniser nos infrastructures démocratiques : démocratie participative, démocratie sans biais du président, démocratie citoyenne, démocratie de croissance…etc…

  32. Jean Paul Pépin dit :

    La cour d’appel a rappelé que la taxation appartient au Congrès, pas au président. Mais Trump, fidèle à son numéro, transforme un jugement de droit en complot national et se pose en martyr.

    Avec une Cour suprême saturée de ses nominations, il ne s’agit plus de contre-pouvoir, mais de mise en scène : que les juges valident ses tarifs ou les rejettent, il gagne. Soit il sort couronné, soit il crie à la persécution. Dans les deux cas, la justice est instrumentalisée.

    Et derrière ce sacre du chef, ce sont toujours les citoyens qui paient : vêtements, nourriture, outils surtaxés. Sans parler de nous, Canadiens, qui subissons les contrecoups de ce protectionnisme travesti en patriotisme.

Répondre à NiouininonAnnuler la réponse.

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture