Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Né à Shanghaï en 1955 et naturalisé américain, Bright Sheng est un grand pianiste, compositeur et chef d’orchestre. Ses oeuvres ont été jouées par l’orchestre symphonique de New York, l’orchestre symphonique national de Chine et l’orchestre du New York City Ballet, entre autres. Il enseigne aussi la composition à l’Université du Michigan. Ou plutôt il y enseignait, car il vient de perdre son poste.

Je ne relaterai pas ici tous les rebondissements de cette affaire, dont les tous les détails se trouvent dans ce compte-rendu exhaustif du Michigan Daily. Je me contenterai des grandes lignes.

Le 10 septembre dernier, Bright Sheng a présenté à ses étudiants de premier cycle une version de la pièce de Shakespeare Othello mettant en scène Laurence Olivier dans le rôle titre et en blackface. Assise dans sa classe, Olivia Cook voyait pour la première fois cette version remontant à 1965 et critiquée dès 1966 par le New York Times pour la performance stéréotypée d’Olivier ainsi que par son emploi du blackface.

« J’ai été abasourdie », a déclaré Cook. «Dans une école qui prêche la diversité et où l’on assure de comprendre l’histoire des personnes de couleur en Amérique, j’ai été choquée que [Sheng] montre quelque chose comme ça dans un endroit qui est censé être un espace sûr. »

Selon Cook, les étudiants n’ont reçu aucun avertissement sur ce qu’ils étaient sur le point de voir. Le même jour, après sa classe, Bright Sheng a envoyé à ses étudiants un courriel, s’excusant auprès d’eux et reconnaissant que la performance d’Olivier était « raciste et dépassée ». Il les a de plus informés de l’annulation de l’analyse de cette version d’Othello, qui devait les occuper durant la session.

Mais ces excuses n’ont pas suffi. Cinq jours plus tard, le doyen de l’école de musique, théâtre et danse de l’Université du Michigan a envoyé une lettre à tous les étudiants et professeurs du département pour s’excuser de l’expérience vécue par les étudiants.

« Les actions du professeur Sheng ne sont pas conformes à l’engagement de notre école en matière d’action antiraciste, de diversité, d’équité et d’inclusion », a écrit David Grier, tout en notant que l’incident avait été signalé à l’organisme de l’Université du Michigan chargé du respect des droits civiques et de l’équité.

Le lendemain, le professeur Sheng a envoyé à son tour une lettre aux étudiants et professeurs du département. Il y présente de nouveau ses excuses, tout en donnant des exemples de ses propres efforts pour donner dans oeuvres des rôles à des artistes représentant tous les groupes ethniques. Sa lettre a empiré sa situation.

« Le professeur Sheng a réagi à ces événements en rédigeant une lettre d’‟excuses” incendiaire à l’intention des étudiants du département, dans laquelle il a choisi de se défendre en énumérant toutes les personnes appartenant au groupe BIPOC qu’il a aidées ou avec lesquelles il s’est lié d’amitié tout au long de sa carrière. La lettre laisse entendre que c’est grâce à lui que beaucoup d’entre eux ont réussi dans leur carrière », a écrit un groupe composé de 33 étudiants de premier et deuxième cycles, de même que de membres du personnel enseignant.

Les signataires demandaient que le professeur Sheng soit immédiatement démis de ses fonctions d’enseignant du séminaire de composition de premier cycle.

Après s’être lui-même retiré de cette position, Bright Sheng vient d’être officiellement remplacé. Il a déclaré au Michigan Daily que son intention initiale avait été de montrer comment Giuseppe Verdi avait adapté la pièce de Shakespeare pour l’opéra. Il ne pensait pas que la performance de Laurence Olivier était « destinée à être la même que les spectacles de ménestrels qui dégradaient effectivement les Afro-Américains ».

Il avoué avoir commis « une erreur en montrant ce film », compte tenu de l’évolution des points de vue sur ce genre de représentation. « Dans ma lettre d’excuses officielles à l’ensemble du département de composition… j’essaie simplement de dire que je ne fais pas de discrimination », a écrit Sheng au Michigan Daily. « Rétrospectivement, j’aurais peut-être dû m’excuser uniquement pour mon erreur. »

Sheng, faut-il préciser, a commencé à apprendre à jouer du piano à l’âge de 4 ans. Pendant la Révolution culturelle, les Gardes rouges ont saisi le piano de sa famille. Il a été envoyé dans une ville tibétaine. Il survécu à cette répression et immigré aux États-Unis avec sa famille en 1982.

(Photo Bright Sheng)




39 réflexions sur “L’orthodoxie antiraciste de l’Université du Michigan a raison d’un survivant de la Révolution culturelle

  1. Maximilien dit :

    c’était pas l’idée du siècle, mais les réactions sont hors proportions.

  2. gl000001 dit :

    « Safe space » … pourquoi pas des « Brave space » à la place ??? Affronter le racisme en le comprenant plutôt que de la cacher. Et par « comprendre », je ne veux surtout pas dire « excuser » parce que c’est inexcusable. Cacher les erreurs est la meilleure façon pour qu’elles se répètent !!!

  3. senorflash dit :

    Je comprends mais en même temps on est en 2021… si tu as pas compris que présenter du Black Face ça se fait pas….tu as un problème

  4. Maty dit :

    Je suis moi-même métisse sénégalo-allemande et anti-raciste. Mais si Einstein était nazi, devrions-nous arrêter d’utiliser ses formules pour cette raison ?

    1. treblig dit :

      Pour Hitler, la théorie de la relativité de Einstein était de la science juive donc fausse et sans intérêt. Faut dire que cette théorie très mathématique était comprise par peu de mathématiciens à l’époque y compris par les nazis allemands.

      Si Hitler avait survécu encore quelques mois, il aurait vu qu’on pouvait construire des bombes atomiques comme les japonais l’ont appris à leur dépens avec les calculs de Einstein.

    2. pat ch dit :

      Einstein était nazi ?!?
      On pourrait dire aussi : Puisque les nazis ont inventé les césariennes, on devrait arrêter de les pratiquer.

      1. Michèle Gyselinck dit :

        Non, Einstein n’était pas Nazi. Il y avait un « si » au début de la phrase. C’est une question rhétorique.

  5. mrchose dit :

    Selon l’article original, les signataires considèrent que le renvoi du professeur est « la moindre des choses ». Mais pourquoi s’arrêter là, en effet? Ils pourraient s’inspirer des pratiques de la Révolution culturelle elle-même et réclamer que:

    « Des tortures sont pratiquées sur ces exclus de la société maoïste « soumis à la « réflexion à froid » (obliger les prisonniers à se coucher dans la neige), à « l’aide chaleureuse » (les griller dans un four), à « la balançoire » (battre un prisonnier suspendu), au « passage de la scie » (traîner les femmes par les pieds à l’aide d’une corde) » (Wikipédia).

  6. PROBERT dit :

    J’ai hâte de voir si dans le futur l’université du Michigan va accepter que des politiciens ouvertement racistes puissent y participer à des débats ou y donner une conférence.

    1. Haïku dit :

      Très bon point !

  7. Duduche dit :

    À force d’être antiracistes, ils en deviennent autoritaires. Je ne comprends pas les dirigeants d’université de s’aplatir autant devant des réclamations aussi outrées alors qu’un des rôles de l’université est de faire acquérir de la maturité. Une université ne devrait pas être un « endroit sûr » dans le sens d’endroit où rien ne devrait écorcher nos certitudes mais un endroit où l’on découvre la diversité, à analyser plutôt que se fier à des impressions, à comprendre des choses ardues, et où on apprend à surmonter ces difficultés.

    Peut-être que si l’on voit les étudiants comme des consommateurs à satisfaire, cela s’explique? Des consommateurs avec une mentalité de police (répressive) des mœurs.

    1. J’en avais conclu que les Americain sont des personne psychologique faible qui ont besoin d’évolué dans des endroit ou il sont protégé de toutes formes d’expérience mentalement malaisant.

      Les université ne sont pas un endroit pour se développer mentalement!

      Tu sais, quand tu trouve un chef-oeuvre d’adaptation MUSICALE mais que tu peux pas le faire connaitre pcq il a été présenté VISUELLEMENT il y a 60 ans avec les relents raciste du temps.

    2. Guy LB dit :

      @ Duduche : 👌👏👏
      J’aime beaucoup votre commentaire, mais je crois que ce que vous déplorez dans la première phrase, c’est la mentalité « totalitaire » (et non pas « autoritaire ») des étudiants.

      1. Duduche dit :

        @Guy LB: vous avez raison. J’ai dû me laisser influencer par le terme « authoritarian » qui peut avoir la connotation de « totalitaire ».

  8. MarcB dit :

    Un autre exemple provenant d’une université américaine, un professeur expliquait les « filler-words » en Mandarin, les « tsé », « hmmm », etc… Et le filler-word le plus fréquent en Mandarin ressemble phonétiquement au « mot en N qui rime avec bigger ». (C’était vraiment drôle au bureau quand on était en présentiel d’entendre des conversation en Mandarin 🙂 )

    Evidemmment certains étudiants on été offusqué… etc…

    https://www.lamag.com/citythinkblog/usc-professor-slur/

    Donc, si vous allez aux USA, ne chantez pas la chanson de Beau Dommage « Un phoque en alaska » en public.

    1. Encorutilfaluquejelesus dit :

      Ne chantez pas « Un phoque en Alaska » à un public anglo…

      https://m.youtube.com/watch?v=Uhgv85m852Q

      Vous n’aurez pas si bien dit! 😉

      1. Haïku dit :

        @Encorutilfaluquejelesus
        Crampant ce rappel !! 🤣😂

      2. MarcB dit :

        lol! Trop drôle!

  9. claude400 dit :

    Ce genre de choses nuit tellement à la cause qu’elle prétend défendre. Le racialisme provoque du racisme car ça ramène tout à la race tout le temps. Il y a des blancs de bonne volonté qui en ont marre de cette folie. Cette fois se sont des noirs contre un asiatique. Il n’y a pas de fin à ça. Comme si tous les peuples qui ont subis des injustices au cours de l’histoire pouvaient toujours les invoquer pour se victimiser au présent. Ça n’a pas de sens. Il y a aussi tout ce côté autoritaire et cette exigence de rectitude de la pensée. C’est complètement fou. On se croirait au temps des camps de rééducation des régimes communistes, tout ça sans compter l’aspect de délation qui est impliqué dans tout ça.

  10. LaurentPierre dit :

    Pauvre M. Sheng lui qui a survécu aux assauts des Gardes Rouge de la Grande Révolution Culturelle en Chine, voilà maintenant qu’il succombe devant les Gardes Rouge (de haine) de la Grande Révolution (raciste) Antiraciste, Décolonialiste, Identitaire, intersectorielle communautariste….qui sévit actuellement en Occident.

  11. mrchose dit :

    Un peu plus sur le sujet:
    https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2021/10/new-puritans-mob-justice-canceled/619818/

    “I think people’s tolerance for discomfort—people’s tolerance for dissonance, for not hearing exactly what they want to hear—has now gone down to zero,”

    1. Cette phrase résume EXACTEMENT ce que je pense de cette situation.

      Aucune tolérance pour ce qui demande une explication, une mise en contexte. Tout devient noir ou blanc. Même pas de place pour le jaune, de mon rire! 🤐

    2. jeanfrancoiscouture dit :

      @mrchose: Merci pour le lien.
      «un peu plus sur le sujet» dites-vous?
      Et pas juste «un peu»: Dans les environs de 50 000 caractères! Une prose touffue qui, après un temps de lecture plus ou moins long finit par me faire dire: «Bon, O.K. J’ai compris l’objet et l’objectif. Pourrait-on maintenant conclure?»

      Qu’en pensez-vous? Est-ce que mon côté «sprinteur» un peu impatient me ferait perdre quelque chose?

  12. Darth Smart dit :

    On tente d’enterrer le passé pour ne plus le voir parce qu’il ne correspond plus à nos valeurs d’aujourd’hui. Ce faisant on aseptise notre société. En même temps, bon nombre de gens refusent de recevoir un vaccin qui permettrait de contrôler la propagation, à défaut de l’éradiquer, un virus qui a fait des millions de morts (selon les chiffres officiels) et qui continue à se répandre. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Peut-être que je deviens trop vieux.

    Hum ! En disant cela, est-ce que je fais de l’âgisme ? Condamnez-moi quelqu’un.

    1. zeroone8b dit :

      Je fais autant d’âgisme que vous, et je ne peut vous condamner qui à me condamner. 😉

  13. Apocalypse dit :

    @Duduche – 13:16

    ‘À force d’être antiracistes, ils en deviennent autoritaires.’

    Je suis tout à fait d’accord! Ils sont en train de devenir pire que le mal qu’ils dénoncent. 🤦‍♂️

    Il n’y avait pas de mauvaise volonté de la part de Bright Sheng, il n’avait qu’à s’excuser et on passe à autre chose, mais non; on a fait preuve d’acharnement et l’Université a perdu une (prestigieuse) ressource pour faire plaisir à des extrémistes. 😖

    On ne peut pas dire que l’Université a montré des ‘balls’ dans ce dossier, mais un manque de caractère, oh que OUI!

    Qu’on défende l’idée de l’égalité, de l’équité envers les femmes, les minorités, les Afro-américains, etc., nous sommes tous et toutes d’accord, mais nous sommes tombé dans le « lavé plus blanc que blanc » où on fait mal à la cause qu’on défend.

    Sans surprise, on donne un peu de pouvoir à un groupe de gens et ils en abusent. 🤮

    1. Achalante dit :

      Sérieux? Vous pensez que l’anti-racisme est pire que le racisme? Ça parait que vous n’êtes pas victime du second…

      C’est facile de juger une réaction comme disproportionnée quand on regarde de l’extérieur, mais pour ceux qui ont à vivre avec le racisme systémique, la conclusion est bien différente.

  14. Apocalypse dit :

    @Darth Smart – 14:12

    ‘On tente d’enterrer le passé pour ne plus le voir parce qu’il ne correspond plus à nos valeurs d’aujourd’hui.’

    Parlant des valeurs d’aujourd’hui, disons qu’il y a de quoi s’inquiéter. On voit de plus en plus la triste tendance de gens qui ne peuvent supporter d’entendre autre chose que ce qu’ils veulent entendre.

    D’ailleurs, Jordan Peterson disait récemment qu’il s’inquiétait des changements climatiques, mais que la pire menace était peut-être l’effondrement des valeurs de notre société moderne. 🤔

  15. Apocalypse dit :

    @Darth Smart 14:12

    ‘Ce faisant on aseptise notre société.’

    Exactement! Ce qui fait que nous sommes ici pour discuter, c’est l’extraordinaire diversité qui existe partout autour de nous, mais nous voilà dans le nivelage par le bas digne des ligues majeures: DANGER! 👿👿👿

  16. Charlot dit :

    Bon d’accord, il a survécu à la révolution culturelle. Mais cet être abject sera enfin éliminé de la surface de la terre par la Très Correcte Amérique (lire USA). Belle illustration contemporaine du mythe de Charybde et Scylla. Enfin, MAGA s’impose dans toutes les couches de la société. ALLÉLUIA!

  17. jeanfrancoiscouture dit :

    «Safe Space»??? O.K. Mettons. Cela prohibe-t-il la projection de films, de documentaires ou de simples bulletins de nouvelles mettant en scène les exactions du KKK, les bastonnades de noirs par des flics et autres «mondanités» des racistes en tout genre, le tout à des fins pédagogiques? S’imagine-t-on que la mise à l’index de tout ce qui pourrait choquer ne serait-ce qu’une seule personne constitue un bon moyen de corriger les défauts d’une société? Comment alors enseigner quoi que ce soit si on aseptise tout? Un système immunitaire fut-il physique ou intellectuel ne se développe pas en l’absence de tout stimulus. On ne se guérira jamais d’une infection en mettant à mort celui qu’on soupçonnerait de nous avoir transmis le microbe.

    Quant à la foire aux «excuses», je n’y participe pas. Je n’en ai jamais exigées mais il m’arrive d’en présenter mais si j’estime ne pas avoir en en offrir, aucune clameur ne pourra m’inciter à le faire. Le rétro pédalage n’a jamais été mon fort. Quant aux gens qui, à tout bout de champ, disent n’importe quoi en prétendant «dire ce qu’ils pensent», je leur réponds souvent que «penser» demande en général un peu plus de temps.

    1. Haïku dit :

      Fort bien dit ! 👌
      Ajout amical:
      “Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose.”(Jules Renard)

  18. claude400 dit :

    Il n’avait pas à s’excuser d’avoir présenté ce film. C’est complètement ridicule. Tout ça n’a rien à voir avec le racisme, rien à voir avec la pratique raciste du blackface aux États-Unis, et ça n’a rien à voir avec la promotion de l’égalité raciale. Ce film a sûrement des qualités et il doit être pris aujourd’hui dans le contexte historique approprié. Va-t-on interdire les films de la Panthère Rose car Peter Sellers, un Britannique, y joue, de manière caricaturale, un inspecteur de police français idiot? Devrait-on aussi bannir la version d’Othello d’Orson Welles? Voyons donc! C’est de l’art. L’idéologie ne devrait avoir à faire là -dedans.

  19. Apocalypse dit :

    @Achalante – 15:29

    ‘Sérieux?’

    Sérieux, vous ne savez pas lire? 🤦‍♂️

    Prenez une longue marche et revenez lire mon post au … COMPLET!

    1. Achalante dit :

      Oh, j’ai lu: « mais nous sommes tombé dans le « lav[er] plus blanc que blanc » (…) »

      Non. On est rendu au point où il y a des conséquences à propager des idées racistes, même accidentellement. Pourquoi ceux qui sont victimes de racisme devraient encore se taire pour ne pas porter préjudice une classe privilégiée? Parce que, ne nous y trompons pas, ici, ce n’est pas tant la perte du poste d’un prof dont personne ici n’a jamais entendu parler, encore moins profité, qui choque, mais le risque d’être soi-même blâmé si on en venait à faire ce genre d’erreur.

      Et pourtant, il y a des façons de présenter des excuses, simples et efficaces, qui ne sont pas des tentatives maquillées de refuser la responsabilité de ses actes. Si vous avez peur pour vos propres fesses, je vous conseille d’étudier ce qui est acceptable, ce qui ne l’est pas, et comment offrir de réelles excuses. (Truc : ça commence par accepter ses propres torts.) Ça sera beaucoup plus profitable à tout le monde, plutôt que de dénoncer « des dérives » alors qu’on ne sait pas ce que ces gens vivent au jour le jour, et à quel point ils sont blessés par ce genre d’images venues d’un passé où le racisme était encore acceptable.

      (J’ai moi-même dit des choses racistes sans m’en rendre compte par le passé. Puis j’y ai pensé, et compris pourquoi ce que j’ai dit a fat réagir les gens, et ce que j’aurais dû faire à la place. Et vous savez quoi? Les gens BIPOC à qui j’en ai parlé et m’en suis excusée m’ont dit : « au moins, ça aura été utilisé pour apprendre », et c’est tout. Je n’ai pas été bannie ni rien. Parce que j’ai assumé mon erreur, et m’en suis servie pour faire mieux à l’avenir. C’est si simple… Quand on n’a pas l’épiderme blanc trop fragile, du moins.)

  20. @senorflash

    Il y a peu qu’on ne pas dire ou faire dans un contexte scolaire ou universitaire. Il s’agit de mettre en contexte. Quel est l’élément veut-on mettre en évidence? Si des universitaires ne peuvent faire la part des choses dans une situation précise et bien expliquée, ils ne méritent pas, ils devraient pas aller à l’université.

    C’est pas en mettant tout à l’index, qu’on améliorera le jugement des étudiants. Je me demande d’ailleurs ce que connaissent des jeunes de premier cycle universitaires des black faces, sinon que “c’est pas bien”. Je trouve tellement puritaine la réaction du corps professoral, direction incluse.

    Bright Sheng a sûrement gaffé. Il n’a pas pondéré l’impact comme un natif états-unien. De là a le condamner d’hérétique il y a une marge. Imaginez dans 20, 30 ou 50 ans, on pourrait interdire de parler de Trump qui aurait été rayé de tous les bouquins d’histoire. Que saurait-on de la tentative de coup d’état ratée par le moron orangé?

    “History will teach us nothing” chantait Sting, even more if you don’t want to face it.

  21. InfoPhile dit :

    La demande du congédiement du prof est évidemment exagérée. Mais si on considère les faits à l’aune de l’air du temps, on doit se demander où – désespoir ! – le prof avait la tête. Enfouies sous ses partitions ?

    En tout cas, pour dire le moins, elle n’était pas branchée sur les revendications qui sont à la mode par les temps qui courent et qui découlent d’une sévère humiliation collective – surtout au sud de nos frontières – qu’est venu terriblement exacerber l’assassinat de George Floyd et autres très médiatisés.

    Cela dit, je déplore le « power trip » de certains revendicateurs que les médias sociaux amplifient démesurément.

    P.S. Dans ma jeunesse un mot a été en quelque sorte été mis à l’index. Soit le mot « infirme » qui désignait toutes sortes de personnes handicapés. Ce terme venait avec une connotation de pitié méprisante. Ce dont s’offusquaient les principaux concernés. Il est tombé en désuétude. Et je m’en réjouis.

  22. Linda Hart dit :

    Une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que la définition de folie est bel et bien : USA !

  23. sousmarin dit :

    Le type même de fanatiques qui s’attaquent aux symptômes plutôt qu’aux causes.
    Une fois qu’ils auront obtenu un politiquement correct généralisé, ils auront l’impression d’être des héros…travers tellement étasunien !

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