Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

« L’ICE n’est pas au-dessus des lois. L’ICE a tout à fait le droit de contester les ordonnances de ce tribunal, mais, comme tout justiciable, elle doit s’y conformer tant qu’elles n’ont pas été annulées ou infirmées. […] En annexe à cette ordonnance figure une liste de 96 décisions de justice que l’ICE a violées dans 74 affaires. […] Cette liste devrait interpeller toute personne – quelles que soient ses convictions politiques – soucieuse de l’État de droit. L’ICE a probablement violé plus de décisions de justice en janvier 2026 que certaines agences fédérales n’en ont violées au cours de toute leur existence. »

Patrick Schiltz, juge fédéral en chef du Minnesota, passant un savon aux responsables de la police de l’immigration dans une décision rendue mercredi et visant le directeur intérimaire de l’ICE, Todd Lyons, qu’il menaçait d’outrage au tribunal. Cette menace a été levée après que l’ICE a remis en liberté un homme originaire de l’Équateur qui avait été détenu illégalement. Nommé à la magistrature fédérale par George W. Bush, Schiltz est un juriste conservateur qui a notamment enseigné à la juge de la Cour suprême Amy Coney Barrett à l’Université de Notre Dame.

P.S. : Tom Homan, tsar des frontières, tiendra ce jeudi matin une conférence de presse dont l’objectif consistera à calmer le jeu à Minneapolis et au Congrès. Selon Politico, il proposera des réformes en échange d’une meilleure coopération de la part des responsables démocrates du Minnesota pour identifier les immigrants en situation irrégulière dans les prisons locales.

P.P.S. : Reuters rapporte que certaines réformes sont déjà mises en oeuvre. Les agents de l’ICE ont reçu l’ordre de cibler uniquement les immigrants faisant l’objet d’accusations ou de condamnations pénales – un changement majeur par rapport à la politique d’arrestations massives prônée par Stephen Miller et exécutée par Greg Bovino, qui a été chassé de Minneapolis. Selon Reuters, les agents ont également reçu l’ordre de ne pas intervenir face aux manifestants.

32 réflexions sur “La citation du jour

  1. Syl08 dit :

    C’est bien beau de modifier les règles pour ICE, mais est-ce que quelqu’un va modifier les règles pour Trump? Il continue à mettre de l’huile sur le feu et envoie ses sbires dans d’autres États démocrates. Il faut croire qu’il n’y a aucun illégal dans les États républicains. En plus, pour ce qui est de violer les lois, quand ce ne sont pas les femmes , Trump s’y connaît très bien .

  2. Duduche dit :

    Ce juge ne semble pas avoir compris que violer la loi pour faire le sale boulot voulu par Corrompu-47 n’est pas vraiment considéré comme un crime au Trumpistan, c’est plutôt la norme du Department of (Trump) « Justice ».

    La gICEtapo n’est qu’une extension de la volonté déviante du principal responsable.

    1. Duduche dit :

      D’ailleurs, parmi les qualifications souhaitées pour faire partie de la milice MAGA on trouve la xénophobie:
      https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-01-29/recrutement-de-l-ice/des-messages-font-appel-aux-supremacistes-blancs.php
      Des problèmes de gestion de la violence semblent un plus ainsi qu’un QI inférieur à 100. On veut de la masse docile, qui suit les ordres avec plaisir, surtout quand il s’agit de faire mal.

      1. Lanaudoise dit :

        « Le Département a reproché par ailleurs à des médias américains d’« encourager le racisme » en évoquant des liens possibles entre l’ICE et des suprémacistes blancs. »

  3. Les agents de ICE ont-ils un niveau suffisant pour comprendre le mot « interdit » ?

    Il ne faut pas se contenter de promettre des ajustements, il faut aussi promettre et exercer des sanctions.

    1. Achalante dit :

      Ce n’est pas qu’ils ne comprennent pas, c’est qu’on ne leur dit pas. Ou alors, ils reçoivent des informations contradictoires, comme cette directive d’ignorer une partie de leur formation…

  4. Mona dit :

    Enfin !

    1. Haïku dit :

      X2

  5. MarcB dit :

    Et certains agents doivent se dire que s’ils ont été gracié pour leur assaut contre le Capitole, ils le seront aussi pour avoir tabassé quelques non-blancs ou pour ne pas avoir respectée les ordonnances de juges wokes.

    Quand leur gourou agit sans se soucier des lois, ils suivent son exemple.

  6. PATlecamer dit :

    Je vais être clair : ce que décrit le juge Schiltz n’est pas une simple dérive administrative, c’est une crise ouverte de l’État de droit. Quand une agence fédérale viole sciemment, à répétition, près d’une centaine de décisions de justice, on ne parle plus d’erreurs ponctuelles ni de zones grises juridiques. On parle d’un pouvoir exécutif qui teste les limites de l’obéissance aux tribunaux — et qui, trop souvent, choisit de les ignorer !

    Le plus accablant, c’est que ce rappel à l’ordre ne vient pas d’un juge militant ou d’un progressiste réputé hostile aux politiques migratoires. Le juge Schiltz est un conservateur, respecté et formateur de juristes aujourd’hui à la Cour suprême. Autrement dit, ce n’est pas une charge idéologique, c’est un constat institutionnel. Quand même ce camp-là sonne l’alarme, il faut arrêter de faire semblant de ne pas COMPRENDRE.

    L’ICE a parfaitement le droit de contester une décision de justice. Mais refuser de s’y conformer tant qu’elle est en vigueur, c’est autre chose : c’est une logique de fait accompli, un bras d’honneur adressé aux tribunaux. C’est l’idée dangereuse que l’urgence politique, ou la volonté du moment, primerait sur la hiérarchie des normes. Or c’est précisément ce genre de raisonnement qui transforme une démocratie en régime arbitraire.

    Ce qui se joue ici dépasse largement la question migratoire. Aujourd’hui, ce sont des migrants équatoriens, guatémaltèques ou mexicains détenus illégalement. Demain, ce pourrait être n’importe quel groupe jugé politiquement commode à cibler. L’État de droit n’est pas DIVISIBLE : soit il s’applique à tous, soit il ne protège plus personne. Ceux qui applaudissent les violations quand elles frappent “les autres” se réveillent toujours trop tard….

    La tentative actuelle de calmer le jeu ressemble davantage à une opération de communication qu’à une remise en cause profonde. Homan promet des réformes, mais seulement en échange d’une coopération politique accrue. Autrement dit : respectez-nous politiquement, et nous respecterons peut-être un peu plus la loi. Cette logique transactionnelle est profondément malsaine. L’obéissance aux décisions de justice n’est pas une monnaie d’échange, c’est une obligation constitutionnelle !

    Certes, les ajustements rapportés par Reuters — fin des arrestations massives, recentrage sur les personnes poursuivies pénalement, consignes de retenue face aux manifestants — vont dans le bon sens. Mais il faut appeler les choses par leur nom : ce sont des reculs tactiques, pas une conversion juridique. Ils n’effacent ni les violations passées, ni la culture d’impunité qui s’est installée au sommet de l’ICE sous l’influence de figures comme Miller.

    Le fond du problème reste intact : une police de l’immigration qui s’est habituée à fonctionner comme si le contrôle judiciaire était optionnel. Et tant que cette culture ne sera pas frontalement sanctionnée — par des outrages au tribunal, des responsabilités personnelles, des conséquences réelles — rien ne garantit qu’elle ne ressurgira pas dès que le climat politique redeviendra favorable à la brutalité.

    Je le dis sans détour : l’ICE n’a pas seulement un problème de méthode, elle a un problème de légitimité démocratique. Une agence fédérale qui traite les décisions de justice comme des OBSTACLES provisoires mine la confiance dans toutes les institutions. Et à force de jouer avec le feu de l’illégalité, elle alimente exactement ce qu’elle prétend combattre : le chaos, la défiance, et la rupture du pacte civique. C’est maintenant, pas demain, que l’État de droit doit être réaffirmé — ou il ne le sera plus du tout.

    1. Madalton dit :

      Tant qu’une personne n’est pas condamnée, elle est présumée innocente. Elle devrait être déportée une fois tous ses recours terminés et/ou une fois la sentence purgée.

      1. PATlecamer dit :

        @ Madalton

        La présomption d’innocence est un principe pénal, elle protège contre une condamnation arbitraire, pas contre l’application sélective, abusive ou illégale du droit par l’État.

        Le droit américain est clair : une personne ne peut être privée de liberté, expulsée ou punie en violation du due process. Or ce que documentent juges fédéraux, avocats et ONG, ce sont des arrestations sans mandat valide, des détentions arbitraires, des expulsions menées en dépit d’ordonnances judiciaires explicites. Ce n’est pas une question de culpabilité future, c’est une question de légalité présente.

        Dire « qu’elle soit déportée une fois tous ses recours terminés » suppose justement que ces recours existent réellement, qu’ils soient respectés, et que l’État n’enjambe pas les tribunaux quand leurs décisions lui déplaisent. Or on parle ici d’un appareil administratif qui traite les décisions de justice comme des obstacles optionnels. C’est cela, la dérive.

        Quand l’État commence à choisir quelles lois il respecte et pour qui, ce ne sont jamais les plus puissants qui en paient le prix.

    2. Charlot dit :

      @PATlecamer

      « La tentative actuelle de calmer le jeu ressemble davantage à une opération de communication qu’à une remise en cause profonde. Homan promet des réformes, mais seulement en échange d’une coopération politique accrue. Autrement dit : respectez-nous politiquement, et nous respecterons peut-être un peu plus la loi. Cette logique transactionnelle est profondément malsaine. L’obéissance aux décisions de justice n’est pas une monnaie d’échange, c’est une obligation constitutionnelle « 

      Votre texte est un bijou, particulièrement l’extrait que je cite plus haut; celui-ci devrait être imprimé et distribué à grande échelle partout aux USA, de façon à ce que personne ne puisse jamais dire: « je ne savais pas »

      Encore une fois, chapeau!

      1. PATlecamer dit :

        @ Charlot

        Merci pour ces mots. Si ce passage résonne, c’est surtout parce qu’il met des mots simples sur une évidence que trop de responsables font semblant d’ignorer. On a fini par banaliser l’idée que l’exécutif puisse négocier son rapport à la loi, comme s’il s’agissait d’un rapport de force et non d’une contrainte constitutionnelle.

        L’obéissance aux décisions de justice n’est pas une option, ni une récompense accordée aux élus « coopératifs ». C’est le socle minimal de toute démocratie fonctionnelle. Le rappeler aujourd’hui n’a rien de radical : c’est devenu nécessaire parce que ce principe est ouvertement piétiné, puis maquillé en stratégie de communication.

    3. Toile dit :

      @PATIlecamer

      J’adore votre esprit d’analyse et le texte qui l’accompagne. On ne peu plus dans le mile.

  7. Nimai dit :

    La chose la plus illégale est leur pourriture de président.
    Biggest illegal ever !!

  8. ghislain1957 dit :

     » L’ICE n’est pas au-dessus des lois. L’ICE a tout à fait le droit de contester les ordonnances de ce tribunal, mais, comme tout justiciable, elle doit s’y conformer tant qu’elles n’ont pas été annulées ou infirmées. »

    En rapport avec l’ICE: Recrutement de l’ICE
    Des messages font appel aux suprémacistes blancs

    « Le département de la Sécurité intérieure (DHS) et le Service de l’immigration et des douanes (ICE) des États-Unis sont accusés de vouloir intégrer des suprémacistes blancs parmi les agents déployés sur le terrain pour arrêter des migrants. »

    Surpris? Pas moi.

    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2026-01-29/recrutement-de-l-ice/des-messages-font-appel-aux-supremacistes-blancs.php

    1. Haïku dit :

      @ghislain1957
      Merci pour le lien vers l’article ! 👌

  9. Madalton dit :

    Tout ça sera temporaire une fois le shutdown évité sachant que l’on ne peut pas faire confiance à cette gang d’enfoirés.

  10. March dit :

    Il y a eu beaucoup plus de déportation pendant l’ère Obama et pendant l’ère Biden que sous Trump.

    La différence est que les agents ont agi de manière civilisé et ont respecté les gens.
    Présentement, L’ICE ressemble plus à la Gestapo personnel qu’un système de police conventionnel.
    Himmler Miller a mis une cible d’Expulsion. Tu ne dois pas avoir de cible en nombre, s’il n’y a personne à déporté, tu n’as juste pas de job.

  11. Gilles Morissette dit :

    La décision de ce magistrat nous rappelle que malgré toutes les tentatives de cette administration de « gangsters », l’État de Droit existe encore.

    Oui, personne n’est au dessus des lois, en particulier l’ESCROC qui dirige de pays.

    J’ose espérer que vous ne vous laisserez pas berner par le « réformes » annoncés par Horman. Ce n’est que de la poudre aux yeux destinés à calmer la grogne populaire qui a suivi les assassinats de Mme Good et de M. Pretti.

    J’ai ZÉRO confiance en la parole de ces malfrats. Ils rétropédalent parce qu’ils n’ont plus le choix.

    Ils reculent parce que les sondages sont tellement mauvais que les Républicains risquent de subir une dégelée lors des Mid Terms (À moins que « 47 » ne décide de les annuler et d’invoquer « l’Insurrection Act »).

    La pression était trop forte. La population était scandalisé devant les abus de la « GESTAPO ». Elle exigeait des changements. Est ce que se sera suffisant pour calmer la grogne et faire baisser la température?

    Permettez moi d’avoir des doutes. Autrement dit, attendons de voir les résultats avant de juger de la situation.

  12. lechatderuelle dit :

    Dans les faits ça ne changera rien.
    ICE est la police du gouvernement. Une équipe de juristes travaillent assurément ,déjà, à modifier la Charte ICE, en la faveur de cette police politique afin de lui donner les autorisations pour être plus répressive.
    ICE est la pierre angulaire de la politique anti-migrant. Le gouvernement rendra son bras armé encore plus répressif encadré par des droits et des exemptions…

    Ce juge a bien fait sa job, mais le Mal est fait.
    ICE a le plus gros budget policier aux E-U. ICE a des bureaux dans plus de 50 pays à-travers le monde. ICE remplacera l’agence de sécurité E-U aux Jeux Olympiques pour assurer la sécurité des membres du gouvernement. Les candidats pour une job affluent à pleines portes. ICE ne se fera pas quoi dire et quoi faire par des juges.
    Ils la joueront low-profile, évitant les confrontations directes dans les rues. Ils n’iront plus au-devant des manifestants. Ils se limiteront à « protéger » leur quartier général dans une position « défensive ».

    ICE se défendra sans attaquer et surtout sans tuer personne pour une période de temps. Le temps d’inverser la perception.
    Faut retourner la réputation de méchants sur les manifestants qui brisent, insultent, attaquent des membres du service de l’Ordre du gouvernement.
    On peut imaginer Miller et sa gang concocter quelques coups fourrés pour modifier la perception du bon peuple. Transport d’agents du ICE sur des civières, des vêtements tachés de sang, des foules enragées qui scandent des slogans haineux et quelques crimes perpétrés sur de bons citoyens blancs par des individus louches…
    Une couples de vidéos, un spin médiatique sur le net anonymement et d’ici le printemps, tout sera géré…

    Parallèlement, le DoJ s’occupera des juges inférieurs et des états… pour les encadrer.

    ça laissera du temps au Ministère de la Guerre d’avancer quelques projets et aux négociateurs des Affaires Extérieures de se promener en avion ici et là pour de belles photos de poignées de main avec les plus « grands » chefs d’état…

    La Cour Suprême finira par sortir de son hibernation… accouchant d’une autre souris…

    Le 1 % qui a regroupé les « meilleurs » au sein du Projet 2025 a choisi son équipe pour la Maison-Blanche avec le mandat de faire le ménage et d’y demeurer longtemps….
    Nous n’avons assisté qu’à la mise en place. La phase exécutoire s’amorce en 2026.

  13. Philippe Deslauriers dit :

    J’ai tout a fait confiance en homan, il doit vouloir calmer le jeu tant qu’il n’aura pas recu son budget. Apres ca…

    1. Toile dit :

      En ce sens, Homan devrait atteindre l’objectif visé , imposé soit calmer le jeu. 0n s’entend calmer le jeu sous mandat trumpien c’est faire Taco. Le système installé paraîtra plus « souple et plus soft » mais rien dans la structure ne sera changé. L’important ici c’est l’image à protéger ( la forme) pas le fond.

  14. Alexander dit :

    « …Les agents de l’ICE ont reçu l’ordre de cibler uniquement les immigrants faisant l’objet d’accusations ou de condamnations pénales … »

    Je pensais que ça aurait dû être ça depuis le Jour 1: sortir les immigrants illégaux ayant un casier criminel.

    Finalement, c’est Miller qui a du sang sur les mains en tordant les directives initiales.

    Et le ICE doit se concentrer sur sa job et non gérer des manifestants. Ils ne sont pas formés pour ça. Et ils perdent les pédales, faute de formation. Quand t’es armé jusqu’aux dents, ça peut dégénérer, on le voit.

    Des escouades anti émeutes et la Garde Nationale sont là pour ça et sont formés pour ça.

  15. Haïku dit :

    HS en complément.
    Voici la lettre de Heather Cox Richardson:

    *https://open.substack.com/pub/heathercoxrichardson/p/january-28-2026?utm_campaign=post&utm_medium=email

  16. Layla dit :

    « Et tant que cette culture ne sera pas frontalement sanctionnée — par des outrages au tribunal, des responsabilités personnelles, des conséquences réelles ————— »
    « rien ne garantit qu’elle ne ressurgira pas dès que le climat politique redeviendra favorable à la brutalité. »

    Merci beaucoup pour vos textes.

    Pour ma part, je crois que le climat politique ces derniers jours montre un semblant d’amélioration. La seule garantie que j’ai c’est que le climat politique redeviendra ouvertement favorable à la brutalité dès qu’ils auront évité le shutdown, je suis rendue là, et je suis convaincue plus que jamais que pour une bonne partie de cette organisation « ce sont des chiens enragés qui ont goûté au sang. »

    1. Layla dit :

      Mon message s’adressait à @PATLecamer 7:21 mon erreur

      1. PATlecamer dit :

        @ Layla

        Je partage une bonne partie de ce pessimisme. Ce que nous voyons ces derniers jours ressemble moins à une amélioration qu’à une pause tactique. Une SUSPENSION de la brutalité visible, le temps de régler un rapport de force budgétaire et de calmer momentanément L’OPINION. L’histoire récente montre que ce genre d’« accalmie » n’est jamais idéologique, toujours instrumentale.

        C’est précisément pour cela que l’absence de SANCTIONS réelles est si dangereuse. Tant que cette culture ne coûte rien — ni carrières, ni libertés, ni responsabilités personnelles — elle reste intacte, prête à ressurgir dès que le contexte politique le permettra. Le problème n’est pas l’excès ponctuel, c’est L’IMPUNITÉ structurelle.

        Vous avez raison sur un point essentiel : pour une partie de cette organisation, la brutalité n’est plus un dérapage, c’est une habitude. Et une habitude tolérée devient une norme. On peut repeindre temporairement la façade, changer le discours, promettre des « ajustements » ; tant que la chaîne de commandement n’est pas tenue comptable devant les tribunaux, RIEN n’est réellement corrigé.

        C’est là que je reste inflexible : on ne réforme pas une institution qui a goûté à l’arbitraire par des signaux politiques, mais par des conséquences. Sans cela, le retour à la violence n’est pas une hypothèse cynique — c’est une CERTITUDE différée.

  17. Réjean Caisse dit :

    Il y’à quand même deux personnes qui sont morte, ils vont pas laisser ça comme ça, la chaîne de commandement doit être poursuivi, dans sont intégralité.

  18. Jacques Bellehumeur dit :

    Un semblant d’amélioration tout ça mais le fond ne change pas, c’est foncièrement une entité para-militaire au dessus des lois. Ça ne devrait pas exister cette version modene des chemises brunes. La solution serait de couper leurs fonds ou encore mieux de les abolir mais c’est presque impossible dans le contexte actuel.

    Au moins si on les obigaient à agir à visage découvert avec badge d’identification comme c’est supposé dans les corps policiers légaux ce serait une grosse amélioration. Parait-il qu’une telle mesure ferait que 75% des agents de l’ICE donneraient leur démission car aussi vils qu’ils sont ils savent très bien que pouvoir les identifier aurait comme conséquence que parents, amis et connaissances de ces agents réagiraient très mal pour la majorité d’entre eux.

    Les USA vivent des temps sombres et le monde retient son souffle.

  19. POLITICON dit :

    Cette citation est dévastatrice, précisément parce qu’elle ne vient pas d’un militant progressiste, mais d’un juge conservateur nommé par George W. Bush. Patrick Schiltz ne règle pas un différend idéologique : il rappelle une évidence juridique que l’administration Trump piétine méthodiquement — nul n’est au-dessus des tribunaux, pas même une agence fédérale armée jusqu’aux dents.

    Le chiffre est accablant : 96 décisions de justice violées, dans 74 dossiers, en un seul mois. Ce n’est plus de l’incompétence ou de l’excès de zèle, c’est une culture institutionnelle de la désobéissance judiciaire. Quand une police fédérale choisit quelles ordonnances elle respecte et lesquelles elle ignore, on ne parle plus d’État de droit, mais d’un pouvoir exécutif destructeur.

    Le plus inquiétant, c’est que cette dérive n’est pas accidentelle. Elle est le produit direct d’une stratégie politique assumée : tester les limites, saturer les tribunaux, forcer les juges à réagir après coup, et banaliser l’illégalité par le volume. Stephen Miller l’a théorisée. Greg Bovino l’a appliquée. Et l’ICE, sous la protection tacite de la Maison-Blanche, s’y est conformée.

    La reculade annoncée — ciblage restreint, consigne de ne pas affronter les manifestants — n’est pas une conversion soudaine au respect des lois. C’est une manœuvre de désescalade tactique, imposée par les juges, par la rue et par la peur d’un outrage au tribunal qui aurait créé un précédent explosif. Tom Homan peut bien parler de « réformes » : elles sont arrachées de force, pas offertes de bonne foi.

    Ce qui se joue ici dépasse la question migratoire. C’est un test grandeur nature : jusqu’où une administration peut-elle ignorer les juges avant que le système ne craque ? Et combien de violations faudra-t-il encore avant que le Congrès cesse de détourner le regard ?

    Quand un juge conservateur en vient à écrire noir sur blanc que l’ICE a violé plus de décisions judiciaires en un mois que certaines agences en une vie entière, ce n’est pas un signal d’alarme. C’est la sirène qui hurle pendant que la maison brûle.

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