Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

La Situation Room de la Maison-Blanche n’est pas un endroit où les dirigeants étrangers ont l’habitude de mettre les pieds et encore moins de prendre la parole. Et pourtant, c’est là que Benyamin Nétanyahou a convaincu Donald Trump de donner le feu vert à la guerre en Iran, selon les journalistes du New York Times Maggie Haberman et Jonathan Swan, qui ont obtenu leurs informations dans le cadre de leurs recherches pour Regime Change, leur livre à paraître le 23 juin sur le deuxième mandat de Trump à la Maison-Blanche.

Je cite un passage clé d’un long article (lien gratuit) signé par Haberman et Swan et publié ce mardi dans le Times sur la présentation effectuée par le premier ministre israélien : « Dans la Situation Room, le 11 février, M. Nétanyahou a plaidé avec insistance, affirmant que l’Iran était mûr pour un changement de régime et exprimant la conviction qu’une mission conjointe américano-israélienne pourrait enfin mettre fin à la République islamique. À un moment donné, les Israéliens ont montré à M. Trump une courte vidéo comprenant un montage de dirigeants potentiels susceptibles de prendre la tête du pays si le gouvernement radical tombait. Parmi eux figurait Reza Pahlavi, le fils en exil du dernier shah d’Iran, aujourd’hui dissident basé à Washington, qui a tenté de se présenter comme un dirigeant laïc capable de guider l’Iran vers un régime post-théocratique.

« M. Nétanyahou et son équipe ont présenté des conditions qu’ils décrivaient comme annonçant une victoire presque certaine : le programme de missiles balistiques de l’Iran pourrait être détruit en quelques semaines. Le régime serait tellement affaibli qu’il ne pourrait pas bloquer le détroit d’Ormuz, et la probabilité que l’Iran porte des coups aux intérêts américains dans les pays voisins était jugée minimale. »

Trump, qui était déjà enclin à mettre un terme à la menace iranienne, n’en demandait pas tant. Le lendemain, les responsables du renseignement israélien ont poursuivi la présentation de Nétanyahou avec des membres de l’entourage du président américain. « Les responsables du renseignement possédaient une expertise approfondie des capacités militaires américaines et connaissaient parfaitement le système iranien ainsi que ses acteurs. Ils avaient décomposé la présentation de M. Nétanyahou en quatre volets. Le premier consistait en une “décapitation” — tuer l’ayatollah. Le deuxième visait à paralyser la capacité de l’Iran à projeter sa puissance et à menacer ses voisins. Le troisième reposait sur un soulèvement populaire à l’intérieur du pays. Et le quatrième était un changement de régime, avec l’installation d’un dirigeant laïc pour gouverner le pays », écrivent Haberman et Swan.

Plus tard, le directeur de la CIA John Ratcliffe a résumé à l’intention de Trump cette deuxième présentation, qualifiant de « ridicules » les deux derniers volets évoqués ci-dessus. Le secrétaire d’État Marco Rubio a utilisé le mot « conneries » pour les décrire. Mais le président américain a haussé les épaules, laissant entendre que la réalisation des premier et deuxième volets lui suffisait. Et il a balayé du revers de la main les inquiétudes concernant le détroit d’Ormuz, se disant confiant que le régime de Téhéran tomberait rapidement.

Haberman et Swan expliquent que les membres de l’entourage de Trump n’ont pas tenté de lui barrer la route. Ils précisent cependant que JD Vance était opposé à une guerre contre l’Iran. Quant au chef d’état-major des forces armées, le général Dan Cain, il a gardé pour lui son opposition, se contentant de présenter les côtés positifs et négatifs de chaque option. Les journalistes du Times notent que Trump, fidèle à ses habitudes, n’a entendu que ce qui lui plaisait.

Et il comparent de façon intéressante et troublante le style du général Cain à celui de son prédécesseur, le général Mark Milley. « Le général Caine différait à presque tous égards [au] général Mark A. Milley, qui s’était opposé avec véhémence à M. Trump durant son premier mandat et qui considérait que son rôle consistait à empêcher le président de prendre des décisions dangereuses ou imprudentes. »

Il ressort de l’article du Times que Trump voulait en découdre avec les Iraniens autant que Nétanyahou. Mais il revient au général Cain de définir le problème avec la façon dont le premier ministre israélien a convaincu le président américain à passer à l’action. « Monsieur, d’après mon expérience, c’est la procédure habituelle des Israéliens. Ils en font trop dans leurs arguments, et leurs plans ne sont pas toujours bien élaborés. Ils savent qu’ils ont besoin de nous, et c’est pourquoi ils insistent autant », a-t-il dit à Trump, selon le récit de Haberman et Swann.

Il va sans dire que Trump ne l’a pas écouté.

(Photo AFP)

45 réflexions sur “Quand Nétanyahou faisait miroiter à Trump une guerre rapide et décisive”

  1. lechatderuelle dit :

    il fallait des images…pas des arguments!
    Des images avec de petits bonhommes souriants et des barbus méchants qui explosent… le gros aurait compris les risques…
    mais des mots et certains des mots avaient plus de 7 lettres !!
    Il fallait des Bing! et des Paf!

    Pauvre Président…. quossé tu veux qu’un gars faize? Peut pas passer pour un peureux… fait que… anéantissement d’une civilisation au menu…
    pas l’choix

    1. MarieFrancineF dit :

      Le donald : Je suis, tu es….

      Le bibi: Non, non…je hais, tu suis.

      1. Roger Allard dit :

        Bravo !

      2. 430a dit :

        Une perle! Et non ante porcos!

  2. Charlot dit :

    Et demain, Armageddon. Et de bons chrétiens américains, des américains qui vont à l’église tous les dimanches avec leurs enfants chéris pour y prier un Dieu d’amour encenseront leur dieu vivant, celui qui aura, enfin, fait débuter la fin du monde qu’ils attendent avec tant de ferveur.

    D’autres hurluberlus ailleurs dans le monde se diront que le retour du prophète machin (un pour chaque secte d’hurluberlus) est enfin arrivé.

    D’autres hurluberlus états-uniens diront MAGA!

    Et encore d’autre hurluberlus états-uniens diront » hey, je n’ai pas voté pour ça, moi » pendant que d’autres diront simplement « hey, je n’ai pas voté, moi »

    Et, partout dans le monde, des gens normaux, de toutes les races et de toutes les couleurs au diront FUCK les USA.

    Je serais tenté de dire la même chose.

    1. ghislain1957 dit :

      @Charlot

      « Je serais tenté de dire la même chose. »

      Faites-le, ça soulage! 😉

    2. Carl Poulin dit :

      Plutôt: Fuck Républican USA!

  3. ghislain1957 dit :

    « Il va sans dire que Trump ne l’a pas écouté (Caine). »

    Ben non, le gros le sentait dans ses tripes remplies de quelques Big Macs. Go for the war!

  4. Syl08 dit :

    Ça ressemble à Dumb et Dumber qui se convainquent que leur plan pour éviter la prison est infaillible. Après plusieurs semaines, ils sont rendus avec pas de plan. Good luck pour sortir de ce merdier auto infligé.

    1. Haïku dit :

      @Syl08
      Très bon parallèle avec le film !!

  5. MarieFrancineF dit :

    Le donald : Je suis, tu es….

    Le bibi: Non, non…je hais, tu suis

    1. Haïku dit :

      @MarieFrancineF
      Touché ! 🎯

  6. danygig dit :

    Comment régler un problème en créant un autre problème?
    Dommages collatéreaux.

  7. MarcB dit :

    « les Israéliens ont montré à M. Trump une courte vidéo »…
    Quoi dire de plus… On montre de belles images qui bougent à Donald. Il trouve ça professionnel. Il est d’accord.

    Quant au général Cain, il a été choisi par Donald. Probablement que dans ses questions d’entrevues c’était clair qu’il ne devait jamais dire non ou s’opposer à Donald. En passant, ce général est le seul « Chairman of the Joint Chief of Staff » qui n’a jamais eu sa quatrième étoile. Il a été choisi pour sa loyauté, certainement pas pour ses compétences.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Dan_Caine

    1. MarcB dit :

      Oh boy… En lisant un peu plus sa page wikipedia:
      « According to Trump, Caine told him, « I love you, sir. I think you’re great, sir. I’ll kill for you, sir. » Allegedly, he claimed that ISIS could be defeated in a week. Trump also said that Caine was wearing a MAGA hat at the time, a detail disputed by his aides. »

      1. Madalton dit :

        Ben oui chose!

  8. Gina dit :

    @Charlot
    les chrétiens n’étaient et n’ont jamais été eu de bonnes personnes. Retournez à l’histoire de l’esclavage et vous verrez que les personnes les plus méchantes qu’il y a sur terre.

  9. Francine dit :

    Je viens de voir un reportage a radio can dans lequel on relatait un message qui résume bien l’état d’esprit de plusieurs: A la maison blanche, être taré n’est pas une insulte, c’est un pré-requis.

  10. Apocalypse dit :

    « Il ressort de l’article du Times que Trump voulait en découdre avec les Iraniens autant que Nétanyahou. »

    L’obsession de Netanyahou avec l’Iran dure depuis des décennies, mais Donald Trump, pourquoi? 🤔

    L’Iran ne menace les États-Unis en aucune manière, qu’ils aient l’arme nucléaire ou non, alors pourquoi? 🤔

    Si tu es une personne rationnelle et que tu prends un risque insensé – ce qu’est cette guerre contre l’Iran – il faut que tu aies une SATANE bonne raison; désolé, mais l’Iran possédant l’arme nucléaire est loin d’en être une assez bonne dans mon bouquin, alors je pose la même question: pourquoi prendre un tel risque? 🤔

    Au final, les États-Unis pourraient perdre bien plus que le soi-disant gain d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, qu’ils vont de toute manière avoir dans un avenir rapproché.

    1. Achalante dit :

      Parce que Obama a fait une entente avec eux, et que le fait que lui l’ait déchiré augmentaient les risques. En détruisant le régime iranien (ou maintenant, l’Iran au complet), il pourra dire: « Vous voyez? J’ai réglé le problème, pas Obama! » Il veut effacer tout l’héritage de M. Obama, son égo raciste ne permet pas d’autres solutions.

  11. Mcdodo dit :

    Bibi, cré bibi, ta eu ce que tu voulais, maintenant assumes toi crétin. Ta pas fini avec les iraniens

  12. Jocnob dit :

    ….. Et pendant ce temps, le dossier Epstein? Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz!

    1. Haïku dit :

      Exact !!

  13. Gilles Morissette dit :

    Quelles conclusions peut on tirer de cette description de la part de ces deux (2) journalistes?

    Ce que nous nous doutions depuis déjà longtemps.

    1. « 47 » s’est fait rouler dans la farine comme un gamin de cinq (5) ans par un individu manipulateur, retord, sans scrupule;
    2. « 47 » n’a écouté personne sauf ceux et celles qui lui disaient les choses qu’il voulait entendre.

    Les USA se trouvent embarquer dans cette guerre parce que leur président a été trop stupide, trop borné pour poser les bonnes questions à Netanyahou.

    Un beau vidéo avec de belles images ont suffi à le convaincre de sauter « à pied joints » dans cette « trappe ».

    Déjà que « 47 » voulait en découdre, une fois pour toute avec l’Iran. Il était pratiquement tenté de « plonger ». Netanyahou lui a simplement donné la poussée qu’il fallait.

    Un président censé aurait soupesé les conséquences de déclencher une telle agression avec tous les risques que cela implique avant de prendre une décision.

    Pas « 47 ». Il est trop con pour se livrer à un tel exercice. Il agit ce que son « pifomètre » lui dicte.

    On voit ce que ça donne.

  14. MarieFrancineF dit :

    La Russie et la Chine s’opposent à une résolution sur Ormuz

    La Russie et la Chine ont fait valoir leur droit de veto pour s’opposer à une résolution de l’ONU avancée par le Bahreïn visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2244269/russie-chine-veto-onu-ormuz?partageApp=rcca_appmobile_appinfo_android

    1. Madalton dit :

      Je n’aurais jamais pensé que je serais d’accord avec la Chine et la Russie un jour.

      1. MarieFrancineF dit :

        De même !
        J’au du relire la nouvelle espérant avoir mal compris…
        Très étrange époque.

  15. Louise dit :

    On voit clairement que Trump n’a aucune direction, il a perdu non seulement la boussole mais aussi la boule. Dans cette guerre insensée, ce sont les objectifs de Netanyahou qui priment. Lui, son plan était prêt depuis longtemps et avec des arguments et surtout des images il a su convaincre son « chum » que c’était dans l’intérêt des deux pays d’anéantir l’Iran et en prime le Liban, dans le cas de Bibi.

    Aujourd’hui on voit l’exemple extême que Trump n’est pas et n’a jamais été apte à occuper un poste qui comporte autant de responsabilités.
    Le mieux qui pourrait arriver non seulement pour l’Iran mais pour le monde entier, c’est que l’armée refuse d’obéir. Malheureusement, je ne crois pas que cela va arriver.
    L’armée, les élus des deux bords, l’entourage de Trump et Trump lui-même sont tous des peureux qui font passer leurs intérêts personnels et leurs gros égos avant la sauvegarde d’une partie de l’humanité.
    Pour nous il y a déjà de gros inconvénients financiers mais on va survivre.
    Mais pour les populations touchées qui vont tout perdre et même la vie pour plusieurs, c’est un drame incommensurable.

    1. gl000001 dit :

      « n’est pas et n’a jamais été apte à occuper un poste qui comporte autant de responsabilités. »
      Une autre faillite !!

  16. March dit :

    Est-ce que dans la vidéo qu’il a présenté à Trump il y a des vidéo de lui même avec des jeunes filles. Après tout, il y a des rumeurs comme quoi Eipstien travaillait pour Israel. Il était juif après tout.

    Mais plus concrètement, il avait juste a présenter Trump comme étant l’homme qui ferait tomber l’Iran, c’est tout ce qui importait pour lui. Le reste était des détails.

    Mais force est d’admettre qu’après près de 6 semaines, les détails sont rendus des gros, très gros problème.

    Ceux qui ont le moins à gagner à partir de maintenant, c’est les USA. Hausse du prix du pétrole, aucun bon choix comme porte de sortie. (capituler la tête entre les jambes, envahir l’Iran ou commettre des crimes de guerre.)
    Ceux qui risque de gagner le plus, c’est la Russie avec le shift de l’attention loin de l’Ukraine (et des $$ et des armes fournit)
    Isreal va avoir au mieux une petite pause dans des attaques contre eux. Mais vont s’avoir fait encore plus d’ennemi.
    L’Iran tant qu’a eux vont voir leur ville détruit mais ils risquent toujours d’être gouverné par des religieux. Mais ils vont avoir trouvé le moyen d’obtenir un levier puissant contre les USA et Israel.

  17. Têtedeminou dit :

    Parait que le Pakistan a demandé au kekloun de ne pas attaquer parce que ça négocie.

    Alors, il va pouvoir faire le taco sans problème.

    1. gl000001 dit :

      Oui. Le Pakistan demande un cessez-le-feu de 2 semaines.
      https://www.cnn.com/2026/04/07/world/live-news/iran-war-trump-us-israel

      1. Roger Allard dit :

        Deux semaines de 7 jours chacune.

        Pas deux semaines du gros gorlo

      2. Madalton dit :

        Il va en profiter pour se sortir de son ultimatum imbécile. Il demande à l’Iran d’ouvrir le détroit pendant 2 semaines. L’Iran n’acceptera pas de laisser tomber son seul atout.

  18. Toile dit :

    Déjà en partant, une question cruciale. De Kessé que Bibi fout dans la situation room sinon que contaminer un cerveau pas trop fort avec des sbires choisis non pas pour leur loyauté mais leur soumission.

    Bibi avec son parfait manuel de chars ( vidéo pour nul) a vendu les « avantages » d’une guerre courte et victorieuse sans grand effort mais il a volontairement omis le volet sans garantie. Bingo, Bibi peut enfin aspirer à anéantir l’Iran, un rêve à portée de main, et l’autre cruche embarque à pieds joints avec les yeux fermés. Bibi a été plus manipulateur que Donald. Flatter l’égo de Taco à du être un jeu d’enfant. The best army in the world……

    Juste à date, reconstruire ne serait-ce que la confiance sera dans le registre des travaux d’Hercule.

  19. Toile dit :

    Dans le contexte révélé, peut on penser que la menace d’anéantir la civilisation iranienne ( perse plutôt) que Taco a préféré est une extension directe de ce qu’a pu lui susurré Bibi? Ca s’y apparente bien tenant compte de Gaza, Palestine, Cisjordanie et Liban. L’autre n’y voit que sa méthode soit d’intimider.

    1. gl000001 dit :

      On verra à 20:00 qui lancera les hostilités en premier. D’après moi, Israel va attaquer et les USA non.

  20. _cameleon_ dit :

    Un article tout à fait perinent sur les crimes de guerres commis par l’administration des US of A et d’Israël:

    Menaces de Donald Trump Des crimes de guerre « sans ambiguïté »
    https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2026-04-07/menaces-de-donald-trump/des-crimes-de-guerre-sans-ambiguite.php

    Extrait:
    « Allons droit au but : faire sauter les ponts et les infrastructures énergétiques en Iran, comme menace de le faire Donald Trump, est-ce un crime de guerre ?

    Sans aucun doute, oui. En vertu du droit des conflits armés, en vertu des protocoles aux Conventions de Genève, la règle la plus importante dans la conduite d’un conflit armé est ce qu’on appelle le principe de distinction. »

  21. xnicden dit :

    Que les renseignements israéliens encouragent maintenant les délires de leur PM et de la chose , les bras m’en tombent. C’est comme si certains avaient promis de mieux servir leurs maîtres après leur échec avec le 7 octobre.

  22. citoyen dit :

    on devrait trouver des débouchés à la démocratie qui dépassent la rencontre entre boys.

  23. Pierre Belley dit :

    Deux ordures de la pire espèce. Ils contrôlent notre monde. Le fond a pris le dessus, encore.

  24. «les Israéliens ont montré à M. Trump une courte vidéo comprenant un montage de dirigeants potentiels susceptibles de prendre la tête du pays si le gouvernement radical tombait. Parmi eux figurait Reza Pahlavi, le fils en exil du dernier shah d’Iran, aujourd’hui dissident basé à Washington »

    Je l’avais dit il y a deux semaines : sans chef de l’opposition (même corruptible, ou surtout corruptible) pour prendre la relève, et sans lui donner les moyens de revenir au pays et d’être protégé sur le terrain, et de former une force suffisante pour renverser le gouvernement (et non le contraire, essayer d’éliminer le gouvernement et attendre ensuite que la population dise à Reza « on t’attend ! »), un changement véritable de régime (comme permettre le jambon ? je dis ça comme ça) ne pouvait se produire.

  25. POLITICON dit :

    Il y a, dans ce récit, quelque chose de profondément dérangeant — et je ne parle même pas de la guerre.

    Ce que nous décrit M. Hétu, ce n’est pas simplement une décision géopolitique. C’est une scène. Une mise en scène. Une démonstration où Bibi vend une guerre comme on vend un produit pour faire pousser les cheveux à un client déjà convaincu, et où Donald joue son rôle favori : celui du spectateur fasciné qui confond conviction et réalité.

    Une vidéo. Un montage. Des “dirigeants potentiels” prêts à prendre le pouvoir comme dans une bande-annonce de Netflix. Sérieusement ? On ne parle pas ici d’un casting, mais d’un pays de 80 millions d’habitants, d’un régime complexe, d’un équilibre régional fragile. Et pourtant, tout est réduit à une fiction commode, calibrée pour flatter les instincts d’un président qui n’a jamais caché son appétit pour les solutions simples à des problèmes complexes.

    Le plus inquiétant, ce n’est même pas que Reza Pahlavi apparaisse dans ce montage comme un pion prêt à être déplacé sur l’échiquier. C’est que cette simplification grotesque semble avoir suffi.

    Car au fond, tout est là : Trump “n’en demandait pas tant”. Voilà la clé. Il ne s’agit pas d’un dirigeant manipulé malgré lui. Il s’agit d’un dirigeant qui attend qu’on lui serve exactement ce qu’il veut entendre. Une guerre rapide. Propre. Décisive. Sans conséquences. Une illusion stratégique, emballée comme une promesse électorale.

    Et pendant que certains, dans son entourage, parlent de “ridicule” ou de “conneries”, lui hausse les épaules. Comme si déclencher un conflit majeur au Moyen-Orient relevait d’un pari sans enjeu. Comme si le détroit d’Ormuz n’était qu’un détail logistique. Comme si l’Histoire n’avait jamais existé.

    Le silence du général Dan Caine est à cet égard glaçant. Non pas parce qu’il n’aurait rien compris — au contraire — mais parce qu’il incarne une évolution inquiétante : le passage d’une armée qui osait encore tenir tête au pouvoir politique, comme sous Mark Milley, à une armée qui expose des options… puis se tait. Qui informe, mais ne protège plus. Qui accompagne, au lieu de résister.

    Il ne s’agit pas seulement de dire que Trump “n’a entendu que ce qui lui plaisait”. Cela, on le sait depuis longtemps. Il s’agit de reconnaître que tout, dans ce processus, est conçu pour que la réalité elle-même devienne optionnelle. Que les faits deviennent accessoires. Que la guerre devienne un produit d’adhésion.

    Nétanyahou n’a pas convaincu Trump. Il lui a offert un miroir. Et Trump, fidèle à lui-même, s’y est précipité. Quand on est narcissique un jour…

    1. Kay dit :

      @ politicon

      « Et pendant que certains, dans son entourage, parlent de “ridicule” ou de “conneries”, lui hausse les épaules. Comme si déclencher un conflit majeur au Moyen-Orient relevait d’un pari sans enjeu. Comme si le détroit d’Ormuz n’était qu’un détail logistique. Comme si l’Histoire n’avait jamais existé. »

      Rien à ajouter ou presque. Ce fragment tiré de votre réflexion reflète en tout point l’insignifiance et le pathétisme de ce personnage

  26. POLITICON dit :

    A voir la photo, on dirait que l’on assiste au 3e volet de Dumb & Dumber, ou Bomb and Bomber…c’est selon.

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