
Dans un billet publié mercredi matin, j’évoquais le « moment Liz Truss » de Donald Trump, en faisant allusion aux droits de douane planétaires du président américain, politique économique peu orthodoxe dont l’annonce a affolé « les marchés financiers, [fait] chuter la monnaie du pays et [alimenté] un blizzard d’avertissements sur les conséquences désastreuses à long terme ». Comme le New York Times, qui faisait cette description, je notais deux différences importantes entre les suites de l’annonce des réductions d’impôts controversées de l’ancienne première ministre britannique et celle des droits de douane de Trump.
L’une de ces différences a été effacée mercredi. Comme Truss, Trump a reculé. Après seulement quelques heures, le président américain a fait marche arrière sur ses droits de douane. Il a agi encore plus rapidement que l’ex-première ministre, qui avait retiré ses réductions d’impôts après quatre jours seulement. Mais les deux l’ont fait pour les mêmes raisons : les craintes d’une crise du crédit après la montée en flèche des rendements des obligations d’État.
De commenter le Times ce jeudi : « [Le secrétaire au Trésor Scott ] Bessent a joué un rôle important en orientant le président vers la pause. Mais les conseillers de M. Trump admettent en privé que le véritable mérite revient aux marchés obligataires. La décision de M. Trump a été motivée par la crainte que son pari sur les tarifs douaniers ne se transforme rapidement en crise financière. Et contrairement aux deux précédents krachs des 20 dernières années – la crise financière mondiale de 2008 et la pandémie de 2020 – cette crise aurait été directement imputable à un seul homme. »
Dans son article sur les circonstances qui ont mené au recul de Trump, le Times note que l’orientation de la politique tarifaire du président a fait l’objet d’un débat jusqu’à la dernière minute avant la « journée de la libération ». Bessent et le vice-président Jed Vance préféraient une politique graduelle axée sur la menace chinoise. Bessent et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick ont par la suite plaidé en privé pour des droits de douane plus limités. Peter Navarro, conseiller de la Maison-Blanche, était évidemment le plus agressif du lot, insistant sur une stratégie tarifaire qui, selon lui, créerait une révolution dans l’industrie manufacturière américaine.
On connaît la suite. Et l’histoire n’est évidemment pas finie. Trump n’a pas levé ses droits de douanes sur les voitures, l’acier et l’aluminium, et des droits de douane de 10 % restent en vigueur sur tous les pays étrangers, sauf la Chine, qui fait désormais l’objet de droits de douane de 125 %. On parle donc du régime tarifaire américain le plus lourd depuis près d’un siècle. Ça aura des conséquences.
Reste maintenant une différence importante entre Truss et Trump. L’ex-première ministre a été chassée du pouvoir après 44 jours après l’annonce de ses réductions d’impôts. Le même scénario n’est pas envisageable aux États-Unis.
(Photo Getty Images)
Outre l’effet « culte », pourquoi est-ce si impossible dans son cas?
Truss pouvait être « congédiée » de son poste de 1ere ministre suite à un vote de confiance du parlement. Certains Tories/conservateurs auraient voté pour la faire timber.
Les seules manières de démettre Trump serait le 25eme amendement, ou la destitution. Pour réussir, ces deux procédures devraient être prises et approuvées par des MAGAs loyaux. On n’est pas encore rendu là.
Pas encore
Ils y serons JA-MAIS !
En effet, ils vont rentrer dans le mur et sans ceinture de sécurité. On peut même voir le mur à l’horizon s’approcher …
Trump, tout un financier de renommée paroissiale
Un ostie, tu veux dire?
sous-sol d’église, vous voulez dire?
Je pense qu’à un moment donné, même son culte va l’abandonner pour sauver leur peau. La population va commencer à se rebeller de plus en plus.
On dit ça depuis 10 ans. « Teflon Don » est un de ses surnoms. C’est désespérant de le voir aller sans que personne de sa gang (!) puisse/veule faire quelque chose.
… veule…
Je ne veux pas faire mon linguiste, mais j’adore votre coquille.
Qui n’aucune énergie, aucune volonté
Michel Cohen jurait envers et contre tous qu’il soutiendrait le pastiche de président Bozo (désolée le vrai).
On connaît la suite.
C’est mon espoir, ce à quoi je peux m’accrocher.
La différence majeure entre Donald et Truss est assez simple. Donald veut concentrer les pouvoirs judiciaire et législatif entre les mains de l’exécutif (président) afin de faire des USA une dictature. Jusqu’à présent, son plan semble marcher car sa base et son entourage sont prêts à mentir sans détour pour le protéger et nourrir sa mégalomanie.
Trump a voulu faire le clown mais il se retrouve avec foutu problème, la Chine.
Et malheureusement pour lui Xi n’est pas un clown.
À lui seul le Japon a vendu pour 1700 milliards ( j’espère avoir bien traduit 1.7 trillion anglais) de bons du trésor. Auquel il faut ajouter la Chine, l’Allemagne, le Royaume Uni et bien d’autres.
Il faut bien comprendre que ces bons servent â financer l’énorme dette publique de 35000 milliards. Alors non seulement le Japon et la Chine n’achètent plus des bons du trésor américain mais ils les vendent à rabais. C’est ce qui a causé un début de panique et forcé Trump à reculer.
Parce que ce triple idiot n’a pas compris le rendement obligataire dans ses multiples avance/recul.
Effectivement. C’est sur que Trump n’avait calculé ça.
D’ailleurs j’ai suivi cette crise d’assez près sur X et il faut avouer que c’est vraiment une bonne plate-forme dans ces situations.
Les graphiques avec les courbes des bonds du trésor ont sortis très rapidement avec les impacts etc…
Merci pour cette info. Je serais cependant surpris que le Japon ait vendu pour 1 700 milliards de dollars d’obligations, alors que la Chine elle-même n’en possède que pour 750 milliards.
Par ailleurs, je ne comprends pas que des pays comme le Japon, la Chine, l’Allemagne, le R.-U., etc. n’y aient pas pensé avant. Les pays créanciers du shithole USA tiennent le Gros Taré par les couilles car, en vendant des obligations, ils forcent le gouvernement amaricain à augmenter le taux d’intérêt sur les obligations. Or, 1% d’augmentation de taux équivaut à une augmentation de 360 milliards de dollars de la dette.
J’ai tellement hâte que les pays riches se liguent le Gros Taré et le forcent à leur baiser le cul, comme il l’a si bien dit lui-même (et avec tant de respect) des pays qui soi-disant l’ont supplié de négocier.
@_renaud. Effectivement, Xi n’est pas un clown. Son poste dans un cirque n’est pas encore bien claire: femme à barbe? Non. Diseuse de bonne aventure? Non. L’Homme Fort? Peut-être. Cracheur de Feu? On brûle peut-être ici.
Non, pour le clown du cirque, regardez bien la photo qui « orne » ce post: aucune hésitation possible, on tient là un champion: grotesque, ridicule, émet des inepties, fait peur aux enfants et souvent aux parents. Un Champion, un vrai.
(La Presse) Droits de douane – Des démocrates soupçonnent Trump d’avoir illégalement manipulé les marchés
Donald Trump a-t-il commis un délit d’initié ? Plusieurs élus démocrates ont émis des soupçons, estimant que le président américain avait peut-être, en encourageant à acheter des actions juste avant son revirement spectaculaire sur les droits de douane, illégalement manipulé les marchés.
« J’ai le droit. J’ai l’immunité. C’était une blague. Je n’ai pas dit ça … (tout bas) héhéhé suckers !! » Séraphin Poudrier, Madoff, Ponzi, Vincent Lacroix … seraient fier de lui !!
Sujet du précédent billet. Désolé.
HS: J’ai parlé hier du cout des iPhone si fabriqués aux USA : $3500. Voici le montant à payer lorsque l’inventaire aux USA sera épuisé (3 semaines) : an $1,199 iPhone 16 Pro Max assembled in mainland China could increase by $675, or 56%. $1874 !!!
https://www.cnn.com/2025/04/10/tech/apple-iphone-prices-tariffs-china/index.html
Heureusement il y a les excellents Samsung à la moitié du prix mentionné!
The man who screwed the world..
Caricature » screw »:
https://www.wsj.com/economy/trade/trump-tariffs-steel-metal-products-80b5f289
Très à propos ! 😉
Gl00001, c’est un frein à la surconsommation américaine, finalement Trump est un super Green!😉
Tiens ! Une blague.
DT me fait penser aux « électrolls » dans les blogues de La Presse. Il y avait 3 personnes qui étaient tellement bandés sur les chars électriques qu’ils disaient que ça serait facile de remplacer les voitures « puantes et polluantes » par des chars électriques. Ca devrait se faire en moins de 2 ans. Leur fanatisme les aveuglait et faisaient passer tous les gens pro-électrique pour des idiots.
S’il était intelligent, il partirait une agence dont le seul but serait de « dé-mondialiser » la production de biens consommés aux USA. Leur cible serait de faire ça sur 10-15 ans. Ramener ce qui est facile à ramener (et pas trop cher) en premier. Et le reste, à plus long terme. Faire ça en 90 jours ou moins de 2 ou 4 ans, c’est idiot en ta….
Gl000001, ce qui s’annonce vraiment pas comme une blague c’est la guerre commerciale USA-CHINE… si le conflit dégénère le Canada devra choisir un camp. Connaissant les liens entre Carney et la Chine, ce dernier est vraiment le meilleur choix pour négocier avec Trump?
Il me semble qu’on a déjà choisi. On tarife déjà les USA et on tarife déjà les voitures chinoises.
@le baron
L’erreur fondamentale de Trump et Navarro a été de faire un amalgame de tarifs qui englobait la grande majorité des alliés des américains, ce qui a résulté dans un climat de méfiance toxique, malgré le recul d’hier.
Les marchés ont parlé, mais la confiance ne reviendra pas.
Et oui, c’est l’affrontement commercial entre la Chine et les EU qui posera problème car le Canada est pris entre deux feux et devra choisir son camp. Notre proximité avec les EU nous met la pression de nous allier à un Traître plutôt que les chinois en cas de conflit étendu.
On achète beaucoup de la Chine et on pourrait en subir les conséquences par la bande.
Le vrai déséquilibre des EU est avec la Chine et ce n’est pas simple à régler.
@Le Baron (07:57)
On ignorait que vous aviez le sens de l’humour. Votre gourou est « super Green ». Lâcher ce calembour dans un spectacle d’humour et on va vous sortir de la salle « manu militari ».
Bel effort quand même (sarcasme)
The art of the no-deal.
Bip Bip Bip, c’est le serial bankrupter qui recule avant de mettre le pays en faillite.
Dans le cas du GOP, je parlerais d’un déni d’imbécilité.
« Mais les deux l’ont fait pour les mêmes raisons : les craintes d’une crise du crédit après la montée en flèche des rendements des obligations d’État »
Une différence est que le second n’a pas hésité à lancer sur Lie Social que c’était un bon moment pour investir en bourse, avant que celles-ci ne remontent suite à l’annonce qu’il s’apprêtait à faire.
« […] le vice-président Jed Vance […] »
Son prénom complet est « Jed… érive » ou « Jed… éconne? 😉
DÉITÉ: Personne de son entourage, de son parti, ne touche à sa sérénissime personne car il a la vengeance toujours à proximité de Sharpie pour nuire à ses ex-amis. De toute façon il leur a promis la richesse, c’est ce qui arrive avec ses décisions nuisibles à court terme.
Car à ce jour, nous avons vu seulement des décisions de court terme, qui paraissent bien aux yeux des US, comme une peinture fluo qui disparaîtra sous la pluie, montant les fissures du mur.
La plupart de ses amis et ennemis se satisfont de cette situation, pour le moment, car ils restent dans la mire de ce tireur orange. Alors le voir chuter de son socle? Cela prendra encore un trimestre ou deux…
Si j’ai bien compris, il n’y aura pas de « moment Liz Truss » pour monsieur.
Le début de la deuxième administration du Trumpeur est franchement CHAOTIQUE, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Américains ont du mal à comprendre précisément ce que cette administration tente de faire et comment ils en seront affectés. Il s’agit à la fois d’une refonte colossale de l’État américain et de l’ordre mondial dans son ensemble, mais aussi d’une transformation apparemment aléatoire, avec des décisions politiques importantes telles que des réductions de dépenses et des droits de douane manifestement prises sans une réflexion soutenue, ni préparation.
Alors que la Chine et les É-U n’arrêtent pas de s’envoyer les » je t’aime…, moi non plus ! « , les guerres commerciales perturbatrices s’intensifient et menacent de dégénérer en guerres des devises, en interdictions d’importations, d’exportations, d’investissements et de technologies, ainsi qu’en ventes forcées d’actifs financiers qui détruiront des millions d’emplois dans le monde. Il semble à peine croyable que le monde soit mis à GENOUX par UNE seule économie, hors de laquelle vivent 96 % de la population, qui produit 84 % des biens manufacturés.
Mais, même si les responsables américains ont déjà évoqué une politique tarifaire « d’escalade pour désamorcer », l’objectif du Trumpeur est de rapatrier la production aux É-U, et son assouplissement de 90 jours de certains droits de douane ne signifie pas qu’il a l’intention de désamorcer la crise.
Aucune crise ne se ressemble, mais l’octroi de CRÉDITS étendus aux entreprises exportatrices et importatrices a été au cœur de la RÉPONSE mondiale lors de l’effondrement du commerce en 2009. Par ailleurs, la Chine doit aussi comprendre que pour se présenter en championne du libre-échange, elle a intérêt à stimuler sa consommation intérieure plutôt qu’à inonder les marchés mondiaux de produits à bas prix qu’elle ne peut plus vendre aux É-U.
Pourtant, les défis mondiaux vont bien au-delà de la gestion du choc tarifaire. Relancer le commerce ne sera pas chose aisée sans une coordination des politiques macroéconomiques et financières entre les continents. L’inflation mondiale augmentera, même en tenant compte de l’impact déflationniste des exportations asiatiques bon marché. Mais un problème plus grave domine : l’effondrement de la confiance des consommateurs et la baisse des investissements des entreprises.
Cela dit, Nos institutions économiques internationales reposent sur la conviction que la prospérité, pour être durable, doit être partagée, et que le succès économique global exige une action là où le besoin se fait sentir. Avec ou sans l’aide américaine, nous devons immédiatement mobiliser les « 150 milliards $ » de la Banque mondiale en matière de subventions et de prêts, ainsi que les « 1 000 milliards $ » du FMI, notamment pour aider les économies vulnérables touchées par les tarifs. En 2009, c’est la combinaison des crédits commerciaux et des fonds multilatéraux qui a soutenu l’économie mondiale à hauteur de « 1 100 milliards de $ » et empêché la récession de dégénérer en dépression.
Bien d’accord avec PAT… Rappelons que le Donald est davantage crosseur que compétent… Il s’est entouré d’adorateurs qui ne risquent pas de lui porter ombrage.
Ses décisions se font sur le principe du « try and see »… Malheureusement, à l’échelle mondiale, ça fait des tsunamis…
Oh oui un délit d’initié. Ceux qui ont compris le message se sont sûrement encore enrichis. Bravo l’escroc t’as fait un bon job pour tes suiveux.
Moment Liz Truss ?
Non. Une arnaque qui a toutes les allures d’un délit d’initié. Ne comptez pas sur le FBI ou le DOJ pour faire enquête là dessus. Ils vont plutôt concentrer leurs efforts à protéger le « cul de l’ESCROC » et de faire la chasse aux « méchants » qui vandalisent les bagnoles de ELMO.
Bienvenue dans la « nouvelle Amérique » ou la police fédérale ainsi que le DOJ sont devenus des organisations au service d’un administration dirigé par un « GANGSTER ». Cela ressemble beaucoup à une forme d’instrumentalisation de l’appareil judiciaire.
Circulez. Il n’y a rien à voir
Il est en train d’appauvrir les américains, il est en train d’affronter un environnement dont il ne maîtrise pas les aboutissants, il est très mal entouré, mais ce sont ses choix, ca va le perdre. Mon intuition, y’a pas un président, premier ministre d’un pays, qui va accepter de négocier avec le commentaire KISS my ASS, c’est d’un vulgarité et d’un manque de respect sans nom, indigne, le bateau coule lentement mais sûrement, personne ne viendra à son aide. Le pire il pousse plusieurs pays à tenter un rapprochement avec la Chine.
On ne me dira pas que sur la photo de ce billet il a l’air d’un homme fort mentalement.