Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Les circonstances de la vie m’ont tenu loin du clavier au cours des 48 dernières heures. Je suis donc en retard de quelques billets, d’où ce bref potpourri dominical qui commencera par la déclaration de Donald Trump selon laquelle son fils Don aurait remboursé les centaines de milliers de dollars qu’un oligarque russe proche de Vladimir Poutine a dépensés pour financer son mariage avec Bettina Anderson en juillet dernier sur une île privée des Bahamas.

« C’est très courant ; j’ai entendu parler de nombreuses personnes qui organisent des fêtes de mariage », a déclaré Trump vendredi aux journalistes, avant d’ajouter : « Cela étant dit, je crois savoir que Don l’a remboursé. » Cela dit, le président a précisé qu’un tel don était « tout à fait autorisé ». J’ajoute que rien de ce qui précède ne peut être accepté comme parole d’Évangile.

Le même scepticisme est de rigueur concernant le « retour » du sénateur Mitch McConnell au Sénat, mardi. L’ancien chef de la majorité était là, mais était-il vraiment « là » ? On l’a vu agiter la main à son arrivée en chaise roulante lorsque les journalistes l’ont assailli de questions, auxquelles il n’a pas daigné répondre de vive voix. Mais il a semblé catatonique le lendemain, lors d’un vote à la commission de l’Agriculture dont il est membre. Il a d’abord voté « non » avec les démocrates, avant qu’on lui explique qu’il avait commis une erreur. « Aye », a-t-il fini par lancer en changeant un vote qui n’a convaincu personne de ses aptitudes à occuper son siège.

McConnel, âgé de 84 ans, a été tenu à l’écart du Sénat pendant plus de trois mois après avoir été retrouvé inconscient par des ambulanciers dans son domicile de Washington. Il n’est pas le premier sénateur à s’accrocher à son poste pendant des mois, voire des années, sans être physiquement ou mentalement apte à accomplir ses fonctions. On croit savoir que lui ou les membres de son entourage tiennent mordicus à ce que le sénateur complète son dernier mandat au Sénat, qui prendra fin le 3 janvier, après une longue carrière politique qui aura notamment contribué à cimenter la majorité conservatrice à la Cour suprême.

Finissons ce potpourri dans cette même veine sceptique. Dans une course à trois impliquant un candidat libertarien, Todd Achilles, candidat démocrate à l’élection sénatoriale de l’Idaho, devance le sénateur républicain sortant Jim Risch par 6 points de pourcentage, selon un sondage publié vendredi. Ce n’est pas la seule enquête à donner une avance à Achilles dans un État où Risch est très largement favori.

Ces sondages s’ajoutent à ceux réalisés dans plusieurs États rouges où les démocrates, selon plusieurs sondages, sont en avance, y compris l’Alaska, le Kansas et le Texas. Un sondage met même la candidate socialiste démocrate Angie Nixon à égalité avec sa rivale républicaine en Floride ! Encore une fois, le scepticisme est de rigueur. Mais il ne fait pas de doute que plusieurs électeurs républicains se sentent trahis par un président dont les politiques font mal aux portefeuilles des électeurs, et dont l’attention se tourne vers des obsessions personnelles, y compris l’avenir du Kennedy Center.

(Photo Reuters)

31 réflexions sur “Pot-pourri dominical

  1. Linda dit :

    En résumé, Don jr et mariage, Mitch McConnell et catatonie, rien n’est grave venant des républicains mais c’est inconcevable et criminel si ça vient des démocrates. La routine quoi!

  2. loulaf dit :

    Si , j’ appuie sur le SI, junior a remboursé le Russe , c’ est avec l’ argent des comptes obscurs de la famiglia.

    Tant qu’au vieux débris de McConnell, il n’ a visiblement pas retrouver tous ses moyens, incluant sa tête. Mais les reps vont l’ utiliser pour des votes cruciaux en lui indiquant comment signer.

    Les sondages se suivent et se ressemblent. Les Dems sont en avance partout ou presque.
    Si le gros ne parvient pas à tricher comme il veut, les Dems gagnent les deux Chambres…

  3. Syl08 dit :

    Pas de problème si McConnell n’a pas toute sa tête, il est probablement mieux que le président.

    1. Haïku dit :

      Hé hé hé ! 😉

  4. Alexander dit :

    Même si Jr devait finalement rembourser les frais de son propre mariage, il y a un manque de jugement flagrant de la part des Trump de se laisser financer par un oligarque russe malgré tout le climat politique.

    Allô le conflit d’intérêt?

    McConnell n’est pas le premier inapte à siéger dans l’histoire. Il est grand temps cependant que ce type prenne sa retraite, étant à l’origine de tellement de controverses et nominations dont les citoyens américains payent le prix fort.

    Les sondages? Je m’en méfie comme la peste. Mais c’est curieux qu’autant de démocrates soient dans les courses sénatoriales dans des états rouges foncé. Est-ce que les républicains finiraient par sortir de leur torpeur?

    L’Histoire nous expliquera un jour comment autant de citoyens ont fait pour appuyer des gens qui agissaient contre leurs intérêts. Ont-ils été manipulés à ce point par une bande de bandits? Il y a des stratégies de communication bougrement efficaces, faut croire.

  5. Pierre dit :

    Faque une autre semaine plein de rebondissement dans cette maison des FOUS RÉPOUBLICAINS menés par un leader incroyablement tordu et dont le fils a remboursé un mariage bien arroser de vodka de la Russie et le GROS GRAS qui se pète les bretelles avec un accord du Groenland qu’ils avaient déjà mais trop sans dessein pour aller voir ils semble qu’au danemark on se roulent par terre depuis ,OUF quelle semaine…………………..

  6. Madalton dit :

    Donc, selon Trump, c’était business as usual pour Hunter Biden aussi. Pourtant, les républicains ont déchiré leurs chemises et convoqué Hunter à témoigner.

  7. Madalton dit :

    Analyse des vagues lors de midterms depuis 1994 versus les sondages actuels. Encourageant pour les démocrates. Voir le lien gratuit ci-dessous:

    https://www.nytimes.com/2026/09/20/upshot/midterm-elections-blue-wave-polling.html?unlocked_article_code=1.ClE.2aRQ.xz2dPhbXDyZl&smid=nytcore-ios-share

  8. Haïku dit :

    HS.
    Voici la lettre de Heather Cox Richardson:
    *https://heathercoxrichardson.substack.com/p/september-19-2026?r=sn95e&utm_campaign=post&utm_medium=email

  9. Madalton dit :

    Déclaration stupide du jour.

    Trump a écrit que son projet d’arc de triomphe à Washington permettrait « d’abriter, de stocker et d’utiliser rapidement un grand nombre de drones, ainsi que des tireurs d’élite, sur le toit et sur la place, et de disposer en outre de grandes quantités de munitions de tireurs d’élite en réserve ».

    Veut-il faire approuver son projet contesté en le faisant passer pour un édifice de défense militaire?

    https://www.rawstory.com/raw-investigates/trump-bribe-election/

    1. Haïku dit :

      @Madalton
      Non mais….. Absolument incroyable ! 🙉

    2. gl000001 dit :

      Il devient parano en plus !!

    3. Dekessey dit :

      Ah ben oui, des drones et des tireurs d’élites déployables rapidement au milieu de la capitale, très pratique ça.
      Le gros pot-pourri commence-t-il à comprendre que son peuple le déteste?

  10. PATlecamer dit :

    Puisqu’il s’agit de pot-pourri, je vais donc balancer ma merde…

    Monde Entier – CPI, ONU, OTAN….

    Alors que l’ONU conclut à un génocide à Gaza et que la CPI vise Netanyahu, la question n’est plus de savoir si l’ordre international fondé sur des règles s’effondre, mais s’il a jamais existé.

    Le 16 septembre 2025, une commission d’enquête indépendante des Nations Unies rendait son verdict. Israël, concluaient les enquêteurs, a commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 dans la bande de Gaza. Meurtres de membres du groupe, atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, conditions de vie calculées pour entraîner la destruction, mesures visant à empêcher les naissances.
    La Commission constate qu’Israël est responsable du crime de génocide à Gaza.

    Le même jour, ou presque, la Cour pénale internationale maintenait les mandats d’arrêt émis en novembre 2024 contre le « benjamin » Netanyahu et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

    Et alors ?

    Rien. Ou presque. Le protecteur d’Israël, les É-U, a continué d’apporter un soutien diplomatique et militaire à Tel Aviv. Le PM israélien continue de se déplacer, de parler, de gouverner. Les mandats d’arrêt de la CPI n’ont pas empêché grand-chose.

    Une question revient, lancinante, dans les chancelleries du Sud : le droit international est-il fait pour TOUT le MONDE ou seulement pour certains ?

    Ce n’est pas une question rhétorique. C’est une question de CHIFFRES.

    Depuis 1990, les É-U ont mené des interventions militaires dans au moins une douzaine de pays : Somalie en 1992, Irak en 1991 puis 2003, Afghanistan en 2001, Libye en 2011, Syrie à partir de 2011, pour ne citer que les plus documentées. La guerre d’Irak a été déclenchée sous un faux prétexte des armes de destruction massive qui n’ont jamais été trouvées. La Libye a été réduite en poussière après une intervention de l’OTAN en 2011, sans aucun plan de reconstruction.

    En trente ans, combien d’invasions la Chine a-t-elle menées hors de ses frontières ? ZÉRO. Les historiens qui ont étudié la question notent que Pékin n’a pas de précédent d’intervention militaire à grande échelle en dehors de ses voisinages immédiats, et encore moins d’occupation durable.

    La Russie a envoyé des troupes en Ukraine en 2022, mais elle n’a pas bombardé Bagdad, Tripoli ou Beyrouth.

    Pourtant, ce sont la Chine, la Russie et l’Iran qui sont désignés comme les MENACES existentielles.

    D’ailleurs, le journaliste italien et analyste politique Pepe Escobar résume : « Ce n’est pas un hasard si l’axe du mal change de composition selon les intérêts du moment. »

    Parlons de Ahmed al-Sharaa. Pendant des années, il s’est appelé Abou Mohammed al-Jolani. Il a dirigé la branche syrienne d’Al-Qaïda, la tristement célèbre Front al-Nosra. Les É-U avaient mis 10 millions de dollars sur sa tête. Il figurait sur la liste des « terroristes mondiaux spécialement désignés » du Département d’État.

    Aujourd’hui, il est président de la Syrie. Il porte un costume, une cravate, et il parle de « cohésion nationale ». Le président américain l’a décrit comme un « jeune homme attractif, dur, avec un solide passé ».

    « Solide passé » ! Dix millions de dollars de prime. Al-Qaïda.

    La leçon est brutale : la qualification de « terroriste » n’est pas une catégorie morale immuable. C’est une ÉTIQUETTE administrative. Elle se colle et se décolle selon les besoins du moment. L’ennemi djihadiste d’hier peut devenir le chef d’État présentable de demain, à condition de changer de costume et de servir les intérêts du moment.

    La même amnésie sélective s’applique à la Russie.

    Depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN n’a cessé de s’étendre vers l’Est. Pologne, République tchèque, Hongrie en 1999. Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie…. en 2004. Albanie et Croatie en 2009. Monténégro en 2017. Et Macédoine du Nord en 2020. Puis, Finlande en 2023.

    Des assurances avaient pourtant été données à Moscou. Le secrétaire d’État américain James Baker avait promis à Gorbatchev, en 1990, que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce » vers l’Est. La promesse n’a pas été tenue. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rappelé en mai 2025 que cette expansion « malgré toutes les assurances » était la CAUSE directe du conflit.

    Bon… Imaginez un instant : une alliance militaire dirigée par Moscou s’étend à travers l’Amérique latine. Le Mexique envisage d’y adhérer. Des conseillers militaires russes s’installent à la frontière du Texas. Washington accepterait-il sereinement ce « choix démocratique souverain » ?

    La question se répond d’elle-même !!!

    Il y a une chose que l’Occident possède depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui vaut presque autant que sa puissance militaire : le pouvoir de DÉFINIR le bien et le mal.

    Les ennemis sont des « régimes ». Les alliés sont des « gouvernements ». Les ennemis commettent des « agressions ». Les alliés mènent des « interventions ». Les ennemis diffusent de la « propagande ». Les alliés pratiquent la « communication stratégique ».

    La résistance relève du terrorisme quand elle est menée par les faibles. Les bombardements relèvent de la sécurité nationale quand ils sont pratiqués par les puissants.

    Un adversaire qui viole la souveraineté commet une  » agression « . Un allié qui fait de même mène une  » opération « .

    Mais quelque chose a changé. Une grande partie du monde ne croit plus à ce discours. Pas par idéologie. Par EXPÉRIENCE. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, la Palestine. Derrière chaque catastrophe, l’empreinte familière de Washington, de Tel Aviv, de Londres et de Paris.

    Bref, le monde multipolaire qui émerge ne se résume pas à la montée en puissance de la Chine ou à la résilience de la Russie. Il marque la FIN du monopole occidental sur la version officielle de la RÉALITÉ. Et c’est cela qui effraie le plus Washington. Pas la perspective d’une invasion chinoise de la Californie. Mais celle de milliards de gens qui refusent désormais d’accepter un monde où un club de pays se RÉSERVE le droit d’envahir, de bombarder, de sanctionner, de renverser tout en décidant qui sont les terroristes.

    Une question, UNE seule, mérite d’être posée. Elle n’est pas de savoir si l’ordre international fondé sur des règles est en train d’échouer. Il échoue sous nos yeux, à Gaza, au Liban, en Ukraine…

    La vraie question est plus brûlante. Cet ordre a-t-il jamais été véritablement fondé sur des règles ou ces « règles » ne servent-elles qu’à légitimer une puissance écrasante ?

    1. G. Lagaffe dit :

      Point de vue intéressant. Et il y avait quoi dans votre café ce matin 😉

  11. jeani dit :

    Effectivement, lorsqu’on parle de l’idiot et des républicains, le pot est très pourri.

    1. Haïku dit :

      @jeani
      Rigolo à souhait ! 😅👌

  12. Layla dit :

    Le point sur les frais du mariage…

    Tout d’abord ce n’était pas pour le mariage, c’était pour une fête après le mariage.😉 le Russe n’était pas au mariage juste à la fête.
    Ben oui comme si ça changeait quelque chose.

    DJT « le Dé-Jan-Té » n’aurait jamais remboursé ces frais de mariage. Point barre.

    Est ce que je crois que jr va rembourser des centaines de milliers de $?
    Non, par contre je serais cependant porter à croire qu’il va minimiser les coûts de 6 chiffres à 5 chiffres et en rembourser 4😉

    Mais je suis très intriguée de savoir ce qui le pousse à faire cette annonce.. Ce n’est sûrement pas sur ordre du patriarche qui lui a assurément dit qu’il était un faible s’il remboursait.

    J’ai toujours vu Jr comme le petit gars qui veut l’attention de son papa mais qui au fond de lui-même n’est pas la copie conforme du « D***** ». Ça ne le blanchit pas pour autant.

    Encore la semaine dernière, je lisais que le « D***** » rabaissait beaucoup Jr. ce que je crois.

    Lors du divorce de ses parents, il avait autour de 15 ans, il en voulait énormément à son père. Ce que je comprends. Mais avec les années le papa a déteint sur lui.

    Ceci étant dit ce remboursement partiel ou total pour moi c’est pour étouffer l’affaire qui pourrait amener à une autre affaire encore plus louche. Mais même pour cette raison le DJT « le Dé-Jan-Té » n’aurait pas rembourser. Il aurait nié et nié.

    On peut lire

    « M. Trump, cependant, a déclaré qu’il était d’accord avec la pratique.

    « J’ai organisé des fêtes de mariage à de nombreuses personnes »

    Remarquez qu’il n’a pas ajouté « sans attendre rien en retour »🤪

    1. gl000001 dit :

      « Ça ne le blanchit pas pour autant. » il se blanchit les narines lui-même 🌨️

      1. Layla dit :

        @Gl000001👏👏👏

      2. Dekessey dit :

        Touché!

  13. Le Champ dit :

    Il y a de cela un à peu près un an j’avais mentionné à des amis que je ne croyais pas que Trompe serais le president aux elections de mi-mandat. J’avais prétendu que les repus voyant le bateau couler lui expliquerait que ses problèmes de santé(vraie ou faux) ne lui permettait plus d’exercer ses fonctions au niveau du plus grand président de l’histoire qu’il avait été jusqu’à présent et que sa mort en fonction serait trop dure pour leur pays et que de prendre une pause de 6 mois à un an lui permettrait de revenir terminer son mandat en force et le Mt Rushmore était la suite logique pour lui….

    Maintenant deux options se posent pour les Repus soit all in en façade avec les MAGA ou une brisure dans le partie avant les élections?

    Comme Trompé contrôle le gros du cash , il semble maintenir la rébellion en échec . Il reste 5-6 semaines avant le vote c’est une éternité!!!

    1. Dekessey dit :

      Ils ont eu multitudes occasions de s’en débarasser. Ils l’ont choisi envers et contre tous, qu’ils coulent avec.

    2. jeani dit :

      À Le Champ

      « ne lui permettait plus d’exercer ses fonctions du « plus grand président de l’histoire qu’il avait été jusqu’à présent… »

      Que dire? 🤣🤣🤣

  14. Racza dit :

    « … un président dont les politiques font mal aux portefeuilles des électeurs… » mais qui font un bien fou à son portefeuille et celui de ces proches !

    Don à rembourser soit, mais avait-il réellement besoin d’emprunter ? Ou alors il à rembourser parce qu’il a été éclaboussé par cette affaire ? Hunter doit bien se marrer…

  15. Layla dit :

    Pour ce qui est de Mitch McConnell « On croit savoir que lui ou les membres de son entourage tiennent mordicus à ce que le sénateur complète son dernier mandat au Sénat, qui prendra fin le 3 janvier… »

    Pourquoi c’est si important? Pourquoi c’est plus important que l’image qu’il projette présentement?
    L’image? Son image n’était pas des plus glorieuse, mais ce qu’on a vu cette semaine c’était terrible.

    Qu’est ce qu’il voulait prouver?

    1. Haïku dit :

      Très bonne question !!

  16. POLITICON dit :

    Il y a quelque chose de profondément gênant dans la scène de Mitch McConnell au Sénat. On le voit arriver en fauteuil, puis, au moment de voter, un collègue doit pratiquement lui indiquer quelle main lever. Il vote d’abord « non » avec les démocrates, puis on lui explique qu’il s’est trompé et il corrige son vote. À ce stade, ce n’est plus vraiment un sénateur qu’on regarde voter : c’est un vieux rouage qu’on sort du placard lorsque le parti a besoin d’une voix de plus. Pousser littéralement Mitch jusqu’à son siège pour ensuite le pousser politiquement dans la bonne direction, ce n’est certainement pas l’image d’une démocratie qui donne envie à la jeunesse de croire encore à ses institutions.

    Et pendant que les républicains s’occupent de leurs sièges, les électeurs, eux, s’occupent de leur portefeuille. L’essence coûte plus cher, l’inflation gruge le revenu disponible et les familles ordinaires encaissent les conséquences des décisions de Washington. Les sondages peuvent montrer un mécontentement grandissant dans certains États rouges, mais les sondages ne votent pas. Le véritable enjeu sera de savoir si cette frustration se transforme en bulletins de vote. Si les démocrates ne profitent pas du mécontentement des républicains au bureau de vote, la vague bleue n’aura pas lieu. Le portefeuille américain a souvent une mémoire beaucoup plus longue que les slogans de campagne. Et jusqu’ici, Donald, le président à la testostérone XXL, a beaucoup promis et beaucoup brassé de vent sans rien donné en retour sauf, se mettre des alliés à dos et gruger dans les goussets des citoyens dans le besoin.

    Puis arrive le petit supplément de morale familiale : Don Jr. et son mariage bahamien, dont certaines festivités ont été financées à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars par Umar Kremlev, un homme d’affaires russe lié à l’appareil d’État russe. Don Jr. et son épouse parlent d’un généreux cadeau d’un ami; Donald affirme maintenant que son fils a remboursé la somme. Peu importe l’étiquette qu’on colle sur le paquet, l’image demeure désastreuse : pendant que les familles américaines comptent leurs dollars à la caisse, la famille présidentielle accepte des cadeaux qui pourraient subvenir et payer la vie entière d’une famille ordinaire. Quand le pouvoir transforme même un mariage en carnet d’adresses et en caisse de cadeaux, ce n’est plus seulement la politique qui perd sa dignité : c’est le citoyen qui finit par comprendre qu’il n’est plus assis à la table. Il est sur le menu, pour employer une expression de P.M. Carney.

    1. Haïku dit :

      @POLITICON
      Fort bien énoncé ! 👌

  17. P.R Belley dit :

    Ben voyons ! Le nid de coucous US jigote de toutes sortes de manières. Le mois des morts s’en vient.

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