Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Quelles sont les plus grandes surprises électorales de l’histoire américaine ? Ce lundi matin, je présentais sous la forme d’une question le thème de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2024. Après en avoir proposé une, je vous invitais à suggérer les vôtres, qu’elles soient étasuniennes ou autres. Gilles Morissette, lecteur et commentateur assidu et apprécié, a choisi de regarder « ce qui s’est passé chez nous », un certain 15 novembre 1976.

« La victoire du PQ a été une surprise que peu de gens avaient crû possible, et ce, même si plusieurs indices pointaient vers une telle issue, écrit-il. Je me souviens encore des célébrations dans les rues de Montréal, de l’atmosphère de fête incroyable au Centre Paul-Sauvé (disparu depuis), de la réaction de la foule au discours de René Lévesque, des militants de longue date qui pleuraient de joie et qui n’arrivaient pas à y croire, etc. 

« On était tous sous le choc. On se sentait comme au “lendemain de grosse brosse collective” en se demandant si on avait pas imaginé tout ça. Ben non, c’était bien réel et comme le disait la chanson de la regrettée Renée Claude : “C’est le début d’un temps nouveau.” On croyait que la souveraineté du Québec était plus proche que jamais. La réalité nous a rattrapés en 1980 puis en 1995. Par deux (2) fois, on s’est dit NON. Je crois que collectivement on ne s’en est jamais remis. »

Après avoir lu les souvenirs de notre commentateur, mariefrancinet a ajouté : « Centre Paul-Sauvé… j’y ai passé un des plus beaux moments de joie et d’espoir de ma vie ! Je me souviens… Comme si c’était hier. »

Vous avez une surprise électorale à raconter et à partager ? On vous lira avec plaisir dans la section des commentaires de ce blogue et peut-être dans le cadre d’un billet de fin de soirée. D’ici là, un grand merci à tous ceux et celles qui ont déjà contribué à cette campagne, de même qu’aux autres qui le feront d’ici la fin de la soirée !

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(Photo La Presse)

28 réflexions sur “Le « choc » du 15 novembre 1976

  1. Montérégien dit :

    Au Forum, le Canadien jouait contre les Blues et, pendant les arrêts de jeu, on affichait les résultats. Il y avait (à ma grande surprise) énormément d’applaudissements.

    1. Le baron dit :

      Ken Dryden en parle dans son livre …En gros il écrivait l’atmosphère surréel lors du match où chaque joueur mesurait qu’il se produisait quelque chose de pas mal plus important qu’un match Canadien m-Blues!

  2. Helene dit :

    Contribution faite pour avoir le plaisir de vous lire, vous et tous les autres contributeurs et contributrices.

  3. Toile dit :

    Oui c’était une fête collective, quasi une hystérie. Une telle fierté. Vous auriez du les têtes de mort dans mon quartier, une déconfiture totale. Même les passagers de l’autobus 47 étaient muets, défaits. Notre Dame de Grace, un bled anglo, libéral. Mon défunt père, un souverainiste de la première heure ne portait plus à terre, sourire narquois. Moi aussi.

  4. gl000001 dit :

    Je m’en souviens. Mon père était en crisse. On ne pouvait pas montrer qu’on était content. Haha !!

  5. loup2 dit :

    Question.
    Qui est le troisième à partir de la droite ? Je suis pas certain.
    Lise Payette, Claude Charron et ?
    Gérald Godin ?

    1. infophile2 dit :

      Gilbert Paquette, le futur ministre de la Science et de la Technologie dans le gouvernement de René Lévesque de 1982 à 1984.

      1. loup2 dit :

        Merci beaucoup.

        -«Il est élu député de Rosemont à l’Assemblée nationale du Québec le 15 novembre 1976. »
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Paquette

    2. Lanaudoise dit :

      Juste derrière René Lévesque: à gauche Camil Laurin et à droite, Denis Lazure.

    3. Rene Delorme dit :

      Lise Payette, Claude Charron, Gilbert Paquette et Dénis Lazure ( de dos)

  6. Alexander dit :

    Dans les victoires un peu spéciales, je me rappelle la vague orange de Jack Layton au Québec. Battre les libéraux, les conservateurs et les bloquistes d’un coup tenait de l’anomalie, mais ça m’a quand même surpris dans le temps. Monsieur Layton est décédé prématurément et la vague s’est vite écrasée. Ça tenait aussi au charisme de l’homme plus que le parti.

    Comme quoi le respect, ça peut être payant.

    1. jeani dit :

      Jack Layton et René Lévesque, deux politiciens d’exception et au charisme exceptionnel.

      1. Haïku dit :

        Exactement !!!

  7. Roger Allard dit :

    Le 15 novembre 76, je travaillais dans un bureau de scrutin en région. Les résultats préliminaires sont sortis. Il y avait deux « pointeurs » du parti libéral devant un téléviseur. À ce moment, c’était 6 libéraux élus et 4 péquistes.

    Les deux gars étaient contents, se donnaient des tapes dans le dos. « Merveilleux, ça va finir 60-40, allons fêter ça ». Le temps de ramasser leurs feuilles et cartables, la vague péquiste a déferlé. Plus ça allait, plus ils avaient la face longue.

    Et moi, je trippais fort. J’étais au début de la vingtaine et soudainement, tout était possible.

  8. Gilles Morissette dit :

    Ce fut un réel plaisir de partager ce souvenir avec vous tous et vous toutes. 🥰🥰

    1. chicpourtout dit :

      Je me souviens encore de ce soir là…
      L’adolescente de seize ans en moi ne comprenais pas tout à fait ce que cela représentait. Mon père était Libéral, pour le bilinguisme et tenais à nous envoyer à McGill (pour lui il n’y avais qu’elle, « la meilleure et en anglais »). Je voyais parfois un de mes frères avoir des conversations intéressantes avec lui sur le milieu des affaires, la langue francaise aussi. Ce soir là, je sentais que nous prenions un virage important mais lequel, je ne le savais pas trop.
      Les images au téléviseur, montrait la foule, les gens pleuraient de bonheur. C’était une sorte de kermesse, l’esprit était à la fête comme jamais.
      Aujourd’hui, je rêve du retour du respect de la langue française comme à cette période. Cet esprit de culture, ce respect francophile de l’époque me manque. Aujourd’hui, il n’existe plus et lorsque nous l’évoquons nous passons pour des « démodés, des dinausores, des nostalgiques ».
      Maintenant, j’ai l’âge d’être grand-mère….souhaitons nous le meilleur à venir. Bonne continuité à vous tous.

  9. Lanaudoise dit :

    Mon professeur d’initiation aux sciences, alors président de l’association régionale du parti québécois m’avait dit en 1970 qu’un jour prochain, le Parti québécois dépasserait le 40% de votes, seuil du pouvoir. 1973 a été décevant, mais normal étant donné le résultat du climat de peur suivant la Crise d’Octobre, climat qui faisait l’affaire de plusieurs, dont le maire Drapeau (une opposition comme je les aime). 1976 était différent. La peur s’en était allée, l’optimisme et le désir de s’engager était fort. Et l’équipe entourant René Lévesque, la meilleure qui se soit jamais présentée.

  10. Linda dit :

    Ce soir-là, j’assistais à un spectacle de André Gagnon à Trois-Rivières. Il avait des écouteurs et s’arrêtait pour nous donner certains résultats. Il y a eu 2 gros moments, le 1er : défaite de Robert Bourassa et le 2e : un gouvernement majoritaire, silence dans la salle, il annonce un gouvernement Parti Québécois. Je peux vous assurer qu’il y a eu presqu’un silence de mort mais pas moi j’ai crié ma joie. Hihi
    Ensuite 2 referendums et Bloc Québécois opposition officielle à Ottawa. J’ai fêté en 1994 le party des Fêtes du Bloc au Parlement. On riait car on se disait que les dinosaures devaient se tourner dans leur tombe.

  11. Mrmiketi dit :

    Pour moi la première fois que je pouvais voter! Et Ti-Poil était mon idole ! Je regardais la soirée électorale avec mon père un Libéral fini! Et a la fin de la soirée ! Il m’a cet homme est un cri..e d’homme pour ce qu’il vient d’accomplir ! Repose en paix papa et Ti-poil peut être un jour ton rêve deviendra réalité 🙂

  12. louise tanguay dit :

    Moi je vivais en Belgique et au lendemain des élections des amis belges me telephonaient pour me féliciter. Je suis allée à la délégation du Québec à Bruxelles pour lire les journaux.

  13. Daniel dit :

    J’avais 27, récemment revenu d’Angleterre où j’avais fait mes études universitaires et avait redécouvert un Québec en plein changement. Le charisme de René Lévesque m’avait séduit. Toute cette journée j’avais travaillé comme bénévole ayant cherché des gens chez eux pour qu’ils aient voter.
    À la fin de la soirée nous avions tous des larmes aux yeux et une fierté découverte. J’avais jamais vu mon père aussi heureux.
    Merci de nous rappeler ce moment intense de notre histoire.

    1. Daniel dit :

      Je souhaite juste avoir ce même moment d’euphorie à la victoire de Kamala Harris .

  14. loup2 dit :

    Né en juillet 1958. = premier droit de vote en 1976

    Espérance d’un monde meilleur.

    C’était le début d’un temps nouveau, la terre était à l’année zéro 😉
    https://youtu.be/_OguWUIJue4

    PS Toute une équipe alentour de René Lévesque.Pas encore égalé.

    1. chicpourtout dit :

      Oui, quelle compétence. Les gens étaient vraiment plus articulés qu’aujourd’hui, mieux formés, érudits et aussi plus éloquents.
      Rien n’a jamais égalé cette équipe talentueuse depuis.

  15. André SORMANY dit :

    C’est un événement relativement contemporain. Ça s’est passé pour la plupart d’entre nous soit avant notre naissance, soit à un âge où les campagnes électorales et leurs résultats ne nous intéressaient pas encore. Puisque nous sommes à la toute veille de cette présidentielle américaine à l’issue très incertaine, demeurons aux USA pour rappeler une élection qui a causé toute une surprise : En 1948, le président démocrate Harry Truman sollicitait un second terme, mais sa popularité était aussi basse ou pire encore que celle de Biden aujourd’hui. Tous les sondages le donnaient perdant, même dans les jours précédant immédiatement le vote. Surprise générale, Truman l’emporte avec 303 grands électeurs, contre 189 pour son opposant, Thomas Dewey, alors gouverneur républicain de l’état de New-York. Le président réélu Truman a bien rigolé, le lendemain matin, lorsqu’il a vu la une du quotidien Chicago Daily Tribune …

    https://www.trumanlibraryinstitute.org/dewey-defeats-truman/

  16. titejasette dit :

    @M. Hétu @Tous

    Un article intitulé « Le plan sur les réformes fiscales de Donald Trump pourraient exonérer 93 millions d’Américains de l’impôt sur le revenu » m’a fait sortir du lit en plein milieu de la nuit.

    Voici le résumé de l’article

    1-Les idées de Donald Trump en matière de réforme fiscale pourraient permettre à quelque 93,2 millions d’Américains de ne pas payer au moins une partie de leurs impôts sur le revenu.

    2- Trump a proposé d’éliminer les impôts sur les pourboires et les prestations de sécurité sociale, et a déclaré qu’il réfléchirait à des exemptions pour les pompiers, la police et le personnel militaire.

    3-Trump a déclaré qu’il remplacerait les recettes fiscales perdues par des recettes provenant des droits de douane, mais les experts fiscaux estiment que les droits de douane ne compenseraient pas les pertes fiscales.

    « Si Trump réussit à mettre son plan opérationnel, une partie significative de l’électorat va voter pour lui. C’est cet aspect attrayant de cette réforme qui m’a réveillée en pleine nuit.

    Trump s’est engagé à imposer un droit de douane universel de 20 % sur toutes les importations en provenance de tous les pays, avec un taux spécifique de 60 % pour les importations chinoises.

    Les experts fiscaux refutent l’idée que les recettes tarifaires pourraient compenser les pertes liées à l’élimination de l’impôt sur le revenu.

    « Le calcul ne fonctionne pas », a déclaré Garrett Watson, analyste politique principal à la Tax Foundation, un organisme non partisan, à CNBC.

    Selon lui, les droits de douane imposés par M. Trump rapporteraient environ 3 800 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, soit bien moins que les quelque 33 000 milliards de dollars de recettes estimées générées par l’impôt sur le revenu au cours de la même période. »

    Ma question. Est-ce une réforme fiscale de cette envergure nécessite un vote du Congrès ? Dans l’affirmative, je crois que l’électorat votera pour Trump, ne serait-ce que pour qu’un vote ait lieu au Congrès.

    Ce plan de réforme est-il la surprise du mois d’octobre, à deux semaines des élections ?

    *https://www.cnbc.com/2024/10/21/trump-income-tax-plans-exempt-93-million-americans-harris-election.html

    Je serai occupée dès la levée du jour, je ne pourrais pas répondre à vos commentaires, mais je vous lirai.

  17. onbo dit :

    Beaucoup de bruit pour échapper à sa gaffe lors du débat au sujet des Five de Central Park où il s’est planté d’aplomb. J’irais pour 5 fois 10 millions, en requête.

    Pour le reste, Trump ne connait vraiment de la fiscalité que les articles de lois qui lui permettent, lui et son attirail, de pas payer d’impôts.

    Et si les électeurs commençaient par ça, en élisant la démocrate Kamala Harris: Mettre au jour en 2025 le scandale fiscal de tout l’appareil Trump, plutôt que de donner les clefs de la banque au vieux Don qui se noie dans l’argent en refusant de payer ses dettes!

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