Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le débat allait jouer un rôle important dans l’élection au poste de premier ministre du Canada de feu Brian Mulroney, bon ami de Ronald Reagan, dont j’ai évoqué le deuxième affrontement contre Walter Mondale dans le billet qui a lancé ce lundi matin la deuxième campagne de financement de ce blogue en 2024. Campagne dont le thème porte sur les débats du passé entre candidats présidentiels américains. Je vous ai invité à suggérer les débats qui vous ont marqués, peu importe le pays. Madalton, un des lecteurs de ce blogue, a pensé au débat en anglais qui a opposé Mulroney, alors candidat du Parti progressiste-conservateur du Canada, au premier ministre libéral John Turner, en 1984.

L’échange clé avait porté sur les nombreuses nominations partisanes décidées par Pierre Trudeau avant quitter le poste de premier ministre et de passer la main à Turner, qui avait décidé de les accepter sans protester, décision qui avait poussé Mulroney à lui demander de s’excuser auprès des Canadiens.

« Je n’avais pas le choix », lui avait répondu Turner.

Mulroney lui avait passé le K.O. avec cette réplique : « Vous aviez le choix, monsieur. Vous auriez pu dire : “Je ne le ferai pas. Ce n’est pas bon pour le Canada et je ne vais pas demander aux Canadiens d’en payer le prix.” Vous aviez la possibilité de dire “non” et vous avez choisi de dire “ou” aux vieilles attitudes et aux vieilles histoires du Parti libéral. Si vous me permettez de le dire respectueusement, je dirais que cela ne suffit pas aux Canadiens. »

L’échange commence à partir de 0:35 de la vidéo ci-dessous :

Le hasard a voulu que les débats de Reagan et de Mulroney se soient tous les deux déroulés durant la même année. Le reste appartient à l’histoire.

Merci à Madalton pour ce souvenir. Et merci évidemment à tous ceux et celles qui ont déjà contribué à cette campagne, ainsi qu’aux autres qui le feront dans les prochaines heures !

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(Photo CP)

15 réflexions sur “« Vous aviez le choix, monsieur »

  1. Nicolas Pedneault dit :

    Je note le ton, respectueux, de M. Mulroney. On s’ennuie de ça!

    1. Pierre Belley dit :

      M. Mulroney avait de la classe. On dirait que ça n’existe plus aujourd’hui. Ma contribution est faite. Merci pour ce blogue et bonne journée tout le monde.

      1. le_furote dit :

        Brain Baloney avait de la classe, mais côté intégrité ce n’était pas un donneur de leçon.

        Et puis, à l’époque, il était facile pour un nouveau venu de défoncer une porte ouverte sur la corruption et le manque d’intégrité d’un parti qui avait été au pouvoir pendant près de 15 ans. Bref, le PPC et le PLC à l’époque bonnet blanc et blanc bonnet.

        Ciao

      2. Achalante dit :

        Le dernier chef du parti conservateur qui avait de l’allure. Après lui, ça a empiré, alors que l’Alberta imposait de plus en plus ses volontés au parti, causant même certaines implosions suivies de mariages forcés.

  2. loulaf dit :

    Les débats d’ aujourd’hui ne sont plus comme ceux d’ autrefois, où l’ on pouvait argumenter avec respect .

    Aujourd’hui, il faut traîner l’ adversaire dans la boue et trouver du  » dirt » .

    Mulroney a toujours été une personne de classe et qui avait à coeur de travailler pour tous les Canadiens, un prédécesseur de Biden finalement…

    1. Madalton dit :

      Aujourd’hui, chacun a sa clip et ils attendent le bon moment pour la sortir pour passer aux nouvelles.

      On dirait des enfants de 3 ans qui font des monologues.

  3. Anne-Marie dit :

    Contribution faite Monsieur Hétu. Longue vie à ce blogue!

  4. Louise Lefebvre dit :

    Ma contribution vous est acquise depuis quelques minutes. Les débats qui m’ont le plus démontée sont ceux des joutes verbales et théâtrales entre Hilary Clinton et Trump. Menant vers la conclusion que l’on connaît tous.
    M. Hétu, nous apprécions tous votre talent et votre passion. Avez-vous déjà pensé ralentir un peu votre cadence, autant physique qu’intellectuelle ? Choisir les sujets les plus chauds et pertinents et laisser les propos disgracieux de Trump se perdre dans l’univers infini. Car telle est la bêtise de cet homme.

    1. Haïku dit :

      @Louise Lefebvre
      Excellente suggestion !
      Et commentez plus souvent.

  5. kintouai dit :

    @L.Lefebvre Il me semble qu’on ne vous avait pas lu depuis un bout de temps. Vous en avez peut-être assez, comme moi, d’entendre rapporter les imbécillités du Gros Taré et de ses adeptes, qui rivalisent d’idiotie pour attirer son attention (comme des enfants qui disent des gros mots et qui, après, regardent leurs parents pour voir s’ils ont réussi à les choquer).

  6. ducalme dit :

    La video de Madalton illustrant le débat Turner-Mulroney est à mon avis le meilleur en politique canadienne.

    En politique américaine, j’adore cet extrait du deuxième débat Obama-Romney en 2012.

    Depuis quelques temps, Mitt Romney mentionnait que l’armée américaine était en piètre état soulignant que la Navy avait moins de navires de guerre qu’en 1916.

    Obama qui avait était très moyen lors du premier débat s’est magistralement repris avec la répartie qui suit.

    Je crois cependant que cette répartie était prête depuis longtemps et que Barack Obama attendait l’occasion où là lui servir.

    Romney, ancien gouverneur républicain du Massachusetts était de ces politiciens républicains de grande classe, tout comme John McCain, qui sont arrivés au mauvais moment contre un Barack Obama hors catégorie.

    Par contre, la réplique de Mulroney me semble spontanée et correspond à la qualité de debater de celui-ci.

  7. ducalme dit :

    Ma répartie préférée est celle de Valéry Giscard d’Estaing face à François Mitterrand lors du débat télévisé entre les les deux tours des présidentielles de 1974.

    Nous sommes dans le contexte où François Mitterrand, candidat du parti socialiste, venait de faire un exposé où il reprenait le thème que les socialistes étaient les seuls à s’occupere des petites gens, à être touchés par la misère humaine et a proposer des solutions pour ceux qui en arrachent.

    Giscard d’Estaing, candidat centriste qui allait devenir président, eut cette réplique d’un classicisme et d’une beauté à mon avis inégalée.

    C’est à ce débat qu’il a remporté la présidence.

    VOICI :

  8. Gilles Morissette dit :

    Oui, ce débat a été le point tournant de la campagne électorale de l’élection fédérale de 1984. Il a, en quelque sorte, scellé l’issue de l’élection et a permis à Mulroney de remporter une éclatante victoire.

    Au Québec, le premier débat électoral télévisé a eu lieu lors de l’élection de 1962 qui portait sur la nationalisation de l’électricité.

    Jean Lesage, alors premier ministre affrontait Daniel Johnson, Chef de l’Opposition et leader de l’Union Nationale.

    M.Lesage s’était soigneusement préparé pour ce débat. Il avait fait des répétitions avec ses collaborateurs, soigné son apparence extérieure et avait même, semble t-il, regardé attentivement le fameux débat Kennedy-Nixon lors de la présidentielle de 1960.

    On raconte qu’il avait sollicité les avis des conseillers du président Kennedy afin d’avoir quelques trucs qui pourraient lui être utile.

    Lesage parlait sans note, sauf quelques fiches, s’exprimait avec calme, assurance, fixait constamment la caméra et dégageait une prestance qui l’a avantagé. Il maîtrisait à fond chacun de ses dossiers dont celui de la nationalisation de l’électricité. Il se servait de tout ce que disait Johnson pour le retourner contre ce dernier.

    M. Johnson était, quant à lui, mal préparé. Il était brouillon, confus et passait son temps à lire ses notes et à enlever et remettre ses lunettes.

    Il a été constamment sur la défensive et n’arrivait pas à bien exprimer son point de vue.

    En conclusion, Lesage a remporté ce débat haut-la main. Il a bien maîtrisé ce nouveau medium qu’était, à l’époque, la télévision en le tournant à son avantage, contrairement à Johnson. On connaît la suite. Victoire sans conteste des Libéraux lors de ces élections.

    J’étais jeune à l’époque (début de l’adolescence) mais je commençais à m’ intéresser à la politique surtout qu’on était au début de la Révolution Tranquille.

    Mon père m’avait permis de regarder le débat et j’avais été fasciné par le contraste entre les comportement de ces deux politiciens. Nous avons par la suite souvent parlé de ce débat et de la politique en général.

    Un beau souvenir

  9. LORAINE KING dit :

    On apprit plusieurs années après le débat, dans un livre biographique, que Mulroney avait déjà dressée sa propre liste de candidats pour nominations. Le meilleur débat canadien fut celui de 1970, de mémoire, avec PET,Robert Stanfield et Tommy Douglas. À mi-chemin entre dans le débat Réal Caouette – ou était-ce Camille Samson.Disponible chez YouTube

    1. LORAINE KING dit :

      C’étsit en 1968, le premier débat télévisé en fait.

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