Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Airbnb a traversé une zone de turbulence la semaine dernière. À la suite d’une fusillade qui a fait cinq morts dans un logement partagé sur sa plateforme, l’entreprise a dû annoncer un resserrement de ses règlements. Ce n’est qu’une embûche de plus pour Airbnb, qui fait face à une levée de bouclier depuis quelques semaines aux États-Unis.

Depuis jeudi dernier, une nouvelle loi visant à contrôler les locations par Airbnb est entrée en vigueur à Washington. Même si la mesure ne semble pas encore être prête à être appliquée, les quelque 9 000 logements enregistrés dans la capitale fédérale devront se plier à une réglementation beaucoup plus contraignante, quitte à recevoir une amende allant jusqu’à 6 000$. La loi, une des plus restrictives des États-Unis, interdit aux propriétaires de louer une résidence secondaire pour des courts séjours et limite la location d’une partie de sa résidence principale à moins de 90 jours par an.

Washington ne fait pas exception. Des lois plus restrictives sont aussi à l’étude ou sur le point d’être votées dans plusieurs grandes villes américaines, notamment à Boston, New York et au New Jersey.

Mon voisin, qui loue son sous-sol sur la plateforme, m’expliquait que personne ne l’avait notifié de la loi, qui ne semble pas très claire dans son cas. Un autre voisin, lui, a carrément décidé de retirer sa chambre en attendant des clarifications.

Malgré la confusion liée à l’application de la loi, les Washingtoniens semblent plutôt d’accord pour limiter les locations. Plusieurs association de condos interdisent aux propriétaires de sous-louer sur la plateforme. Pour les locataires, il est devenu commun de trouver une clause dans le bail interdisant de sous-louer son logement sur la plateforme.

De plus, la plateforme est accusée de participer à l’embourgeoisement de la ville et à augmenter les prix des locations. Plusieurs manifestations, notamment dans le quartier historiquement afro-américain de Shaw, dénonçait aggressivement la location comme une cause de la hausse du coût des loyers. Sur les coins de rue, plusieurs graffitis anti-Airbnb sont mêmes apparus.

Malgré tout, la plateforme continue de gagner en popularité, selon un rapport publié cette semaine, tant en nombre de logements que de clients. Il faudra voir quels impacts les nouvelles lois auront sur la plateforme, qui dégage toujours des revenus appréciables et qui prévoit, en 2020, faire son entrée à la bourse.

15 réflexions sur “De nouvelles embûches pour Airbnb

  1. Toile dit :

    Rentrer à la bourse ?

  2. Benton Fraser dit :

    A Londres, des milliers de loyers ne sont plus disponibles. Il y a des cas où un seul locataire à plus 400 loyers loués a son nom… pour les relouer sur Airbnb.
    Les prix des loyers explosent….

  3. Layla dit :

    Une histoire qui commence avec la location d’une chambre pour générer de petits revenus et ça devient une Big entreprise. Encore là, les profiteurs ont vu sur cette plateforme une mine d’or si je comprends bien, on est loin du projet initial de se faire un petit pécule pour aider aux fins de mois.

  4. V-12 dit :

    Airbnb devrait être soumis aux mêmes lois fiscales et règlements d’opérations qu’un hôtel. Mêmes permis, enregistrement comme compagnie, tout le bataclan?

    Le beurre et l’argent du beurre? Non way, José!

    1. karma278 dit :

      Sans oublier assurances obligatoires…

  5. jeanfrancoiscouture dit :

    On appelle tout ce fatras (Airbnb, Über, Wework, Regus etc.) «économie du partage». Or, quand on y regarde à deux fois, on se rend compte que ledit «partage» a cette fâcheuse tendance à utiliser le «principe du salami» pour concentrer toutes les tranches minces entre les mains de quelques potentat d’un nouveau genre.
    C’est l’appât du gain de la multitude phagocyté par des squatteurs qui, pour justifier leurs méthodes, usurpent l’usage du concept «économie du partage». Mais on dirait bien que le subterfuge commence à sérieusement battre de l’aile.
    Je remarque cependant que, du moins dans ce récent cas visant Airbnb, la fronde la plus influente provient de nantis qui n’apprécient pas ce que cette néo-économie du «partage» fait à leur style de vie et d’habitation. Peut-être seront-ils plus chanceux que ceux, moins nantis, qui ont dû, comme au Québec, faire face à Über.

    1. onbo dit :

      Bravo. Vous êtes si souvent à point. Votre regard incisif est toujours apprécié. merci jfk, euh, jfc 😉

    2. ProMap dit :

      jeanfrancoiscouture – J’ai utilisé fort longtemps cette « économie de partage », variété Airbnb, et constaté effectivement une augmentation effrénée des coûts de location d’une année à l’autre, et ce pour la même résidence. La plupart des locateurs jouent le jeu de l’offre et de la demande sans aucun rapport avec les coûts d’entretien de leur résidence louée. Ce n’est plus de l’économie de partage. On en est venu à utiliser ce réseau pour faire des « placements » en achetant maisons et appartements que l’on met en location, sachant que la demande est forte. Qui plus est, ces « placements » sont maintenant sources d’augmentation du capital (parallèle boiteux, j’en conviens) par augmentation annuelle du prix de location. Il n’y a pas que les bonzes du système qui s’enrichissent, la base de la pyramide le fait en travestissant le principe de base.

      Une autre système de partage prend aussi des allures mercantiles : l’échange de maison. Nous avons débuté avec TrocMaison, qui comme le dit l’appellation proposait des échanges de résidences entre partenaires du réseau. TrocMaison a été englouti par HomeExchange qui quantifie en points (valeurs) votre maison selon ses commodités, sa proximité de lieux touristiques reconnus, etc. Nous utilisons encore HomeExchange, cependant j’ai bien peur que ce système glisse tranquillement vers la location et s’éloigne de la mission originale soit l’échange à l’amiable de résidences. HomeExchange coûte déjà plus cher d’abonnement que TrocMaison et il a introduit le morcellement des privilèges, échelonnant ce morcellement bien sûr en fonction de différents forfaits d’abonnement. Les rat-i$$eur$ ont un odorat finement développé.

      1. jeanfrancoiscouture dit :

        D’accord avec vous. Cependant, en ce qui a trait à l’échange de maisons, mon petit côté réservé et prudent m’a tenu loin de ce concept. Seuls des amis très proches et la parenté peuvent entrer dans mon intimité. De plus ,je n’aurais pas envie de mettre certains petites choses fragiles à l’abri d’un accident en laissant de parfaits inconnus.seuls à la maison, Et je ne voudrais pas moi non plus entrer dans l’intimité d’autres personnes.

        Par contre, j’ai découvert il y a déjà plusieurs années le principe de la location d’appartements de propriétaires bien réels de résidences en milieu urbain par l’entremise de Wimdu ou Homelidays. Cela nous a permis de loger en tout confort dans des milieux de vie et d’en partager les habitudes, l’ambiance et la vie en général. Il s’est souvent agi de domiciles temporairement inhabités pour diverses raisons. Des membres de la parenté voyaient aux formalités. Et les tarifs étaient fort raisonnables. Cela fut particulièrement plaisant dans des villes comme Paris et ailleurs en Europe. Et il ne nous est jamais arrivé de vivre des situations à la Airbnb.

        Peut-être les concepts ont-ils évolué car cela fait une couple d’années que nous sommes allés en Europe. J’espère qu’ils n’ont pas pris la mauvaise tangente.

  6. kintouai dit :

    $$$$ et libâââârté débridée, ne sont-ce pas là les deux «piliers» du capitalisme sauvage et le credo de tous nos salopards de dretteux ?

    1. Guy Pelletier dit :

      @kintouai dit :
      05/11/2019 à 13:35

      Les mêmes qui vont bientôt brailler ne plus vouloir jouer ce jeux qu’ils auront poussés fanatiquement dogmatiquement sous de fallatieux prétextes de LIBÂRTÉ quand ils seront eux mêmes frappés de fouets par cette concurrence déloyale de ces supposées entreprises de partage de services mettant à mal les économies locales pour n’enrichir au final qu’une caste de gros actionnaires et privilégiés multimilliardaires…….

  7. Rustik dit :

    Je suis totalement d’accord avec V-12 : même règles. « Ton AirBNB » c’est une ENTREPRISE COMMERCIALE.

    Et encore d’accord aussi avec JFCouture et l’usurpation de « l’économie de partage ».

    Le problème, c’est qu’un service comme AirBNB répond à un besoin. Habitations souvent dans les quartiers résidentiels (ce qui offre une expérience voyage différente), tu n’as pas à payer pour voir le lit fait et les draps changés à chaque jour (ce qui est inutile), et il y a une cuisinette dans la « chambre d’hôtel ». Mais : c’est une entreprise commerciale.

  8. MarcoUBCQ dit :

    Plus ça va et plus je trouve que ces plateformes virtuelles sont comme les feux californiens, détruisant tout sur leur passage. Ça profite à une minorité et ça emmerde une immensité.

  9. treblig dit :

    HS

    Sondland reviens sur son témoignage en ce qui concerne son rôle dans les affaires ukrainiennes. Dans la nouvelle version, il impute à Rudy Giuliani une implication plus grande dans le congédiement de Yovanovich, l’ambassadrice en Ukraine. Bien évidemment, sa première version avait été démoli par les autres témoignages.

  10. kelvinator dit :

    « Malgré la confusion liée à l’application de la loi, les Washingtoniens semblent plutôt d’accord pour limiter les locations. »
    Ils s’entendent en large majorité pour limiter la location d’un washigtonien en particulier…

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