
« Troy s’en est moqué, mais j’ai réussi à faire retirer le béton, la pâte à papier et le sel de déneigement de la liste des droits de douane. Et si vous interrogez les localités du nord et de l’est du Maine, elles vous diront que tout leur sel de déneigement vient du Canada. »
— Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, s’exprimant mardi soir sur son rôle pour réduire les retombées négatives de la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada dans son État lors du premier de quatre débats qui l’opposeront à son adversaire démocrate Troy Jackson.
P.S. : « Je ne me suis pas moqué du fait qu’elle ait obtenu la levée des droits de douane sur le sel de déneigement. Je me suis moqué du fait que… qu’en est-il de tout le reste ? On ne peut pas manger du sel de déneigement. Avec tout ce qu’elle fait au sujet de la guerre en Iran et le reste, il y aura tellement moins de gens en mesure de se payer le carburant pour conduire que je ne suis même pas certain que le sel de déneigement vaudra quoi que ce soit. »
P.P.S. : Aucun KO au cours de ce débat. Collins a dû défendre son vote en faveur de la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême après avoir cru à sa déclaration selon laquelle Roe c. Wade était un droit bien établi. Elle a ajouté qu’elle avait toujours été pro-choix, contrairement à Jackson. Les deux ont croisé le fer sur l’ICE, Collins demandant à son rival s’il voulait « vraiment définancer une agence chargée d’expulser des criminels violents » et Jackson répliquant que les États-Unis ne devraient pas injecter « davantage d’argent dans une agence qui tue des gens à travers tout le pays ». Les deux candidats s’affronteront de nouveau jeudi. Leur course serrée pourrait déterminer la prochaine majorité au Sénat.
(Photo capture d’écran)
Sauf que la minion d’ICE n’est pas « d’expulser les criminels violents », mais d’expulser des immigrants sans papier. Et ça a été dénaturé au point où on dirait que leur mission est de faire la chasse aux personnes à la peau foncée, et ceux qui les défendent. Alors rendu là, oui, il vaut mieux fermer boutique pour se débarrasser de la gangrène, et repartir à neuf.
Ce qui me sidère dans cette course, c’est l’importance qu’on accorde encore à Susan Collins comme si son bilan pouvait se résumer à avoir réussi à faire retirer le sel de déneigement de la liste des tarifs. Bravo, vraiment : les routes du Maine pourront être déglacées un peu moins cher. Mais pendant ce temps, qu’en est-il du reste? Collins a donné le vote décisif pour confirmer Brett Kavanaugh, qui a ensuite participé au renversement de Roe v. Wade, et son bilan avec Trump demeure beaucoup plus complexe que l’image de sénatrice indépendante qu’elle tente de projeter aujourd’hui. Elle peut bien brandir son petit trophée de sel de déneigement, mais les citoyens doivent aussi regarder l’ensemble du tableau : tarifs, coût de la vie, énergie, droits reproductifs, immigration et politique étrangère. Le sel, ça ne remplit pas un panier d’épicerie et ça ne paie pas une facture de chauffage.
Ce qui m’étonne surtout, c’est qu’on puisse transformer une exemption tarifaire en preuve d’un grand bilan politique alors que Collins elle-même reconnaît que de nombreux tarifs demeurent en vigueur et qu’ils font grimper les coûts pour les familles et les entreprises du Maine. Je ne prétends pas que Collins soit responsable de tout ce que fait Trump — elle s’est effectivement opposée à plusieurs de ses politiques — mais c’est justement là que les électeurs doivent regarder au-delà de la publicité électorale : quelles décisions a-t-elle prises, lesquelles a-t-elle cautionnées et quelles conséquences ont-elles eues? Parce qu’à force de se vanter d’avoir sauvé quelques tonnes de sel de déneigement, on finit par donner l’impression qu’on demande aux électeurs de mesurer un mandat sénatorial… à la pelle.
Ils n’auront pas besoin de sel si on leur vend des skidoos.
Qu’est-ce que les gens du
Maine, qui avait l’habitude d’accueillir des milliers de Québécois en vacances, trouve en Collins ?
HS
Nouvelle conspiration de la part de DT :
« We caught them in the act. They [Canada] charged us a lot of tariffs that nobody knew about except me ».
Il y a une raison pour laquelle il est seul à le savoir.
Bon….le danger pour Collins est précisément de laisser sa campagne se résumer à une liste de PETITS succès sectoriels alors que les électeurs pensent à des problèmes beaucoup plus lourds !
Car son adversaire n’a pas besoin de nier son bilan. Il lui suffit de changer d’échelle. Le sel de déneigement, c’est concret, local et facile à raconter. Mais qu’en est-il du coût de la vie, du prix du carburant, de l’accès aux soins, des retraites, de l’immigration et surtout de la politique étrangère de l’administration Trump ?
Sur chacun de ces terrains, Collins peut être amenée à expliquer non pas ce qu’elle a obtenu pour le Maine, mais ce qu’elle a ACCEPTÉ de la majorité républicaine à laquelle elle appartient.
C’est ce point que Jackson peut tenter de la DÉSTABILISER. Sur l’avortement, Collins traîne toujours derrière elle le souvenir de son vote pour Kavanaugh et de sa conviction que Roe v. Wade serait préservé. Sur l’ICE, elle doit défendre une position qui peut devenir particulièrement inconfortable si les électeurs sont confrontés aux conséquences humaines des opérations de l’agence. Et sur l’Iran, elle risque de devoir expliquer à des électeurs qui regardent leur facture d’essence pourquoi Washington s’engage dans une nouvelle confrontation au Moyen-Orient alors que les conséquences économiques peuvent finir par arriver jusque dans les foyers du Maine.
Jackson pourrait donc adopter une stratégie très simple : ne pas combattre Collins sur son terrain, mais l’obliger à sortir de celui-ci.
À chaque fois qu’elle évoque une exemption obtenue à Washington, revenir au prix de l’essence. À chaque fois qu’elle parle de son indépendance, revenir à ses votes les plus controversés. À chaque fois qu’elle défend son bilan, lui demander où elle place la limite entre l’influence qu’elle exerce sur le 47e et les décisions qu’elle continue malgré tout à soutenir.
Certes, Collins possède un avantage considérable : elle est connue, expérimentée et dispose d’une image de républicaine modérée qui lui a longtemps permis de résister aux tempêtes politiques de son propre parti. Mais cette réputation peut aussi devenir une faiblesse si Jackson parvient à convaincre les électeurs qu’elle n’est plus suffisamment indépendante pour constituer un véritable CONTREPOIDS au voyou du bureau ovale.
Bref, pour l’instant, aucun des deux n’a envoyé l’autre au tapis. Mais quatre débats offrent beaucoup de temps pour chercher la FAILLE.
Je répète ma position qui est apparu dans le post précédent : Collins tente de se faire passe, plus ou moins, pour une indépendante dans un état bleu. Elle argumente ( mal) qu’elle vote à regret sur des positions ( indéfendables) des républicains comme l’approbation de Kavanagh. Ah mais elle défend le sel canadien. ce qui est un argument irréfutable. Elle sait très bien que le Maine souffre dans ses relations avec le Canada notamment au niveau du tourisme ( une baisse de 60% des visiteurs) et de l’achalandage de ses propres magasins délaissés.
Je suis tellement fier d’être content de savoir que le sel de déglaçage ne subit plus aucun tarif! Mais ça ne changera pas grand chose dans ma vie, je n’ai pas l’intention d’aller au Maine ni ailleurs dans ce Shit Hole Country.
@PATlecamer – 07:39
Troy Jackson aurait dû envoyer Susan Collins au premier débat tellement il a de munitions contre elle et son bilan au fil des ans.
Je suppose que vous avez entendu Abdul El-Sayed débattre; il l’aurait mis KO bien avant la fin du premier débat! En fait, Susan Collins n’aurait probablement pas voulu débattre contre un aussi bon « debatter » que M. El-Sayed.
On va continuer à espérer une victoire de M. Jackson, mais on ne parierait pas notre prochaine paye là-dessus.
Je partage tout-à-fait votre analyse. Jackson avait effectivement de quoi alimenter plusieurs débats, et pas seulement avec quelques poignées de sel de déneigement ! 🤠
Vous avez raison à propos d’El-Sayed,. Collins aurait probablement eu beaucoup plus de difficulté à rester sur le terrain confortable du « regardez ce que j’ai obtenu pour le Maine ». Il aurait pu l’obliger à répondre, dossier après dossier, sur ses VOTES, ses POSITIONS et surtout sur les CONTRADICTIONS entre son image de républicaine modérée et certaines décisions qu’elle a finalement soutenues.
Mais….
Jackson n’a pas besoin de mettre Collins KO au premier débat. Il lui suffit de la pousser progressivement hors de sa zone de confort et de faire comprendre aux électeurs que derrière chaque petite victoire obtenue à Washington se trouve une QUESTION beaucoup plus embarrassante : qu’a-t-elle fait lorsque les enjeux dépassaient largement le sel de déneigement ?
Pour la prochaine paye, je suis comme vous : je la garderais bien au chaud dans ma poche. En politique américaine, mieux vaut miser sur….la météo du Maine que sur les sondages ! 🤠
Collins est l’exemple même de la politicailleuse calculatrice à l’extrême.
Elle s’attribue en grande pompe de petites victoires, mais rentre dans le rang quand on lui demande de le faire, sans égard aux conséquences. Kavanaugh n’aurait probablement jamais dû être nominé au nombre de squelettes qu’il avait dans son placard, et on a vu que sa parole n’a aucune valeur avec Roe c. Wade.
Elle s’isole sur certains votes quand elle sait que ça va passer de toute façon.
Une belle façon de se créer une image de bonne madame dans un état plutôt démocrate et proche du Canada.
Ça reste une politicienne, pas une leader.
Fascinant un dialogue de sourds qui n’aborde pas du sujet de front mais en spécifiant des détails comme des actions prises tout en accusant l’autre d’être en opposition complète sans jamais aborder le sujet.
Répliques pré-préparées par une firme de relations afin de donner l’impression de répondre sans le faire….
Ça donne des débats formatés.
Aux EU comme au Canada….
On n’a plus l’occasion de « voir » des humains se confronter sur un sujet, sans ce filtre des relations publiques …
que des relances « J’ai fait ceci donc, chose est contre ».
Zéro subtilité.
Zéro impact, au final, lors des élections. Ça raffermit les positions de chacun.
Les débats sont à revoir….