Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

« Certains estiment qu’il s’agit là d’une fenêtre politique très particulière, et qu’en politique, on n’a souvent qu’une seule chance. Et on n’en a pas — et dans la vie en général aussi — la vie n’attend pas qu’on soit prêt pour les choses. Parfois, c’est la vie elle-même qui décide que le moment est venu. »

Alexandra Ocasio-Cortez, représentante démocrate de New York et figure de la gauche américaine, s’exprimant lors d’une interview exclusive au New York Times sur sa candidature possible à l’élection présidentielle de 2028. Comme le résume le quotidien, cette décision, qui est sans contredit la plus importante de la carrière politique de l’élue de 36 ans, tiendra compte de son genre, son ethnicité, son « électabilité », ses oeufs, son mouvement et son moment.

P.S. : Autre citation tirée de l’entrevue : « En toute franchise, je pense à mon identité. Je ne suis pas sans savoir que nous vivons sous une administration résolument régressive, et il se trouve que je suis une femme, tout comme il se trouve que je suis latina. Or, le débat sur l’“électabilité” occupe une place importante, et je ne me dérobe pas devant ces réalités. »

P.P.S. : Entre également dans la réflexion d’AOC la possibilité de briguer en 2028 le siège qu’occupe aujourd’hui le sénateur de New York Chuck Schumer, qui, à 75 ans, n’a pas encore confirmé ses intentions concernant le renouvellement de son mandat.

(Photo ZUMA PRESS)

7 réflexions sur “La citation du jour

  1. Racza dit :

    Ho purée ! Quelqu’un qui réfléchit ! Ça faisait longtemps, je croyais que cette espèce avait disparue.

    1. gagrich dit :

      Surtout avec l’homo Sapien états-uniennes!

  2. Steel dit :

    Hé boboy que ç nous fait des vacances !!!

    *https://www.facebook.com/reel/1435046118570432

  3. PATlecamer dit :

    Ocasio-Cortez se trouve aujourd’hui devant un choix qui dépasse largement la prochaine étape de sa carrière. À 36 ans, elle possède déjà ce que beaucoup de responsables politiques mettent des décennies à construire : une notoriété nationale, une base militante particulièrement mobilisée, une capacité exceptionnelle à occuper l’espace médiatique et une identité politique parfaitement identifiable.

    Mais c’est précisément cette force qui constitue aussi sa principale vulnérabilité. AOC ne serait pas simplement une candidate démocrate parmi d’autres, elle serait immédiatement la candidate de la gauche progressiste, avec tout ce que cette étiquette peut lui apporter de soutien — et lui coûter d’électeurs.

    Son avantage le plus évident dans une éventuelle candidature présidentielle serait sa capacité à susciter L’ENTHOUSIASME. Les premiers indicateurs montrent qu’elle n’est déjà plus une hypothèse marginale : en juillet, un sondage de l’Université du New Hampshire la plaçait à 22 % chez les électeurs démocrates susceptibles de participer à la primaire de l’État, juste devant Pete Buttigieg à 21 %. À l’échelle nationale, les sondages restent beaucoup plus fragmentés, avec plusieurs candidats encore susceptibles d’émerger.

    Son réseau militant, sa présence numérique et son association avec la nouvelle génération de progressistes lui donnent donc une véritable rampe de lancement. Mais une primaire nationale ne se gagne pas seulement avec une base enthousiaste. Elle exige de pouvoir élargir cette base aux MODÉRÉS, aux INDÉPENDANTS susceptibles de participer aux primaires et aux électeurs qui connaissent AOC essentiellement à travers les batailles IDÉOLOGIQUES qui l’ont rendue célèbre.

    C’est là que le pari présidentiel devient considérable. AOC devrait d’abord remporter une primaire démocrate dont le paysage est encore totalement ouvert, puis affronter une élection générale où son positionnement serait scruté à la loupe par…les républicains. Son image de démocrate socialiste serait inévitablement utilisée contre elle. Ses adversaires chercheraient moins à convaincre ceux qui la connaissent déjà qu’à convaincre ceux qui la connaissent mal.

    Son avantage — une identité politique extrêmement claire — deviendrait alors également un handicap potentiel.

    Le Sénat offre une équation radicalement différente. AOC ne devrait pas conquérir l’ensemble du pays, mais l’État de NY. Le siège de Schumer sera renouvelable en 2028, et sa cote d’opinion est devenue un véritable PROBLÈME politique. En février 2026, le Marist Poll mesurait seulement….27 % d’avis positifs sur son travail de sénateur, contre 65 % qui le jugeaient de manière négative — son plus mauvais résultat depuis le début de cette série en 1999. En mai, Siena le donnait à 33 % de favorables contre 52 % de défavorables dans l’État.
    À NY, son image était encore plus fragile.

    Pour AOC, cette situation constitue évidemment une OPPORTUNITÉ.

    Une enquête réalisée en juillet auprès d’électeurs démocrates de NY City la créditait même de 47 % contre 29 % à Schumer dans une hypothétique primaire sénatoriale. Il faut évidemment prendre ce résultat avec PRÉCAUTION : il s’agit d’un sondage auprès de 446 électeurs démocrates de la ville, et non d’une primaire à l’échelle de l’État. Mais il révèle quelque chose d’intéressant : dans la base démocrate new-yorkaise, AOC dispose déjà d’une PUISSANCE politique qui dépasse largement son district du Bronx et du Queens.

    Le principal avantage d’une candidature au Sénat serait donc sa capacité à transformer une notoriété nationale en implantation électorale concrète. AOC connaît déjà parfaitement la mécanique politique new-yorkaise et bénéficie d’une base particulièrement solide dans la ville. Elle a d’ailleurs commencé à élargir sa présence dans le reste de l’État, notamment en annonçant une campagne destinée à soutenir les démocrates dans plusieurs régions de NY. Mais là encore, le piège existe : NY ne se résume pas à NY City. Une candidature au Sénat obligerait AOC à convaincre davantage les électeurs de banlieue et du nord de l’État, où son image et son programme pourraient être perçus très différemment !!!

    Et c’est probablement le paradoxe de cette décision. La M-B offrirait à AOC la possibilité de transformer son mouvement en projet national ; le Sénat lui offrirait la possibilité de transformer son implantation new-yorkaise en pouvoir institutionnel.

    Dans le premier cas, elle joue son avenir politique sur une primaire nationale puis sur une coalition électorale à l’échelle du pays. Dans le second, elle se bat pour un siège dont le titulaire actuel est déjà confronté à une érosion importante de sa popularité. Ce ne sont donc pas deux versions du même pari : ce sont deux trajectoires politiques complètement DIFFÉRENTES.

    Alors, honnêtement, laquelle des deux voies présente aujourd’hui les meilleures conditions électorales ?

    Une primaire présidentielle de 2028 n’est pas encore constituée, tandis qu’une éventuelle primaire sénatoriale dépend d’abord de la décision de Schumer et de la composition future du champ démocrate. Ce que l’on peut dire, en revanche, c’est que la candidature au Sénat repose actuellement sur un terrain électoral beaucoup plus circonscrit et sur une faiblesse documentée du titulaire potentiel, tandis que la candidature présidentielle repose sur une ambition infiniment plus vaste mais aussi sur une succession d’obstacles beaucoup plus nombreux.

    Bref, AOC a donc devant elle un choix qui résume assez bien le problème de toute carrière politique arrivée à maturité : faut-il prendre le risque de viser le sommet quand une voie vers le pouvoir est déjà ouverte à domicile ?

    La M-B lui offrirait la possibilité de devenir le visage national d’une nouvelle gauche américaine. Le Sénat lui offrirait quelque chose de plus concret : un ancrage institutionnel qui pourrait devenir, plus tard, une rampe de lancement vers la présidence.

    Le véritable dilemme n’est peut-être donc pas de savoir jusqu’où AOC peut aller. Il est de savoir si elle veut prendre MAINTENANT le risque de découvrir jusqu’où elle peut aller.

    1. Madalton dit :

      Je crois que le sénat est une étape quasi obligatoire avant de se présenter à la présidence.

      Je crois aussi que les américains n’éliront pas une femme, de couleur de surcroît, sauf si ce sont deux femmes de couleur qui s’affrontent. Ç’aurait pu être le cas en 2024 si Haley avait remporté les primaires.

  4. loulaf dit :

    Il va falloir que les mentalités évoluent aux States avant d’ élire à la Présidence, une femme , latina et gauchisste de surcroît.
    Cependant, elle pourrait très bien prendre la place de Schumer si ce dernier décidait de prendre sa retraite. Mais je ne compterais pas trop là -dessus. Ces vieux sénateurs restent accrocher au pouvoir jusqu’à à leur mort ou presque.
    AOC devra patienter quelques années…

  5. Le baron dit :

    Je le répète…AOC sur le ticket en 2028 c’est la seule chance des républicains!!!

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture