Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

17,1 milliards : montant en dollars américains que Meta a accepté de verser en amendes dans le cadre d’un règlement de la poursuite intentée par 47 États, ainsi que par le district de Columbia et plusieurs territoires américains. Ces derniers accusaient la société de Mark Zuckerberg d’avoir mis en péril la sécurité des mineurs avec des plateformes de réseaux sociaux – Facebook et Instagram – conçues pour susciter une dépendance. Meta a également accepté de procéder à des modifications substantielles de ses produits. Les plaignants réclamaient 200 milliards de dollars.

De commenter le procureur général du Colorado Phil Weiser à la suite de l’accord historique (jamais une société technologique n’aura eu à verser des amendes aussi lourdes) : « L’objectif de cette affaire était de protéger nos enfants : mettre fin aux notifications et alertes la nuit et pendant les heures de classe, encourager les jeunes à faire des pauses dans l’utilisation des réseaux sociaux, les protéger contre les fonctionnalités nuisibles, mettre en place une technologie de vérification de l’âge, entre autres mesures. »

P.S. : Cet accord pourrait avoir un impact sur d’autres poursuites impliquant Meta, TikTok, YouTube et Snap, qui sont notamment poursuivis par des commissions scolaires. Il marque assurément un tournant dans la façon la société se positionne face aux réseaux sociaux qui ont transformé et parfois ruiné la vie de jeunes sans avoir à se soumettre à une réglementation digne de ce nom.

P.P.S. : Le New York Times résume ainsi les changements auxquels Meta a consenti : « L’entreprise s’est engagée à mettre fin au défilement infini et à instaurer des limites quotidiennes de deux heures sur Instagram et Facebook. Afin de prévenir les usages addictifs et les perturbations du sommeil, elle limitera l’utilisation de ses plateformes entre minuit et 6 h, et désactivera les notifications entre 22 heures et 7 h. Meta restreindra également certaines fonctionnalités que les psychologues associent à des comparaisons sociales négatives, telles que les filtres de beauté et le décompte des mentions “j’aime”. L’entreprise renforcera par ailleurs ses outils de vérification de l’âge ainsi que ses dispositifs de contrôle parental. »

(Photo Getty Images)

38 réflexions sur “Le chiffre du jour

  1. PLesage dit :

    Aux tours des autres juridictions, Go Canada!, Go UE!, Go Australie!

    1. MarcB dit :

      Si on y va au ratio de la population, ou des utilisateurs de facebook, la facture totale pourrait dépasser 50 milliard $….

      USA, 340M habitants, 279M usagers facebook –> 17.1G$
      Canada, 41M, 32M
      Australie, 27M , 22.7M
      UE, 450M, 280M (approx)

      *https://worldpopulationreview.com/country-rankings/facebook-users-by-country

  2. Plesage dit :

    Non pas que le le compare aux inepties que sont FB et Instagram, mais à la lecture de ce billet, dois-je hésiter à mettre un « J’aime » aux propos des collaborateurs de ce blog? Question réthorique s’il en est une!

    1. MarcB dit :

      Oui, mais ici on est woke. On ne met pas de « je n’aime pas »! 😉

  3. Pierre Belley dit :

    META tête sa bûche !

    1. Haïku dit :

      Bien dit ! 👌

  4. no-name dit :

    La somme est dérisoire pour une compagnies aussi riche, mais si Meta implémente vraiment les réformes mentionnées, c’est un pas vers la bonne direction. Félicitations aux David qui luttent contre les Goliath du Big Tech.

  5. PATlecamer dit :

    Ok. Donc, Meta vient de découvrir que les enfants ont aussi un bouton « quitter »

    Il y a des procès qui se terminent par une poignée de main et quelques communiqués triomphants. Et puis il y a celui-ci : Meta accepte de débourser jusqu’à 17,1 milliards de dollars et de modifier en profondeur Facebook et Instagram pour les mineurs. Ce n’est pas exactement le genre de facture que Zuckerberg devait espérer recevoir avec son café du matin…

    Cela dit, le plus important n’est pourtant pas le montant. 17 milliards, c’est spectaculaire, mais ce n’est pas ce qui peut réellement changer l’industrie. Le véritable séisme se trouve dans les OBLIGATIONS imposées à Meta et citées dans le billet.

    C’est donc là que l’affaire devient intéressante. Pendant des années, l’industrie technologique a vendu l’idée que l’utilisateur était parfaitement libre : libre de regarder, de faire défiler, de revenir, de cliquer et de recommencer. Sauf qu’il existe une différence assez fondamentale entre offrir un service et concevoir méthodiquement un environnement dont les mécanismes poussent l’utilisateur à rester. Chez un adulte, on peut encore invoquer la responsabilité individuelle.

    Chez un adolescent de 13 ou 14 ans, dont le cerveau est précisément en pleine construction, l’argument devient beaucoup moins confortable.

    L’avantage de cet accord est donc évident : il transforme enfin le principe de précaution en contraintes concrètes. Les parents disposeront de davantage de leviers, les adolescents seront moins exposés aux sollicitations permanentes et les plateformes devront intégrer la protection des mineurs dans leur modèle économique plutôt que de la traiter comme… une option sympathique dans les paramètres de confidentialité.

    Mais il y a un revers. Une réglementation trop rigide peut rapidement devenir une usine à gaz. Comment vérifier correctement l’âge sans créer un gigantesque système de surveillance ? Comment distinguer un adolescent d’un jeune adulte sans collecter encore davantage de données personnelles ? Comment empêcher un jeune de contourner les restrictions en utilisant un autre compte, un autre appareil ou simplement une autre plateforme ?

    Meta elle-même souligne le problème : si Instagram devient moins addictif mais que TikTok ou YouTube récupèrent immédiatement les utilisateurs, on aura surtout déplacé le problème… de quelques centimètres.

    Raison pour laquelle TikTok, YouTube et Snap vont commencer à regarder leurs avocats avec un peu plus d’attention.

    Le précédent créé aujourd’hui est beaucoup plus dangereux pour eux que le chèque de Meta. Car si les procureurs et les tribunaux considèrent que certaines fonctionnalités peuvent engager la responsabilité des plateformes lorsqu’elles sont utilisées par des mineurs, les autres entreprises auront beaucoup plus de mal à soutenir qu’elles ne sont concernées par rien.

    Il y a même un détail particulièrement révélateur. Une partie du règlement de Meta est conditionnée à l’adoption de mesures comparables par TikTok et YouTube. Autrement dit, Meta semble avoir compris qu’elle ne peut pas vraiment gagner cette bataille si ses concurrents continuent à jouer selon d’autres règles. L’entreprise appelle donc elle-même ses rivales à rejoindre le mouvement.

    C’est assez savoureux : après avoir passé des années à se livrer une guerre féroce pour capter l’attention des adolescents, voilà que les géants du numérique pourraient devoir coopérer pour leur apprendre… à fermer leur téléphone.

    Pour le Trumpeur, l’affaire est autrement plus délicate. Il pourrait difficilement s’opposer frontalement à une mesure présentée comme destinée à protéger les enfants. Mais il n’a jamais été particulièrement enthousiaste à l’idée de voir les États et les tribunaux imposer des CONTRAINTES considérables aux grandes entreprises technologiques, surtout lorsqu’il peut y voir une intervention excessive du pouvoir judiciaire. Et Meta n’est pas une entreprise avec laquelle il entretient aujourd’hui une relation aussi ouvertement conflictuelle qu’autrefois. Zuckerberg a d’ailleurs considérablement réajusté sa relation avec la nouvelle administration.

    Le 47e pourrait donc être tenté de faire ce qu’il fait souvent : applaudir le principe tout en dénonçant l’excès. Il pourrait soutenir la protection des enfants, mais s’interroger sur le montant du règlement, critiquer les procureurs démocrates — même si l’accord est bipartisan — ou dénoncer une forme de régulation excessive de la Silicon Valley.

    Mais le véritable enjeu est beaucoup plus grand que Meta.

    Cette affaire pourrait être au numérique ce que les grands procès contre l’industrie du tabac ont été pour une génération précédente. Le moment où la société cesse de demander aux victimes pourquoi elles n’ont pas simplement arrêté et commence à examiner la façon dont le produit a été conçu. La comparaison a évidemment ses limites, mais le changement de perspective est important.

    Je ne crois pas pour autant qu’il faille rêver d’un Internet aseptisé où un adolescent serait autorisé à consulter son téléphone uniquement entre 14 h 07 et 14 h 19, sous la surveillance d’un parent et d’un fonctionnaire. Les réseaux sociaux ont aussi des vertus : ils permettent de communiquer, de créer, de s’informer, de trouver des communautés et, pour certains jeunes isolés, de ne pas l’être complètement.

    Le problème n’est donc pas seulement le réseau social en lui-même. Le problème commence lorsque l’économie de l’attention devient plus importante que l’intérêt de celui dont on cherche précisément à capter l’attention.

    Bref, c’est cela que ce règlement remet en question. Pendant longtemps, la Silicon Valley a considéré que si quelque chose était techniquement possible, cela devait probablement être commercialement exploitable. Désormais, les tribunaux et les procureurs commencent à poser une question beaucoup moins confortable : « Oui, vous pouvez le faire. Mais avez-vous vraiment le droit de le faire à des enfants ? »

    Et si la réponse devient progressivement « non », Meta ne sera probablement que le premier domino. Le véritable procès qui commence aujourd’hui ne concerne donc pas Facebook ou Instagram. Il concerne le MODÈLE économique de toute une industrie. Et pour une fois, le bouton « ignorer » risque bien de ne pas être disponible.

    1. Plesage dit :

      POur Gunther Anders, c’est le principe du « les moyens justifient la fin ».
      Il a inversé le principe de base à partir de ses réflexions sur la bombe atomique.
      Ses créateurs ne sachant aucunement les répercussions immédiates et futures qu’elle enclenchera, elle a été conçue selon le principe que puisque nous pouvons la construire, nous devons le faire.
      En ajoutant, sinon d’autres la feront..

      1. PATlecamer dit :

        @ Plesage

        Le problème est que la technique n’est jamais neutre lorsqu’elle est intégrée à un modèle économique. Une fonctionnalité destinée à retenir l’utilisateur quelques minutes supplémentaires peut sembler anodine. Multipliée par des centaines de millions d’utilisateurs et optimisée pendant des années par des algorithmes, elle devient un système.

        C’est là d’ailleurs que la réflexion d’Anders reste terriblement actuelle : nous sommes devenus extraordinairement doués pour fabriquer les moyens et beaucoup moins doués pour anticiper les fins qu’ils produisent.

        La différence, heureusement, c’est qu’avec les réseaux sociaux nous avons encore la possibilité de corriger le tir. Nous ne pouvons pas « désinventer » la bombe atomique.

        En revanche, nous pouvons encore décider qu’un adolescent n’a pas besoin d’un algorithme conçu par quelques ingénieurs de la Silicon Valley pour lui expliquer, à deux heures du matin, qu’il serait vraiment temps de poser son téléphone.

  6. Haïku dit :

    HS.
    Voici la lettre de Heather Cox Richardson:
    *https://heathercoxrichardson.substack.com/p/august-25-2026?r=sn95e&utm_campaign=post&utm_medium=email

  7. MarcB dit :

    HS mais trop drôle!

    Oups… Ça ne sentira pas bon aux USA… Suite aux tarifs, le papier de toilettes pourrait coûter plus cher. C’est pas grave pour ceux qui portent des couches… 😉

    https://www.theguardian.com/us-news/2026/aug/26/paper-product-toilet-paper-tariffs-us-canada

    Note: Moi je me part une compagnie de bidet!!!! 🙂

    1. Haïku dit :

      Hé hé hé !! 😅

      1. gl000001 dit :

        On se bidonne ? 😉

    2. Madalton dit :

      Attention au tarifs sur les bidets. Ça peut faire chier.

      1. MarcB dit :

        😂

      2. MarcB dit :

        J’ai fait mes recherches. Merci chatGPT.

        Non — les bidets ne sont pas visés par les nouveaux tarifs américains ou canadiens annoncés en août et septembre 2026.
        Seuls certains composants de plomberie métalliques sont touchés, mais pas les appareils sanitaires complets.

      3. Madalton dit :

        Sauf ceux venant de la Chine mais ils ne valent pas de la marde.

  8. Kelvinator dit :

    Trump appuie cette mesure qui évitera que les jeunes soient woke, la nuit du moins.

  9. gl000001 dit :

    Est-ce que DDT va faire annuler cette décision car trop woke ?

    1. Madalton dit :

      Non. Il veut sa quote-part pour lui personnellement.

  10. citoyen dit :

    en taxant mark on aurait pu éviter la taxe sur mark.

    1. gl000001 dit :

      Vous incarnez habituellement l’ambiguité pour ne pas dire l’absurdité. Mais cette fois-ci, c’est pas mal.

  11. titejasette dit :

    La tête du jeune fils de Trump a été mise à prix par les Iraniens pour 10 millions

    https://www.tvanouvelles.ca/2026/08/25/on-est-surpris-ladministration-trump-prise-de-court-par-la-reaction-du-canada-selon-stephan-bureau

    1. Capucine dit :

      À ce prix là, même Donald ou Melania pourraient être tantés

      1. Haïku dit :

        Ouch !! 🎯

  12. titejasette dit :

    Questions à tous.

    En quelle année se terminent les contrats d’exportations de l’électricité (et les autres ressources, la potasse, le pétrole, etc). Pourquoi je vous demande cela ?

    A la fin du contrat d’exportation…, on peut

    Pce que on n’est pas obligé seulement de tarifier ces ressources. On pourrait ajouter un tarifs de 20% (ou 30%) et AUSSI en même temps augmenter le prix de base pour la simple raison que ces ressources sont de plus en plus rares donc plus en demande.

    1. Madalton dit :

      2051 pour NY et 2046 pour le Massachusetts.

      Comme le QC achète de l’électricité des ÉU, pas une bonne idée de mettre des tarifs à l’exportation.

  13. MarcB dit :

    HS – Election sénatoriale en Alaska

    En Alaska, il y aura 4 candidats pour le poste de sénateur, dont deux candidats républicains avec le même nom! (sauf pour le middle name).

    Mary Peltola – Dem
    Dan S. Sullivan – GOP (sénateur actuel)
    Dan J. Sullivan – GOP
    (non-déterminé)
    https://www.washingtonpost.com/politics/2026/08/26/another-dan-sullivan-advances-alaska-senate-primary

    Comme les MAGA ne sont pas reconnu pour leurs prouesses intellectuelles (ils sont bien capables de cocher les deux noms…), il est fort possible que ces deux Sullivan divisent le vote républicain et facilitent l’entrée d’une autre sénatrice démocrate. (YEAH!!!)

    1. Madalton dit :

      Le sénateur actuel accuse son homonyme d’être de connivence avec les démocrates.

  14. Le sceptique dit :

    Je seconde! Cette amende, c’est des peanuts pour une compagnie comme Meta, surtout quand on pense aux revenus que ses pratiques peuvent générer. Et combien de fois voit-on de grandes entreprises payer des amendes pour ensuite continuer leurs manèges comme si de rien n’était?

    Si Meta a accepté de régler et de payer ce montant, c’est bien la preuve que le règlement lui convient. Et ça soulève une question importante : est-ce que ces amendes sont vraiment assez dissuasives pour changer les comportements des géants de la Big Tech? Parce qu’une amende qui représente une simple dépense d’affaires, ce n’est pas vraiment une sanction. Ca me lève le cœur!!

    1. Richard Hétu dit :

      Le coût le plus important pourrait en réalité être lié aux restrictions opérationnelles.

  15. Niouininon dit :

    ADO-ADULTE: La vérification de l’âge est l’une des choses les plus faciles à contourner. Même les IA les plus perfectionnées peuvent être bernées, surtout quand les gens n’ont pas de pièce d’identité officielle et unique. N’importe quel jeune peut demander à un adulte de le remplacer sur la photo au début, après cela il accède à ce qu’il veut.

    Je pense que Meta et les autres vont faire semblant de gérer cela mais ils vont continuer de sévir…

    Je chiale et je râle mais je n’ai pas de solution à leur offrir.

  16. Madalton dit :

    HS, on va peut-être avoir accès aux Epstein files maintenus confidentiels par le DOJ.

    Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir démantelé une opération de piratage informatique chinoise responsable d’intrusions au sein du ministère américain de la Justice, de la NASA, de la Réserve fédérale, du Sénat américain et d’autres agences gouvernementales sensibles.

    https://www.reuters.com/world/china/china-sponsored-hacking-platforms-seized-by-us-justice-department-says-2026-08-26/?utm_source=snews&utm_medium=referral

  17. Che Sausage dit :

    Hello,

    Je trouve rageant de voir que rien que parce que « ces » compagnies sont pleines aux as, elles s’en sortent toujours en allongeant la monnaie. Des gamins qui sont mal dans leur tête et dans leur peau et qu’on transforme en marchandise, c’est pas les dollars qui vont les soigner.

    Le même genre d’absurdité que le fait d’acheter une voiture en payant un malus écologique. Une manière de se donner bonne conscience mais le fait de payer son pizzo au concessionnaire n’enraye pas le dérèglement climatique. La planète se fout de savoir qu’untel a donné 2000 € de malus et qu’un autre a payé 1000 ou 3000. El Niño se fout carrément du compte en banque du garagiste ou de la poussée de sève du type qui vient de se payer le dernier SUV électrique de 3 tonnes d’un constructeur allemand à la mode.

    Pour en revenir à META (cagoule), je ne les excuse de rien mais je peux m’empêcher de penser que si les parents s’investissaient un peu plus dans la vie de leurs mioches, y en aurait peut-être certains qui seraient pas totalemet abrutis par les écrans, les réseaux sociaux et l’internet en général !

    *https://www.youtube.com/watch?v=PI9yKr39vGI

    1. Haïku dit :

      @Che Sausage
      Superbe texte !!

      1. Che Sausage dit :

        Merci Haïku ! 🙂

  18. Méchant Boris dit :

    HS Quelqu’un peut-il aviser Alec Castonguay de Radio-Can qu’il n’y a pas de « Procureur de la Couronne » (sic) aux States…à moins que Trump II ait publié un décret à cet effet!?

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