
Le poids de tout l’establishment démocrate, y compris celui de la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer et du chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer, n’a pas suffi. Pas plus que l’influence de l’argent, soit 62 millions de dollars dépensés par des Super PAC représentant les intérêts de puissants lobbys, dont l’AIPAC, le lobby pro-Israël, qui a dépensé plus de la moitié de cette somme – 32 millions de dollars -, un record pour une course de ce genre. Malgré tous ces obstacles, Abdul El-Sayed, un expert en santé publique, a battu de justesse la représentante démocrate du Michigan Haley Stevens lors de la primaire démocrate tenue ce mardi en vue de l’élection sénatoriale du Michigan, selon les projections de NBC News.
Plusieurs médias n’ont pas encore déclaré le vainqueur de cette lutte acharnée qui pourrait laisser des séquelles. Après le dépouillement de 95 % des suffrages, El-Sayed est crédité de 48,6 % des voix contre 47,3 % pour Stevens. Tenant la victoire de son ancien rival pour acquise, l’ex-candidate Malory McMorrow, qui s’est retirée de la course début juillet, lui a donné son appui après l’annonce de NBC News. Malgré son retrait, elle a reçu 4 % des voix.
« Je suis fière d’apporter à Abdul tout mon soutien et de lui accorder mon entière adhésion à l’approche de l’élection de novembre, alors que nous avançons ensemble en tant que parti uni », a déclaré McMorrow dans un communiqué envoyé par courriel. « Croyez-moi : cette primaire a été particulièrement éprouvante. Mais quelles que soient les divergences qui ont pu exister entre les candidats de cette course, elles ne sont rien comparées au contraste qui nous attend en novembre. »
La victoire d’El-Sayed est loin d’être aussi nette que ne le prédisaient la plupart des sondages. Elle brosse le portrait d’un parti divisé entre son aile progressiste et son aile modérée. De toute évidence, une pluralité d’électeurs démocrates d’un État pivot du Midwest remporté par Donald Trump en 2016 et 2024 ont rejeté les calculs prudents de l’élite démocrate, qui aurait préféré une candidate plus centriste.
La victoire d’El-Sayed illustre aussi la colère ou l’exaspération d’une partie non négligeable de la base démocrate vis-à-vis de la position adoptée par la plupart des élus de Washington à l’égard d’Israël, position qui est largement calquée sur celle de l’AIPAC, qui consiste à offrir un soutien inconditionnel à l’État juif et à son gouvernement. Soutenu par les ténors du mouvement progressiste américain – Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Alexandria Ocasio-Cortez, entre autres -, El-Sayed, fils d’immigrés égyptiens, veut mettre un terme à l’appui militaire des États-Unis à Israël, réduire le rôle de l’argent dans les élections américaines et instaurer aux États-Unis un système de santé à payeur unique.
L’élite démocrate croit que la victoire d’un populiste de gauche comme El-Sayed réduira considérablement les chances du parti de défendre avec succès le siège occupé par le sénateur démocrate Gary Peters, qui prendra sa retraite à la fin de son mandat. Ce siège pourrait faire la différence dans la lutte pour la majorité au Sénat lors des élections de mi-mandat. Fait à noter : El-Sayed semble avoir perdu le vote crucial des Noirs, du moins dans le comté de Wayne, le plus populeux de l’État.
D’ici novembre, El-Sayed devra notamment se défendre d’avoir déjà prôné le « définancement » de la police et d’avoir fait campagne récemment aux côtés de Hasan Piker, un influenceur accusé d’antisémitisme et d’antiaméricanisme (Piker a dû s’excuser d’avoir déclaré que les États-Unis méritaient le 11-Septembre).
Si El-Sayed perd en novembre contre le candidat républicain, l’ancien représentant Mike Rogers, l’élite démocrate pourra dire à la gauche et aux électeurs démocrates en colère : nous vous avions prévenu. En attendant, un candidat charismatique et talentueux a remporté ce mardi la victoire la plus importante de l’année électorale aux États-Unis.
(Photo AP)
Et un siège de moins pour les démocrates.
Bravo ! Un traitement choc s’impose avant que ce pays n’implose et ça arrivera probablement quand même.
Game breaker … ou mieux encore … broken play comme on dit dans le sport! Les républicains vont jouer là dessus solide pour éviter le balayage au mid terms!
Restait 10 minutes de jeu, les démocrates menaient 3-1 et au lieu de jouer la trappe, ils décident d’enlever le goeler et d’y aller all-in!
La bourse sky-high, les démocrates fendent en deux , le soleil éclatant… M’en vais à la pêche… merci la vie!!!
Je me suis couché, il y avait trois points de différence entre les deux; en me levant, c’est la première chose que j’ai faite, regarder le résultat final: un peu plus d’un point de pourcentage de différence!
J’aurais aimé un peu – pas mal – mieux, mais grande victoire tenue par la montagne d’argent pompée dans la campagne de l’adversaire de M. El-Sayed.
On regarde, on écoute les deux candidats et un point d’écart au final, on voit que l’argent fait une « satanée » différence; c’est pourquoi des candidatures de qualité perdent au profit de candidature très ordinaires, voire médiocres.
Bravo El-Sayed et Bonne Chance pour novembre. 🤞🤞
Stop the count.😉
La prudence, ça donné le pouvoir à Tromp et aux Républicains aux 3 niveaux de gouvernement. Il est peut-être temps de changer de plan ?
L’exemple de Mandani, même si c’est au niveau municipal, ça prouve qu’un candidat « socialiste » c’est rentable, New York c’est pas rien quand même !
Le pays le plus riche au monde est un des pires pour l’équité sociale. Le seul pays développé dans le monde sans assurance santé universelle par exemple.
Le centrisme c’est tourner en rond dans ce pays.
Faque Que pensez vous de l’élection d’Abdul El-Sayed, GROS TAS……….. ah pis ton opinion on s’en coliss………………
« Si El-Sayed perd en novembre contre le candidat républicain, l’ancien représentant Mike Rogers, l’élite démocrate pourra dire à la gauche et aux électeurs démocrates en colère : nous vous avions prévenu. »
El-Sayed, qui n’a même pas obtenu une moitié des voix des électeurs démocrates dans le primaire, sera chanceux d’obtenir 40 pour cent des voix dans sa campagne contre Rogers.
Que de panique démocrate qui refuse de voir leur pays tel qu’il est…
Cette manie d’imposer un type de politicien aux citoyens plutôt que de suivre les aspirations des citoyens est condescendante.
On sait ce qui est bon pour vous… vous n’êtes pas assez éduqués ou compétents pour le savoir,faites ce qu’on dit….
Misère Papa a raison parasite aussi les démocrates….
Ils clament le changement à Washington mais dans la continuité.
Le parti ne change pas mais il changera la politique…
Déconnectés les démocrates….
Pas évident pour les électeurs de se décider entre 2 non choix.
De toute façon que pourra faire El-Sayed, réellement dans ce cirque à Washington ?
Ils seront très peu de progressistes dans des Chambres divisée quasi 50-50…
Les vieilles croutes démocrates mettront tout leur poids à maintenir l’immobilisme…
Quel parti devenu désespérant, les démocrates.
Ils ont tout le pays devant eux à ramasser tellemetn les républicains sont cons et incompétents… et establishment a peur d’avoir peur… de perdre ses « acquis » parmi leurs amis lobbyistes….
Les 2 partis n’écoutent absolument pas les « messages » que les citoyens leur envoient…
Et on voit ce que ca donne, ils ont élus ce gros plein de marde deux fois et tout est encore possible pour lui et sa gang aux prochaines élections, quelles soient de mi mandat ou autres. Le mal ronge ce pay$
La logique du chat dans toute sa splendeur : après une élection démocratique, il reproche aux citoyens qui y ont participé de ne pas suivre les aspirations des citoyens.
Qui vous dit que les démocrates qui n’ont pas voté pour lui hier ne voteront pas pour lui en novembre. On le voit, ici, des batailles serrées lors d’investiture et les membres se rallient derrière le gagnant par la suite.
Est-ce ce candidat trop à gauche va faire peur aux électeurs? Je ne crois pas. Seul, un représentant a quand même très peu de pouvoir au congrès. Il pourrait amener des projets de loi « ultra-woke », mais sans les appuis d’une majorité de la chambre, ces projets de loi mourront très vite. On se souvient de MTG pour ses habits et propos décapants, mais son impact sur la législation a été assez mince. Même chose pour AOC ou le Squad, beaucoup d’attention, mais aucun virage à gauche pour les priorités du Congrès. Et ça, je crois que les électeurs en sont assez conscient pour temporiser leur « peur » d’un candidat pas parfaitement aligné avec leur idéologie.
Donc, est-ce qu’un candidat trop à gauche va empêcher les électeurs de voter pour lui? Je ne crois pas. Si les électeurs sont tannés de Donald, il vont envoyer à Washington un démocrate.
À MarcB : « Est-ce ce candidat trop à gauche va faire peur aux électeurs? » S’ils n’ont pas peur de ce qu’il se passe présentement qui est mille fois pire de quoi auront ils peur ?
Je ne saurais mieux dire! 🙂
On parle d’un poste au sénat.
Ce scrutin dans le Michigan révèle surtout une crise de LEADERSHIP qui ronge le Parti démocrate depuis la défaite de 2024. Et je le soulignais déjà dans mon dernier commentaire avant-hier. Lorsqu’un appareil politique aussi puissant mobilise ses élus les plus influents, bénéficie d’un soutien financier colossal et échoue malgré tout à imposer son candidat, le problème ne vient plus simplement de la stratégie électorale. Il vient d’un parti dont les dirigeants ne parviennent plus à convaincre leur propre base !
Observez vous-même l’incapacité des figures historiques du parti à orienter le débat ou à entraîner les électeurs derrière leur vision. G.Whitmer, C. Schumer, les grands donateurs et les réseaux d’influence ont tous pesé de leur poids. Pourtant, leur autorité politique semble désormais bien INFÉRIEURE à celle qu’ils imaginent encore posséder. Leur soutien ressemble davantage à un…handicap qu’à un atout.
Depuis plusieurs années, les démocrates donnent l’impression de fonctionner sans véritable capitaine. Biden a quitté la scène, Harris n’a jamais réussi à s’imposer comme une figure fédératrice après sa défaite, et aucune personnalité ne semble aujourd’hui capable de rassembler les différentes familles du parti.
Les progressistes avancent chacun de leur côté, les modérés défendent leurs positions, les élus traditionnels tentent de préserver leurs acquis, mais personne ne semble en mesure d’incarner une DIRECTION claire. Ce vide est de plus en plus visible.
L’épisode du Michigan illustre parfaitement cette désorganisation.
L’establishment continue de croire que les électeurs suivront naturellement les consignes venues de Washington. Or la réalité est tout autre. Une partie importante de la base démocrate ne fait plus CONFIANCE aux dirigeants nationaux, notamment sur des dossiers sensibles comme Israël, le financement des campagnes ou les inégalités économiques. Et si ces dirigeants ne représentent plus les priorités de leurs propres militants, alors….je vous laisse imaginer la suite.
Le rôle de l’AIPAC et des Super PAC ?
Des dizaines de millions de dollars ont été investis pour tenter de façonner le résultat d’une primaire. Pourtant, malgré cette puissance financière, les électeurs ont démontré qu’il existe une LIMITE à ce que l’argent peut acheter lorsqu’un sentiment de rejet s’installe.
Et c’est un AVERTISSEMENT qui dépasse largement le Michigan.
Cette situation ouvre également une question plus large pour 2028. Qui dirigera réellement le Parti démocrate ?
B.Sanders (le grand-père) continue d’influencer une partie de la gauche malgré son âge. A. Ocasio-Cortez gagne en stature nationale. G.Newsom multiplie les prises de position. G.Whitmer demeure une figure importante du Midwest. Mais AUCUN de ces noms ne s’impose aujourd’hui comme le chef naturel du parti. Les démocrates semblent attendre qu’un leader émerge spontanément, alors que le voyou, lui, continue d’occuper TOUT l’espace politique du côté républicain…. quoique impopulaire.
Je pense que c’est là le principal enseignement de cette primaire. Le débat ne porte plus seulement sur le choix entre un candidat centriste ou un candidat progressiste. Il porte sur L’ABSENCE d’une direction politique capable de donner un cap crédible.
Un parti peut survivre à une défaite électorale. Il survit beaucoup plus difficilement à un déficit de leadership.
Si Abdul l’emporte en novembre, il deviendra le symbole d’une base qui refuse désormais que Washington décide à sa place. S’il échoue, l’aile modérée y verra la preuve que la gauche ne peut pas gagner dans un État charnière. Dans les deux cas, les fractures resteront entières tant qu’aucun dirigeant ne sera capable de les dépasser.
À ce stade, je ne vois pas un parti en pleine reconstruction, mais une formation politique qui cherche encore son identité, son chef et son récit. Et tant que ce vide persistera, chaque primaire importante ressemblera davantage à une guerre de succession qu’à une démonstration de force face aux républicains.
HS,
Voici la lettre de Heather Cox Richardson:
*https://open.substack.com/pub/heathercoxrichardson/p/august-4-2026?r=sn95e&utm_campaign=post&utm_medium=email