Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le New York Times publie un deuxième sondage en autant de jours sur une course sénatoriale d’intérêt national. Après le Maine, c’est au tour du Texas de passer sous la loupe. Et les nouvelles sont bonnes pour les démocrates. Selon le baromètre de qualité réalisé conjointement avec le Sienna College dans cet État rouge du Sud, le démocrate James Talarico est à égalité avec son rival républicain, Ken Paxton. Les deux candidats récoltent chacun 47 % des intentions de vote.

Les démocrates n’ont pas remporté une élection à l’échelle du Texas depuis 1994. L’ancien représentant démocrate Beto O’Rourke, qui a mené une belle campagne en 2018, a fini par s’incliner par 2,6 points de pourcentage devant le sénateur républicain Ted Cruz. Le Times attribue la faiblesse relative de Paxton à la frustration des électeurs face à la gestion économique de Donald Trump et à leurs doutes concernant le caractère de Paxton, procureur général de l’État au passé jonché de scandales personnels, politiques et financiers.

« Une majorité des électeurs texans susceptibles de voter estiment que M. Talarico est un homme de bonne moralité et possède les valeurs morales requises, contrairement à M. Paxton », écrit le Times dans le compte rendu de son sondage. « Ce dernier, figure de proue du mouvement MAGA, qui a mené les démarches judiciaires visant à faire invalider les résultats de l’élection présidentielle de 2020 et qui a célébré l’annulation de l’arrêt Roe c. Wade en 2022 en faisant de cette date une journée commémorative annuelle pour son bureau, est également plus souvent perçu que M. Talarico comme étant “trop extrême”. »

Les démocrates doivent réaliser un gain net de quatre sièges au Sénat lors des élections de mi-mandat pour devenir majoritaires à la chambre haute du Congrès. Le Texas fait partie des États où ils fondent des espoirs de ravir des sièges aux républicains, avec l’Ohio, l’Alaska, la Caroline du Nord, l’Iowa et le Maine, où le candidat démocrate, Graham Platner, devance la sénatrice sortante Susan Collins par 2 points de pourcentage, selon le sondage NYT/Sienna College publié lundi.

Un sondage publié ce mardi dans l’Ohio donne par ailleurs au candidat démocrate Sherrod Brown une avance de 3 points de pourcentage sur le sénateur républicain sortant Jon Husted. Donald Trump a remporté l’Ohio par 11 points de pourcentage en 2024.

P.S. : Bref retour sur les résultats du sondage du Times réalisé dans le Maine. Les démocrates espéraient que le profil de Platner, un ostréiculteur sans expérience politique qui se pose en champion de la classe ouvrière, leur permette d’attirer les électeurs blancs sans diplôme universitaire. Or, selon le baromètre en question, Platner « n’a le soutien que de 36 % des électeurs blancs qui ne sont pas allés à l’université, ce qui représente exactement le même pourcentage d’électeurs blancs non universitaires qui ont choisi Kamala Harris en 2024 », note Dan Pfeiffer, ancien directeur des communications de la Maison-Blanche sous Barack Obama dans son analyse du sondage.

(Photo Waco Tribune-Herald)

22 réflexions sur “Sondages : de bonnes nouvelles pour les démocrates du Texas et d’Ohio”

  1. Apocalypse dit :

    « Les deux candidats récoltent chacun 47 % des intentions de vote. »

    Misère! 😊

    Dans le cas des supporteurs des républicains, on ne les accusera jamais de surutiliser leurs neurones pour décider pour qui voter. C’est simple, vous me pointez le candidat républicain et je vote pour lui, « no question asked! ».

    1. gl000001 dit :

      Il semble toujours malade. Un teint cireux. Je soupçonne l’alcool.

  2. Apocalypse dit :

    HS – Pour les amateurs de soccer, la France a battu – de manière convaincante – la Suède par le compte de 3-0. 👏

    L’équipe de France passe en huitième de finale et va jouer contre le Paraguay!

    1. kintouai dit :

      Et si jamais le Canada battait le Maroc et que la France battait le Paraguay, il y aurait un quart de finale France-Canada.

  3. Madalton dit :

    En lien avec la décision de la SCOTUS sur le droit de sol, Miller songe à interdire l’entrée au pays des femmes enceintes. Comme si le tourisme de naissance était la menace principale de la détérioration du pays.

    https://www.rawstory.com/stephen-miller-citizenship/

    1. gl000001 dit :

      C’est de la discrimination à un très haut niveau !!

    2. xnicden dit :

      Test de grossesse à la frontière pour toutes les femmes en âge de procréer?

      1. Madalton dit :

        Il y a pire. Sean Davis, cofondateur du Federalist et figure médiatique conservatrice pro-Trump de premier plan, est submergé de critiques après avoir proposé que les États-Unis « exigent la stérilisation de tous les visiteurs étrangers avant leur entrée sur le territoire ».

        https://www.rawstory.com/trump-birthright-citizenship-2677137247/

    3. Je doute que beaucoup de femmes de l’étranger souhaiteraient accoucher dans ce pays. Surtout s’il y a des complications.

    4. simonolivier dit :

      Même les femmes enceintes citoyennes des USA seront refoulées si elles ne sont pas de la bonne couleur.

  4. PATlecamer dit :

    En fait, si ces sondages se confirment au cours des prochains mois, ils pourraient annoncer un véritable changement de climat politique aux É-U. Non pas parce que les démocrates seraient soudainement redevenus populaires, mais parce qu’une partie de l’électorat semble commencer à dissocier son attachement culturel au Parti républicain de son jugement sur les CONSÉQUENCES concrètes du trumpisme.

    D’ailleurs, le Texas est particulièrement révélateur. Depuis trois décennies, cet État est considéré comme une forteresse républicaine. Chaque cycle électoral voit naître l’espoir démocrate d’un basculement, avant que la réalité électorale ne rappelle la solidité de la coalition conservatrice.

    Cette fois, toutefois, le contexte est différent. Les difficultés économiques, la hausse persistante du coût de la vie, les incertitudes provoquées par les politiques commerciales du 47e et la lassitude d’une partie des électeurs face aux guerres culturelles semblent commencer à produire des effets politiques mesurables, même dans des territoires longtemps considérés comme…imprenables !!!!

    Bon, cela dit, le PROFIL des candidats joue également un rôle déterminant.

    Les démocrates semblent avoir compris, au moins dans certains États, qu’il ne suffit plus de dénoncer le voyou du bureau ovale pour convaincre les électeurs indépendants. Ils cherchent davantage à présenter des personnalités capables d’incarner une forme de stabilité, de compétence et d’intégrité. À l’inverse, plusieurs figures républicaines continuent de miser presque exclusivement sur leur proximité avec le mouvement MAGA, même lorsque leur parcours personnel est marqué par des controverses judiciaires ou éthiques. Cette stratégie fonctionne encore dans de nombreux bastions conservateurs, mais son plafond électoral apparaît de plus en plus visible.

    Cela ne signifie pas pour autant que les démocrates soient en position de force. Leur problème structurel demeure entier. Le Sénat favorise les États ruraux et conservateurs, ce qui oblige le parti à surperformer dans plusieurs courses simultanément pour espérer obtenir une majorité. Gagner quatre sièges représente un défi COLOSSAL, d’autant que la carte électorale reste objectivement favorable aux républicains.

    Le cas du Maine illustre d’ailleurs les limites de l’approche démocrate.

    Mais, l’Ohio constitue peut-être le signal le plus intrigant. Voir un démocrate compétitif dans un État remporté largement par le Trumpeur en 2024 suggère que les élections de mi-mandat pourraient suivre une logique différente de celle d’une présidentielle.

    Historiquement, le parti du président perd presque TOUJOURS du terrain deux ans après son entrée à la M-B.

    Si cette dynamique historique se combine aux inquiétudes ÉCONOMIQUES actuelles, plusieurs sièges que les républicains considéraient comme sûrs pourraient devenir beaucoup plus disputés…..

    Il faut toutefois résister à la tentation de tirer des conclusions définitives. Nous sommes encore loin du scrutin et la POLARISATION américaine rend les mouvements d’opinion extrêmement volatils. Le 47e conserve une base électorale remarquablement fidèle, et les républicains disposent toujours d’un avantage géographique considérable au Sénat. Mais une chose ressort déjà de ces enquêtes : le discours selon lequel le trumpisme serait politiquement irrésistible commence à montrer ses limites !

    À mes yeux, la véritable question n’est pas de savoir si les démocrates réussiront à reprendre le Sénat. Elle est de savoir si une partie des électeurs républicains est enfin prête à imposer des limites à un mouvement qui, depuis près de dix ans, exige une LOYAUTÉ absolue tout en demandant de fermer les yeux sur des COMPORTEMENTS qui auraient autrefois disqualifié n’importe quel responsable politique.

    Si cette évolution se confirme, non seulement ce sera une mauvaise nouvelle pour les candidats MAGA, mais peut-être le premier signe que les institutions démocratiques américaines disposent encore d’une capacité de CORRECTION face aux excès de leur propre système.

    1. jmaveja48a dit :

      @patlecamer je me pose cette question depuis très longtemps mais quand le 47 a gagné avec de large marges, est ce parce que les démocrates ne sont pas sortis pour voter pour Kamala où bien les gens ont voté pour lui de peur de voir une femme « noire » présidente. Où ont il voté pour lui en connaissance de cause. Car dans ce cas-là je pense que la marge n’est plus si grande.

  5. Apocalypse dit :

    @PATlecamer – 22:27

    « Depuis trois décennies, cet État est considéré comme une forteresse républicaine. »

    Les deux candidats sont à 47% et les coups bas du camp républicain s’en viennent, alors ne pariez pas votre prochaine paye que la courtesse républicaine va s’écrouler. 😉

    1. PATlecamer dit :

      🤠 Ne vous en faites pas pour moi….

  6. Haïku dit :

    HS.
    Pause musicale en fin de soirée.
    « Hejira »/(Joni Mitchell avec Jaco Pastorius):

    *https://youtu.be/3V6Qq1QHttI?si=EW-tdfBTlUt8FRTj

  7. Gilles Morissette dit :

    Oui, ces sondages sont « encourageants ». Cependant, les résultats dans le Maine laisse entrevoir la probabilité que Collins puisse conserver son siège, comme cela pourrait être le cas avec le candidat républicain en Ohio.

    Toutefois, ce qui est tout simplement ahurissant est de constater qu’au Texas, Paxton, aussi fripouille soit il, récolterait 47% des appuis.

    Bon sang, qu’est ce que ça va prendre aux électeurs Texans pour s’ouvrir les yeux? Il se serait prêt à voter pour un sale type, un fraudeur de la pire espèce, un menteur, un escroc, une crapule plutôt que d’appuyer un candidat démocrate.

    À l’époque, l’ex P.M. du Québec, Robert Bourassa parlait de « la prime à l’urne », une façon d’expliquer les raisons qui faisaient que le Parti Libéral obtenait, la journée des élections, des résultats plus élevés que ce que les sondages avaient prédit.

    Je ne veux pas être pessimiste mais je crois que c’est ce qui pourrait arriver au Texas en Novembre prochain. Paxton pourrait l’emporter grâce à « cet avantage » que les Républicains ont toujours eu dans cet État.

    J’espère me tromper mais je préfère regarder la réalité en face. Le Texas est un « État Rouge » comme l’est un comté du West Island de Montréal.

    Ne reste qu’à se croiser les doigts et à espérer.

  8. Gilles Morissette dit :

    HS

    Aujourd’hui le 1er Juillet, c’est la Fête du Canada.

    Peu importe nos convictions politiques, force est d’admettre que ce pays fait l’envie de plusieurs personnes à travers le monde. Il est reconnu et respecté un peu partout.

    Donc à chacun d’entre nous de décider s’ils vont célébrer ou non cette journée.

    Au Québec, le 1er Juillet est « la Journée nationale du déménagement ».

    Qui d’entre nous, n’a pas déménagé ou aider un parent, un ami à le faire lors cette journée.

    C’est pratiquement devenu un « sport national ». Tous les moyens de transport sont bons pour accomplir cette tâche, certains réalisant parfois des trésors d’imagination.

    À tous ceux et celles qui déménagent, on leurs souhaite une belle journée ensoleillé, pas trop chaude et humide.

    Dites vous que la pizza et la bière seront encore meilleures en fin de journée.

    Bonne journée à tous et à toutes.

    Je m’absente pour quelques jours. De retour au début de la prochaine semaine.

    À bientôt.

    1. Che Sausage dit :

      Hello Gilles,

      « […] force est d’admettre que ce pays fait l’envie de plusieurs personnes à travers le monde […] »

      Y en a même une, de personne, qui veut en faire un cinquante-et-unième état, c’est dire !

      Mais bon, je pense que maintenant que la paix est reviendue en Iran et au Moyen-Orient (à tel point que le détroit de Warm Ooze – © pas de moi – est obstrué de fientes de colombes) et avant de remettre le Canada sur la table, l’individu (j’fais pas d’dessin) va lorgner du côté de Cuba.

      😉

      1. Haïku dit :

        😂👍 !!!

  9. Steve Marchildon dit :

    Dans le cas du Texas, je vais le croire quand je vais le voir.

    Tant que les votes ne sont pas fini de compté, un opeu se fier sur le GOP pour essayer de voler l’election.

    Je me croise les doigts pour qu’il gagne la Chambre et le Senat.

  10. Madalton dit :

    HS, une autre socialiste démocrate a gagné la primaire démocrate à Denver. Elle a battu la représentante de 68 ans qui est en poste depuis 30 ans.

    Melat Kiros, a 29-year-old democratic socialist, defeated Representative Diana DeGette on Tuesday in the Denver area, according to The Associated Press, in a show of force for the progressive wing of the Democratic Party.

    The triumph by Ms. Kiros unseats a 15-term incumbent and further propels the insurgent coalition that swept a series of congressional contests last week in New York.

    Ms. Kiros, an immigrant and first-time candidate, was born the year after Ms. DeGette, 68, took office. Her victory in the solidly Democratic district all but ensures her election in November.

    A lawyer and doctoral student in public affairs, Ms. Kiros cast herself as a political outsider capable of addressing the affordability crisis that she argued the Democratic establishment had failed to resolve. Her opposition to U.S. support for Israel was also a cornerstone of her campaign and central to her political identity.

    https://www.nytimes.com/2026/07/01/us/politics/melat-kiros-degette-colorado-democratic-primary.html?smid=nytcore-ios-share

  11. Madalton dit :

    En lien avec la décision de la SCOTUS sur le droit de sol, 55% des américains s’opposent à la fin du droit de sol. 72% parmi les démocrates, la majorité des in dépendant et 38% parmi les républicains.

    La protection du droit sol est populaire dans la plupart des groupes démographiques. La majorité des Américains blancs, noirs et hispaniques s’opposent à la fin du droit de sol, et les majorités disent la même chose selon l’âge et le revenu.

    Les attitudes américaines à l’égard du droit de sol ont évolué au cours des trois dernières décennies. Au début des années 1990, les démocrates – et tous les Américains – étaient largement divisés sur la question.

    Cependant, depuis environ 15 ans, il y a eu un soutien soutenu au droit constitutionnel. – NYT

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