Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le verbe « brouiller » apparaît dans le reportage du New York Times sur les revenus de Donald Trump provenant de ses activités dans les cryptomonnaies et les shitcoins en 2025. Revenus qui s’élèvent à environ 1,4 milliard de dollars, dont près de la moitié ont pour origine le rachat par une société d’investissement liée aux Émirats arabes unis de près de la moitié de World Liberty Financial, la principale société de cryptomonnaies de la famille Trump. Selon le Times, cette transaction « a brouillé la frontière entre politique étrangère et entreprise privée ». Tu parles !

Le verbe brouiller est évidement un euphémisme. Cette transaction et toutes les autres ont effacé, pulvérisé, oblitéré, la frontière entre la présidence et les affaires de Donald Trump et de sa famille. Le fait que le Times se croit obligé d’utiliser un mot aussi faible pour décrire un niveau de corruption inégalée dans l’histoire de la présidence américaine donne raison à Trump, qui a déclaré en janvier dernier que le public américain ne se préoccupait de ses 1001 conflits d’intérêts. Après tout, si le Times pense que Trump n’a fait que « brouiller » la frontière entre politique étrangère et entreprise privée, pourquoi le public américain devrait-il s’émouvoir ?

Reste que la situation est incroyable. Il n’y a pas longtemps, Trump et ses alliés républicains, ne reculant devant aucune hyperbole, qualifiaenit les Biden de famille criminelle parce que Hunter Biden et son oncle avaient conclu des affaires à l’étranger totalisant 20 millions de dollars… avant que Joe Biden n’accède à la présidence.

(Photo AP)

14 réflexions sur “Quand Trump « brouille » la frontière entre la présidence et ses affaires

  1. M Beauregard dit :

    Il ne prend pas de salaire…calmez-vous. Blague la fin de semaine de golf s’en vient on est mardi.

  2. Mcdodo dit :

    Les trump,cette gangs de bandits mal gérer par un loser en tête. Vont devoirs rendre des comptes après avoir perdus les deux chambres, au mi- mandat de novembre.
    Une télé réalité mettant la corruption comme une histoire vrai ,et celui qui va avoir le premier rôle; lui-même 🤡.tdc

  3. Montérégien dit :

    L’article du New York Times parle-t-il vraiment de « shitcoins »? Ce terme est autrement plus fort que « brouiller »…

    1. Richard Hétu dit :

      C’est mon terme pour le $TRUMP. Il est plus descriptif que critique.

      1. simonolivier dit :

        Oui parce que la journée que les UAE et les Saudis laissent tomber la crypto gros plouc, They will be worth shit

  4. Ashley dit :

    Imaginez une organisation criminelle qui peut contrôler le ministère de la justice, qui n’est imputable à personne peut importe le crime commis, qui a pleine immunité , n’importe quel parrain rêverait d’une situation semblable. Et cerise sur le gâteau, il est hyper protégé par les services secrets. Est-ce qu’il est là pour le peuple américain, euh non, il s’en fout du peuple. C’était un mafieux bien avant qu’il devienne président, c’est maintenant un mafieux au pouvoir suprême, cet ordure doit être mort de rire, car l’argent coule à flot et absolument personne ne peut l’arrêter.

  5. _cameleon_ dit :

    « shitcoins »

    J’♥

    Question: Qu’arrive-t-il lorsque qu’on vexe un con ?
    Il devient un concave !

    Plume Latraverse – Le Tango des Concaves

  6. Apocalypse dit :

    « Le verbe brouiller est évidement un euphémisme. »

    Volontairement ou pas, Donald Trump a trouvé le moyen de tout brouiller au point où la grande majorité des gens ne sont pas capables de prendre la mesure de toutes les magouilles dans lesquelles lui, ses proches, sa famille sont impliqués TOUS les jours.

    Hunter Biden, on a parlé de ses frasques at nauseam et c’est pourquoi, ça semblait si gros pour bien des gens, mais avec Donald Trump, on parle d’une magouille pendant une journée ou deux et oups, une autre prend la place; jamais le temps de prendre conscience de la portée, de la gravité, de la criminalité de ces magouilles, alors la majorité des gens pensent que ce n’est pas grave parce qu’on n’en parle plus le lendemain. 😞

    Il faut suivre l’actualité assidument pour voir l’ampleur des magouilles, des crimes de Donald Trump, ce qui est le lot d’un petit pourcentage de la population. La bonne nouvelle est qu’on en parle de plus en plus et ça fait mal aux républicains, comme on le voit dans les sondages où une grande partie des Américains en a marre de cette administration.

  7. PATlecamer dit :

    Bon, ce n’est pas seulement L’AMPLEUR des revenus du 47e tirés des cryptomonnaies. Le verbe « brouiller » pour qualifier une situation où des intérêts privés étrangers injectent des centaines de millions de dollars dans une entreprise appartenant à la famille du président relève d’un euphémisme qui finit par anesthésier le débat public.

    Le problème n’est pas que les frontières aient été « brouillées ». Elles ont disparu. Lorsque des investisseurs étrangers peuvent enrichir directement la famille d’un président en exercice tout en espérant bénéficier d’un accès privilégié à la première puissance mondiale, c’est la CONFUSION complète entre l’exercice du pouvoir et l’enrichissement personnel.

    Peu importe que toutes ces opérations soient habillées d’une sophistication financière propre à l’univers des cryptomonnaies : en réalité, la question est d’une simplicité désarmante. Qui paie ? Pourquoi ? Et qu’attend-on en retour ?

    L’élément le plus troublant est sans doute L’ORIGINE d’une partie importante de ces fonds. Des capitaux liés aux Émirats arabes unis se retrouvent au cœur d’une entreprise contrôlée par la famille du président américain, il devient difficile de soutenir que la politique étrangère est totalement INDÉPENDANTE de considérations privées. Même en l’absence d’une contrepartie explicite, le simple risque d’influence devrait suffire à déclencher des ENQUÊTES parlementaires d’envergure. Or, on assiste surtout à une normalisation de pratiques qui auraient été jugées inconcevables…’ il y a une décennie.

    Cette banalisation est peut-être la plus grande victoire politique du Trumpeur. Depuis dix ans, il repousse les limites, transforme chaque scandale en polémique de quelques jours, puis passe au suivant.

    À force de multiplier les CONTROVERSES, chacune finit par perdre de son pouvoir d’indignation. Ce qui aurait constitué un scandale d’État sous les présidences précédentes devient un épisode de plus dans un cycle médiatique saturé !!!

    L’ironie est d’autant plus frappante que les MÊMES responsables républicains ont passé des années à présenter les affaires de Hunter Biden comme la preuve d’une corruption systémique des démocrates. Pourtant, les montants évoqués à l’époque étaient sans commune mesure avec ceux qui circulent aujourd’hui autour des entreprises du voyou du bureau ovale, et surtout, ces activités étaient antérieures à la présidence de Biden.

    Les exigences morales semblent manifestement varier selon le nom inscrit sur la porte du Bureau ovale.

    Le 47e est fidèle à lui-même et n’a jamais caché sa vision très personnelle des frontières entre affaires et politique. Ce qui devrait inquiéter davantage, c’est l’accoutumance d’une partie du système politique, médiatique et de l’opinion publique.

    Bref, si un comportement exceptionnel cesse de choquer, il finit par devenir la nouvelle norme !

    Une démocratie ne se dégrade pas uniquement lorsqu’un dirigeant franchit les lignes rouges. Elle se dégrade aussi lorsque les institutions, les médias et les citoyens cessent de reconnaître que ces lignes existent encore. C’est justement ce qui rend cette affaire si préoccupante : ce n’est peut-être pas le plus grand scandale de la présidence Trump, mais il est en train de devenir l’un des plus… ordinaires.

  8. MarcB dit :

    « Oui mais Donald nous protège des communissse! »
    Un MAGA

  9. Apocalypse dit :

    @PATlecamer – 20:58

    « L’ironie est d’autant plus frappante que les MÊMES responsables républicains ont passé des années à présenter les affaires de Hunter Biden comme la preuve d’une corruption systémique des démocrates. »

    Justement, chez les démocrates, il y a très peu de ces histoires de corruption, ou très peu qu’on connaît, alors on en parle, en parle et en parle encore au point où la grande majorité des gens finissent par penser que c’est beaucoup plus grave que ça ne l’est en réalité, mais avec Donald Trump, on a ce genre d’histoire tous les jours et donc, les gens n’ont jamais le temps de prendre conscience de l’ampleur de cette corruption, des crimes qu’il commet. Ça semble beaucoup moins grave, parce qu’on en parle peu ou pas et on passe rapidement à autre chose.

  10. Alexander dit :

    L’argent mène le jeu de partout aux EU.

    Ce qui est fascinant, c’est que Trump et sa bande enfilent les milliards en toute quiétude et aux vues de tous, sans aucune gêne.

    Et on laisse faire.

    Il y a un contrôle des masses qui relève de la magie.

    On fait dévier l’attention sur des niaiseries, on diabolise Hunter ou Hillary pendant qu’on fait une série de gestes supposément illégaux qui ont tous le même objectif, s’en mettre plein les poches.

    Le niveau de corruption et d’abus de pouvoirs est juste too much.

    La seule différence avec des Poutine de ce monde, c’est qu’à ma connaissance, on n’assassine pas les opposants, on fait juste les détruire juridiquement à coups d’abus de pouvoirs. Avec l’argent du Trésor en plus.

    Les lois, c’est pour les autres.

    Et on laisse faire?

    On a affaire à une bande de criminels en cravates qui se croient tout permis.

    Bernard Madoff peut se rhabiller. Il a perdu son titre d’escroc ultime par une grande marge. Aujourd’hui, tu utilises la présidence pour piller le pays.

    Les Pères Fondateurs ne doivent pas être très fiers de leurs descendants.

    Pas fiers du tout.

  11. Apocalypse dit :

    Mes excuses si quelqu’un – ou M. Hétu – l’a mentionné, mais je passe quelque chose que JD Vance a dit récemment et pour une fois, il disait la vérité au sujet du scandale Watergate dans le monde d’aujourd’hui:

    J. D. Vance contends that the scandal would be “a 12-hour news story” today.

    J. D. Vance soutient que le scandale ne ferait la une que pendant douze heures aujourd’hui.

    https://www.theatlantic.com/newsletters/2026/06/vance-watergate-news-cycle-comments/687742/

    A Watergate Every Week

  12. infophile2 dit :

    Un fieffé malhonnête. Ce type ne s’en sortira pas. Il va finir ses jours en prison et ses fils vont probablement le suivre.

    Rappelons que cette crapule qui dirige les États-Unis a invoqué environ 440 fois son droit au Cinquième amendement lors de sa déposition en 2022 devant la procureure générale de l’État de New York, Letitia James.

    « L’ancien président américain, Donald Trump, est visé par une enquête de soupçons de fraudes financières et fiscales au sein du groupe familial Trump Organization. »

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1904816/etats-unis-donald-trump-refus-repondre-politique-fraude-enquete

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture