Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Coup de théâtre ce vendredi après-midi dans le Maine, où la sénatrice républicaine sortante Susan Collins tente de sauver son siège face au démocrate Troy Jackson. À 11 jours des élections de mi-mandat, Collins a annoncé avec fierté « avoir obtenu des exonérations supplémentaires pour des produits essentiels aux secteurs agricoles du Maine, notamment pour les producteurs de bleuets, de pommes de terre, de pommes et d’algues ».

« Nombre de nos agriculteurs et de nos producteurs dépendent d’équipements spécialisés, de matériaux d’emballage et d’autres produits venus du Canada, qui ne sont pas disponibles auprès de fournisseurs américains ou ne peuvent être remplacés sans engager des dépenses considérables », a précisé Collins dans un message sur les réseaux sociaux. « Je continuerai à travailler directement avec les responsables de l’administration afin d’obtenir un allègement supplémentaire et d’encourager un accord commercial plus large avec le Canada, notre voisin, notre allié et notre premier partenaire commercial. »

Les équipements et produits en question faisaient l’objet de droits de douane de 50 % imposés par Donald Trump en vertu de la section 338 de la loi tarifaire de 1930. La Maison-Blanche a déclaré que le président cherchait à compenser « la charge pesant sur le commerce américain tout en servant mieux l’intérêt public ». Autrement dit, il ne s’agit surtout pas d’une manoeuvre purement électoraliste. Qu’importe : la question politique est de savoir si cette manœuvre de dernière heure arrive à temps – ou trop tard -, et si elle peut compenser l’ensemble des effets négatifs engendrés par les politiques de Trump dans le Maine et ailleurs aux États-Unis.

Lors d’un débat récent, Jackson avait minimisé les efforts de Collins pour obtenir l’élimination des droits de douane sur le sel de déneigement et le ciment.

« Les habitants du Maine ne peuvent pas payer leurs factures avec un communiqué de presse ou une lettre aux termes fermes », avait-il déclaré. « Et tout le reste ? On ne peut pas manger du sel de déneigement. »

Selon la moyenne des sondages compilés par Nate Silver, Jackson devance Collins par 2,3 points de pourcentage. Le siège de Collins pourrait bien déterminer quel parti possédera la majorité au Sénat en janvier 2027.

P.S. : Nous sommes arrivés à un moment crucial de la dernière campagne de financement de ce blogue en 2026. Un dernier effort – vigoureux – sera nécessaire d’ici la fin de cette dernière journée pour atteindre l’objectif. Comme l’indiquait le thermomètre ci-contre, cet objectif était en vue ce matin. Mais tout dépend maintenant des prochaines heures. Merci donc à ceux et celles qui prendront un moment pour apporter leur contribution au maintien de ce site consacré à l’actualité américaine, de même qu’aux autres qui l’ont défait fait !

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(Photo AP)



24 réflexions sur “Droits de douane : le va-tout de Susan Collins”

  1. marlap dit :

    J’espère seulement que les habitants du Maine ne sont pas assez con pour croire Collins ou Trump qui va s’empresse de remettre les tarifs après l’élection.

    1. ruinsthoroughly66e7f63039 dit :

      Exactement ce que j’ai pensé. Midterms terminés, et les tarifs du clown reviennent.

  2. MichelD dit :

    Trop peu trop tard….

  3. lindapicard dit :

    Et que les républicains se rappelleront que Collins votaient presque toujours du côté de Trump.

  4. marcandreki dit :

    Une nouvelle recette de Tacos: des patates, des bleuets et du sel de déglaçage canadien dans une tortilla aux algues. Trump est un chef de mauvais goût

  5. Layla dit :

    Je suppose qu’ après le 3 novembre, il va remettre ça pour x raison

  6. POLITICON dit :

    Des pommes, des bonnes pétates et des algues: une victoire pour Collins ?

    Après plus de 30 ans à Washington, Collins accouche d’une victoire historique : quelques exemptions pour des pommes, des patates et des algues! À onze jours du scrutin, Donald lui lance quelques miettes en espérant qu’elle les fasse passer pour un festin. Il ne manque plus que des bâtons de hockey, des aiguilles à tricoter et quelques masques d’Halloween pour cacher la honte sur son visage.

    Collins a suivi la ligne du parti et fait confiance à un président qui transforme les droits de douane en arme politique. Maintenant que son siège est menacé, elle tente de réparer les dégâts en catastrophe. Mais les agriculteurs du Maine ne paient pas leurs factures avec des communiqués de presse. Ses pêcheurs auront peut-être leurs algues et ses producteurs quelques patates de plus, mais ça ne rachète pas des années de complaisance.

    Et attendez après les élections de mi-mandat : si Donald perd des sièges, il pourrait bien s’en prendre encore davantage au Canada, quitte à inventer de nouvelles représailles pour punir notre pays de son prétendu rôle dans des fraudes électorales imaginaires. Depuis plus de onze ans, Trump roule ses partisans dans la farine, et ils en redemandent. Collins voulait sauver son siège en obéissant au chef; la voilà réduite à quémander quelques patates pour sauver sa carrière. Elle et ses citoyens qui ont voté pour elle ont besoin de farine, beaucoup de farine. Bien fait pour elle.

    1. Haïku dit :

      @POLITICON

      💯Excellent 💯

  7. Treblig dit :

    Ok ok, l’institut économique de Montréal ( très a droite sur l’échelle gauche droite et pas particulièrement pro Canada) reconnaît lui-même que les américains se tirent dans le pied avec les tarifs. Très inflationniste apparemment.

    Quand les midterms seront passées et que Trump va être en fin de mandat ( du moins on l’espère), la réalité économique va le rattraper. Sans dire un mot, il va allèger les tarifs plus ou moins discrètement. C’est d’ailleurs la position muette des fonctionnaires au département d’état ( affaires extérieures) des USA . Lutnick et Bessent vont être remplacés ou seront très discrets. Mais les blessures resteront. L’idée d’ un partenaire unique pour le Canada est détruite â tout jamais

    1. Madalton dit :

      Surtout l’aluminium et l’acier où le coût a augmenté de 1% au Canada mais de 35% depuis décembre 2024.

      https://www.iedm.org/fr/les-tarifs-douaniers-provoquent-un-choc-des-prix-plutot-quune-relance-industrielle/

  8. _cameleon_ dit :

    Elle a peut-être mangé trop de patates frites …

    Frites ou pas, elle semble cuite

    1. Haïku dit :

      @cameleon

      Délicieux ! 😂

  9. Cubbies14 dit :

    Ça ressemble à une tentative de dernière minute pour sauver son siège. Collins mérite une défaite écrasante pour l’ensemble de sa carrière politique.

    C’est pathétique.

    Contribution faite.

  10. richard desrochers dit :

    « Nombre de nos agriculteurs et de nos producteurs dépendent d’équipements spécialisés, de matériaux d’emballage et d’autres produits venus du Canada, qui ne sont pas disponibles auprès de fournisseurs américains ou ne peuvent être remplacés sans engager des dépenses considérables »

    Bref, le Canada coûte cher aux Américains, mais pas autant que les Américains coûteraient.

    1. Madalton dit :

      Comme pour le papier de toilette fabriqué principalement au QC et au Canada.

      On n’a besoin de rien du Canada mais on retire les tarifs sur les produits provenant principalement du Canada.

  11. Francine dit :

    Remarquons aussi que Troy Jackson, le bûcheron démocrate n’est pas plus prêt à ouvrir grands les bras aux produits canadiens, il me semble.

  12. loulaf dit :

    La girouette qui a peur de perdre son siège et fait appel à son boss..

    Dans certains dossiers elle faisait semblant d’ être contre pour monter qu’ elle était indépendante, mais finissait la plupart du temps à rentrer dans le rang.

    Si elle pouvait perdre son siège celle- là, le Maine en sortirait gagnant!!

    1. Haïku dit :

      Bien dit !

  13. titejasette dit :

    Je ne crois pas que Trump va tenter de remettre ces tarifs après de 3 novembre.

    Pourquoi ?

    L’imposition de la 2è vague de tarifs est sujette à la décision du Congrès, tout comme la 1ere vague de tarifs, la CS a déjà rendue sa décision à cet effet en 2025.

    De plus, la 2è vague de tarifs est toujours frappée par une poursuite devant la Court of International Trade. La partie qui a exercé ces poursuites judiciaires devant cette Cour devra décider si elle désire encore poursuivre l’Adm. Trump. Une des raisons pour laquelle la partie du demandeur a intenté cette poursuite est la baisse du chiffre d’affaires sur les ventes de biens TAXÉS, lesquels ont fait fuir ses clients.

    1. Madalton dit :

      Pas besoin d’attendre le 3 novembre. Il en a ajouté pour compenser ceux qu’il a retiré. En contrepartie, des droits de douane seront notamment ajoutés à certaines vannes, à des tapis et à des matières résiduelles canadiens.

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2295362/trump-tarif-droit-douane-election

  14. Madalton dit :

    Parlant de tarifs, le gros a dit, lors de son passage à Fort Myers, que le Canada voulait négocier et que c’était à cause des tarifs que le Canada était pressé de négocier un accord.

    Carney, qui est en Turquie, a dit que son gouvernement n’est pas pressé de signer un accord commercial avec les États-Unis et attendra des mois, voire des années, pour un accord qui soit avantageux pour le Canada.

    Qui dit vrai? Un 2$ sur Carney.

    https://www.theepochtimes.com/world/carney-says-ottawa-prepared-to-wait-months-or-until-new-administration-for-new-us-trade-deal-6108053?&utm_source=NA_article_free_c&utm_campaign=NA_article_2026-10-24-ca&utm_medium=email&est=pcaaQ8h%2Bbzlsu%2BP48ZiBV1AbWWgZRv%2FiWz3zn1I6vffR2W5GMNt9iehQoiOFMxo%3D&utm_content=1

  15. Haïku dit :

    HS. Mais puisqu’il s’agit de droits de douane, permettez une blague de circonstance que j’ai posté voilà quelques semaines.
    —————————————–
    À la frontière une femme passe tous les matins sur un vélo avec deux sacoches.
    Au bout d’un certain temps, le douanier, intrigué par ce manège,
    fouille les sacoches et n’y trouve qu’un casse-croûte.
    Et ça dure pendant des mois et des années.
    On démonte la selle du vélo, on dégonfle les pneus, on sonde le cadre,
    on passe le casse-croûte au rayon X;
    rien, absolument rien.
    Et tous les matins; sourire aux lèvres, l’autre passe.

    Au bout de longues années, après l’avoir contrôlé quotidiennement, le douanier lui dit :
    -« Vous ne me verrez plus. Je prends ma retraite ce soir.
    Mais pour que j’aie l’âme en paix, dites-moi la vérité : Vous faisiez un trafic ?
    -« Bien entendu, dit-elle.
    -« Et vous passiez quoi ?
    -« Des vélos.

  16. Claude dit :

    J’espère qu’elle va payer chèrement ses fausses oppositions à certaines des décisions de Trump dans des votes serrés alors qu’elle savait très bien qu’à la dernière minute, d’autres sénateurs allaient finir par les approuver et que ça allait lui éviter la disgrâce du président.

  17. Gilles Morissette dit :

    « 47 » a beau lancer quelques grenailles à Collins et aux Républicains afin de calmer la grogne provoqué par ses tarifs, rien n’effacera tous les torts causés par ces mesures tant au canada qu’aux USA.

    Le P.M. Carney qui est présentement en Turquie ou il a des pourparlers avec ce pays en vue d’éventuels échanges commerciaux, ne semble pas tellement pressé de conclure une entente avec un pays qui ne respecte pas ni sa parole, ni sa signature.

    « 47 » dit que son pays n’a pas besoin du Canada mais voilà qu’il nous dit que ce dernier le supplierait de négocier un accord commercial.

    Carney devait lui dire de « prendre un numéro » car d’autres pays souhaitent également conclure des ententes avec le Canada.

    « Sèche mon GROS TAS. Attends ton tour. On s’en reparlera après les Mid Terms ou mieux encore avec ton successeur ».

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