Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le Congrès des États-Unis a infligé deux camouflets à Donald Trump ce mercredi. Le Sénat a d’abord retranché d’un projet de loi budgétaire l’enveloppe de 1 milliard de dollars qui devait servir à financer les travaux de construction de la salle de bal de Trump liés à la sécurité. La Chambre des représentants a ensuite adopté, par 215 voix contre 208, un texte ordonnant le retrait des troupes américaines engagées dans la guerre contre l’Iran. Quatre représentants républicains se sont joints aux démocrates pour voter en faveur de cette mesure qui pourrait n’être que symbolique.

Au bout du compte, Trump peut bloquer toute mesure semblable, et ce, même si elle est approuvée par le Sénat, en utilisant son droit de veto. Les deux chambres du Congrès devraient ensuite obtenir la majorité des deux tiers pour renverser le veto présidentiel, scénario virtuellement impossible. Mais le vote de la Chambre témoigne de l’impatience des élus face à une guerre que la Maison-Blanche considère comme étant terminée mais qui pourrait reprendre de plus bel à tout moment.

Les représentants républicains Thomas Massie (Kentucky), Brian Fitzpatrick (Pennsylvanie), Tom Barrett (Michigan) et Warren Davidson (Ohio) ont voté en faveur de la mesure.

(Photo AP)

9 réflexions sur “Deux camouflets pour Trump

  1. xnicden dit :

    Certaines défaites symboliques peuvent être tellement humiliantes qu’elles changent le cours des chose mais si c’est le cas ici je mange mes bas.

    1. belwet dit :

      Toute défaite va plus le mettre en maudit, attendez la tempête de shit social cette nuit…

    2. Syl08 dit :

      Comme le disait Hannibal, avec un Chianti, ça sera très bon.

  2. Gilles Morissette dit :

    Trop peu trop tard.

    Le Congrès a négligé de prendre ses responsabilités en laissant l’ESCROC agir à sa guise et en n’exigeant pas qu’il rende des comptes.

    Deux camouflets c’est bien mais il aurait fallu le faire beaucoup plus tôt. Par lâcheté, par peur des représailles, ils ont laissé faire. Difficile de remettre la pate à dents dans le tube une fois qu’elle est sortie.

    J’imagine que la pression populaire et l’imminence des élections auront joué pour beaucoup dans l’attitude du Congrès. Tant mieux si c’est le cas.

    On peut s’attendre à des vives réactions de la part de « 47 » qui n’est pas du genre à accepter de se faire dire NON.

    Le Congrès saura t il se tenir debout lorsque toute la panoplie de représailles allant des menaces, l’intimidation pouvant aller jusqu’au recours à la violence, lui tombera dessus?

    « 47 » peut compter sur une armée de fanatiques, d’enragés qui peuvent se charger de faire entendre raison aux récalcitrants. Cs gens sont des têtes brûlées prêts à tout afin de répondre aux attentes de leur gourou.

    Non la partie est loin d’être joué et « 47 » ne baissera pas les bras. Il faut s’attendre à tout de sa part.

  3. Madalton dit :

    Il est mieux de bien mesurer les conséquences d’utiliser son droit de véto sur ce votr. Sa destitution pourrait arriver plus vite qu’il le pense.

  4. MarcB dit :

    HS

    Depuis le départ de Pam Biondi, le poste de procureur général des USA doit être comblé. Devinez qui serait le choix de Donald.

    « Trump soon expected to nominate Todd Blanche to be attorney general, source says »
    https://www.cnn.com/2026/06/03/politics/trump-expected-nominate-todd-blanche-attorney-general?cid=ios_app

    Bon, Blanche est déjà le « acting AG ». Mais est-ce que cette nomination sera confirmée par le sénat, j’ai des doutes…

    1. Madalton dit :

      J’espère que non.

  5. POLITICON dit :

    C’est dans des moments comme celui-ci que l’on mesure toute l’absurdité du système politique américain.

    Le Congrès, censé représenter la volonté populaire, vote contre une guerre, mais le président peut tout simplement ignorer ce message et poursuivre l’aventure militaire grâce à un veto que seule une majorité quasi impossible des deux tiers peut renverser. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accéder à la présidence, aucune exigence semblable n’existe : un candidat peut entrer à la Maison-Blanche sans même remporter le vote populaire. Cherchez la logique. Pour déclencher ou prolonger un conflit susceptible de coûter des milliards de dollars et des milliers de vies, il suffit souvent de la volonté d’un seul homme. Pour l’arrêter, il faut une supermajorité.

    Cette incongruité institutionnelle ouvre grand la porte aux abus de pouvoir et transforme la démocratie américaine en étrange caricature d’elle-même. On nous parle du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, mais lorsque la volonté populaire peut être balayée d’un revers de main par un président persuadé d’incarner à lui seul la nation, il ne reste plus grand-chose de cette noble promesse.

    Donald Trump ne fait qu’exploiter les failles d’un système qui accorde parfois davantage de pouvoir à l’ego d’un homme qu’au jugement collectif de millions de citoyens. Ils sont complètement fous, ces Américains. J’ai du mal à comprendre comment ils ont pu laisser leur système dériver jusque-là. Mais l’histoire nous enseigne une chose : aucun délire politique, aussi spectaculaire soit-il, ne dure éternellement.

  6. Apocalypse dit :

    @POLITICON – 20:50

    « C’est dans des moments comme celui-ci que l’on mesure toute l’absurdité du système politique américain. »

    💯

    Excellent post! 👍👍

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