Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Rappel : fin août 2025, Donald Trump ordonne aux parlementaires républicains du Texas de modifier la carte électorale de leur État, démarche inhabituelle en plein milieu d’une décennie, afin d’engranger cinq sièges supplémentaires à la Chambre des représentants des États-Unis lors des élections de mi-mandat en 2026. Dans la foulée, il exerce des pressions sur d’autres États dirigés par des républicains dans l’espoir d’augmenter les chances de son parti de conserver sa majorité à la chambre basse du Congrès. Le graphique du New York Times qui coiffe ce billet permet de faire le point sur cet effort, qui a évidemment incité des États bleus, dont la Californie, à combattre le feu par le feu. Au bout du compte, il se peut que l’avantage souhaité par Trump soit à peu près nul.

Mais il ne s’agit pas de l’unique effort de Donald Trump et de ses alliés républicains de Washington pour influencer la façon dont le vote se déroulera en novembre prochain. Le New York Times fait état dans un article (lien gratuit) de deux projets de loi débattus ces jours-ci au Congrès, dont l’un vise à exiger une preuve de citoyenneté américaine pour s’inscrire comme électeur, mettre fin au vote par correspondance et interdire le dépouillement de tout bulletin de vote reçu après le jour du scrutin. Au bout du compte, ces projets de loi seront peut-être rejetés, mais ils permettront au moins à Trump et Cie d’accuser les démocrates de fermer les yeux sur un problème réel à leurs yeux (mais imaginaire en réalité) – le vote des non-citoyens – et de mettre en doute l’intégrité du processus électoral.

46 réflexions sur “Le graphique du jour

  1. Anizev dit :

    C’est quoi une preuve de citoyenneté américaine?

    1. Cerveau dit :

      Manquer de dents dans la bouche, porter une casquette MAGA made in China, un t-shirt avec un drapeau des E-U dessus et/ou un aigle, ne pas avoir de diplôme et le regard vide…

      1. Les seuls bulletins valides seront ceux où l’électeur aura voté en signant avec une croix.

        Et en disant « je crois ».

      2. Francois dit :

        et surtout, pas de passeport!

      3. gl000001 dit :

        Avoir couché avec un parent proche. 🙁

    2. lanaudoise dit :

      Un passeport, ce que plus de la moitié des Américains n’ont pas. Un certificat de naissance, et comme 85% des femmes mariées ont adopté le nom de leur mari..

    3. Denis Dallaire dit :

      @Anizev…..c’est quoi : mettre fin a tout vote par correspondance……tout ceux qui sont Americains travaillants dans un autre pays….y font quoi….les militaires, les diplomates, les gens dans des compagnies americaines…..y vont tous perdre leurs droits de votes…..y va baisser de combien le bozo qui est le greathest ever

  2. Apocalypse dit :

    HS – Donald Trump et les dossiers Epstein; un post sur Bluesky:

    https://bsky.app/profile/angrystaffer.bsky.social/post/3mf5t5car522v

    J’ai fait une petite recherche qui a permis de trouver cet article:

    https://www.hindustantimes.com/world-news/us-news/ted-lieus-explosive-new-allegations-against-trump-amid-epstein-files-row-raping-threatening-to-kill-101771440952782.html

    Ted Lieu’s explosive new allegations against Trump amid Epstein files row; ‘Raping, threatening to kill…’

  3. Francine dit :

    Une belle technique de propagande. L’empoisonnement du puits qui consiste à discréditer l’argumentation adverse avant même qu’elle ne soit présentée. Cela se fait en diffusant des informations négatives ou en formulant des hypothèses négatives sur le point de vue opposé. De ce fait, l’opposition est discréditée car cette tactique crée un biais chez l’auditoire avant même qu’il ait pu entendre l’autre version des faits.

    1. C’est drôle comme c’est seulement depuis que DT est sur le bulletins de vote qu’on parle autant de fraude électorale.

      Corrélation simplement ou relation de cause à effet ?

      1. ctbourgeois dit :

        Surtout incohérent, si le système de vote est aussi frauduleux qu’il prétend depuis sa défaite en 2020, ses deux victoires en 2016 et en 2024 sont contestables aussi, mais son mensonge enterre la vérité, la fraude existe seulement lorsqu’il perd.

        Le risque étant élevé aux élections mi-mandat, il s’active comme un fou pour empêcher le vote des démocrates, son plan machiavélique mobilise les républicains presque tous dociles comme des moutons.

        Son obsession n’est pas seulement de faire disparaître les immigrants, mais aussi le vote des démocrates, il ne resterait que des blancs chrétiens qui voteraient, plus besoin de cartes d’identifications, seulement des listes d’électeurs MAGA.

  4. Layla dit :

    @Anizev « une preuve de citoyenneté américaine »
    De de ce que j’ai compris entre autres et j’aimerais bien que l’on me le confirme ou non.

    Du moins je crois qu’une des preuves doit être selon le certificat de naissance, ce qui est très difficile dans un délai aussi court, avec tous les fonctionnaires en moins.

    Anyway c’est un fait divers qu’aux USA les femmes portent le nom de leur mari, peut-être de moins en moins, mais quand même,Imaginez toutes les demandes à faire, et ce n’est pas gratuit.

    Mon idée, beaucoup n’auront pas les moyens, beaucoup auront besoin d’aide, et beaucoup auront peut-être peur, et peut-être que beaucoup ne s’en donneront pas la peine.

    Des fois je me dis que les républicains se tirent souvent dans le pied, est ce que cela pourrait se retourner contre eux? Je ne sais pas.

    1. Madalton dit :

      Les femmes mariées n’ont plus le même nom que sur leur certificat de naissance. 146 M de personnes qui m’ont pas de passeports ne pourraient pas voter.

      https://www.rawstory.com/citizenship-election/

      1. Achalante dit :

        Vrai que les femmes mariées n’ont plus le même nom, mais elles peuvent demander une copie de leur certificat de marriage (ou une demande à l’état civil) indiquant le changement de nom. Donc, ce n’est pas impossible pour elles de le trouver, mais ça rend les choses plus difficiles pour les femmes, surtout pour celles qui ont été mariées plus d’une fois. Il est plus que temps qu’elles cessent de changer de nom en se mariant.

      2. Layla dit :

        @@Madalton

        146 M de personnes qui m’ont pas de passeports ne pourraient pas voter.
        En novembre 2024 Wikipedia
        Population…340 110 988
        Inscrits …245 741 673
        Votants…156 302 318

      3. Madalton dit :

        @achalante,

        Les frais varient de 25-50$. Dispendieux pour plusieurs. Est-ce que certains États vont être capables de répondre à une forte demande?

        Mettons que les MAGAnés pourraient être plus affectés.

  5. xnicden dit :

    Ce n’est pas exagéré à sa face même de demander une preuve de citoyenneté pour l’inscription sur la liste électorale.

    Le chiendent est dans la définition d’une telle preuve, ou comment on l’établit concrètement …

    Mais penser que les républicains feraient un tel exercice de bonne foi c’est pas mal de la pensée magique.

  6. Gilles Morissette dit :

    La stratégie tordue et malhonnête de « 47 » se retourne contre lui.

    Ne vous en faites pas. Ce GROS enfoiré de salopard a d’autres trucs dans son sac comme les démontre si bien M. Hétu dans son post. Il est conscient que les Républicains sont « dans le trouble » et qu’ils risquent de perdre leur majorité au Congrès.

    « TACO » est donc prêt à toutes les tricheries pour arriver quitte à mentir, voler, tricher.

    Rien ni personne ne l’arrêtera dans son délire, son obsession. C’est ce qui le rend si dangereux.

  7. Alexander dit :

    Mettre en doute le processus électoral? Par anticipation?

    Une vraie attitude de loser.

    Tu te prépares déjà à te trouver des excuses en cas de défaite électorale.

    Comme en 2020.

    Les vrais gagnants assument la responsabilité de leurs actions et des résultats.

    Les faibles se cherchent des excuses.

    Le problème est que l’attitude du Grand Chef se reflète sur l’image perçue de la nation au complet à travers la planète.

  8. treblig dit :

    HS ( mais connexe)

    La Federal Reserve Bank de New York a publié un rapport constatant que « près de 90 % du fardeau économique des tarifs douaniers tombant sur les entreprises et les consommateurs américains.

    L’arnaqua aux tarifs de Trump s’étiole. Les tarifs sont une taxe déguisée. Mais nous le savions déjà.

    1. gl000001 dit :

      Et un certain Mr Hassett (National Economic Council Director ) dit que les gens qui ont pondu cette étude devraient être disciplinés. Ils n’ont pas tout tenu en compte. Un autre hostie de menteur !!!!
      Cet homme était en lice pour remplacer Powell à la Fed !!!
      https://www.cnn.com/2026/02/18/economy/hassett-fed-researchers-disciplined

      1. lanaudoise dit :

        Parole du gendre de Ronald Lauder (comme dans Estee Lauder). L’ami de Sa Dorure qui a une fixation sur le Groenland et les terres rares de l’Ukraine.

  9. Layla dit :

    Pour ce qui est du vote par correspondance, je trouve cela très injuste.
    Pour beaucoup de femmes avec des enfants c’est une bénédiction.

    Pour les personnes à mobilité réduite, il y a les cas de fauteuils roulants mais parfois tu peux être sans fauteuil roulant mais attendre longtemps dans une filée c’est un problème.

    La distance est un gros problème, ils ont réduit le nombre des boites postales, et l’es endroits pour voter en personne.

    Ce qui est loin d’être rassurant, je peux même oser dire que les fraudeurs sont plus du côté des républicains. Mais même avec cette affirmation, en 2020, ils n ‘ont pas pu le prouver.

    Pour ce qui est du « D***** » il a besoin de dire pour son psychique qu’il a gagné, quand tu dis que cinq ans plus tard,il en a même parlé dans son discours à Davos et on est en 2026

    1. Haïku dit :

      @Layla
      Excellente réflexion !
      Vous avez du visou !

  10. Peace Keeper dit :

    Mesure de contrôle pour empêcher le vote des non-citoyens:
    En quoi consiste-t-elle?
    Est-elle identique sur tout le territoire?

    1. gl000001 dit :

      Toutes les enquêtes du FBI et autres agences de sécurité ont découvert, à chaque élections, quelques fraudes électorales de la part de non-citoyens. QUELQUES !! Comme dans « très très peu ».

  11. Haïku dit :

    Cher DT47,
    « Il ne faut pas péter plus haut que son cul. »
    (Proverbe Français)

    1. Alexander dit :

      @Haiku

      Quand tu es un TDC, la hauteur n’a pas d’importance. Ça sent mauvais à tous les niveaux.

      1. Haïku dit :

        @Alexander
        Excellente réplique !

    2. Slyderv dit :

      C’est pour cette raison qu’une odeur d’égouts émane à chaque fois qu’il ouvre la bouche !

  12. Apocalypse dit :

    « Mais il ne s’agit pas de l’unique effort de Donald Trump et de ses alliés républicains de Washington pour influencer la façon dont le vote se déroulera en novembre prochain. »

    J’écoutais une autre vidéo de Kyle Kulinsky, un peu plus tôt, où il commentait sur des sondages sur la popularité de l’administration Trump; les chiffres sont horriblement mauvais et on parle maintenant de 40% de chances que les démocrates reprennent le Sénat.

    S’il n’y a pas de tricherie en novembre prochain, les républicains vont se faire massacrer et l’administration Trump sera un « lame duck » pour le reste de cette présidence, incluant un impeachment.

    On va essayer d’annuler l’élection ou on va tricher « big time » pour éviter de perdre le pouvoir; si Trump triche ouvertement et les républicains sauvent la mise, qui corrigerait cette injustice envers le peuple américain? La réponse, personne!

  13. Layla dit :

    «  s’assurer que seuls les citoyens américains votent. « car chaque citoyen mérite le droit de vote »

    Le problème c’est que «des millions de citoyens américains « qui méritent le droit de vote ne pourront pas voter ». Qu’est ce qu’ils ne comprennent pas?

    1. Lanaudoise dit :

      Une nounoune a déjà tenté d’empêcher ma mère de voter, elle qui habitait son bout de rang depuis 35 ans. Le compte d’électricité étant encore au nom de mon père décédé…

  14. Achalante dit :

    Ce qui serait drôle, c’est que le Texas lui « pète à la figure »: en ayant poussé le gerrymandering trop loin, et avec juste un peu trop d’électeurs républicains mécontents qui restent chez eux ou votent démocrates, que le +5 se transforme en -3… ou -10!

  15. Mouski dit :

    TOUT TOUT TOUT ce qui est possible de faire pour compliquer les élections de novembre.
    Nous allons vivre des moments difficiles.

  16. Jocnob dit :

    La seule façon pour les republicons de gagner, ce n’est pas par les idées pour aider les électeurs, ben non, c’est en trichant ou en compliquant la façon de voter pour ceux qui pourraient voter pour les démocrates.

  17. Linda dit :

    Pour que le vote compte, il faut être blanc et avoir fait un croix gammée sur le bulletin

  18. Haïku dit :

    HS,
    Pause musicale à la fois chaleureuse et énigmatique en fin de soirée.
    « Brilliant Trees »/(David Sylvian avec Jon Hassell):

    https://youtu.be/XfhGDTTR99Y?si=kU7FwWfnixeF1ZCr

  19. Apocalypse dit :

    HS – Un post d’Aaron Rupar sur Bluesky!

    Leavitt se surpasse encore et c’est 🤣.

    https://bsky.app/profile/atrupar.com/post/3loqxcxz5he2y

    Leavitt: « I think it’s frankly ridiculous that anyone in this room would even suggest that President Trump is doing anything for his own benefit. He left a life of luxury and a life of running a very successful real estate empire for public service. »

    On ne parle pas d’un petit mensonge ou une petite exagération, mais d’un 180 degrés par rapport à la réalité.

    1. Lanaudoise dit :

      Pas la seule connerie qu’elle ait dite ces derniers jours:

      On Wednesday, Press Secretary Karoline Leavitt committed a massive blunder, telling reporters that anything appearing on Trump’s Truth Social account should be taken as official administration policy. “Straight from the horse’s mouth,” in her words.

      The timing of this declaration is staggering.

      Just weeks ago, a White House official told The Independent that a staffer — not Trump — had “erroneously” posted a video showing Barack and Michelle Obama’s faces superimposed onto apes. The video prompted condemnation even from some of Trump’s most loyal congressional supporters.

      Republicans publicly called for that unnamed staffer to be fired. Nobody has been.

      And now Leavitt is telling the press that Truth Social posts come directly from the president.

      So which is it? Either a staffer posted deeply racist content on the president’s personal account and still has their job, or the president posted it himself and the White House lied about it.

      Access to Trump’s Truth Social is reportedly limited to a tight circle that includes longtime aide Dan Scavino and personal assistant Natalie Harp. But the White House has named no one, fired no one, and is now actively contradicting the story it told just days ago.

      1. Madalton dit :

        Ils ne pouvaient pas congédier le coupable, ça prend une destitution pour le faire.😉

    2. gl000001 dit :

      Trois lignes et combien de mensonges et exagérations ?
      « I think » – Elle dit le contraire de ce qu’elle pense.
      « it’s frankly ridiculous » – pas franc et pas ridicule.
      « that anyone in the room … » – Ils le pensent tous.
      « doing anything for his own benefit » – Il fait tout et même plus. Et il a de l’aide.
      « He left a life of luxury » – Sa vie est encore plus luxeuse et elle lui coute encore moins cher
      « very successful real estate empire » – 6 faillites ?

      1. À la question « est-ce que ICE va être déployé autour des bureaux de vote ? , elle répond « je ne peux l’affirmer. C’est une question stupide. »
        Une question est stupide si la réponse est évidente.

        Si tu ne sais pas si c’est oui ou non, ce n’est pas question qui est stupide.

  20. Lanaudoise dit :

    Après le Boss, voici la chanson que U2 dédie à Renee Good:
    American obituary:
    https://youtu.be/Y3ziTSYyook?si=wuGKWGdR-PGSuI04

    1. Haïku dit :

      @Lanaudoise
      💯Excellent💯
      Merci pour le clip !

  21. brady4u dit :

    FIN DES NÉGOCIATIONS USA – IRAN À GENÈVE

    Elles ont pris fin, mais devant un résultat décevant, l’Amérique se rend compte que négocier avec une théocratie ce n’est pas la même chose que d’exfiltrer un dictateur du Venezuela.

    Malgré ses menaces, le président Trump ne pourra rien faire; il a besoin du Congrès et le Congrès ne le suivra pas.

    Une bonne analyse :

    https://www.lefigaro.fr/international/iran-trump-contraint-de-choisir-entre-un-accord-au-rabais-et-une-intervention-militaire-20260218

    L’ACCES EST RÉSERVÉ, mais si la loi HADOPI le permet, j’en reproduis le texte.

    Iran : Trump contraint de choisir entre un accord au rabais et une intervention militaire
    Par Isabelle Lasserre
    Il y a 12 heures

    Alors que les dirigeants américains ont prévenu que «toutes les options» restaient sur la table, le fossé entre les perceptions américaines et iraniennesne cesse de se creuser.

    Alors que les dirigeants américains ont prévenu que «toutes les options» restaient sur la table, le fossé entre les perceptions américaines et iraniennes
    ne cesse de se creuser.

    Les négociations de Genève n’ont pas permis de rapprocher les points de vue, mais Américains et Iraniens vont poursuivre les pourparlers.

    La paix à tout prix, y compris celui des populations civiles écrasées par des pouvoirs répressifs. En Iran comme en Ukraine, Donald Trump a promis d’éteindre la guerre. Mais avec la République islamique des mollahs comme avec la Russie de Poutine, l’exercice touche à ses limites. Officiellement, les pourparlers indirects qui ont eu lieu mardi entre Iraniens et Américains ont débouché sur « un ensemble de principes directeurs » et une entente pour se réunir à nouveau. Le ministre des Affaires étrangères Araghchi a évoqué « une nouvelle fenêtre d’opportunité ». Des officiels iraniens ont évoqué une pause d’un à trois ans dans l’enrichissement de l’uranium, des projets économiques avec les États-Unis dans le pétrole, le gaz et les investissements miniers et une reprise possible des vérifications de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique.

    Mais quand on parle du dossier nucléaire iranien, la vérité sort rarement de la bouche des dignitaires de Téhéran. Au lendemain des négociations de Genève, malgré leur rhétorique optimiste, les positions des deux parties demeuraient si éloignées les unes des autres qu’on voit toujours aussi mal comment elles pourraient s’accorder. L’Iran n’a pas répondu aux lignes rouges américaines, et à, Washington, les dirigeants américains sont beaucoup plus réservés. « Le président privilégie toujours les solutions pacifiques et est disposé à dialoguer avec tous, mais cela s’annonce difficile. Nous avons affaire à des religieux chiites qui fondent leurs décisions sur des considérations théologiques , et non géopolitiques », a affirmé Marco Rubio, le secrétaire d’État. En attendant, le bras de fer se poursuit au niveau militaire. Les États-Unis continuent leur renforcement dans la région, où ils ont déjà envoyé un tiers de leur flotte. L’Iran a fermé partiellement le détroit d’Ormuz, pour augmenter la pression sur l’Administration américaine.

    Plus de vingt ans de négociations
    Aguerris par plus de vingt ans de négociations avec les Occidentaux, depuis la découverte de leur programme militaire nucléaire en 2003, les Iraniens sont passés maîtres dans l’art de gagner du temps. Ils reproduisent avec les Américains la stratégie qu’ils avaient utilisée avec les Européens, jusqu’à la conclusion, au bout de douze ans, de l’accord JCPOA. L’objectif est de donner le moins possible, en échange d’une levée des sanctions qui permettra au régime de se renforcer et surtout de faire traîner le sujet jusqu’au départ de Donald Trump. Le régime islamiste peut lâcher du lest sur l’enrichissement de l’uranium, qu’il peut facilement promettre d’interrompre pour un temps puisqu’il est, selon des sources fiables, de facto à l’arrêt depuis la « guerre de douze jours » en juin 2025, qui a beaucoup endommagé les installations nucléaires.

    Il peut aussi accepter un compromis concernant le stock de 400 kg d’uranium enrichi, qui pourra toujours être reconstitué plus tard. Mais le reste, les lignes rouges américaines – le « zéro enrichissement », la limitation de la production de missiles balistiques et la fin du soutien aux groupes terroristes au Proche-Orient, Hamas et Hezbollah – serait considéré comme une capitulation. D’ailleurs, la veille des pourparlers, le guide suprême Khamenei, la seule parole politique qui compte vraiment en Iran, a rejeté les demandes américaines.

    C’est donc Donald Trump qui décidera quelle suite il entend donner aux propositions insuffisantes des mollahs. Le président américain a deux options : un accord au rabais ou la guerre. Il pourrait accepter un compromis limité et provisoire avec Téhéran, se bornant au nucléaire, qui exclurait la question des missiles balistiques et celle du comportement régional de l’Iran. Ce serait une victoire pour le régime islamique qui reprendrait force et assurance, mais une défaite pour les opposants qui ont affronté une répression meurtrière avec l’espoir de gagner leur liberté. Une défaite aussi pour Israël, où le programme nucléaire iranien, y compris dans sa déclinaison balistique, est considéré comme une menace existentielle. S’il fait ce choix, Donald Trump apposerait la signature américaine sur un accord ressemblant à s’y méprendre à celui qu’il a quitté unilatéralement en 2018, le JCPOA, car il ne le trouvait pas assez ambitieux… Il laisserait Israël décider seul de la possibilité d’une intervention militaire…

    L’option des frappes
    La deuxième option est celle des frappes militaires, voire d’une opération d’envergure destinée à contraindre l’Iran à changer de trajectoire stratégique. Avec quels objectifs ? Personne ne le sait, même si Donald Trump continue à évoquer régulièrement un changement de régime. Certes, le président américain a promis qu’il n’ouvrirait pas de nouveau front au Moyen-Orient. Mais peut-il se contenter d’un accord qu’il avait raillé pendant son premier mandat ? Peut-il, lui qui avait promis aux opposants iraniens de leur venir en aide, accepter d’être comparé à Barack Obama, qui avait abandonné ses alliés et la population syrienne en renonçant au dernier moment en 2013, malgré sa ligne rouge, à frapper le régime de Bachar el-Assad après un massacre chimique ? Non, estime le spécialiste de la Fondation Jean Jaurès Farid Vahid sur X : « Encore une fois, la guerre semble inévitable. Le régime iranien ne cédera jamais sur son programme balistique ou sur le soutien aux “proxies”. Et Donald Trump n’acceptera pas un simple accord sur le nucléaire, style JCPOA, qu’il a lui-même quitté en 2018. »

    Alors que les dirigeants américains ont prévenu que « toutes les options » restaient sur la table, le fossé entre les perceptions américaines et iraniennes est si profond qu’aucun élastique ne paraît assez grand pour les rapprocher. « Les États-Unis croient que l’Iran est très faible, qu’il ne peut pas se permettre une confrontation militaire et qu’il fera donc des concessions importantes sur le nucléaire et le balistique. Les Iraniens pensent que les États-Unis ne pourront pas changer le régime et qu’ils ont la capacité de transformer une intervention militaire de Washington en un conflit long et coûteux pour les Américains et leurs alliés régionaux », écrit Raz Zimmt, spécialiste de l’Iran à l’INSS, l’Institut d’étude de sécurité nationale de Tel-Aviv.

    À Téhéran, on mise sur les hésitations du président américain à s’engager dans une confrontation militaire de grande ampleur pour pouvoir gagner du temps avec des négociations qui s’éternisent tout en préservant les lignes rouges du guide suprême. À Washington, on part du principe que l’Iran sera finalement contraint de céder sous la pression économique et la menace militaire. « Ces hypothèses contradictoires diminuent considérablement la probabilité d’un règlement négocié et augmentent sensiblement le risque d’escalade. Lorsque les deux parties estiment que le temps joue en leur faveur, la diplomatie se complique et le risque d’erreur d’appréciation s’accroît » prévient, sur X, le spécialiste de l’Atlantic Council Dennis Citrinowicz.

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