Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Il faut l’avouer : malgré la perte de nombreux journalistes aguerris et de lecteurs de longue date qui s’accommodaient mal du virage trumpiste de ses pages d’opinion, le Washington Post continue à produire du bon journalisme. Mais le quotidien a subi un dur coup mercredi lorsque le FBI a mené une perquisition au domicile d’une de ses journaliste dans le cadre d’une enquête sur une fuite de documents confidentiels dont elle ne serait pas la cible. Coup d’autant plus dur qu’il n’a pas encore été dénoncé par le propriétaire du Post, Jeff Bezos.

L’enjeu n’est pas mince : sauf exceptions, les administrations précédentes ont reconnu que les journalistes jouissaient de protections juridiques contre les perquisitions du genre. Sans cette protection, le travail des journalistes, protégé par le premier amendement de la Constitution, deviendrait impossible, comme le note le chroniqueur du magazine The Atlantic Jonathan Chait dans un article.

Bien sûr, Bezos, patron d’Amazon et de Blue Origin, a déjà démontré qu’il était prêt à sacrifier l’indépendance du Post pour se gagner les faveurs de Donald Trump. Il a notamment mis son véto à un éditorial d’appui à Kamala Harris, financer un documentaire sur Melania Trump et contribuer à la salle de bal du président (après avoir assisté à son investiture avec d’autres milliardaires de la tech). Car il ne veut pas mettre en péril les contrats gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars que pourraient décrocher ses entreprises.

David Ellison, le nouveau patron de CBS News, fait le même calcul en pensant aux fusions dont il rêve à la tête de Paramount Skydance. Mais Bezos peut-il vraiment se permettre de rester silencieux après une attaque frontale contre son journal ?

« Depuis le revirement de Bezos, la question qui plane sur le Washington Post est de savoir s’il est toujours prêt à protéger le journal d’un président qui aspire à le museler », écrit Chait. « Il pourrait y répondre en prenant fermement la défense de ses journalistes et de leur droit à informer sur le gouvernement sans intimidation. Ou il pourrait continuer à garder le silence, ce qui, à sa manière, constitue également une réponse. »

(Photo Esther Vargas)

41 réflexions sur “Le silence de Jeff Bezos

  1. Mcdodo dit :

    Il ( Bezos)focus sur sa retraite,direction la planète Mars

    1. caron gaston dit :

      Sans retour et amène ton copain Musk avec toi..

  2. danygig dit :

    Un autre qui se fout de la constitution américaine. L’important est de se mettre de l’argent dans les poches.
    Il semblerait qu’il n’y a pas de limite à ça.

  3. loulaf dit :

    Bezos est un opportuniste de la pire espèce. Tout ce qui compte est de devenir de plus en plus riche. Alors, il ne faut pas se faire bloquer par la MB dans ses acquisitions. Il faut lécher les bottes du gros criminel.
    Il n’ a aucun problème à ne pas se porter à la défense de ses journalistes….

    1. Ça me semble bien résumé.

      1. Haïku dit :

        Bien d’accord !

  4. Difficile de ne pas conclure que le journal est accessoire aux autres entreprises de Bezos.

    1. Anizev dit :

      Pour Bozo, il s’en torche de son journal.
      La concentration de la presse aux États-Unis est une situation préoccupante.

  5. kintouai dit :

    Ah, ça ira, ça ira, ça ira
    Tous les milliardaires à la lanterne !
    Ah, ça ira, ça ira, ça ira
    Tous les milliardaires on les pendra !

  6. Toile dit :

    En effet, l’absence de réponse constitue une réponse.

    Bezo est un amibe inutile par rapport à Katharine Graham, propriétaire, qui dirigeait le journal familial avec courage et audace, en dépit des mandats, soutenant ses journalistes Woodward et Bernstein dans l’enquête du Watergate.

    1. Je crois que je vais visionner à nouveau le film The Post en fin de semaine.

      1. Haïku dit :

        Très bonne idée.
        Je pense que je vais faire de même.

  7. jeani dit :

    Faudrait peut-être laisser bezos tranquille.

    Il est en pleine discussion avec miller pour trouver un nouveau nom au Washington post. Les deux hésitent entre des noms dérivés du Ria Novosti, Tass ou Komsomolskaia Pravda.

    Avouez que la décision est difficile à prendre.

    1. gl000001 dit :

      J’ai entendu dire que Miller penche du coté WaSShington PoSSt.

      1. Haïku dit :

        LOL !! 😉

      2. Che Sausage dit :

        Hello gl,

        Avec l’inculture ambiante « de l’autre côté du lac » ©, ils ne percuteraient même pas !

        Un « Donald Gazette » irait pas mal ! 😀

    2. Laurent Pierre dit :

      Le Volkisher Bezosbachter conviendrait parfaitement pour ce ramassis de nazillons.

  8. Pierre Belley dit :

    Que fera tête de glan ? Rien ! J’ai annulé mes abonnements depuis que ce traître est allé baiser le postérieur du gros dictateur pédophile.

    1. Che Sausage dit :

      Hello Pierre,

      Ne serait-ce qu’à cause de leurs montages financiers visant à ne pas payer d’impôts dans plusieurs pays, ne serait-ce qu’à cause de l’impact plus que significatif sur les commerces de proximité, les industries ou même sur le climat, je me suis toujours tenu à l’écart de cette boîte. Je n’utilise strictement aucun de leurs services et j’ai même bloqué tout ce que je pouvais venant d’eux sur mon pare-feu ou dans les paramètres de mes navigateurs.

      Et même au boulot, où de ce que me dit mon collègue, il peut y avoir des infos qui pourraient me servir, je n’utilise pas non plus.

      À mes yeux, Jeff Pesos n’a jamais existé.

      Même chose pour TwittX et Facebook.

      Et je suis la preuve vivante qu’on peut tout à fait se passer de ces services.

      Y a que le G des GAFA qui est difficile à occulter. Mais un jour, ça viendra.

    2. Toile dit :

      Et moi quand il en a fait l’achat. Dommage.

  9. lechatderuelle dit :

    Bezos est l’ami de tout le monde…
    Une immense majorité utilise sa plateforme pour magasiner. Pas l’choix s’excusent-ils.
    Bezos est un demi-dieu.

    Son journal en fait est une acquisition, pas « son » journal.
    La subtilité est majeure.
    Ce n’est qu’une entrée d’argent dans son immense portefeuille d’acquisitions.

    Tout se mesure en fric aux E-U. Bezos a un gros chiffre.
    Il ne voudra pas perdre ses entrées au gouvernement pour un journal…. Priorité!

    Ce journal n’est qu’un accessoire qu’il vendra si on lui demande de prendre position.
    Bezos vit sur cette petite planète 1 %. Il ne s’intéresse pas aux « détails »comme l’intégrité, la probité, le respect… on le dit ça n’a pas de prix!
    Donc si ça n’a pas de prix, ça ne vaut rien.
    Cé qui l’cave?

    1. Toile dit :

      Ouain on a vu comment il s’en foutait avec son magnideficient mariage à Venise avec celle qu’il a envoyé en orbite, une « journaliste » de Fuck noise. On pu voir tous ces prétendants, tel qu’à  la cour de Louis XIV, bourdonné autour pour des grâces en échange de présents..

      https://youtu.be/dEx7sUWbN2s?si=m6pE8wHhPRedlRcJ

  10. POLITICON dit :

    Le silence de Jeff Bezos est tout sauf neutre. Il est lourd, calculé, et profondément révélateur de l’époque dans laquelle l’Amérique s’enfonce. Quand le FBI perquisitionne le domicile d’une journaliste — sans que celle-ci soit la cible de l’enquête — on parle d’une attaque frontale contre la liberté de la presse. Et quand le propriétaire du journal détourne le regard, il envoie un message limpide : ses intérêts d’affaires pèsent désormais plus lourd que le premier amendement.

    Bezos n’est pas naïf. Il sait parfaitement ce que signifie ce genre de perquisition. Les protections juridiques accordées aux journalistes ne sont pas un privilège corporatiste, mais une condition minimale pour que le journalisme d’enquête puisse exister. Les affaiblir, c’est ouvrir la porte à l’intimidation systématique, exactement ce que recherche un président qui rêve tout haut de museler les médias critiques.

    Mais Bezos a fait son choix depuis longtemps. Veto à un éditorial appuyant Kamala Harris, révérences publiques à Trump, investissements complaisants dans l’univers symbolique du pouvoir trumpiste — tout cela n’a qu’un objectif : ne pas compromettre les contrats gouvernementaux faramineux d’Amazon et de Blue Origin. Le même calcul cynique que celui de David Ellison à CBS : sacrifier l’indépendance journalistique sur l’autel des fusions, des subventions et de l’accès au prince.

    La question n’est donc plus de savoir si le Washington Post produit encore de bon journalisme — ses journalistes continuent de faire leur travail avec courage — mais si leur propre patron est encore prêt à les protéger. En gardant le silence aujourd’hui, Bezos répond déjà à la question. Et sa réponse est glaçante.

    Car quand les milliardaires propriétaires de médias acceptent qu’un président autoritaire intimide leurs journalistes pour préserver leurs profits, ce n’est pas seulement la presse qui est en danger. C’est l’idée même d’une démocratie fonctionnelle. Et ce silence-là, l’histoire ne l’oubliera pas.

  11. Syl08 dit :

    Ce n’est pas surprenant venant de Jeff Pesos. Il ne pense qu’à son portefeuille.

    1. Haïku dit :

      💲 😅

  12. Alexander dit :

    Le problème dans tout ça est que l’illégalité part d’en haut et non pas d’en bas.

    La Constitution et les lois existent, mais elles sont juste bafouées et on laisse faire.

    Combien de lois et d’articles et amendements à la Constitution ont ils été reniés depuis la dernière année?

    J’ai arrêté de compter.

    Peut-on s’attendre à autre chose d’un criminel mis au pouvoir?

    En fait un président qui a un sévère casier judiciaire devrait être inadmissible à la fonction.

    Point.

    1. ctbourgeois dit :

      Le plus aberrant est que sa clique à la MB, à la CS, au DOJ, au FBI et au Pentagone, en plus de ses alliés milliardaires, ils agissent tous comme des zombis sans se soucier de son esprit criminel et vengeur, il n’est plus contrôlable, qui interviendra ?

  13. Pascal-Robin Racine dit :

    HS: J’attends toujours la décision de la SCOTUS sur les droits de douane imposé par le T de C en chef.

  14. lechatderuelle dit :

    Pascal-Robin Racine

    Patience… entre mars et mai 2026… laissait-t-on entendre lors du dépôt de la requête, cet automne.
    Et ça ne règlera rien à propos des tarifs mais bien si la loi invoquée pour justifier les droits de douane, soit celle sur les pouvoirs lors d’une urgence économique internationale (IEEPA).
    La décision sera assurément rendue avant la fin de la session annuelle de la Cour suprême à la fin du mois de juin 2026,

    Si l’illégalité des tarifs douaniers venait à être confirmée par la Cour suprême, le gouvernement américain pourrait devoir se tourner vers d’autres leviers afin de justifier sa politique tarifaire. Ce qui pourrait amener, si une autre demande est faite, sur la légitimité des tarifs comme tel… donc une autre année de réflexion…

    il y a toujours les votes des Chambres qui peuvent entériner les tarifs mais ça c’est pas mal plus à risque et corsé… mais les démocrates sont tellement déstabilisants quand vient le temps de se tenir debout…

    il y a de fortes chances que l’affaire des tarifs traine dans le paysage jusqu’en 2027-2028…
    Courage.

  15. Charles dit :

    « Democraty dies in darkness » n’est-elle pas la devise du WaPo? Il faudra remplacer « dies » par « died »…

    1. Haïku dit :

      @Charles
      Superbe !

  16. Gilles Morissette dit :

    Le silence de Bezos sur cette perquisition constitue en soi une réponse.

    Rappelons nous ce dicton: « Qui ne dit mot, consens ».

    Bezos a tout intérêt à ne pas se mettre « 47 » à dos. Il est prêt à marcher sur les grands principes qui supportent le journalisme neutre et indépendant afin de continuer à s’attirer les bonnes faveurs d’un SALE ESCROC et empiler des tonnes de fric.

    Bezos n’a pas de morale, de principe, d’éthique et encore moins d’intégrité. Il n’est rien d’autre qu’une de ces nombreuses « carpettes » qui plie l’échine devant un DESPOTE qui veut tout contrôler.

    Ne manque que la génuflexion et le baiser de « l’Anneau Divin » pour que le portrait soit complet.

    Voilà ou en est rendu la liberté de la presse dans ce Pays de MDR. !!

  17. Pierre dit :

    Faque BOZO pars pour MARS il y a de l’argent à faire là bas , mais il y a le ti peuple
    qui continue à l’encourager c’est ça qui est malheureux et il fait des affaires D’OR et
    pourquoi il se mêlerais des autres affaires il n’a pas de fièreté à part remplir ses poches……………..

  18. gl000001 dit :

    Le silence de l’agneau, frais tondu, est assourdissant. Il s’est sacrifié tout seul devant l’éléphantasque Hannibal orange.
    Mais attention, il pourrait se réveiller : « Bleating and babbling we fell on his neck with a scream. Waves upon waves of demented avengers march cheerfully out of obscurity into the dream »

    1. Haïku dit :

      Bon rappel ! 🎵
      Que de souvenirs !

    2. _cameleon_ dit :

      @gl 5 zéros et un un.

      Superbe ! Je n’avais jamais vu cette version vidéo. Il y a de l’IA là-dessous …
      En effet, le désir de vengeance des moutons s’amplifie.
      One of these day’s … ça risque d’être laid.

      1. gl000001 dit :

        Il y en IA 2 ou 3 autres.

      2. _cameleon_ dit :

        @gl…
        « Il y en IA 2 ou 3 autres. »

        Padam quish ! (ou le son que fait le ‘snare’ et la cymbale qui souligne une joke dans la plupart des vaudevilles près de chez-vous.

  19. Layla dit :

    HS 32 cubains sont de retour au pays mais dans des boîtes avec la fanfare et tout ça pourquoi? Pour « capturer » Nicolás Maduro.

    « La télévision nationale cubaine a diffusé en direct jeudi matin le retour des restes de 32 de ses citoyens, qui ont été tués lors des frappes américaines contre le Venezuela. »

    Les restes sont arrivés dans des boîtes, plus petites que des cercueils, drapées dans le drapeau cubain.

    Les restes ont été reçus à l’aéroport international de La Havane par le président cubain et le ministre de l’Intérieur du pays, parmi d’autres hauts fonctionnaires du Parti communiste cubain.
    Le président cubain a dit:
    « L’ennemi parle avec euphorie d’opérations de haute précision, de troupes d’élite, de suprématie…»

    Euphorie c’est bien le bon mot pour décrire le meurtrier en-chef, capturer Nicolás Maduro c’est une chose mais en prenant des vies humaines, c’est une autre histoire, il n’y a pas de quoi être euphorique, mais qu’est ce que la vie pour lui autre que la sienne.

    Et comme si ce n’était pas assez, il s’applaudit que des cubains vont mourir en manquant de tout, comme s’ils avaient besoin d’être encore plus dans la misère.

    Il aurait dit quoi comme président cubain Marco Rubio au pseudo président sur ces meurtres?

    1. Haïku dit :

      @Layla
      Très bonne question !!

  20. ghislain1957 dit :

    Bezos, un Brown nose parmi les Brown nozes.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture