Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Donald Trump a déjà réussi à arracher 16 millions de dollars à Paramount dans le cadre de sa poursuite pour diffamation bidon contre 60 Minutes en lien avec une entrevue accordée par Kamala Harris en octobre 2024. Paramount était alors soupçonné d’avoir refusé de défendre l’émission d’information phare de CBS et la liberté de la presse pour faciliter sa fusion avec Skydance, fusion qui devait recevoir le feu vert de l’administration républicaine. Et voilà qu’aujourd’hui 60 Minutes est soupçonnée d’avoir censuré un topo pour ne pas déplaire à la Maison-Blanche. Tout ça au moment où Skydance-Paramount tente de racheter Warner Bros. Discovery.

Dimanche, peu avant la diffusion de son émission, la direction de 60 Minutes a annoncé qu’elle reportait à une date indéterminée la diffusion d’un reportage sur le CETCOT, cette prison du Salvador à la réputation de goulag où des centaines de migrants vénézuéliens, dont une bonne partie n’avaient aucun dossier criminel, ont été déportés par l’administration Trump au début de l’année. Certains d’entre eux ont témoigné des sévices qu’ils y ont subies dans des entrevues réalisées par la journaliste Sharyn Alfonsi.

Un porte-parole de l’émission a expliqué la décision de reporter la diffusion du topo en affirmant que « nous avons estimé qu’il fallait des vérifications supplémentaires ». Dans un courriel à ses collègues, Sharyn Alfonsi a affirmé que le reportage avait été reporté parce que l’administration avait refusé d’offrir des commentaires à 60 Minutes. Elle dit avoir contacté en vain la Maison-Blanche, le département de Sécurité intérieure et le département d’État.

« [Le reportage] est factuellement correct. À mon avis, le retirer maintenant, après que toutes les vérifications internes rigoureuses ont été effectuées, n’est pas une décision éditoriale, mais une décision politique », a-t-elle écrit. « Si le refus de l’administration de participer devient une raison valable pour enterrer un reportage, nous lui avons de fait donné un “bouton d’arrêt” pour toute enquête journalistique qu’elle juge gênante. »

Alfonsi impute à la nouvelle directrice de CBS News, Bari Weiss, la décision de reporter le topo. Weiss, journaliste anti-woke devenue apologiste du trumpisme, a été placée à la tête de CBS News sans expérience préalable en matière d’information télévisée. Plusieurs observateurs ont de nouveau vu dans sa nomination une volonté de la part de Skydance-Paramount de se gagner les faveurs de Donald Trump.

Chose certaine, ce dernier continue à avoir 60 Minutes à l’oeil. Il s’est plaint récemment de la décision de l’émission de diffuser une interview réalisée auprès de Marjorie Taylor Greene, qui a profité de l’occasion pour renouveler ses critiques à son égard.

La réputation de Weiss, déjà malmenée, survivra-t-elle à cette histoire. Et celle de 60 Minutes ?

P.S. : La déclaration de Weiss : « Mon rôle est de m’assurer que tous les reportages que nous publions soient les meilleurs possibles. Retenir des reportages qui ne sont pas prêts, pour quelque raison que ce soit — par exemple parce qu’ils manquent de contexte suffisant ou de voix essentielles — arrive tous les jours dans toutes les rédactions. J’ai hâte de publier ce reportage important lorsqu’il sera prêt. »

(Photo 60 Minutes)

57 réflexions sur “Censure politique à 60 Minutes ?

  1. Pierre Belley dit :

    Ça descend en vrille, crash US en vue ! Mayday, mayday, mayday. Il doit être très content ! https://www.youtube.com/watch?v=DrtgtHOrP94

  2. danygig dit :

    L’administration Trump fait du chantage auprès des médias.Et s’en tire à profit! $$

  3. Linda dit :

    Je me réjouis toutefois que dès que les démocrates prendront le pouvoir, ceux-ci pourraient utiliser la même médecine que les Maga-Trump, soit, menacer de poursuite.
    Non mais la population se bat et ces puissants s’écrasent comme des tapettes à mouches

    1. Pierre Belley dit :

      Ils ont peur, leurs avocats leur ont dit de prendre leur trou et de rester caché. Des chieux.

  4. Pierre dit :

    Faque le contrôle de l’information est au coeur d’une dictature bien menée HEIN LE GROS…………………..

  5. lechatderuelle dit :

    Ils s’enfoncent lentement mais sûrement dans l’autoritarisme.
    Ils y sont et ne semblent pas le voir.
    Le silence est bruyant tout autour… et chacun se débat avec son dossier plutôt que de se regrouper pour faire face…
    Ça semble si facile de prendre le contrôle d’un pays… 11 mois et il est déjà sous l’emprise de Projet 2025…

    Mais tout va bien, dans 11 mois, y’aura des élections, parait-il….

    1. Jocnob dit :

      Pas certain pour les élections à venir

  6. citoyen dit :

    bon ou méchant, on dirait qu’il y a toujours une invasion de quelque chose à la Maison Blanche.

    1. gigido66 dit :

      Là, le quelque chose, ce sont des rats musqués…et autres comme des rats d’égoût.

      1. Mona dit :

        @Gigido66 … ce n’est pas gentil pour les rats 🐁🐁 ;-))

  7. lechatderuelle dit :

    Bordel, il persiste et signe!
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2215629/groenland-ambassadeur-danemark-envoye-special-americain

    Le président Donald Trump a annoncé dimanche la nomination du gouverneur de Louisiane, le républicain Jeff Landry, au poste d’envoyé spécial des États-Unis au Groenland, vaste territoire autonome danois que convoite Washington.
    Dans un message publié dimanche sur son compte X, Jeff Landry a remercié Trump. « C’est un honneur de vous servir bénévolement pour faire du Groenland une partie des États-Unis », a-t-il écrit avant de préciser que sa nomination « n’affecte en rien » ses fonctions de gouverneur de la Louisiane.
    R-C

    Quelle année 2026 ce sera!

    Mutisme, aplaventrisme, obéissance aveugle, tout y est!

  8. Louise dit :

    Malgré tous les efforts de Trump pour museler les journaux ou les réseaux sociaux, tout le monde sait ce qui se passe à la prison CETCOT.
    Sans être au courant de tous les détails, tout le monde connaît l’état de santé de Trump.
    Sans avoir les photos et les documents Epstein, tout le monde sait que Trump n’est pas blanc comme neige dans les abus de jeunes filles mineures.
    Et c’est comme ça pour tout le reste.
    Trump ne cherche donc pas à sauver sa réputation, il cherche plutôt à sauver les apparences
    Il sait qu’il est un gars corrompu, il sait que les gens le savent mais dans son esprit tordu, il pense que si on n’en parle pas, ça n’existe pas. Surtout pas de preuves, pas de procès.

    1. bachibouzoukk dit :

      Je ne suis pas certain que le 🤡🍊sait ou réalise tout ce que vous venez d’énumérer, Louise.

      Il a une grosse roche rugueuse à la place du coeur.
      C’est probablement pour ça que son « coeur » n’a pas encore « lâché ».
      Il n’en a pas.

      Par contre, ce qu’il sait très bien, c’est qu’il obtient un immense plaisir pervers à écoeurer ou faire du mal à beaucoup de monde.

      Et il en est extrêmement fier en plus de ça.

  9. Syl08 dit :

    Ça sent le sure à la Maison Blanche.

    1. Haïku dit :

      @Syl08
      Fin r.enard ! 😉

  10. Jocnob dit :

    Le plusse meilleur pays du monde pour la liberté d’expression d’ailleurs protégée par un article quelconque de la constitution.

  11. probert dit :

    L’argent détermine tellement de choses aux USA, plus que les grands principes. Sur le plan personnel, les américains sont aussi très matérialistes (ils ne sont pas les seuls cependant). Comment pourraient ils en être autrement dans une société où on juge les gens à l’épaisseur de leur porte feuilles.

  12. freddyf1977 dit :

    Aujourd’hui, un petit leak sur YouTube, anonyme, de ce reportage est très facile.

  13. xnicden dit :

    Le courriel mis en lien est très troublant.

    Weiss qui n’a même pas la décence de rencontrer les journalistes en cause pour s’expljquer, c’est assez lâche merci. Mais on peut penser qu’elle devait craindre de devoir répondre à la question à savoir pourquoi le refus de réagir de l’administration est récompensé comme ça.

    1. xnicden dit :

      La cerise sur le sundae, Weiss qui explique maintenant que le reportage n’apporte rien de plus aux enquêtes déjà publiées par d »autres médias.

      https://x.com/i/status/2003109023705387478

      1. xnicden dit :

        Parti trop vite: d’où la nécessité de le retravailler.

      2. Haïku dit :

        @xnicden
        Merci pour l’info !

      3. Racza dit :

        @xnicden
        «d’où la nécessité de le retravailler. »
        D’où la nécessité de mieux se planquer pourrait-on dire
        Ce qui démonte tout argument éthique est que cette décision arrive peu de temps avant la diffusion…ce qui n’empêchera personne (suivez mon regard) pour insulter en lettres majuscules une incompétente au moment où elle se fera virer !

  14. Alexander dit :

    Une forme évoluée de racket de la protection?

    Tu censures les reportages incriminants et je te laisse faire tes grosses transactions financières. Tu me verses des rétributions et je légifère pour te favoriser.

    Et on donne l’immunité à ce type? Vraiment? La SCOTUS est finalement le plus beau ramassis d’idiots jamais vu aux EU: donner l’immunité à un criminel sans nuance, faut le faire.

    Lui et sa petite bande amènent l’abus de pouvoir et le détournement de fonds à de nouveaux sommets.

    Quand on va finir par faire le compte de tout ça, on va probablement calculer des milliards de fonds détournés durant cette présidence de ripous.

    Au moins, à date du moins, les opposants ne sont pas défenestrés. La méthode Poutine est plus létale, disons.

    Et dire qu’on a créé de toutes pièces le mouvement MAGA pour démoniser les élites. Ce sont ces mêmes super riches qui détruisent le filet de sécurité sociale des plus démunis pour s’en mettre plein les poches.

    Trump rit du peuple et s’emplit les poches devant eux. Systématiquement.

    L’escroc ultime.

    Mais la Vie va le rattraper. Clair de même.

  15. Richard Dufour dit :

    Censure politique et HS possible

    Comment les artisans de l’information, les journalistes, peuvent-ils endurer cette situation pourrie ?

    Il y a, je dirais, une introspection à faire avec cette première question, rapporter le mensonge, c’est la vérité ?

    Bien sûr que oui ………où non, c’est selon les perceptions, croyances et autres à priori mais la véritable question n’est pas au fond, ça donne quoi ?

    Quelle est l’intérêt de faire du mensonge à répétition une nouvelle. Ça fait depuis 2016 que les principaux organes d’informations usent de cette stratégie avec conviction, soit de rapporter le mensonge comme nouvelle et le pays s’enfoncent dangereusement dans autre chose que la démocratie.

    En même temps, n’est ce pas le rôle des journalistes de rapporter ce qui se passe au pays ?

    Cornélien comme situation !

    Je n’accuse pas les journalistes qui sont, semble t-il, pogné entre gagner leur vie et leur devoir !

    Je suis certain que les journalistes sérieux sont sensibles à ce dilemme parce qu’il est question d’une participation directe à l’enfoncement du pays, leur pays.

    Mon souhait pour l’année qui vient, que les journalistes passent enfin par dessus le fric. Que les journalistes fassent toute la place à la nouvelle. Que les journalistes, conscient de leur devoir de rapporter la nouvelle incluant le mensonge, s’obligent à vérifier et contre vérifier le mensonge.

    Comment font-ils ?

    Je ne sais pas mais si le journalisme est à l’image du pays, mon souhait est vain.

    Le défi sera de l’ordre de l’héroïsme !

  16. Madalton dit :

    Est-ce que Paramount vient de sécuriser son offre hostile auprès des actionnaires de WB?

    Paramount a intensifié son OPA hostile sur Warner Bros. Discovery en annonçant lundi que Larry Ellison garantirait personnellement les dizaines de milliards de dollars qu’il investit pour financer l’opération. Les Ellison permettront également aux actionnaires d’examiner les finances de leur trust familial.

    Pour contrer ces critiques, Paramount a annoncé que Larry Ellison, fondateur d’Oracle et père du PDG de Paramount, David Ellison, garantirait l’intégralité des 40,4 milliards de dollars de fonds propres qu’il investit pour financer l’opération de 78 milliards de dollars. Il s’agit d’une garantie importante, qui engage Larry Ellison pour environ un sixième de sa fortune, estimée à près de 250 milliards de dollars, en cas d’échec de l’opération.

    https://www.cnn.com/2025/12/22/media/paramount-warner-bros-ellisons-revised-deal

  17. Haïku dit :

    « 1984 » prise deux !

  18. Anizev dit :

    Et attendez que WB passe entre les mains d’Ellison et fils. Les chaînes de nouvelles ressembleront toutes à Fox News.

  19. papou142 dit :

    Ils vont retirer les séquences gênantes pour pas que les républicons passent pour des sans coeur…

  20. Gilles Morissette dit :

    Weiss n’est qu’une autre de ces larbins, sans expérience et encore moins d’expertise , placé à la tête d’une grosse organisation et dont le mandat est de tout faire afin de ne pas déplaire à l’ESCROC.

    En termes plus clairs, se prosterner devant lui afin de s’attirer les faveurs du gourou et qui sait, baiser « l’anneau divin de l’ÉLU.

    Voilà ou en est rendu la liberté d’expression dans le « SHIT HOLE COUNTRY ». On est devant un média public dont le rôle est de donner des informations justes et crédibles et qui trahi sa mission, ses auditeurs pour une question de fric, de transaction financière.

    Un intervenant sur ce blogue (Alexander, 22/12/2025 à 10:02) a parlé de « racket de la protection ». C’est exactement la façon dont il faut décrire ce qui s’est passé hier à l’émission de « 60 minutes ».

    Les explications de CBS puent la boulechite à 100 kilomètres à la ronde. Elles ont ZERO crédibilité. Tout le monde ayant un minimum de jugement et de discernement connait les vrais raisons de cette acte de CENSURE.

    Voilà ce qui arrive lorsque tu donnes du pouvoir à un tyran. Il en abuse encore et encore.

    « Merci » aux électeurs qui ont choisi ce sale type comme président. Bande d’enfoirés. Vous n’avez que ce que vous méritez.

    « Merci » également à la SCOTUS pour avoir permis au « tyran » de bafouer la Loi, la Constitution en lui donnant l’immunité et tous les pouvoirs pour le faire.

    Il est vraiment temps que cette année se termine. La cour est pleine. il n’y a plus de place pour jeter les déchets. Vivement 2026 en espérant qu’e cette année sera meilleure que 2025.

  21. Pierre-Olivier Tremblay dit :

    Good que les démocrates poursuivent alors, un petit cash facile et ou une jurisprudence pour plus jamais que ca arrive

  22. POLITICON dit :

    Ce qui est le plus inquiétant dans cette affaire, ce n’est même pas le report du reportage, c’est le précédent qu’on est en train de normaliser. Si le refus d’une administration de commenter devient un motif suffisant pour mettre un topo au frigo, alors le journalisme d’enquête n’existe plus. Il devient conditionnel à l’humeur du pouvoir.

    L’argument des « vérifications supplémentaires » sent le prétexte corporatif à plein nez. Quand une journaliste affirme noir sur blanc que le reportage est factuellement solide et que toutes les vérifications internes ont été faites, continuer à parler de rigueur éditoriale relève de la mauvaise foi. Ou de la lâcheté.

    Le contexte financier n’est pas anodin, il est central. Paramount a déjà payé 16 millions pour acheter la paix avec Trump. Maintenant que Skydance-Paramount cherche à grossir encore, comme par hasard, 60 Minutes commence à marcher sur des œufs. Ce n’est pas de la censure imposée par décret : c’est de l’autocensure stratégique, celle qui est la plus dangereuse parce qu’elle se fait en silence, sous couvert de professionnalisme.

    Quant à Bari Weiss, sa déclaration est un modèle du genre : lisse, interchangeable, vide de toute substance journalistique. Elle parle de « contexte » et de « voix essentielles » alors que la voix absente, c’est celle du pouvoir qui refuse de répondre. Depuis quand le refus de commenter donne-t-il un droit de veto sur la diffusion des faits?

    Trump n’a même plus besoin d’interdire quoi que ce soit. Il menace, il poursuit, il intimide — et les grands médias s’ajustent d’eux-mêmes. C’est exactement comme ça que la liberté de la presse se délite : non pas dans un fracas spectaculaire, mais dans une suite de petits reculs jugés “raisonnables”.

    La vraie question n’est donc pas seulement celle de la réputation de 60 Minutes. C’est celle de ce qu’il reste du journalisme quand les intérêts financiers commencent à dicter ce qui peut ou non être montré au public. Et la réponse, pour l’instant, n’est pas rassurante.

  23. Apocalypse dit :

    « La réputation de Weiss, déjà malmenée, survivra-t-elle à cette histoire. »

    Madame Weiss a été choisie et engagée pour faire justement ça! 🤮

    Il faudra voir si les gens qui crient à la censure et les baisses d’écoute calmeront les ardeurs de ces anti « first amendment »?

  24. gigido66 dit :

    Je m’excuse pour les rats “normaux”sur 4 pattes!…comme ça, ça va?😉

  25. Apocalypse dit :

    @POLITICON – 11:19

    « Ce qui est le plus inquiétant dans cette affaire, ce n’est même pas le reprt du reportage, c’est le précédent qu’on est en train de normaliser. »

    Et ce n’est pas fini, Paramount est en lice pour acheter Warner Bros et donc, les acheteurs – incluant Larry Ellison – mettraient la main sur CNN et je vous laisse deviner ce qu’il en adviendrait.

    Je crois toutefois que c’est Netflix qui va remporter la mise sur Warner Bros, ce qui créerait toutefois un autre gros problème…

  26. Apocalypse dit :

    @POLITICON – 11:19

    « Trump n’a même plus besoin d’interdire quoi que ce soit. Il menace, il poursuit, il intimide — et les grands médias s’ajustent d’eux-mêmes. »

    Effectivement, ça fait sans doute une bonne partie du travail de censure que veut la Maison-Blanche! 🤦‍♂️

  27. Richard Dufour dit :

    Politicon. 11h19

    Vous complétez très bien mon idée émise à 10h11.

    Il y a une formidable différence entre le journaliste et l’entreprise qui l’engage.

    Les intérêts de chacun sont plus souvent qu’autrement aux antipodes.

    Il devient utile de se demander si le journaliste va outrepasser l’intérêt du patron ? Je ne peux me convaincre que le journaliste, le vrai, soit fier de la tournure que prend son pays

    Et si le 4ième pouvoir abandonne ce droit à la liberté d’expression, que reste t-il de l’espoir, de la démocratie, du futur de ce grand pays ?

    1. POLITICON dit :

      Justement. Et c’est là que la promesse républicaine du free speech révèle toute son imposture.

      On nous a vendu la « liberté d’expression » comme un absolu à protéger contre les élites, les universités, les médias, les « woke ». En réalité, cette promesse s’est transformée en piège parfaitement huilé : la liberté d’expression est tolérée — voire célébrée — à condition d’être complaisante envers le régime trumpiste. Le reste devient une cible.

      Les journalistes, les vrais, se retrouvent pris en étau entre leur éthique professionnelle et les intérêts commerciaux, juridiques et politiques de l’entreprise qui les emploie. Quand un président peut intimider, poursuivre, faire plier des conglomérats médiatiques à coups de menaces et de procès bidon, ce n’est plus la censure classique : c’est l’autocensure institutionnalisée.

      Et c’est là que votre question frappe juste. Si le 4e pouvoir renonce — par peur, par calcul ou par survie financière — à exercer pleinement sa liberté, alors la promesse du free speech n’était qu’un slogan creux. Une arme retournée contre ceux qui y croyaient de bonne foi.

      Que reste-t-il alors ? Une démocratie de façade, où l’on peut parler tant qu’on ne dérange pas le pouvoir. Un pays où la liberté d’expression n’est plus un droit, mais une permission conditionnelle. Et aucun journaliste digne de ce nom ne peut être fier de ce glissement-là.

  28. MarcoUBCQ dit :

    La déclaration de Weiss : « Mon rôle est de m’assurer que tous les reportages que nous publions soient les meilleurs possibles dans le sens les plusse bon pour mon patron avéré: Donnedumalàtous Trompe. Retenir des reportages qui ne sont pas lèche-botte sur Trompe, pour quelque raison que ce soit que j’invente de toute pièce— par exemple parce qu’ils sont véridiques — arrive tous les jours dans ma tête confuse et aliénée. J’ai hâte de publier ce reportage important lorsqu’il sera magouillé pour plaire à mon Dieu vivant. »

    1. Haïku dit :

      @MarcoUBCQ
      Fort bien énoncé ! 😅👍

  29. MarcoUBCQ dit :

    Les citoyens ont élut un incompétent deux fois: pour ces gens l’illusion tient de réalité, car si quelqu’un est manifestement faux c’est bien celui-qui-faut-pas-nommer. Jung parlait de « persona », c’est-à-dire un personnage théâtral qu’on construit et qu’on adopte en public. Mais quand on reste notre persona en privé, l’acteur devient incapable d’être authentique et fini par croire que la pièce de théâtre dans laquelle il joue existe bel et bien.

    « L’american way of life » est un mensonge répété tellement souvent qu’une bonne partie de la population y croit. C’est un mensonge dans le sens que ce pays est le berceau de la discrimination généralisée. C’est un prolongement de l’esclavagisme, dans le sens que tous les groupes victimes de discrimination voient leurs droits diminués, voir même annulés quand ils sont emprisonnés pour des raisons factice (les prisons sont à but lucratif dans ce pays; les États-Unis ont le plus haut taux per capita de prisonniers au monde; plus que la Chine!).

    On peut donc résumer cette « culture war » par le désir d’une partie de la population de rester dans leur monde virtuel (comme dans « The Matrix »: « Certaines personnes sont tellement investies dans l’illusion qu’ils seraient incapables d’en sortir » (paraphrase de Morpheus). Trompe est un très, très, très mauvais acteur, mais ces gens tiennent à leur illusion et utilisent donc « la suppression de l’incrédulité » (suspension of disbelief; désolé si ma traduction est boiteuse) pour garder leur illusion en vie.

    Mais comme le conte « Les habits neufs de l’empereur », de plus en plus de personnes pointent Trompe du doigt en se rendant compte que son cerveau est vide d’humanité et que son coeur déborde de haine. La descente au enfer est largement en route, alors ce ne sont pas des sycophantes comme Weiss qui vont changer quelque chose.

    1. MarcoUBCQ dit :

      Those who voted for maga live in a virtual world where discrimination, injustice, death, sickness, lies and destruction are never commited by their members. Jung spoke of a « persona » that we build to protect our self in public. But when the actor stops being authentic and transparent, they start believing that the theater play they have a part in is real. Suppression of disbelief will blind them to whatever points to their theater play being an illusion. But their world is crumbling because the very bad actor that leads the maga illusion is, demonstrably, more and more transparent about his sheer insanity, immorality and hateful demeanor.

      1. MarieFrancineF dit :

        Excellent texte !
        Et que … » La descente au enfer est largement en route « …je le crois aussi.

    2. MarieFrancineF dit :

      « La descente au enfer est largement en route… »

  30. ghislain1957 dit :

    « Et voilà qu’aujourd’hui 60 Minutes est soupçonnée d’avoir censuré un topo pour ne pas déplaire à la Maison-Blanche. »

    De deux choses l’une, ce sont des lèche cul ou des pleutres. Oh wait? Ce sont le deux!

    1. POLITICON dit :

      Curieusement, force est de constater que Trump les a baisés de bout en bout — et qu’ils y ont laissé bien plus que leur crédibilité. Tandis que Donald, garde toujours le gros bout du bâton et s’en sort encore une fois indemne.

  31. MarcoUBCQ dit :

    Revue de presse, 21 décembre, – 3 –
    Par Ezra Klein, chroniqueur politique.
    Publié dans le New York Times.
    En janvier, j’avais fait une prédiction : « Je pense que nous avons atteint, ou presque, le pic de l’influence de Trump. » Aujourd’hui, alors que cette longue année touche à sa fin, je crois pouvoir l’affirmer plus catégoriquement : l’influence de Trump est bel et bien terminée. Et l’on perçoit déjà les prémices de ce qui la remplacera.
    Le changement d’attitude induit par Trump s’est traduit par un glissement de la culture et des institutions américaines vers le président Trump et le trumpisme, avec une force que sa courte victoire électorale ne pouvait expliquer. C’était Mark Zuckerberg arborant une chaîne et déclarant que le monde de l’entreprise était trop hostile à « l’énergie masculine ». C’étaient des dirigeants d’entreprise utilisant Trump comme prétexte pour reprendre le contrôle de leurs sociétés à leurs employés. C’était la conviction que la coalition de Trump pour 2024 – qui s’étendait de Stephen Miller et Laura Loomer à Elon Musk et Marc Andreessen, en passant par Robert F. Kennedy Jr., Joe Rogan et Tulsi Gabbard – marquait l’avènement d’une ère nouvelle plutôt que, comme beaucoup le pensaient en 2016, le dernier soubresaut d’une ère ancienne.
    À l’approche de 2025, les sondages créditent Trump d’une quarantaine d’opinions, certains le faisant même chuter sous la barre des 30 %. Les démocrates ont largement dominé les républicains lors des élections de l’année, remportant facilement les postes de gouverneur du New Jersey et de Virginie et obtenant des résultats supérieurs aux attentes dans quasiment toutes les circonscriptions où ils étaient en lice.
    Des républicains modérés ont pris leurs distances avec le président de la Chambre, Mike Johnson, pour soumettre à la Chambre un projet de loi démocrate visant à prolonger les subventions de l’Affordable Care Act. Marjorie Taylor Greene prend sa retraite. Elon Musk a déclaré regretter d’avoir rejoint l’administration pour diriger le soi-disant Département de l’efficacité gouvernementale. Joe Rogan a qualifié la politique d’immigration de Trump d’« insensée ». La droite est déchirée par des dissensions internes au sujet des dossiers Epstein et de la question de savoir jusqu’où
    l’ antisémitisme et le racisme anti-premières nations peuvent aller.
    Il y a un an, on entendait partout que Trump était devenu cool . Est-ce que quelqu’un le dit encore aujourd’hui ?
    Il y aurait beaucoup à dire sur les raisons et les modalités de l’échec du trumpisme. Mais un point de départ est le suivant : la victoire électorale de Trump et son influence culturelle étaient contradictoires. Trump a remporté l’élection de 2024 de justesse : 49,9 % des suffrages et une avance si infime dans les États clés que 175 000 voix supplémentaires auraient suffi à faire basculer le scrutin en faveur de Kamala Harris. Sondage après sondage, il est apparu que le coût de la vie était le principal facteur de la victoire de Trump.
    Mais la victoire de Trump a donné confiance et une couverture aux dirigeants, milliardaires, célébrités et institutions dont les frustrations et le ressentiment s’étaient concentrés durant les années Biden. Si Trump pouvait reprendre le pouvoir, eux aussi le pouvaient. Et ils l’ont fait : les entreprises ont démantelé les services de diversité, d’équité et d’inclusion dont elles n’avaient jamais vraiment besoin ; les humoristes se sont sentis libérés des censeurs ; les tests de pureté de la gauche ont cédé la place à la cruauté jubilatoire de la droite. La force de cette correction culturelle a donné au mouvement MAGA un élan que les résultats des élections n’ont jamais justifié. Cela a créé les conditions d’abus de pouvoir.
    « Rien dans les résultats des élections ne laisse penser que l’opinion publique souhaite un virage à droite radical », écrivais-je alors. « Mais Trump et son équipe sont à l’écoute des tendances en ligne et veulent surfer sur la vague qu’ils perçoivent. Je doute qu’il y ait eu de la modestie idéologique dans une administration Trump quelconque, mais je suis particulièrement sceptique quant à sa présence dans celle-ci. »
    Le trumpisme déçoit aujourd’hui les électeurs et l’opinion publique. Il déçoit les électeurs de la manière la plus flagrante : Trump a fait campagne en promettant des prix plus bas. Or, il a également défendu des politiques – droits de douane et expulsions – qui font grimper les prix en augmentant le coût des biens et de la main-d’œuvre. Trump n’a pas non plus cherché à convaincre les Américains qu’ils devaient supporter des prix plus élevés pour subventionner la production nationale, augmenter les salaires des Américains de souche ou isoler la Chine.
    Au lieu de cela, Trump a menti à ses électeurs. Il leur a promis que les Américains ne paieraient rien et gagneraient tout. Puis vint le jour de la libération, les marchés se sont mis à trembler, le prix du café a flambé et Trump s’est retrouvé pris entre ses convictions de longue date sur le commerce et la reconnaissance que les Américains ne veulent pas payer le prix de ses politiques. Il renonce aux droits de douane lorsque les répercussions se font sentir sur les marchés ou lorsque les restrictions chinoises à l’exportation menacent les fabricants américains, mais il n’a pas pour autant abandonné le projet.
    Il en a résulté un régime tarifaire qui a fait grimper les prix, semé la confusion chez les entreprises et aliéné les alliés, sans pour autant avoir obtenu de résultats significatifs. Les États-Unis ont perdu des emplois industriels en 2025. La politique d’isolement de la Chine a été de courte durée : après toute cette agitation, le droit de douane supplémentaire sur la plupart des produits chinois atteint 20 % et Trump vend désormais des puces Nvidia de pointe à la Chine. Le marché du travail s’affaiblit. Les déficits se creusent. Trump a beau attribuer une note maximale à sa gestion économique, un récent sondage NPR/PBS/Marist a révélé que seulement 36 % des Américains approuvent sa conduite de l’économie, et les démocrates ont pris l’ascendant sur ce sujet, avec quatre points d’avance.
    Et puis, il y a l’atmosphère. J’avoue être surpris que la réaction macabre de Trump aux meurtres de Rob et Michele Singer Reiner ait suscité autant d’indignation à droite. Trump réagit systématiquement aux tragédies personnelles par une cruauté narcissique. Il y a un mal qui le ronge. Mais ce mal, nous a-t-on répété à maintes reprises, était ce dont la société avait soif. Je pense notamment à l’article de couverture du New York magazine, « La table des enfants cruels ».
    L’offense peut être salutaire lorsqu’elle s’insinue dans un contexte de conformisme. Mais la cruauté érigée en culture dominante répugne la plupart des gens. « La question de l’immigration, telle qu’elle est présentée, est horrible », a déclaré Rogan en octobre. « Arrêter des gens devant leurs enfants – des gens normaux, des gens ordinaires qui vivent ici depuis 20 ans – c’est insupportable pour quiconque a un cœur. » Les vidéos de Nick Fuentes pourraient paraître subversives dans les discussions de groupe MAGA. Mais combien d’Américains se reconnaîtront dans un mouvement politique en partie dirigé par un suprémaciste blanc célibataire qui admire Hitler ?
    Durant le premier mandat de Trump, un désir constant de retour à la normale animait les esprits. Nombre de démocrates pensaient que Joe Biden, ou un candidat similaire, battrait Trump dans les urnes et rétablirait une compétition politique plus traditionnelle. Cela a suffi pour remporter l’élection de 2020, mais pas pour tourner la page du trumpisme. Au contraire, celui-ci a fait un retour en force en 2024. La normalité ne suffit plus. Le Parti démocrate devra incarner un renouveau, au lieu de se replier sur le passé.
    Il y a un an, les démocrates comprenaient l’importance de MSNBC et du Washington Post, mais semblaient déconcertés par YouTube et TikTok. Or, des démocrates plus jeunes et moins réticents – Zohran Mamdani à New York, James Talarico au Texas, Gavin Newsom en Californie – démontrent que les démocrates peuvent remporter la guerre de l’attention.
    Ce qui m’a frappé chez eux, c’est la manière dont ils incarnent une attitude radicalement différente de celle proposée par le trumpisme. L’expression emblématique du second mandat de Trump — celle qu’il a choisie pour son portrait officiel — est un froncement de sourcils . Le sourire de Mamdani en est désormais l’antithèse, omniprésent et suffisamment puissant pour réduire Trump à une banalité affable dans le Bureau ovale. L’attrait de Talarico puise ses racines dans sa foi chrétienne ; l’accueil qu’il reçoit reflète, en partie, l’aspiration à une politique explicitement morale et spirituelle face à tant d’insensibilité et de nihilisme. Newsom s’est hissé au rang de favori pour 2028 en suivant deux impulsions apparemment contradictoires : il raille Trump sur les réseaux sociaux tout en menant de véritables conversations avec des personnalités de droite comme Steve Bannon , Michael Savage et Charlie Kirk . C’est une politique de résistance paradoxalement associée à un pluralisme en quête de sens, et c’est ce qui a maintenu Newsom au sommet de mon fil d’actualité tout au long de l’année.
    La politique, bien sûr, ne se résume pas à une simple question d’ambiance. Dans le New Jersey, Mikie Sherrill a fait campagne sur la déclaration de l’état d’urgence pour geler les tarifs des services publics . Mamdani a axé sa campagne sur la gratuité des services de garde d’enfants et le gel des loyers. Talarico s’attaque à l’ économie de la colère sur les réseaux sociaux et à la corruption liée à l’influence des gros donateurs en politique. Newsom, quant à lui, prône l’abondance et une approche résolument politique du redécoupage électoral.
    La contestation politique s’oppose toujours au régime en place. Le repli sur soi et la cruauté sont voués à disparaître. Je pressens que la suite se présentera comme ouverte, amicale et résolument morale. Mais elle devra aussi proposer de manière crédible ce que Trump et le trumpisme n’ont pas su apporter : de véritables solutions aux problèmes des Américains.
    ***Note de Julie Drolet
    NB: Comme journaliste, je ne prends pas position sur le contenu des textes que je partage sur FB. Mon objectif est de partager avec vous mes lectures du jour.

  32. citoyen dit :

    C’est la fin des journées à 100 000 piastres dans les poches.

  33. infophile2 dit :

    60 Minutes, ce n’est pas n’importe quelle émission télé, c’est une émission phare de la démocratie américaine. Le report sine die d’un épisode marque un fort recul de cette démocratie et témoigne d’un impardonnable mépris des règles minimales de celle-ci. Cela ne doit pas se faire sans une bruyante protestation du public et des travailleurs de l’information.

    Bari Weiss doit être congédiée.

    1. Haïku dit :

      Je seconde !!

      1. MarieFrancineF dit :

        En effet, « 60 Minutes, ce n’est pas n’importe quelle émission télé ».
        Cette histoire est très troublante…et inquiétante…car cela ne semble pas faire beaucoup de bruit.

  34. pierre.s. dit :

    —————–

    dans ce pays aux prise avec une présidence corrompue
    il devient difficile pour les médias de décrire la réalité telle qu’elle l’est.

    Le président est un gros débile impliqué directement dans une sordide affaire
    de trafic sexuel de mineures.

    Le pays est en train de s’écrouler économiquement à cause de ce débile qui
    ne comprend absolument rien à l’économie.

    Le pays est en proie à une monté fulgurante du conservatisme d’extrême droite
    qui laisse présager l’instauration d’une dictature raciste et misogyne.

  35. Weiss a cru bon d’appliquer le même haut standard d’intégrité que le CataschTrumph Orange qui tweete (true-te ?) à deux heures du matin…

    https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/trump-truth-social-posts-binge-b2876416.html

  36. Racza dit :

    Test test

  37. michelm dit :

    voici lien du segment de 60 min https://www.muellershewrote.com/p/watch-the-60-minutes-cecot-segment

  38. Achalante dit :

    L’épisode a été coulé sur YouTube, probablement par un journaliste Canadien de la chaîne qui a les droits de ce côté-ci de la frontière. On s’attend bien sûr à ce qu’il soit enlevé rapidement, ce qui incite plusieurs à répandre la nouvelle le plus rapidement possible, et à télécharger/copier la/les (pour les versions en six extraits) vidéo(s) avant que tout soit retiré.

    Et bien sûr, TACO menace d’envoyer dans la même prison la personne qui serait responsable du coulage…

Répondre à AlexanderAnnuler la réponse.

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture