Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

À la veille de la visite récente de Mark Carney à la Maison-Blanche, la collègue de La Presse Mélanie Marquis avait évoqué les risques que représentait la rencontre pour le premier ministre canadien, dont celui de « se faire zelenskyer » dans le bureau Ovale devant les journalistes. Carney avait évité le sort du président ukrainien au même endroit plus tôt cette année, mais ce ne fut pas le cas ce mercredi pour le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a dû endurer les fausses allégations de Trump concernant le « génocide » des Afrikaners dans son pays.

Après des plaisanteries initiales, l’occupant de la Maison-Blanche a piégé son invité en faisant tamiser les lumières du bureau Ovale pour diffuser une vidéo sur la soi-disant persécution des Afrikaners. Un des clips montrait le dirigeant d’un parti d’opposition sud-africain en train de chanter « Tuons le Boer », une allusion aux descendants des colons néerlandais qui ont dominé l’Afrique du Sud sur le plan politique et économique et instauré le régime d’apartheid.

Trump a également remis au visiteur des photocopies d’articles sur le « génocide » dont seraient victimes les Afrikaners et haussé le ton pour déplorer la décapitation de fermiers blancs. « Vous dépossédez les gens de leurs terres et, dans de nombreux cas, ces personnes sont exécutées », a déclaré Trump en adressant à Ramaphosa des allégations infondées.

Sur un ton calme et posé, le président sud-africain a répondu que l’ANC, le parti de Nelson Mandela sous la bannière de laquelle il a été élu, a rejeté les appels à la violence du politicien montré dans la vidéo. Il a également expliqué à Trump que les données sur la criminalité indiquaient que les fermiers blancs n’étaient pas plus susceptibles que les autres groupes d’être victimes de la criminalité en Afrique du Sud. Il a ajouté que son ministre de l’agriculture était blanc.

Mais Trump n’a même pas daigné regarder son invité lorsque ce dernier lui a offert ces explications et sa physionomie est restée celle d’un homme buté.

Trump a changé de ton et d’attitude de façon remarquable quand des Sud-Africains blancs accompagnant Ramaphosa, dont un golfeur professionnel et un homme d’affaires milliardaire, ont pris la parole. Ces derniers ont reconnu les problèmes de criminalité en Afrique du Sud mais aucun d’eux n’a adhéré à la thèse du génocide des Afrikaners populaire depuis des années auprès des suprémacistes blancs.

Malgré sa meilleure attitude à leur endroit, Trump n’a pas semblé être convaincu par leurs arguments.

Je publie ci-dessous le commentaire sur X de l’ex-ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud sous Barack Obama. Le mot « honteux » n’est pas trop fort.

(Photo EPA)


44 réflexions sur “Le président sud-africain « zelenskyé » dans le bureau Ovale

  1. Trump a fait ça comme un grand sans la présence de Vance. Bravo champion.

    1. Richard Desrochers dit :

      C’est sans doute parce que Vance ne pouvait demander à Ramaphosa de remercier DT.

      1. Haïku dit :

        @Daniel A.
        @Richard Desrochers

        Excellent ! 😉👍

  2. Rej dit :

    Quel salaud…. le président sud africain a dit à la mi-blague « malheureusement je n’ai pas d’avion à vous offrir » et Trump de répondre « mais on le prendrait votre avion!!! »

    Mais où s’en vont les USA……

    1. Madalton dit :

      Ils ont des diamants par contre…

      1. Richard Desrochers dit :

        De là, on pourra dire qu’occuper l’Afrique du Sud est une question de sécurité nationale.

      2. Rej dit :

        Des diamants… c’est des terres rares ça??? hum… intéressant!

        Sérieux, je ne pense pas que le gouvernement ait bien de la latitude pour ces diamants, pas comme les princes dictateurs au moyen orient qui roulent dans les milliards.

      3. Achalante dit :

        Ah! Peut-être une bonne idée! Ils offrent des (faux) diamants sertis dans de l’or (10k max, encore mieux si ce n’est que plaqué), et ce n’est qu’au moment où ce type tente de les revendre pour payer des dettes qu’il se rend compte que ça ne vaux que des clopinettes. Peut-être que le Canada pourrait le faire? On a des mines de diamants aussi!

  3. Mcdodo dit :

    Tout ça ça vient du 🐀 Musk
    Et le gros 🤡 croit dur comme fer la fake new.de toute façon yé pu capable de différencier la vérité du mensonge

  4. Rej dit :

    Et le président Ramaphosa avait été futé, il avait 2 golfeurs et un homme riche, tous blancs blancs. Ce que Trump aime plus que tout.

    Carney l’a échappé belle quand on y pense…

  5. Syl08 dit :

    Je crois qu’ils sont en train de préparer un remake de Surprise, surprise. Ils piègent les gens et le tout sera diffusé l’automne prochain avec Abbott et Costello comme animateurs ( c’est plutôt Trump et Vance, excusez-moi). Non, mais quel manque de respect. À ce rythme, plus personne ne voudra aller les rencontrer.

  6. bloglo dit :

    comment descendre plus bas ? je n’ai plus de mots

  7. Macthieu dit :

    🪘 Proverbe africain (interdit de séjour à Mar-a-Lago)
    « Quand un babouin grimpe au baobab avec des photocopies,
    c’est pas pour dialoguer —
    c’est pour marquer son territoire à coups de conneries plastifiées. »

    🧠 IA, sidérée :

    « Il appelle ça diplomatie. Moi j’appelle ça une diarrhée verbale avec rétroprojecteur. »

  8. Gilles Morissette dit :

    Bravo au président Ramaphosa pour avoir réussi à garder son calme, devant le tsunami de mensonges proférés par le GROS JAMBON PAS DE CLASSE.

    On savait que celui ci était un malappris, un vaurien, un voyou qui se comporte comme un enfant « pas éduqué » à qui on donnerait volontiers une bonne « fessée » afin de lui apprenne les bonnes manières. Il vient, encore une fois d’en faire la démonstration.

    J’ai l’impression que le président SA se doutait un peu qu’il se ferait piéger et qu’il avait pris, conséquemment, des précautions comme celle d’amener avec lui deux (2) personnes crédibles qui, en deux temps trois mouvements, ont démoli les assertions du FILOU.

    J’ai adoré sa répartie sur l’avion ». En plein de la sale gueule d’enfoiré de « 47 ». C’était, en terme de baseball, l’équivalent d’une balle rapide de 100 mph au coin extérieur du marbre.

    1. gl000001 dit :

      J’aime mieux celle à l’intérieur. Très à l’intérieur qui fait se jeter au sol le frappeur.

      1. Gilles Morissette dit :

        @gl000001 (15:43)

        C’est ma préférée. Elle envoie un message sans équivoque au frappeur surtout si le lanceur est Nolan Ryan !!!

    2. Jean-Guy Pouliot dit :

      « …on donnerait…une bonne fessée » Je vous garantis qu’avec moi ce ne serait pas au niveau des fesses…

  9. gl000001 dit :

    « sa physionomie est restée celle d’un homme buté. »
    Le mot « buté » à deux sens !!! 😉

    1. jmaveja48a dit :

      A titre personnel je vais prendre le 1 er degré… Ne dit-on pas jamais deux sans trois

  10. lechatderuelle dit :

    Maintenant les Chefs d’état pourraient se passer le mot et éviter d’aller à sa rencontre….
    C’est un gros con pareil… on le sait tous… alors pourquoi aller subir ça?

    Les pays devraient éviter les rencontres face à face avec le Gros et le poupon barbu.
    Sinon pour leur servir des taloches de savoir-vivre…

    Quel Gros épais….

  11. loulaf dit :

    Évidemment, le président Ramaphosa étant Noir, il ne fallait pas s’ attendre à ce que le gros raciste lui étendre le tapis rouge.
    Il a été fidèle à lui- même, pas de classe , aucun décorum pour le président d’ un pays.
    Il avait déjà préparé son  » freak show » basé sur de fausses informations venant de Musk ?

    Il fait juste confirmer devant le monde entier ce qu’ il est , un nul de la pire espèce!

  12. Madalton dit :

    Seuls les dirigeants du G7 seront reçus de façon décente à la WhoreHouse. Les autres devraient rester chez eux et tenir une vidéoconférence. Moins risqué. Tu peux toujours y mettre fin à tout moment. En plus, aucun journaliste comme témoin.

  13. MarcB dit :

    L’ami blanc de Donald qui a quitté l’Afrique du Sud il y a des décennies dit qu’il y a persécution, le président noir dit qu’il n’y en a pas.

    Qui Donald va-t-il croire?

    « ‘I am the least racist person there is anywhere in the world’ »
    -Donald
    https://www.washingtonpost.com/video/politics/trump-i-am-the-least-racist-person-there-is-anywhere-in-the-world/2019/07/30/8e987532-cb7a-407f-a885-0f94f7d04aa1_video.html

  14. bloganon dit :

    Donald se ridiculise un peu plus chaque jour, dans ses dorures ou à l’étranger.

  15. M Beauregard dit :

    Il a son avion…et il s’en va au golf en fin de semaine probablement pour gagner un autre tournoi.

    1. M Beauregard dit :

      j’oubliais son soupé jeudi soir les 200 qui ont investit le plus dans sa cryptomonnaie et visite à la maison blanche et rencontre avec lui pour quelques dollars.

  16. claudube dit :

    Tout calculé, 8647

  17. ctbourgeois dit :

    Il maltraite ses homologues qui le contredisent, un show digne d’une télé-réalité dans le bureau ovale dans le but de les confondre, son attitude démontre qu’il est un président non fréquentable. Il a aussi engueulé sans retenue un journaliste qui a osé poser une question sur l’avion qu’il a accepté en cadeau du Qatar.

    Son comportement hostile est outrageant, il est de plus en plus évident qu’une rencontre avec lui est risqué et ces scènes rebuteront d’autres dirigeants à se rendre à la MB.

  18. marcandreki dit :

    Et pendant que se déroule un génocide imaginaire en Afrique du Sud, Trump et le GOP négocient un autre genre de génocide mais pas moins réel en coupant, USAID, Medicaid, les food stamps, Fema, la recherche sur les maladies infantiles, les changements climatiques et que sais-je encore. Avec le big beautiful bill, Environ 40% de la population moins nantie aux states en aura moins pour son argent pour que les riches en aient encore plus, comme au bon vieux temps de l’apartheid. Beaucoup en mourront. Lentement. Pas grave ils sont noirs ou Hispanos.

    1. jmaveja48a dit :

      J’ai envie de dire ces connards en votant où en s’abstenant de voter pour l’étron, savais que cela arriverait. J’ai aucune clémence pour eux, si ils crèvent c’est de leur propre faute

  19. Pierre Belley dit :

    Maudit que j’aurais honte d’être étasunien.

    1. Sergueï Krympoff dit :

      Vous seriez surpris de constater le nombre de citoyens étatsuniens qui sont d’accords avec cet abruti fini. Ce ne sont ni les Mexicains, ni les Canadiens qui l’ont élu et qui lui ont offert la majorité politique et le contrôle de la Chambre des Représentants et du Séna. Non, ce sont les amerloques pure jus qui l’ont placé aux commandes afin de se débarrasser des wokistes. On ne peut donc pas les plaindre. Ils en sont les grands responsables. Ils voulaient un bouffon du roi à la place du roi, ils l’ont.

  20. Duduche dit :

    Ramaphosa aurait dû faire comme Carney et laisser Corrompu-47 déblatérer son discours sans essayer de le contredire. À quoi ça sert d’essayer d’expliquer la réalité complexe des choses à un pépé sénile trop narcissique pour se concentrer sur autre chose que ses préjugés superficiels?

  21. xnicden dit :

    Un golfeur et un milliardaire…M. Ramaphosa a été très habile de se faire accompagner par ces Sud-Africains blancs. La chose a sans doute été surprise et c’est cela de pris.

    Bravo aussi à ces messieurs qui ont été de vrais patriotes, car ce n’est pas parce qu’ils vivent sur un autre continent qu’ils seront à l’abri de menaces sérieuses et ils le savent certainement.

  22. POLITICON dit :

    LE THÉÂTRE DE L’HUMILIATION: TRUMP, METTEUR EN SCÈNE DE LA HONTE

    Il fallait s’y attendre : Donald Trump ne résiste jamais à l’occasion de transformer la diplomatie en cirque, surtout lorsqu’il peut en tirer un peu de capital politique auprès de ses fidèles. Cette fois, c’est le président sud-africain Cyril Ramaphosa qui s’est retrouvé piégé dans une mise en scène indigne du Bureau ovale, transformé pour l’occasion en salle de projection de la haine et de la désinformation.

    Le président américain – dont la principale stratégie semble consister à rabaisser les autres pour se donner de la hauteur – a orchestré un spectacle grotesque en diffusant une vidéo alarmiste et mensongère sur un prétendu « génocide » des Afrikaners. Sans vérification, sans nuance, sans décence. L’objectif : humilier un chef d’État étranger, détourner l’attention de ses propres déboires, et flatter les obsessions idéologiques d’une frange extrémiste de son électorat.

    Trump n’en est pas à son premier numéro. Il aime instrumentaliser la présence d’un chef d’État pour servir un narratif populiste, biaisé, voire carrément raciste. Cette fois, il pousse l’indignité plus loin : ignorer sciemment les réponses calmes, argumentées et dignes de Ramaphosa pour mieux se complaire dans la posture du cow-boy ignorant et désinformé.

    Ce mépris affiché pour la vérité, pour la diplomatie, pour la complexité des réalités sociales de l’Afrique du Sud, est symptomatique d’un homme qui ne gouverne pas – il provoque. Et pendant que Trump joue au justicier des Blancs opprimés dans un pays qu’il ne comprend pas, les États-Unis s’enfoncent dans leurs propres crises : polarisation sociale, menaces à la démocratie, érosion de la confiance dans les institutions.

    Mais imaginons un instant que Donald Trump, lors d’un futur voyage d’État, soit traité avec le même mépris théâtral. Imaginons qu’un chef d’État étranger, une fois les caméras installées et les lumières tamisées, lui diffuse en boucle des vidéos de l’assaut du Capitole du 6 janvier, des discours où il encourage la violence, des extraits de ses mensonges électoraux, des insultes racistes, sexistes et anti-migrants.

    Imaginons qu’on lui tende des copies d’articles sur les morts évitables pendant la pandémie sous sa présidence. Qu’on lui rappelle ses liens troubles avec des dictateurs, sa glorification de la brutalité policière, son mépris des minorités, son acharnement contre les journalistes. Qu’on évoque les poursuites judiciaires en cours, ses condamnations, ses entreprises en faillite, ses dettes, sa misogynie notoire. Et pendant qu’il tente de bredouiller une justification, que son hôte détourne le regard, l’ignore, ou pire — ricane.

    Mais les autres nations n’ont pas oublié. Le monde regarde. Et le jour viendra peut-être où Trump, débarquant à l’étranger pour serrer quelques mains, sera accueilli non pas avec des honneurs, mais avec un miroir. Un miroir cruel, fidèle, brut. Celui d’un homme qui, après avoir passé des années à salir les autres, devra enfin faire face à son propre reflet.

  23. Pierre Belley dit :
    1. Haïku dit :

      @Pierre Belley
      Bon rappel musical ! 🎵👍

  24. Capucine dit :

    C’est de la faute à Trump avec son Make Afrikaners Genocized Again

  25. simonolivier dit :

    Quand le Président Sud-Africain lui a parlé du « Eminent Domain » pour expliquer le pourquoi de la loi sur la redistribution des terres, j’ai un instant pensé que le gros plouc lui aurait demandé si ce domaine a 18 ou 36 trous.

    1. xnicden dit :

      🤣🤣

  26. Cerveau dit :

    &#*@!!! Mais est-ce que c’est des trophées de chasse en arrière plan??? C’est assez débile comme élément de décor derrière le fauteuil de Ramaphosa.

  27. Charles IV dit :

    Ce ti- coune a déclaré que l’Ukraine avait attaqué la Russie. Il peut dire n’importe quoi. La vérité ne fait pas partie de ses priorités. Quand les USA se décideront-ils à le renfermer? Il est DANGEREUX.

  28. citoyen dit :

    on dirait de l’usure démocratique…

  29. Luc castonguay dit :

    Ripou premier, le grand défenseur des riches hommes blanc d’Afrique du Sud. C’est-tu épouvantable. Il a eu tellement le cour brisé quand Elon lui a révélé cela!

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