Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le Parti démocrate est engagé depuis quelques semaines dans une « primaire fantôme », c’est-à-dire à une course préliminaire à l’investiture pour l’élection présidentielle de 2028. Pete Buttigieg, ancien secrétaire aux Transports, est entré dans cette course mardi soir en participant à une assemblée publique à Cedar Rapids, dans l’Iowa, État où il a remporté son unique victoire lors de la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020. Avant de s’adresser à une foule d’environ 1 600 personnes, il a accordé une interview où il a déclaré qu’il « évaluerait » le bien-fondé d’une deuxième campagne présidentielle en examinant « ce que j’apporte au débat ».

Buttigieg se joint ainsi à d’autres candidats virtuels ou potentiels dont les déplacements et les interventions dans des États clés donnent déjà à penser qu’ils nourrissent également des ambitions présidentielles. Figurent parmi ce groupe les gouverneurs Tim Walz (Minnesota), JB Pritzker (Illinois), Wes Moore (Maryland) et Gavin Newsom (Californie), de même que le sénateur Ruben Gallego (Arizona) et Gina Raimondo, ancienne secrétaire au Commerce et gouverneure du Rhode Island.

Lors de l’assemblée publique de Cedar Rapids, Buttigieg n’a pas prononcé une fois le nom de Donald Trump. Cependant, il a suscité les applaudissements de la foule en faisant allusion à l’opposition des Américains à tout autoritarisme.

« Nous n’avons jamais été une démocratie parfaite, a-t-il dit. Mais la démocratie est la chose la plus importante de notre pays, et notre pays est la plus importante démocratie. Je ne serais donc pas ici si je ne pensais pas que notre pays ne pouvait pas être à la hauteur de cela, [et] qu’au bout du compte, la grande majorité des gens dans ce pays comprennent que ce qui fait de l’Amérique l’Amérique, c’est que le peuple américain ne s’incline devant aucun roi. »

Buttigieg n’a pas présenté d’initiatives particulières mais il a affirmé que le Parti démocrate devrait fonder son programme sur les principes de « liberté, de sécurité et de démocratie, bien compris ». Il a aussi déclaré que les candidats démocrates devraient utiliser toutes les plateformes disponibles pour rejoindre les électeurs, y compris celles qui ne s’adressent pas exclusivement aux mordus de la politique ou aux démocrates.

Après l’assemblée publique, les journalistes l’ont questionné sur les révélations des journalistes Jake Tapper et Alex Thompson, auteurs du livre Original Sin sur le déclin de Joe Biden et les efforts de son entourage pour le camoufler. Le parti se serait-il mieux porté si Biden ne s’était pas représenté ? « Peut-être », a répondu Buttigieg. « Aujourd’hui, avec le recul, je pense que la plupart des gens seraient d’accord pour dire que c’est le cas. »

Buttigieg n’a pas répondu directement lorsqu’on lui a demandé s’il s’était aperçu du déclin cognitif de Biden. Cependant, selon le compte-rendu du New York Times, il a précisé que lorsque Biden et lui-même ont traité de l’effondrement du pont Francis-Scott-Key à Baltimore au printemps dernier, « le président que le monde a vu s’occuper de cette question était le président avec lequel je me trouvais dans le bureau Ovale ».

P.S. : Les photos de l’assemblée publique de Cedar Rapids sont frappantes à plus d’un égard. Elles soulèvent notamment la question sempiternelle concernant Buttigieg : serait-il capable d’attirer autant de personnes dans une ville qui ne serait pas monochrome (ou blanche, pour être plus précis). En 2020, il avait été incapable de percer l’indifférence ou la méfiance de l’important électorat afro-américain.

(Photo The Gazette)

27 réflexions sur “Pete Buttigieg, Joe Biden et la « primaire fantôme »

  1. Les USA la plus importante démocratie. Hum, comme Donald qui dit que c’est la première démocratie et que les Etats-Unis ont des relations avec l’Italie depuis la République Romaine

    1. jeani dit :

      Vous avez raison. La plus importante démocratie, selon de vrais indices de démocratie, est à peine au 29e rang. Avec l’idiot trump, les USA devrait continuer à prendre une débarque. En passant, Pete a raison que cette démocratie est imparfaite car ce rang lui confère cette « qualité ».

      Pour le reste, go Pete go ou en français québécois, allez Pete allez!

    2. delicatelypeace15d153da59 dit :

      Évidemment qu’il était là le rat pendant l’empire romain.
      Quel manque de culture!
      Et l’Italie est une republique mon ti-coune.
      Et pour les compagnies pharmaceutiques qui vont réduire les coûts de 60, 70, 90 et même plus, dit-il. Ça et

      1. gl000001 dit :

        Une république peut être une démocratie.

  2. Léo Mico dit :

    On dirait que malheureusement, aux USA, la seule valeur qui arrive à unir le plus de personnes c’est la haine.

  3. Mcdodo dit :

    Juste un ressemblent à voir la photo ça promets pour la suite

    1. Haïku dit :

      @Mcdodo
      Fort possible !

  4. bloganon dit :

    Les démocrates feraient mieux de présenter en 2028 un candidat très différent de Donald, sauf au plan démographique. Trop de femmes et de membres d’une minorité ne veulent voter pour personne d’autre qu’un homme blanc hétérosexuel.

  5. POLITICON dit :

    NE PAS SE TROMPER DE CANDIDAT :2028, L’ÉLECTION DE LA DERNIÈRE CHANCE

    La primaire démocrate pour 2028 a beau être qualifiée de « fantôme », elle n’a rien d’illusoire : elle est le prélude à une bataille existentielle pour l’âme des États-Unis. À ceux qui observent avec indifférence les premiers pas de figures comme Pete Buttigieg ou Gavin Newsom, il faut rappeler une vérité brutale : l’élection présidentielle de 2028 pourrait être celle qui fera basculer l’Amérique vers l’autoritarisme — ou la sauver.

    Donald Trump a démontré qu’un homme seul, soutenu par un parti de plus en plus soumis à sa vision, peut affaiblir les garde-fous institutionnels et légitimer la haine, le mensonge et le pouvoir sans partage. En 2024, il a repris le contrôle du Parti républicain sans la moindre opposition significative. Son influence reste massive. Ceux qui pensaient que sa défaite de 2020 l’avait discrédité, ont commis une erreur stratégique majeure. Trump n’était pas affaibli : il s’était enraciné.

    C’est pourquoi le choix du prochain candidat démocrate est crucial. Ce n’est pas le moment de faire un pari risqué, ni de promouvoir un nom simplement parce qu’il est jeune, brillant ou médiatiquement habile. Il faut un leader capable de rassembler, d’inspirer, de mobiliser une coalition aussi large que possible : jeunes, classes populaires, minorités racisées, ruraux déçus, progressistes et modérés. Ce leader devra faire face non seulement à une droite extrême mais aussi à un pays désabusé, méfiant, lassé des promesses creuses.

    Pete Buttigieg, malgré son éloquence, traîne encore une image de candidat élitiste, incapable de créer une connexion authentique avec les électeurs afro-américains ou ouvriers. D’autres noms circulent, mais aucun ne fait encore consensus. C’est précisément là que réside le danger : l’hésitation, la dispersion, l’illusion que nous avons le luxe de choisir sans urgence.

    Si le prochain président est un imitateur autoritaire — ou pire, un original encore plus habile — il pourrait enterrer ce qui reste de l’équilibre constitutionnel américain. Les lois électorales, l’indépendance judiciaire, la liberté de la presse, les droits civiques : tout pourrait être balayé par un pouvoir sans freins, déterminé à punir l’opposition et à cimenter son règne.

    Ce n’est donc pas une question de partis, ni même de programmes. C’est une question de survie démocratique. Le Parti démocrate n’a pas droit à l’erreur. Il lui faut un candidat de front, de terrain, capable non seulement de débattre, mais de galvaniser les foules. Capable de parler aux sceptiques et de rallier les blessés du système. Capable d’incarner une Amérique debout.

    Les prochains mois ne doivent pas être un jeu de postures. Ils doivent être une course au salut. Et chaque militant, chaque électeur, chaque décideur dans ce parti a une responsabilité immense : choisir non pas celui qui plaît, mais celui qui peut gagner — et qui saura protéger la démocratie.

  6. lechatderuelle dit :

    IL a répété un tas de phrases creuses… L’Amérique est ceci et cela…
    Pourtant, ce n’est pas ce qu’on voit depuis 25 ans….
    L’Amérique des États-Unis aiment plus la violence et l’indifférence à l’ouverture aux autres et la la démocratie…

    Buttigieg semble se fier aux mêmes stratèges que Biden et Harris ont eu à la dernière élection…
    Des discours gentils, plein de beaux mots mais jamais de gestes concrets, jamais de prise de position…

    Il devait nommer l’Éléphant dans la pièce. Il devait pointer les écarts, les abus, les distorsions…
    Il devait faire preuve de courage et d’audace…

    Il a joué son rôle de jeune Premier, gentil. élégant et sympathique…
    Bon ben next.

  7. NStrider dit :

    « « Nous n’avons jamais été une démocratie parfaite, a-t-il dit… »
    Les MAGAs dans 3…2…1… : on n’ est pas une démocratie, on est une république.

  8. Apocalypse dit :

    J’aime bien AOC, mais Pete Buttigieg est mon choix pour 2028, mais on se demande si les États-Unis sont prêts à mettre une femme ou un homme homosexuel, quelque soit leur qualité/valeur, dans la Maison-Blanche?

    On a malheureusement l’impression que la réponse est non! 😞

    On verra bien…

    1. Rick dit :

      Disons-le franchement…Pete est gai, ce qui l’exclut du poste suprême. Un autre est Noir, une autre est femme, et ne pourraient pas être élus. Un homme blanc, marié, centriste, un peu grande gueule et provocateur…ira chercher un maximum de votes. Sinon, ce sera Trump jusqu’à ce qu’il lève les pattes.

  9. Apocalypse dit :

    @POLITICON – 12:36

    Excellent post (👍👍👏) avec lequel je suis tout à fait d’accord!

    « NE PAS SE TROMPER DE CANDIDAT :2028, L’ÉLECTION DE LA DERNIÈRE CHANCE »

    Oh que oui!

  10. Syl08 dit :

    Peut-être trop cérébral pour le bon peuple?

    1. gl000001 dit :

      Les quelques fois ou il est allé à Fox News, il les a mis dans sa poche sans avoir recours à de trop grands mots. Il semble capable d’adapter son discours.

      1. Haïku dit :

        Effectivement !

  11. Bloglo dit :

    même si M. Buttigieg semble compétent, les démocrates vont avoir besoin d’un candidat male blanc. Les mœurs politiques américaines et le débat actuel sur les wokes font en sorte que les démocrates n’auraient aucune chance avec un homosexuel, une personne LGBTQ, une femme, une personnes de couleur ou n’importe quelle combinaisons autre que mâle blanc.

    c’est terrible à dire, mais il faudra bien qu’ils se trouvent une solution pour se débarrasser de la pire gang de républicains de l’histoire

  12. drivenwildlyc7ef398d85 dit :

    le meilleur candidat et de loin. Il a toutes es qualifications requises et un QI hors norme, MAIS son plus gros handicap est son homosexualité et ça, les dinosaures Américains (57% d’illétrés pratiques) le l’accepteront JAMAIS.

  13. kintouai dit :

    Triste à dire, mais, peu importe les grandes compétences de Pete Buttigieg (ça s’écrit comme ça ne se prononce pas !), il n’a aucune chance de devenir président du shithole USA, tout simplement à cause de son orientation sexuelle. Point barre !

    1. kintouai dit :

      J’aurais dû ajouter, pour éviter tout ambiguïté, que ce n’est pas une opinion personnelle, mais un constat de l’abrutissement et de la mentalité rétrograde des tarés d’Amaricains.

      Je ne comprends pas comment il se fait que la « gauche » amaricaine ne s’est pas encore rendu compte que le peuple amaricain, débile parmi les débiles, préférera toujours élire à la présidence un criminel fraudeur, corrompu, violeur et semeur de haine, pourvu qu’il soit bien superficiel, inintelligent, bling-bling, menteur et grande yeule plutôt qu’un homme ou une femme posé(e), sensé(e), dédié(e) au bien-être de tous les Amaricains (et non au sien propre).

      Je ne comprends pas pourquoi la gauche internationale n’a pas encore compris qu’au lieu de défendre tous les rejetés et tous les démunis, elle s’entête à ne livrer combat que pour les minorités (raciale, sexuelle et autres) qui, comme leur nom l’indique, ne sont que des minorités, se privant ainsi de l’adhésion de la majorité de ceux qui souffrent, lesquels à défaut d’être défendus, se tournent vers les marchands de rêves de la droite et de l’extrême-droite.

      1. Kay dit :

        J’appuie tout à fait vos propos et ceux allant dans le même sens. Étant moi-même issue d’une minorité ethnique et ayant des membres de ma famille qui font partie de la communauté LGBT + je me questionne franchement sur les motivations des démocrates à tenter de faire élire un candidat qui « dévie » de la « norme » pour la course à la présidentielle 2028. Acharnement? Aveuglement volontaire? Idéal du monde ne cadrant pas avec la réalité des USA? Ou simple stupidité. Dans tous les cas, l’enjeu est de taille et le réveil risque d’être brutal si aucun wake up call n’est fait.

  14. Gilles Morissette dit :

    J’aime bien Pete Buttigieg. Il apporte un vent de fraicheur dans un univers politique sclérosé ou les idées trop avant gardistes ne sont pas toujours acceptés.

    La question posé à la fin du post de M. Hétu (P.S.) représente le véritable défi auquel sera confronté Buttigieg. Le même constat s’applique également aux autres candidats potentiels mais à des niveaux différents.

    Cette « primaire fantôme » a son utilité. D’abord, il n’est jamais trop tôt pour commencer le travail en politique. Les « Mid Terms sont dans dix huit (18) mois et il n’y a pas de temps à perdre si on veut espérer faire perdre aux Républicains leur main mise au Congrès.

    Cette « primaire » permettra également aux « candidats de se faire connaître, de tâter le terrain, d’évaluer leurs chances dans une véritable course ou il y aura des débats.

    Kamala Harris pourrait elle tenter à nouveau sa chance? Possible mais j’espère que non. Elle est trip collé à la présidence de Biden et elle en traîne les casseroles. Elle a eu sa chance et l’électorat l’a rejeté.

    Le Parti Démocrate a besoin d’un nouveau leader, dynamique, rassembleur, capable d’offrir à l’électorat des idées novatrices qui feront contraste avec les politiques destructrices de l’ESCROC.

    Les prochains mois risquent d’être très intéressants. M. Hétu ne manquera pas de boulot.

  15. Apocalypse dit :

    @drivenwildlyc7ef398d85 – 13:30

    « le meilleur candidat et de loin. »

    Je suis d’accord! Parmi les candidat(e)s qui pourraient se présenter – au moment où on se parle – pour les primaires de 2028, c’est le meilleur choix.

    Je suis toutefois d’accord avec « POLITICON – 12:36 », j’espère que quelqu’un d’autre va se lever pour donner une réelle chance de victoire aux démocrates.

    On rêve d’une autre Obama. 🤞

  16. Linda dit :

    Les états du Sud et du midwest sont très à droite, ultra-religieux. Pour la bonne majorité, une femme, un gai, un non-blanc n’ont pas grand chance d’être élu sauf dans les grandes villes où il y a de tous les courants de pensée. Donc pour les démocrates, triste à dire mais ils devront regarder un homme blanc centriste peut-être centriste-gauche pour vaincre de Trump et sa gang Maga. Trouvez la perle rare et vite

  17. lechatderuelle dit :

    https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-05-14/guerre-commerciale/loblaw-met-en-garde-contre-une-forte-hausse-des-prix.php
    Per Bank précise que, jusqu’à présent, l’entreprise a limité le nombre de produits frappés par les droits de douane à un peu plus de 1000, mais que ce nombre dépassera les 3000 d’ici une semaine ou deux, et pourrait atteindre plus de 6000 dans les deux prochains mois.
    Dans une publication LinkedIn, il explique que cela ne représentera qu’une petite partie des quelque 80 000 articles que l’entreprise stocke, mais que la clientèle remarquera des changements dans certaines catégories, notamment les aliments naturels, les produits de base et les produits de santé et de beauté.
    lapresse

    Que;qu’un est surpris???
    Le PDG aura un juteux bonus en fin d’année et les actionnaires de généreuses dividendes… le bon peuple, lui? des poins bonis pour acheter des trucs qui auront bondi de 25 à 40 %…

    Toujours les mêmes qui empochent et toujours les mêmes qui se font dépouiller…

    1. Rick dit :

      Ceux qui se font le plus dépouiller sont les MAGA, qui ont voté pour un criminel condamné, voleur, violeur et magouilleurs.
      Bien honnêtement, je me fous de cette population arriérée qui a voté pour Trump, car une femme, et noire en plus, était inimaginable pour ces gens racistes et misogyne.

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