
James Carville. Karl Rove. David Axelrod. Steve Bannon. Les succès électoraux ne profitent pas seulement aux candidats qui les remportent. Ils assurent aussi aux stratèges qui y ont contribué renommée et fortune, comme ceux de Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump. L’un des stratèges qui aspirait à joindre son nom à cette liste prestigieuse s’appelle Morris Katz. Âgé de 27 ans, il a joué un rôle clé dans l’élection inattendue de Zohran Mamdani à la mairie de New York, en produisant notamment une série de pubs et de vidéos virales qui ont galvanisé les électeurs progressistes, et surtout les jeunes. Dans la foulée, il est devenu stratège pour Graham Platner, produisant notamment cette vidéo qui a placé le candidat inconnu en orbite.
Dans un long article sur l’implosion de la campagne de Platner, le New York Times décrit Katz comme l’un des trois « chasseurs de tête » qui ont convaincu l’ostréiculteur de 41 ans qu’il avait tout pour devenir le tribun d’un mouvement populiste contre l’establishment démocrate et les forces qui oppressent la classe ouvrière américaine, « une figure historique » et le « meneur d’une révolution ». En privé, Katz a même commencé à dire que Platner pourrait briguer la présidence en 2028 s’il remportait l’élection sénatoriale du Maine.
Il va sans dire que ces chasseurs de tête n’ont poussé très loin leurs vérifications du passé de Platner et qu’ils ont ignoré les voyants rouges qui sont apparus sur le tableau de bord. Katz se voyait peut-être déjà à la tête d’une campagne présidentielle qui ferait de lui le prochain Carville. Il est aujourd’hui éclaboussé par le krach spectaculaire de Platner.
À noter que l’image d’homme du peuple que se donnait Platner était en bonne partie factice. Son grand-père est un architecte célèbre, son père est un avocat fortuné qui lui a prêté 200 000 $ pour l’aider à acheter sa maison et sa mère, en tant que restauratrice, est la principale cliente, voire la seule, de son entreprise d’ostréiculture.
De toute façon, cette image n’a pas suffi à lui attirer les électeurs de la classe ouvrière dont il se disait le champion. Selon un sondage récent du Times, les électeurs sans diplôme universitaire tendaient à préférer largement Susan Collins.
Les deux autres chasseurs de tête qui l’ont recruté s’appellent Dan Moraff et Leanne Fan, deux anciens membres des campagnes de Bernie Sanders qui sillonnent les États-Unis à la recherche de candidats susceptibles de propager leurs idées populistes de gauche. Ils ont accordé en juin une entrevue hallucinante au Wall Street Journal. L’extrait ci-dessous donne l’impression que ces personnes sont de véritables bozos :
This video is turning me into a burn-it-all-down populist ready to toss out the arrogant political elites (these Ivy League ex-Bernie staffers who recruited Graham Platner). pic.twitter.com/8VuPrZ8hgc
— Jeff Maurer (@JeffMightBWrong) June 9, 2026
Le clivage du système et la financiarisation de la politique sont les mamelles de toutes les dérives. Wirk in progress !!
« les électeurs sans diplôme universitaire tendaient à préférer largement Susan Collins. »
Comme presque partout aux USA. Les « poorly educated » aiment se faire entuber !!
Les « poorly educated » sont plus facile à convaincre que:
1) Les communisssses sont aux portes du pouvoir et que seuls les républicains peuvent les en empêcher,
2) Les baisse d’impôt pour les ultra-riches seront bénéfiques pour eux car ils deviendront ultra-riches prochainement…,
3) Donald est un homme du peuple,
4) « They eat cats and dogs! »,
5) Le charbon est propre si on le lave…,
6) etc…
Je lisais sur CNN que le mot « communisme » ne faisais plus peur à la majorité des gens et que de plus en plus de gens veulent d’une sociale-démocratie. Certains gens s’éduquent et d’autres végètent.
Combien « vaut » l’industrie électorale aux USA ? Combien de gens y travaillent ? Et comparé à d’autre pays qui ont une « meilleure » démocratie ?
En parlant de « meilleure » démocratie , le « democracy index » des USA est passé de 28e à 34e. 7.85 à 7.65.
Le Canada est passé de 14 à 9 (!!!!) https://en.wikipedia.org/wiki/The_Economist_Democracy_Index
Le réel progressisme est relativement jeune aux États-Unis, même s’il a une vieille souche. Il faut s’attendre sans surprise à des impairs que les ennemis exploiteront jusqu’à plus soif. L’important tient à ce que les erreurs soient bien identifiées et le plus rapidement possible.
Platner n’est plus dans le décor, encore que son profil, aussi répréhensible qu’il soit, ne m’horripile pas davantage que celui de Trump. Et au moins, lui, il est connecté avec l’immense majorité des Américains, ceux qui souvent ont deux jobs afin de payer les factures courantes.
Les personnages charismatiques ne courent pas tant les rues, l’éloquence et la justesse des messages n’habitant pas tous les aspirants orateurs, nonobstant la valeur des intentions. Je peux donc comprendre l’empressement des chasseurs de tête et même en l’occurrence leur précipitation.
Il faut savoir tourner la page au gré de ce qui est acceptable tout en prenant garde de répandre l’éclaboussement tel que les possédants le voudraient viscéralement. Sachant leur emprise sur les médias de tout poil, ce n’est pas chose évidente.
En effet, le système de filtre n’est pas au point (il sera toujours imparfait), mais il fonctionne ici, quoique un peu tard.
Ultimement, l’aspirant candidat doit se poser des questions avant de dire oui. « Ai-je de quoi dans mon placard secret qui est intolérable en public? Mon tatouage de tête de mort SS? La bonne femme (tsé, la folle!) qui appréciait plus ou moins mes techniques de séduction style latin lover avec un peu d’alcool pour me désinhiber un peu, va-t-elle revenir dans le décor pour m’écoeurer? »
Et les 2 bozos (très drôles) n’ont pas trop posé de questions. « As-tu agressé des femmes, des enfants, des hommes? T’es-tu déjà déguisé en femme? Blackface à la Justin? As-tu (eu) un maitresse? Un bébé hors marriage? Participer à des messes sataniques? Jeffrey Epstein, tu connais? Tu paies tes factures? La police t’a déjà pogné pour alcool au volant? » Je ne compte pas trop sur eux pour faire due diligence. Ils n’étaient pas équipés pour ça. lls étaient payés par guignol qu’ils peuvent ramasser pour le parti.
À la fin, c’est le parti qui souffre. Et pendant ce temps, ce sont les Républicains qui se faufilent ne s’embarassant pas de tous ces filtres, ayant affaire à une toute autre clientèle.
Ciao
Ceux qui ont étudié la lien entre la génétique et les choix politiques ont constaté que ces derniers sont souvent un rejet de ce qui dégoûte. Les électeurs républicains votent contre les démocrates, qui les dégoutent, et vice-versa. Bien sûr il y a les indécis, ceux qui tiennent en fait la démocratie en otage, car les fidèles Démocrates et Républicains « voteraient pour un cochon » (Les Cyniques).
Ce que je vois aux États-Unis c’est qu’il se prépare peut-être une partition chez les deux partis traditionnels. Des extrémistes de droite et des centristes chez les Républicains, et des extrémistes de gauche et des centristes chez les Démocrates, plus peut-être des groupuscules dont la seule chance d’accéder au pouvoir serait de former une coalition.
Après tout, quand tout ce qu’on vous a déjà offert est lourdement et traditionnellement proche, peut-être que les État-Uniens sont mûrs pour des changements?
Hors propos, un effet délétère des politiques de qui on sait:
Analysis-Trump cut to food security survey could make measuring US hunger harder
https://www.aol.com/articles/analysis-trump-cut-food-security-100225000.html
Supposément que ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal. Vraiment? Par exemple si tu ne sais pas que la dernière catastrophe climatique s’en vient sur toi. Mais c’est logique si ton gouvernement n’est ni responsable ni imputable.