Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Non, il ne s’agit pas de la grande noirceur que certains voient déjà s’abattre sur les États-Unis. Invités à nommer leurs séries politiques préférées, thème de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2022, un certain nombre de lecteurs et de lectrices ont mentionné une oeuvre dont la diffusion remonte à plus de 40 ans et qui raconte l’histoire d’un personnage associé à une période qualifiée de « grande noirceur ».

« Une de mes télé-séries favorites, vue il y a fort longtemps, fut une série québécoise intitulée Duplessis », écrit Loufaf dans la section des commentaires de ce blogue. « Cette série a été scénarisée par Denys Arcand et magistralement interprétée par Jean Lapointe dans rôle titre. [Elle] fait référence à la toute puissante influence de l’Église dans la politique de Duplessis, qui maintenait volontairement le peuple dans l’ignorance et la soumission.

« Ce n’ est pas pour rien que la période “duplessiste” fut nommée la grande noirceur. »

InfoPhile commente : « Une série inoubliable ! J’ignorais que c’était Denys Arcand qui l’avait scénarisée. Merci pour cette belle évocation ! »

Et Madalton ajoute : « Moi aussi la série Duplessis est une de mes préférées. J’avais 15 ans à l’époque. La série Racines a été diffusée en français durant la même période. Il y a eu plus tard la série Montréal, ville ouverte où Jean Lapointe jouait le rôle du juge Caron. »

Ah ! Ce Jean Lapointe, quel artiste…

Vous avez d’autres séries politiques, américaines, québécoises ou autres, dont vous gardez un bon souvenir ou que vous regardez avec intérêt ? N’hésitez pas à vous confier dans la section des commentaires de ce blogue. D’ici là, merci de tout coeur à ceux et celles qui ont déjà contribué à cette campagne de financement, ainsi qu’aux autres qui le feront d’ici la fin de la soirée !

P.S. : Si ce n’est déjà fait, ne manquez de lire ce billet publié plus tôt dans la journée où j’explique le thème et l’objectif de cette campagne.

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26 réflexions sur “Au temps de la « grande noirceur »

  1. kintouai dit :

    Désolé, je n’avais pas lu le commentaire de Loutaf quand j’ai publié le mien à 19h20 dans le billet sur MTG (Maladie Transmise Génétiquement). Je constate néanmoins que je ne suis pas le seul à avoir apprécié cette série de 1978.

    Je le reproduis ci-après :

    « Ma série politique préférée n’est pas américaine, mais québécoise.

    Il s’agit de Duplessis, réalisée par Mark Blanford, scénarisée par Denys Arcand et mettant en vedette l’époustouflant Jean Lapointe.

    Duplessis a certes été un autocrate de la pire espèce, mais ce que j’ai retenu de la série, c’est le profond amour qu’il éprouvait pour son peuple.

    La scène qui m’a le plus touché à l’époque, c’est quand le premier ministre libéral Godbout, une lavette de première, va voir Duplessis à l’hôpital et lui affirme, tout en extase, que ce qu’il appelle les «Champions Canadiens-français» — cette longue lignée de traîtres à leur peuple – vont défendre le Québec à Ottawa. (On sait fort bien, depuis le temps, que ces vendus n’ont jamais défendu les intérêts des leurs, même lorsqu’ils étaient 74 députés sur 75.)

    Sur sa lancée, le paillasson Godbout se met alors à dénigrer les Canadiens-français, soulevant l’ire de Duplessis qui, lors d’une tirade célèbre défend bec et ongles notre peuple, au point de manquer de mourir étouffé. (https://www.youtube.com/watch?v=wnKMeAfLGpY, entre 15′ et 17′).

    Je me souviens aussi que PET, le roi des contempteurs du peuple québécois, avait programmé une intervention télévisée le soir de la diffusion d’un épisode de la série (il avait sans doute fait exprès, le chien sale). La SRC avait alors reçu des milliers d’appels téléphoniques de protestation à cause de l’interuption de la série, ce qui avait mis PET en beau joual vert (kintouai, mon tab!…). »

    Je ne sais pas si quelqu’un a aussi parlé de la série danoise « Borgen », avec la magnifique (dans tous les sens du mot) Sidse Babett Knudssen, mais elle figure parmi mes séries politiques préférées. Signalons que SBK parle un excellent français, puisqu’elle a été la vedette du film « La fille de Brest », sur le scandale du médicament Mediator en France.

    1. xnicden dit :

      Merci de nous soukigner ces monents forts de la série.

      Si on regarde du côté de la Scandinavie, j’ai personnellement un faible pour la série Occupied qui a été aussi mentionnée par un participant du blogue.

    2. Haïku dit :

      @kintouai
      Vous dites: « MTG (Maladie Transmise Génétiquement) »
      —-
      À retenir ! 😂👍👍

    3. Jean Létourneau dit :

      La continuité des trois saisons de « Borgen, une femme au pouvoir » est la mini-série en 8 épisodes « Borgen : Le pouvoir et la gloire », ma série préférée cette année. Dans ce dernier cru, où l’Ukraine est en conflit avec la Russie, on s’attarde à la corruption de la mission politique par l’obsession de vouloir maintenir le pouvoir, Tout comme les repus–pis-pleins des pays d’en bas.

  2. NStrider dit :

    Je triche un peu et ne respecte pas tout à fait la consigne ( à mon enterrement,c’est certain qu’ils vont entendre « I did it my way »).
    Ce n’est donc pas une série, mais plutôt un film qui, pour moi, fait figure d’oracle eu égard à la situation politique actuelle.
    Ce film est une allégorie, plus précisément une personnification de la relation entre les éminences grises à la Bannon ou plus près de chez nous, les consultants à la sauce McKinsey ou National et les politiciens.
    Un film où le personnage principal est ce que les anglophones appellent un « simpleton » dont on dirait au Lac St-Jean « à cause y fait simple de même là, là ».
    Il n’est jamais sorti de là où il habite, un peu comme les près de 40% de citoyens des États-Unis qui n’ont jamais eu de passeports.
    Il possède un champ d’expertise qui n’a aucun rapport avec la politique et se retrouve en situation de conseiller les puissants de ce monde dont le président des États-Unis.
    Tout ce beau monde boit ses paroles.
    Un peu comme si nos premiers ministres gouvernaient en se fiant aux adages de notre Haïku 😋. Quoique… il m’arrive en écoutant notre Justin de croire que c’est effectivement le cas.
    Il est obnubilé par la télévision et même sa vie amoureuse est copiée sur ses souvenirs télévisuels. ( il y a une scène de masturbation féminine savoureuse résultant d’un malentendu comme je n’ai pas de difficulté à en imaginer)
    Ses conseils sont non seulement écoutés mais répétés à la télévision nationale par le président.
    On envisage même lui confier la présidence.
    En suivant la politique aussi bien chez nous qu’au sud de la frontière, il m’arrive d’avoir une impression de déjà vu et de réentendre les perles de …. Chauncey Gardiner.
    Pour ceux qui n’auraient pas encore deviné je fais référence à la satire Being There dont le titre avait été traduit en français en Bienvenue Mr Chance

    1. Haïku dit :

      @NStrider
      Excellent texte !
      Excellent choix !
      Et d’ailleurs, superbe chef-d’œuvre prémonitoire !

    2. constella1 dit :

      NStrider
      Complètement d’accord avec votre choix
      Que dire de Peter Sellers
      On ne pouvait mieux choisir un meilleur acteur pour le rôle principal
      Il a été magistral

    3. Mona dit :

      @NStrider 👍👌 je seconde mes prédécesseurs !!

  3. xnicden dit :

    Contribution faite avec grand plaisir. Merci du fond du coeur M. Hétu de nous faire profiter de votre talent et votre passion.

    « Ce Jean Lapointe, quel artiste… »

    Quand on y pense, Jean Lapointe a été la vedette de non seulement la série politique phare du Québec mais il a aussi livré une performance extraordinaire dans peut être notre meilleurs film politique, « Les ordres ».

    Pour ma part, j’aimerais proposer aux amateurs de dystopie notamment la série Years and Years.

    Cette série britannique suit une famille sur 15 ans en débutant en 2019… Dans le premier épisode ses membres vivent les conséquences d’un monde marqué par la réélection de Trump, une menace d’un conflit nucléaire avec la Chine et une crise de réfugiés suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le ton est donné.

    Les politiciens n’y ont pas le rôle principal mais on assiste pendant la série à la montée de Vivienne Rook, une femme d’affaire qui devient une politicienne gagnant en popularité avec ses opinions controversées. Plus machavélique que Trump. L’actrice Emma Thompson qui l’incarne est au sommet de son art.

    https://twitter.com/fdestais/status/1266338415907389442?t=-EiBhlhisxl31uvF-HjVPg&s=19

    La série aborde plusieurs thèmes dont l’environnement et le développement technologique, mais je retiens notamment qu’elle nous fait réfléchir sur nos gestes comme individus dans ce monde.

    **https://twitter.com/BBCOne/status/1141075861791096832?t=E97_Hqnq8Rc_wWhVRaMiyA&s=19

    La fin s’avère pour moi juste bof mais le plaisir du visionnement de la série en est à peine affecté.

    1. xnicden dit :

      *machiavélique

  4. Benton Fraser dit :

    Personnellement, je crois que l’un avait pas assez de recul en 78 pour une série sur Duplessis.
    De mémoire, on couvrait la corruption et la religion, mais il ne me semble pas que l’on couvrait les orphelins et les autochtones. (Bien que de juridiction fédéral, les pensionnats étaient catholiques au Québec…)

  5. marcandreki dit :

    Mes deux séries politiques préférées relatent l’histoire de l’empire Romain. I Claudius (1976), l’empereur historien et la série Rome (2005) qui relate la vie de César, le plus grand esprit politique de son temps. Pouvoir, trahison, jalousie, mauvaise foi, hommes et femmes toxiques et délétères. Et beaucoup plus d’hémoglobine, de malheureux accidents mortels que de nos jours. On y verra les analogies que l’on voudra entre les deux empires,je ne suis expert ni de l’un ni de l’autre, mais dès fois je me demande s’il n’yat pas que le tranchant de la lame des couteaux qui a changé parce que l’art du poignard, lui, est bien vivant.

  6. xnicden dit :

    I Claudius grand classique…Vous me faites penser aussi à la série Les Rois maudits de la même époque d’après les romans de Maurice Druon. On était plus dans le théatre filmé dans les deux cas, tout comme Duplessis.

    1. loup2 dit :

      Avec quelques acteurs connus…
      Épisode 4 au complet, en basse résolution malheureusement
      Décor de Philippe Druillet. Les amateurs de BD savent qui il est.

      La louve de France

      1. loup2 dit :

        Épisode 1
        Le roi de fer Philippe Le Bel et les Templiers.
        https://youtu.be/mQbdN-JCMbk?t=34

    2. gl000001 dit :

      Pourquoi pas Kaamelott ?

  7. Samati dit :

    La série sur Duplessis est semble-t-il la principale raison de sortir la statue de Duplessis de l’entrepôt où elle séjournait depuis près de 15 ans. Duplessis et ce qu’il représentait, soit le clergé tout puissant et une petite aristocratie qui maintenait le peuple dans la misère. Le Québec avait l’un des plus haut taux de mortalité infantile du monde libre.

    Tous ceux qui s’opposaient à Duplessis était des communisss. Sa mort nous a libéré de ce populiste réactionnaire et a permis l’éclosion de la révolution tranquille avec Lesage, Gérin-Lajoie, Lévesque, etc. Dommage que la série ne nous a pas montré le coté sombre et réactionnaire de Duplessis.

    Le règne des curés et des évêques a pris fin, les femmes québécoises françaises ont été libérées, la censure abolie (les curés décidaient ce que l’on pouvait lire) et le Québec francophone a rejoint la civilisation moderne.

    La statue de Duplessis devrait prendre la route d’un musée.

  8. Radamanthe dit :

    C’pas faux…

  9. jeanfrancoiscouture dit :

    Une autre vision de la politique québécoise par le biais d’une comparaison entre deux époques. Du grand Denys Arcand.
    @kintouai: Spécialement pour vous qui soulignez «l’ire de Duplessis qui, lors d’une tirade célèbre défend bec et ongles notre peuple, au point de manquer de mourir étouffé.»
    Voyez une version originale. Le film que je vous propose commence justement avec quelque chose qui ressemble à cela, le lit d’hôpital en moins. Et le reste mérite toutes les minutes consacrées au visionnement. Écoutez, à la fin, un tout jeune Bernard Landry prédire un avenir que vit maintenant PSPP.

    1. Jean Létourneau dit :

      Merci jfcouture,

      J’écouterai aujourd’hui avec ma mère de 93 ans. J’avais raté Duplessis lors de sa sortie, mais j’ai pu revoir sur ARTV cet été. « Aimer jusqu’à l’étouffer », j’ai l’image de Lennie (Jacques Godin) dans « Des souris et des hommes » qui me revient.
      https://quijouequi.com/oeuvre/858/des-souris-et-des-hommes

  10. Gilles Morissette dit :

    Duplessis a régné sur le Québec pendant 18 ans (1936-1939 et 1944-1959).

    Il aura ancré le Québec dans le conservatisme rétrograde, le traditionnalisme, l’intolérance, la religion, la corruption à un très haut niveau.

    Il a incarné le nationalisme québécois dans ce qu’il a de plus mesquin, de plus détestable, de plus obsolète.

    C’était une forme de « repli sur soi ».

    Il s’est acquoquiné avec les grosses entreprises américaines pour leurs vendre nos richesses naturelles, s’est servi de l’Église catholique pour assoir son pouvoir, a maintenu la population dans l’ignorance, a envoyé « sa Police Provinciale » pour matraquer les travailleurs en grève (Murdochville, Asbestos), a fait adopter des lois iniques come l’infâme « Loi du cadenas » , etc.

    Avant 1942, le Québec était la seule province canadiennne a ne pas avoir accordé le droit de vote aux femmes lors des élerctions provinciales.

    Il aura fallu attendre Adélard Godbout (1942) pour le faire non sans qu’il ait dû affronter tous les éléments les plus rétrogrades de la société de l’époque comme l’Union Nationale, l’Église catholique ainsi que tous les enfoirés qui voulaient garder les femmes sous le joug des hommes.

    Il aura fallu « l’Équipe du Tonnerre » de Jean Lesage pour sortir le Québec du 19e siècle et le faire entrer dans la modernité avec « La Révolution Tranquille »

    J’ai eu le plaisir de revoir cette magnifique série en rafale plus tôt cette année sur ArtTV.

    Un pure délice qui m’a rappelé que le Québec revient de loin.

    Pour ma série politique préféré, j’ai adoré « Comey » une mini série en deux épisodes que j’ai vu en 2020.

    Elle raconte l’histoire de l’ancien directeur du FBI (James Comey) lors de l’affaire des emails de Clinton de même que ses relations houleuses avec L A CHOSE.

    L’acteur Jeff Daniels incarne Comey et Brendan Gleeson incarne TFG dans des interprétatons remarquables.

    1. Haïku dit :

      @Gilles Morissette
      RE: « Comey » une mini série en deux épisodes…
      ——
      Bon rappel ! 👌

  11. Hubert Feuilleté dit :

    Magnifique série. Réplique culte pour mon entourage : Duplessis dit: ‘’ les élections ça va se faire par étapes, pis c’est moé qui décide des étapes’’
    CQFD

  12. Éric dit :

    Plus récemment, la série «Bunker, le cirque» de Luc Dionne en 2002 était très avant-gardiste pour l’époque… c’est probablement la raison pour laquelle la série n’a pas été reconduite! https://fr.wikipedia.org/wiki/Bunker,_le_cirque

  13. fylouz29 dit :

    « Rome », la très belle et bien trop courte série de John Milius qui montre la chute de la République Romaine et l’ascension d’Auguste.
    Tout y est parfait, y compris les plus grandes extravagances !
    John Milius se garde bien de tenter de théoriser les motivations de César : dernier espoir de la République ou futur tyran ?
    Et quels personnages !
    Brutus, loin de la caricature qui a été faite de lui.
    Marc-Antoine, ivrogne et grand capitaine.
    Pompée, Cicéron et bien d’autres défenseurs désespérés de la République.
    Cléopâtre la brillante manipulatrice, Atia celle qu’il ne faut pas avoir pour ennemie, Servilia qui perdra tout dans son combat contre une rivale autrement plus rouée qu’elle, Octavia pion entre les mains des puissant(e)s, manipulée, humiliée, à laquelle on refuse aussi bien la paix de la religion que l’amour. Et d’autres femmes moins présentes mais tout aussi remarquables : Eirene, Gaïa, etc.
    La grande amitié qui lie le Centurion Lucius Vorenus, partagé entre le devoir qu’il ressent pour la République et sa fascination pour César, puis sa fidélité pour Marc-Antoine, et Titus Pullo, l’assassin (entre autres de Cicéron) au grand cœur, habité par les fantômes de ses victimes.

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