Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

« Je n’écris pas de chansons ouvertement politiques », confiait Paul Simon à Tom Moon, musicien, auteur et critique, en 2011. Mais il reconnaissait qu’une de ses plus belles compositions, American Tune, s’en approchait, « car elle a été écrite juste après l’élection de Nixon ». Il parlait en fait de la réélection de Richard Nixon, en novembre 1972, quelques mois seulement après le cambriolage du Watergate, dont les États-Unis viennent de souligner le 50e anniversaire, et qui allait entraîner la démission du président républicain, moins de deux ans plus tard.

Mais le sentiment de découragement distillé par cette chanson qui s’élève doucement ne tenait pas seulement à la victoire écrasante d’un politicien toxique. Il découlait aussi de l’évanouissement du rêve utopique des années 1960 et du prolongement de la guerre au Vietnam, entre autres.

And I don’t know a soul who’s not been battered
I don’t have a friend who feels at ease
I don’t know a dream that’s not been shattered
Or driven to its knees

Ce sentiment de découragement habite encore aujourd’hui de nombreux Américains. Les côtoyant, je n’y échappe pas, d’où cette invitation à réécouter American Tune en ce deuxième jour de l’avant-dernière campagne de financement de ce blogue en 2022, dont le thème porte sur les chansons politiques qui m’inspirent des réflexions et qui vous inspirent. Continuez à partager les vôtres dans la section des commentaires.

La chanson de Paul Simon n’est pas fataliste (Still, tomorrow’s going to be another working day/And I’m trying to get some rest), mais elle comporte une question aussi lancinante hier qu’aujourd’hui :

I wonder what’s gone wrong
I can’t help it, I wonder what has gone wrong

Sur cette note poignante, chers lecteurs et lectrices, je vous encourage fortement à ne pas attendre à la dernière minute pour apporter votre contribution volontaire au financement de ce blogue. La dernière journée de cette campagne coïncidant avec la fête nationale des Québécois, j’ai peur de ne pas avoir votre attention jusqu’à la fin…

Et merci à tous ceux et celles qui sont déjà passé à l’action !

Le blogue de Richard Hétu
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(Photo Getty Images)

38 réflexions sur “Contribuez à ce blogue, jour 2

  1. Gilles Morissette dit :

    Oui, cette chanson est poignante mais tellement criante de vérité.

    En cette période trouble où la planète et pas seulement les USA se meurent, sont en train de sombrer dans la folie, la démence et où tous nos repères foutent le camp, il est bon de se rappeler que l’Histoire est un éternel recommencement.

    Les époques changent mais l’être humain, dans sa bêtise et sa stupidité, fait les mêmes erreurs en pensant que, cette fois-ci, les résultats seront différents.

    Soutenons ce blogue.

    Un phare dans l’ère de l’obscurantisme dans lequel les USA sont en train de plonger.

  2. Raymonde Gosselin-Belanger dit :

    Contribution faite, avec plaisir.

  3. Eric Bacquet dit :

    Bonjour M.Hetu,
    Je vous remercie pour le travail que vous faites sur votre blog, que j’ai decouvert il y a deja quelques annees. J’ai contribue hier pour la premiere fois, heureux d’avoir un peu plus de moyens aujourd’hui que par le passe, et j’espere sincerement que vous trouverez le temps de continuer cette formule encore tres longtemps. Merci de nous eclairer et de nous rendre moins betes !

    1. Richard Hétu dit :

      Merci à vous !!!

  4. jeanfrancoiscouture dit :

    @M. Hétu: Vous parlez du «sentiment de découragement distillé par cette chanson» et cela m’en a rappelé une autre, celle-là, de Cat Stevens: ANOTHER SATURDAY NIGHT.

    Ça commence ainsi:

    Another Saturday night and I ain’t got nobody
    I got some money ’cause i just got paid
    How I wish I had someone to talk to
    I’m in an awful way

    Et à un moment donné, arrive ce tercet, prélude à combien de virées meurtrières dans ce pays étrange appelé USA où le découragement finit trop souvent avec des rages meurtrières?

    It’s hard on a fella, when he don’t know his way around
    If I don’t find me a honey to help me spend my money
    I’m gonna have to blow this town

    1. gl000001 dit :

      Lui, il a perdu son logement et il a trouvé du courage liquide 😉

  5. Stéphane-Jacky dit :

    Pour moi la chanson politique par excellence est le déserteur de Boris Vian. Poignante et encourageant l’action. Elle est juste devant Bozo les culottes, par un cheveux

    1. Haiku dit :

      @Stéphane-jacky
      Voici une belle interprétation du Déserteur:
      https://youtu.be/UyXXmLWENPo

    2. lanaudoise dit :

      La Chanson politique entre toutes. Choix pour étude de ma professeure de français de secondaire 4. Elle avait beaucoup de goût.

  6. Loufaf dit :

    La chanson qui m’ a fait découvrir Bob Dylan et qui est autant d’ actualité qu’ à l’ époque, car nous pouvons faire le parallèle avec les tueries, la guerre, la pauvreté. Sans écrire toutes les paroles, il y a particulièrement trois couplets qui m’ avais le plus touché et les voici: La chanson: Blowin in the wind
    And how many deaths will it take till he knows
    That too many people have died.

    How many times must the cannonballs fly
    Before they are forever banned.

    How many ears must one person have
    Before he can hear people cry

    The answer my friend is blowing in the wind.
    The answer is blowing in the wind.

    1. Jean Létourneau dit :

      @loulaf – Idem pour moi.
      Cours de solfège en secondaire 1, année scolaire 1970-1971. J’étais pas doué, et c’est un euphémisme. Y en a-t-il qui ont des cours de solfèges sur ce blog?

      1. Loufaf dit :

        @ Jean Letourneau . Des cours de solfège, j’ en ai nécessairement eu car j’ apprenais le piano. Mais j’ avoue que je trouvais ça bien plate.

      2. Haiku dit :

        @Jean Létourneau
        Solfège au Conservatoire de musique du Québec.

        @Loufaf
        Excellent choix de chanson ! 👌

      3. @Haïku

        Au conservatoire! 👏
        Je comprends que maintenant que vous avez garder un esprit jeune🤭

      4. mazou884 dit :

        Malheureusement, je compatis car j’ai dû étudier le solfège de 5 à 16 ans, en apprenant le piano, méthode Vincent d’Indy.
        Au CEGEP, j’ai choisi de poursuivre autre chose que la musique, mais j’ai encore un petit piano à queue. J’avoue que vous me rappelez quand même de bons souvenirs. Le solfège, c’était pas si pire!

    2. Haiku dit :

      @Loufaf
      Excellent choix !!

  7. Lukas dit :

    Contribution faite!

    Merci M. Hetu de nous tenir informé sur la politique américaine et aussi les autres nouvelles venant du sud du 49e parallèle.

    Bonne journée

  8. Jean Létourneau dit :

    Merci Monsieur Hétu,
    Je ne connaissais pas cette chanson de Paul Simon. L’interminable désastre de la guerre au Vietnam a sûrement généré le plus de manifestations et de « protest songs » aux É.-U.. On peut penser aux répercussions en Ohio (4 morts, 9 blessés) dans une manif qui a mal tournée au Kent State University pendant l’administration Nixon.
    *https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/6/65/Kent_State_massacre.jpg

    gl000001 a déjà fait référence à « Ohio » de Crosby, Still,Nash & Young sur ce blog:
    *https://richardhetu.com/2021/08/02/de-linfluence-de-trump-et-de-sanders-en-ohio/#comment-349729

    Le texte engagé est l’essence du « protest song ». Quelquefois une interprétation musicale est un instantané d’une époque de contre-culture et de révolte contre la guerre, comme à Woodstock, 1969:
    https://archive.org/details/JIMI_HENDRIX_Star_Spangled_Banner_1969

  9. InfoPhile dit :

    Pour moi, l’interprétation du « Star-Banner Spangled » de Jimi Hendrix (de même que son « Machine Gun » avec The band of Gypsies) évoque les horreurs de la guerre du Vietnam, que nous abhorrions et vilipendions tous et sans appel, en des termes éloquents quoique strictement musicaux.

    J’y vois un formidable et subtil pied-de-nez aux bellicistes rednecks bien pensants américains en ce qu’il mettait son auteur à l’abri des pires critiques, l’art étant l’art, tout en exprimant ce qu’il avait à dire. Et puis, Hendrix avait été dans l’armée américaine à l’âge de 16 ans (!) avant qu’une blessure lors d’un saut en parachute ne le dispense de son engagement qui en quelque sorte certifiait son patriotisme.

    Et une bonne partie de l’oeuvre de John Coltrane, en deuxième moitié des années 60, exprime encore à mes oreilles quelque chose de pratiquement indicible; la colère contenue ou même sublimée, métamorphosée en un humanisme universel fondée sur une foi toute personnelle. Une foi en la justice qui habite mon coeur par sympathie pour la communauté afro-américaine. Foi renforcée par mon père baseballeur et fan éternel de Jackie Robinson dont il admirait l’intelligence et les habiletés.

    Contribution sera faite aujourd’hui avant le coucher du soleil. Qu’il se couche ou non.

    1. Haiku dit :

      @InfoPhile
      Bien d’accord pour John Coltrane !

  10. Jean Létourneau dit :

    InfoPhile, atomes crochus ce matin ?

    1. InfoPhile dit :

      Rencontre des grands esprits ! 😉

  11. onbo dit :

    La réponse que souffle le vent se trouve dans la vie paisible de chacun. bonne journée à tous.

    1. ralbol dit :

      Si ma mémoire est encore bonne, cette chanson fut chantée pour la première fois par nul autre qu’Eddie Constantine.. oui, le « Lemmy Caution » agent secret américain grand bagarreur devant l’éternel, qui tapochait du méchant sur les écrans de cinéma français dans les années 50-60…

      Y’a comme une ironie, non ?

  12. Emilie B. dit :

    M. Hétu, Je vous lis assidument, mais je ne contribue pas très souvent aux commentaires. Toutefois, le sujet de votre campagne m’a ramené immédiatement à cette chanson peu connue de Sage Francis: Makeshift Patriot. Les paroles sont d’un cru incroyable au sujet des évènement du 11 septembre et celles-ci me frappent encore à la ré-écoute en 2020. Mon introduction à la chanson a été lors d’une prestation surprise à la suite d’un concert de Buck 65 à Montréal peu après le 11 sept (donc je ne m’attendais même pas à une performance de Sage Francis ce soir là). Lorsqu’il a dit les paroles « We taught that dog to squat, how dare he do that shit in our own back yard », la salle au complet a été soufflée. Voir une salle au complet réagir à froid aux paroles de cette chansons si près du 11 sept a été une expérience que je n’oublierai jamais.

  13. ralbol dit :

    Une chanson politique qui a fait scandale à l’époque : « Miss Maggie » de Renaud.

    On croit à tort que la chanson n’est qu’une insulte à Margaret Thatcher, Première ministre du Royaume-Uni de l’époque, mais la chanson est beaucoup plus que ça.

    C’est un hymne aux femmes et contre les violences et les conneries de toutes sortes perpétrées par les HOMMES, dans le sport, sur la route, dans les guerres, violences qui ont construit nos civilisations.

    Madame Thatcher n’est là que pour montrer qu’une femme en politique, ça ne joue que dans une « game » d’hommes, ce qui ne donne, au final, que les mêmes résultats.

    1. lanaudoise dit :

      Malheureusement depuis, plusieurs femmes sont venues nous prouver que la Femme n’est pas l’avenir de l’homme, pour paraphraser le titre de la chanson de Jean Ferrat. A preuve, plusieurs républicaines.
      Ceci dit, on doit à Mme Thatcher bien des maux, dont le moindre n’est pas le libéralisme sans frein actuel.

      1. ralbol dit :

        « …plusieurs femmes sont venues nous prouver que la Femme n’est pas l’avenir de l’homme… »

        Malheureusement, pour les femmes en politique, les dés sont pipés.

        La politique, c’est tout un système développé au fil des millénaires, dans des sociétés patriarcales, PAR et POUR des hommes.

        C’est basé sur l’affrontement, la compétition, le besoin de gagner.

        Quand une femme va jouer sur ce terrain là, elle n’a d’autres choix que de se soumettre aux règles de cette « game », de ce jeu de gars.

        On peut se faire des illusions en pensant que les femmes en politique peuvent changer les choses, mais comme les règles de la partie sont millénaires, avant que les femmes puissent laisser leur empreinte dans la gouvernance de l’humanité, ça va aussi prendre des millénaires…

  14. lanaudoise dit :

    Sylvain Lelièvre a écrit plusieurs chansons politisées. « Tu vas voter », « Le député ».
    Et aussi celle-ci: Drôle de pays
    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=k-Sy7dEFo5s&w=560&h=315%5D

    1. Jean Létourneau dit :

      Aussi « Hiroshima », « La basse-ville », « Lettre de Toronto , « Le chanteur indigène » et surtout « La règle du jeu ».

  15. yolandgingras dit :

    Et voilà c’est fait !

  16. Boozadvisor dit :

    Les temps sont durs sur le portefeuille de tous et chacun mais faire ma petite part reste essentielle. Contribution faite!

  17. ralbol dit :

    Je tombe ici dans le « pas politically correct », de la même manière que l’a fait à l’époque Boris Vian en chantant « Le Déserteur »…

    Ça gratte, ça pique, ça manque d’huile, mais ça fait du bien devant le consensus…

    Ça vaut toujours la peine de se poser la question suivante : qu’est-ce qui a le plus de chances de provoque du VRAI changement ? Que TOUS les gens aillent voter, ou que PERSONNE n’y aille..?

    Tous, nous savons que si PERSONNE ne se pointe aux bureaux de scrutin, là ça va brasser. Que TOUS on y aille, tape dans l’dos, bravo, et ça continue comme avant.

  18. jeanfrancoiscouture dit :

    @ralbol: Mononc’ Serge. WOW!! Quel rappel vous nous faites là. Et avec la course à la direction du PCC, ce bon Mononc’ Serge reviendrait-il à la mode? «Le frisé» chantait-il il y a déjà…….un bon bout. Irrévérencieux à l’époque, comment le perçoit-on aujourd’hui?

    1. lanaudoise dit :

      Libérez-nous des Libéraux. J’ai bien ri lorsqu’André Pratte a consacré un éditorial à se plaindre de cette joyeuse chanson.
      https://www.youtube.com/watch?v=azy-dUhf6yo

      Éminemment politique.

      1. jeanfrancoiscouture dit :

        @lanaudoise: André Pratte!! Le gars qui a déchiré un billet gagnant à la loterie quand il a démissionné de son poste de sénateur. Comme disait souvent Joël Le Bigot: «J’aime autant pas parler» !

  19. jeanfrancoiscouture dit :

    @ralbol: Et avant Mononc Serge, il y eût Coluche.

  20. Gil Rod dit :

    Chanson politique d’un auteur auquel on ne s’attend pas: Pag. Les Bombes. « Nous on fabriquent des bombes, de plus en plus de bombes… »

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