Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Je signais lundi un billet sur l’élection à la mairie de Los Angeles, dont l’un des deux principaux candidats, Rick Caruso, promet de rétablir l’ordre public dans la deuxième ville américaine, aux prises avec une hausse relative de la criminalité et le problème difficile des sans-abri. Les électeurs de San Francisco prendront également part ce mardi à un scrutin qui retient l’attention. Il s’agit d’un référendum sur la révocation du procureur du district, Chesa Boudin, qui a été élu en novembre 2019 en promettant une série de réformes progressistes.

Les critiques de Boudin estiment que ses réformes ont exacerbé les problèmes de San Francisco, au premier rang desquels se trouve celui des sans-abri. Certains d’entre eux ne connaissent de San Francisco que ce que leur montre Fox News, mais il ne leur en faut pas plus pour, eux aussi, réclamer la tête d’un jeune procureur qui incarne à leurs yeux la tolérance ou le laxisme des villes démocrates à l’égard des problèmes urbains, de la criminalité au sans-abrisme.

Boudin s’est fait élire en promettant de mettre fin à l’impunité policière, aux poursuites des mineurs en tant qu’adultes et aux longues peines de prison pour des délits mineurs, entre autres.

Les défenseurs de Boudin accusent les conservateurs d’exagérer les problèmes de San Francisco liés à la criminalité. Ceux-ci ont généralement diminué au cours des dernières années, exception faite des cambriolages et des vols de voiture. Ils reprochent aussi aux critiques de Boudin de faire fi du fait que le procureur du district de San Francisco n’a pas le pouvoir d’agir sur le problème des sans-abri.

Reste qu’un mécontentement général traverse San Francisco, comme c’est le cas pour le reste des États-Unis. Et Boudin pourrait en écoper, à tort ou à raison. Il y aura sans doute, pour les démocrates, des leçons à tirer d’une défaite éventuelle. Chose certaine, les commentateurs conservateurs ne s’en priveront pas. Certains se plairont ainsi à dire que la tolérance a ses limites, même à San Francisco.

(Photo Reuters)

33 réflexions sur “La tolérance a-t-elle des limites à San Francisco ?

  1. _renaud dit :

    En résumé San Francisco fait face aux mêmes problèmes qu’ont les autres grandes villes.

    1. Léo Mico dit :

      Sauf que c’est aux USA : donc quand ça va mal, c’est la faute des démocrates, quand ça va bien, c’est grâce aux républicains.

  2. Dekessey dit :

    Elle est pourtant si simple la solution pour régler le problème des sans-abris.

    – Un membre de la NRA

    1. Igreck dit :

      ☹️

  3. gl000001 dit :

    Le Grand Mensonge se propage. Il mute et s’infiltre partout. Et ça marche calisse !!!!
    On va remplacer leur hymne national par The Boxer de Simon & Garfunkel « Lie lie lie lie lie lie …  » !!!

  4. POLITICON dit :

    Le système bipartite aux Sates crée une situation particulière. Les républicains ne veulent rien donner aux pauvres, aux minorités, aux étrangers, encore moins aux sans abris puisque cette mesure suggère des augmentations de taxes. Ils ne fléchissent pas lorsqu’il considère que ce n’est pas aux riches de payer pour les pauvres. Sachant, la réduction d’impôt accordé par Trump n’a fait qu’enrichir les riches. Dans un contexte d’inflation et d’incertitude à l’international, ce n’est pas le bon moment pour les républicains. Sur le plan des appuis politique, la population ne voudra certainement une augmentation de quoique ce soit.

    En contrario, les républicains qui sous-financent le filet social lorsqu’ils en ont la possibilité, se présentent comme étant les seuls pouvant diminuer la criminalité. Et ce, dans les fiefs qu’ils ont volontairement abandonnés, soit par obstruction systématique du parti, soit pour des gains personnels, professionnels, financiers.

    Et les démocrates dans tout ca? Le contexte leur est pas favorable sur tous les plans. Les riches voteront républicains parce qu’ils veulent la paix et l’ordre. Ils financeront aussi leur cheval pendant la campagne. Les pauvres et la classe moyenne font face à l’inflation comme tout le monde. L’Ukraine, l’Arabie Saoudite, le prix à la pompe, le lait maternel, les audiences du comité sur l’insurrection du 6 janvier, les mi mandats dans quelques mois etc. Les amerloques ont du pain sur la planche.

    Le plus simple pour le citoyen sera de voter républicain dans les circonstances. Si un républicain est élu à San Francisco, sera t-il le cheval de Troie qui tournera l’État de la Californie aux couleurs du GOP? Ce serait 55 grands électeurs de perdus. Biden fait de son mieux mais ce n’est pas suffisant. Il traine dans les sondages et son gouvernement est réactionnaire, il n’agit pas avant le problème, il tente de trouver des solutions pour les résoudre. Il faut que son gouvernement agisse concrètement sur le terrain. Il peut influencer l’international comme il le peut mais cela ne changera pas le contexte avant les mi mandats et peut-être même jusqu’aux présidentiels.

    1. gl000001 dit :

      Il ne faut pas oublier la guerre économique avec la Chine qui a fait monter les prix partout pour tout le monde. Les répus évitent le sujet en disant qu’ils ont ramené des jobs aux USA. Un autre mensonge !!

    2. nefer111 dit :

      They are CURSED and DOOMED !

  5. Benton Fraser dit :

    La solution au problèmes que propose les républicains s’orientent de plus en plus vers le fascisme… ou le far-west!

    La loi et l’ordre et la plein liberté ne vont pas ensemble., c’est l’un ou l’autre!

  6. ralbol dit :

    « …exagérer les problèmes de San Francisco liés à la criminalité. Ceux-ci ont généralement diminué au cours des dernières années… »

    Oui mais ce sont des FAITS !

    Et nous savons tous que des FAITS, ça ne sert strictement à rien aux glorieux US of A.

    Ça prend des rumeurs, des «on-dits», des ragots de beau-frère, de la bullshit de FOX News… mais des FAITS ???

    Come on !

  7. _renaud dit :

    Honnêtement je crois que ce serait une suite logique si la Californie devenait rouge. Avant la Californie c’était les idées libérales de gauche. C’était Laurel Canyon et le Peace and Love. Le sens de la communauté et de l’entraide.

    Aujourd’hui c’est quoi la Californie ? Des jeunes qui rêvent de faire fortune dans les big techs ou qui veulent devenir entrepreneurs ou influenceurs. Ils rêvent de cash et de followers et de Tesla.

    Oh ils ont bien la petite couche de vernis de gauche pro-environnement et pro-identité mais quand on gratte le moindrement on voit qu’ils super capitaliste et matérialiste et centré sur eux-mêmes.

    D’ailleurs seulement qu’a voir les deux derniers grands héros Californien, Steve Jobs et Elon Musk. Deux hommes hyper-capitalistes qui et assez brutaux dans leurs façons de faire et dans leurs relations humaines.

  8. Benoit Roux dit :

    Je connais assez bien San Francisco et lors de ma dernière visite en février j’ai trouvé que le problème des sans-abri avait beaucoup augmenté. C’est un peu terrible. Il faut trouver des solutions, mais avoir des tas de gens qui dorment sur les trottoirs n’est pas un signe de tolérance à mon avis.

    1. Dekessey dit :

      @Benoit Roux
      Imaginez, j’y étais il y a 10 ans et cette situation m’avait frappé.
      J’ose pas imaginer ce que c’est devenu.

  9. el_kabong dit :

    « Certains se plairont ainsi à dire que la tolérance a ses limites… »

    Les dretteux deviennent rapidement intolérants à la tolérance…

  10. jeanfrancoiscouture dit :

    Chaque fois que le substantif tolérance s’inscrit dans le discours, il y a des citations célèbres sur le sujet qui me reviennent en mémoire.

    «La tolérance! La tolérance! Il y a des maisons pour cela.» Georges Clémenceau
    «La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion pour ne pas offenser les imbéciles » 1864 Dostoïevski

    Avec l’abolition des maisons «de tolérance» en France en 1945, la phrase de Clémenceau a perdu de sa pertinence. Quoiqu’avec les médias dits «sociaux», on peut trouver qu’il y a là une version 2.0, et très élargie, de la «tolérance» à à peu près n’importe quoi.

    Quant à celle de Dostoïevski, je pense qu’elle n’a rien perdu de sa pertinence surtout quand ont regarde aller la galerie des phénomènes à la Donald Trump et dans le traitement réservé à quiconque ose critiquer ou simplement ne pas partager les dernières idées à la mode dans certains milieux.

    1. _renaud dit :

      Parmi les grands penseurs de la morale et de la nature humaine Dosto niche parmi les plus hauts. Devant Nietzsche et Freud. Sa pensée est moins superficielle que celle de Nietzsche et moins dogmatique que Freud.

      Quand même une coche en dessous de Jung mais bon, ce n’était pas son métier non plus. Il était avant tout écrivain.

    2. Bob dit :

       »dans le traitement réservé à quiconque ose critiquer ou simplement ne pas partager les dernières idées à la mode dans certains milieux. » Vous parlez du wokisme,lgbtisme,réchaufisme,covidisme etc… ?

  11. ralbol dit :

    Dans le grand schéma des choses, que font les peuples quand ça va mal ?

    Ça se dit que si ça va mal, c’est la faute des incompétents qu’ils ont élu.

    Solution ?

    Choisir un autre modèle d’incompétents en se faisant croire qu ça ira mieux qu’avec l’ancien modèle.

    Rincer et recommencer tant que ça va mal.

    Pas de pensée profonde, pas d’idéologie compliquée, juste « Ça va mal, on change. »

    Comme ça va pas aller mieux, on va assister au cours des prochaines décennies, au jeu de chaise musicale avec les gouvernements, à supposer qu’un de ces gouvernements ne démolisse pas la « démocratie » pour remplacer ça par une dictature à la Donald.

    Donc, préparons nous au grand manège des changements de gouvernants et de gouvernements.

    Le bal est déjà parti depuis 2012.

    Brrring your camera !

  12. ralbol dit :

    Peut-on dire qu’à San Francisco, t’as l’errance sans tolérance..?

    Que de questions.

    1. M.Rustik dit :

      @Ralbol, je vais parler pour Vancouver. C’est bien pire qu’il y a 5 ans… et les chiffres officiels sont erronés, car juste à passer dans un parc et les compter, et on arrive au total compté par le gouvernement avec un seul parc! (et il y a quelques parcs « envahis »)

      Dans la première année covid, il y avait moins de gens qui circulaient dans les rues, donc moins de « donnations directs » aux sans-abris, et il y a eu quelques crimes violents par les sans-abris qui n’arrivaient pas avant (sans compter les comportements hyper-agressifs). J’ai quitté depuis 1 an, alors je ne sais pas comment s’est aujourd’hui. Mais si je compare un itinérant moyen à Montréal versus ceux de mes deux dernières années à Vancouver, ceux de Montréal sont très facile à tolérer et à vouloir les aider.

      Alors qu’il y ait un ras-le-bol, à San Francisco, de cette situation ne me surprend pas. Cependant comme vous le dites dans votre message précédent, la solution n’est pas de jouer à la chaise musicale avec les politiciens.

      1. ralbol dit :

        C’est ça les gens.

        Ça chiale contre les vidanges alors qu’ils en sont les principaux producteurs…

        Ça chiale contre les sans-abris alors que la société de rapaces qu’ils entretiennent en fabrique chaque jour de plus en plus.

        Bin l’fun de vendre pour 1 million $ la cabane que t’as payée 160 000 balles, mais ça crée des logements à loyers de 1600$ par mois pour des gens au salaire minimum incapables de se payer un appart décent.

        Ça crée des sans-abris à pelle.

        Faudrait quadrupler les salaires pour rattraper l’inflation.

        Si t’es pas patron, oublies ça, les corporations ont augmenté de 40% leurs achats de robots depuis le début de l’année.

        Un robot, ça se syndique pas, ça demande pas d’augmentations, ça travaille où tu lui dis 24/7/365 sans chialer.

        Caissières de supermarché, vous les êtes prochaines sur la liste, remplacées par les caisses automatiques, comme les guichets ont remplacé les caissières de banques.

        Employés d’entrepôts, travailleurs du textile, machinistes, regardez bien vos jobs, vos enfants ne saurons même pas ce que c’est.

        Wecome to the future !

  13. xnicden dit :

    « Ceux-ci ont généralement diminué au cours des dernières années, exception faite des cambriolages et des vols de voiture. »

    Je ne suis pas spécialiste, mais ne s’agit-il pas des crimes les plus nombreux dans les quartiers populaires et de la classe moyenne? Et dont monsieur et madame tout le monde sont le plus susceptible d’être victimes?

    Pourvu que les progressistes ne fassent pas l’erreur de rejeter du revers de la main les préoccupations des citoyens ordinaires envers ces crimes.

    1. ralbol dit :

      «…mais ne s’agit-il pas des crimes les plus nombreux dans les quartiers populaires et de la classe moyenne? »

      Aux USA, ce qui tue le plus la classe moyenne, ce sont les engraissions !

      Les attaques au cholestérol perpétrées dans tous les Fast Foods et les Greasy Spoons qui pullulent dans le pays.

  14. treblig dit :

    Acheter une maison moyenne à San Francisco coûte 1.5 millions. Le prix d’un appartement 3 1/2 est de 3 500 $ par mois. Le coût de la vie ( hormis le logement) est supérieur à 150% comparativement au coût moyen de la vie aux États-Unis.

    Dans ce contexte, le nombre de sans-abri se comprend.

    1. _renaud dit :

      En fait les sans-abris à SF ce sont qui font 50$ de l’heure et qui ne peuvent pas se payer de loyer. Pour utiliser le language Californien on pourrait que ce sont des gens qui pratiquent un style de vie minimaliste à faible empreinte écologique.

  15. Apocalypse dit :

    @jeanfrancoiscouture – 11:46

    «La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion pour ne pas offenser les imbéciles » 1864 Dostoïevski

    Merci! Je l’aime bien celle-là!

    Une chose qu’on voit de plus en plus dans notre société. 😢

  16. ralbol dit :

    San Francisco, avant la folie..:

    1. ralbol dit :

      San Francisco, une autre vision, même année, 1967..:

  17. gl000001 dit :

    « La tolérance a-t-elle des limites à San Francisco ? »
    Comme le titre du grand livre d’Arthur Koestler, les limites sont le zéro et l’infini.
    Le zéro, ce sont les individus pour qui la tolérance est partie 😉
    L’infini, c’est la partie qui s’oublie en tant qu’individus.
    Pas vraiment de juste milieu dans ce pays ultra-polarisé. Une balle dans la tête est le grand égalisateur 🙁

  18. Gilles Morissette dit :

    C’est toujours la même rengaine avec les néo-conservateurs et la « Dertte » en général.

    Tout ce qu’ils ont à proposer sont des solutions simplistes et populistes à des problèmes complexes.

    Solutions de facilité que le bon peuple est trop heureux d’acheter » sans se poser la moindre question.

    Pourquoi se « casser la tête ».

    Rien de tel qu’une « dictature douce », comme l’a déjà proposé un animateur de radio de Québec (Je vous laisse deviner lequel), pour retrouver un « faux sentiment de sécurité ».

    Ceux qui songent à une telle alternative ne se rendent mêrme pas compte de la contradiction.

    Il entonne leur cri de guerre (LIBÂÂÂRTÉÉ) mais préconise en même temps quelque chose qui ressemble à une forme de gouvernement autoritaire.

    Ils sont trop malhonnêtes ou connards (ou les deux) pour se rendre compte que les deux concepts sont INCOMPATIBLES !!

    Ça prétend parler « au nom du peuple » mais ce ne sont que des fumistes, des opportunistes, de la graine de dictateurs en « bobette » qui croient posséder la vérité et qui se sentent investi d’une « mission divine ».

    Les USA glissent lentement mais sûrement vers l’intolérance, l’autoritarisme., le facisme.

    Ne croyez surtout pas que nous sommers à l’abri d’une telle dérive.

    Poilièvre, Duhaime nous montrent que ça pourrait arriver si on y prend garde.

    La démocratie, tel qu’on la connaît, n’a jamais été aussi en danger !!

    1. M.Rustik dit :

      Présentement, la gauche comme la droite participent aux dérivent décritent par Gilles Morissette. Tous cherchent confort et sommeil reposant… tout en disant que c’est seulement l’autre côté qui dérivent, sans se rendre compte de la dérive de son camp.

      Je vais citer Gilles Vigneault: «  »En ces temps j’ai mal à ma démocratie ».

  19. Gérard Séguin dit :

    Il y a juste une époque, ou nous les humains étaient tous égaux. L’homme des cavernes. Donc, les sans abris sont les précurseurs pour un retour en arrière. Vivre sous les tentes et être nomade. D’une ville a l’autre, des chasseurs cueilleurs. Sarcasme. Ils sont les meilleurs dans tous ces Américains. Au moins ici, grace èa nos hivers, nous avons compris. pour l’essentiel. Des services sociaux. Depuis l’arrivée du simple Ass. Chomage au Cheque minimal de BS »

    1. M.Rustik dit :

      Et encore… chez les hommes des cavernes, j’ose croire que certains attributs (force physique, capacité de cueilleur ou chasseur ou autres) rendait une fois de plus les humains inégaux.

      Dire que nos sociétés devaient nous rendent plus égaux… on s’est perdu quelque part…

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :