Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Lu jeudi sur le site du Washington Monthly ce paragraphe signé par l’économiste Robert Shapiro : « Au cours des trois premiers trimestres de cette année, le PIB réel a augmenté à un taux annuel de 7,8 %, après ajustement pour l’inflation actuelle. La Réserve fédérale prévoit une croissance réelle de 5,9 % pour toute l’année 2021, suivie d’une autre augmentation de 3,8 % en 2022. Selon toute norme récente, il s’agit de gains extraordinaires. De 2000 à 2019, le PIB réel a augmenté à un taux annuel moyen de 2,2 % et n’a jamais atteint 3 %. Les investisseurs l’ont remarqué : du 20 janvier au 7 décembre 2021, l’indice S&P 500 a bondi de 21,7 %. »

Shapiro énumère plusieurs autres indicateurs positifs, dont une croissance de 3 % du revenu disponible des Américains après inflation au cours des dix mois allant de janvier à octobre et un taux de chômage de 4,2 %. Tout ça devant étayer le titre de son article : « C’est le boum de Biden – et personne ne s’en est encore aperçu. »

Et il n’est pas dit que les Américains s’en apercevront ce vendredi. Le département américain du Travail doit publier les nouvelles données concernant l’inflation. Selon le New York Times, celles-ci indiqueront que les prix à la consommation ont augmenté en novembre de 6,8% par rapport à l’année précédente, du jamais vu en près de 40 ans.

« Ce qui est plus inquiétant pour la Fed, c’est que l’inflation s’étend à de nombreux produits et services, et pas seulement à ceux directement touchés par les problèmes de la chaîne d’approvisionnement qui ont fait grimper les prix des voitures et des appareils électroniques », écrit le Times.

Voilà donc sans doute une des raisons pour lesquelles le « boum de Biden » passe encore inaperçu, malgré les données présentées par Robert Shapiro.

Les données sur les prix de la consommation auront également des retombées politiques. Les républicains s’en serviront pour dénoncer les effets inflationnistes potentiels du programme social et environnemental de 1 750 milliards de dollars voulu par Joe Biden, un argument que même le sénateur démocrate Joe Manchin ne manquera pas de ramener sur le tapis.

Le secrétaire au Trésor Janet Yellen a diffusé jeudi soir une note attaquant cet argument.

(Photo AP)



12 réflexions sur “Le « boum de Biden » assombri par l’inflation

  1. quinlope dit :

    Qui dit inflation dit également taux d’intérêt accrus. Ça peut être encore plus dommageable.

  2. marylap dit :

    Non seulement le boom Biden passe inaperçu, mais en plus le QOP va pouvoir l’attaquer sur un problème qui est pratiquement mondial et qui n’est aucunement de la faute de Biden.

  3. Est-ce vraiment un « boum » provoqué par un Président????

    ce boum est perceptible partout dans les pays industrialisés…. et d’ailleurs ce fameux boum n’en est pas un… c’est tout simplement un retour à la normalité en ordre dispersé, d’un arrêt brusque de nos économies….

    Il y aurait eu un berger allemand à la tête des USA que ce boum aurait eu lieu…..

    En donner le mérite ou la faute à un Chef d’état est bête à mange du foin….

    s’il n’y avait que les USA en croissance, ce serait plus pertinent d’en attribuer le succès au gouvernement… mais considérant que toute la planète, du moins les mieux nantis, les industrialisés vivent des retour à la normal on ne peut pas vanter un chef d’état…

    Tout comme on ne peut pas attribuer l’inflation à un Président ou un gouvernement…

    la surconsommation, la frénésie de dépenser, de consommer là maintenant impose cette pression sur les chaines d’approvisionnement….
    Les consommateurs boulimiques engendrent leur propre carcan inflationniste….

    Les citoyens des pays riches font de l’aveuglement volontaire…. Rien en change dans les habitudes de consommation … la fuite par en avant se poursuit … on a déjà oublié les inondations de la Colombie-Britannique et de Terre-Neuve….les changements climatiques c’est donc effrayant… mais bon, faut aller se magasiner un voyage dans le sud et acheter les cadeaux de Noêl, tous dans un bon VUS, ;a faire les files d’attente….

    un boum Biden qu’ils disent….
    ouais….

    ce boum ne touche positivement que 10 % de la population…. les autres subissent …

    1. Achalante dit :

      Effectivement, il faudrait comparer la progression du PIB en fonction de 2019 pour avoir une idée plus réaliste.

  4. Toile dit :

    « Les républicains s’en serviront pour dénoncer les effets inflationnistes potentiels du programme social et environnemental de 1 750 milliards de dollars voulu par Joe Biden, un argument que même le sénateur démocrate Joe Manchin ne manquera pas de ramener sur le tapis ».

    Gagez pas votre chemise ou vos autres vêtements, le risque de nudité vous attend.

  5. gl000001 dit :

    Ca ne me tente pas de parler reps vs dems ce matin. Je vais parler d’économie pour rester dans le sujet.
    L’Économie est la seule discipline où deux personnes peuvent partager le même prix Nobel en racontant des choses complètement opposées.

    Pourquoi Dieu a-t-il créé l’Économie ? Pour que les prévisions de la météorologie soient prises au sérieux.

    Au Canada, il existe des groupuscules de nationalistes francophones qui refusent de parler anglais. Et personne ne comprend ce qu’ils racontent. Partout dans le reste du monde, il existe des groupes de ce type. On les appelle “économistes”.

    La première Loi de l’Économie est : pour tout économiste, il existe un économiste d’avis contraire. La seconde Loi de l’Économie est : ils ont tous les deux tort.

    1. lanaudoise dit :

      Il est vrai que bien des économistes, et on se demande pourquoi il y a un prix Nobel de ce qui n’est pas une science, semblent sortis de la même boîte. Celle qui justifie ceux qui en ont trop. Dont l’ignoble prix Nobel James Buchanan, un des architectes du désastre dans lequel les États-Unis sont.
      https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2017/07/the-architect-of-the-radical-right/528672/

      Mais c’est un tort de les aligner dos à dos, comme s’ils étaient équivalents. Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Thomas Piketty sont pour la fin des inégalités. Mais ce genre de société plus juste ne fait pas l’affaire des Autocrates.

      1. Guy LB dit :

        Merci Lanaudoise d’avoir relayé cet article
        fort révélateur sur les origines de la pensée politique qui gangrène le parti républicain contemporain. Très intéressant.

  6. noirod dit :

    On va lui imputer ce constat sans bien sur parler de l’ effet de la pandémie sur l’économie et puisque seuls les archis riches ont profité de cette crise et que les politiciens font partie de ceux ci on ne cherchera pas a rehausser cette réalité. Ce qui est particulièrement dégueulasse ce sont ceux qui en profitent pour hausser sans raison leurs tarifs. Genre pétrolières, genre l’industrie du bois l’ été passé ainsi que toutes les subtiles augmentations tangibles sur les produits de consommation courants qui n’ont pas souffert dand les deux dernières années. Tu te promènes dans les épiceries, regarde un produit en spécial ou est affiché que avant le prix était …et que c’ est a la base un mensonge le prix n’était pas celui affiché. Les Walmart , Club Price , big pharma , courtiers immobiliers véreux ont eut le marché a eux seuls en exclusivité pendant plusieurs mois pendant que le petit commerçant lui n’ avait pas le droit a la part du gâteau . Et qui paie la note aujourd’hui ?

  7. Charlot dit :

    C’est bien beau tout ça, mais pas certain que le MAGA type sache lire un texte comme celui de Monsieur Shapiro🙄

  8. marie4poches4 dit :

    Un aperçu de l’augmentation de certains produits

    Gas +58%
    Rental car 37%
    Used car 31%
    Hotels 26%
    Steak 25%
    Utilities 25%
    Bacon 21%
    Pork 17%
    Furniture 12%
    Fish 11%
    New cars 11%
    Chicken 9%
    Bikes 9%
    Eggs 8%
    Coffee 7.5%
    Apples 7%
    Milk 7%
    Flour 6%
    Rent 3.5%

  9. ghislain1957 dit :

    C’est vrai que l’économie grandiose que tRump étaiit bien meilleure. Des millions de chômeurs, les marchés effectuant des plongeons dignes des jeux olympiques, tout ça en raison de la gestion catastrophique de la pandémie par le clown orange.

    Ouin, vu comme ça, ça ne se compare pas au taux d’inflation.

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