
« Quelques instants après avoir été déclaré vainqueur de la course à la mairie de New York, le socialiste démocrate Zohran Mamdani a commencé son discours de victoire en rendant hommage à l’un des radicaux les plus tristement célèbres de l’histoire américaine. » Ainsi commence un article du site conservateur Daily Wire portant sur le discours de victoire prononcé mardi soir par le maire désigné de New York. Eugene Debs, le « radical » en question, a brigué la présidence des États-Unis cinq fois sous la bannière du Parti socialiste d’Amérique au début du siècle dernier. Mamdani a entamé son discours en mentionnant son nom et en le citant : « Je vois poindre l’aube d’un jour meilleur pour l’humanité. »
Le Daily Wire a enchaîné en rappelant que Debs, un disciple de Karl Marx qui considérait le capitalisme comme « un système monstrueux », avait été « déchu de sa citoyenneté américaine après avoir été condamné pour sédition en 1918 ». Citoyenneté qui lui avait été rendue de façon posthume par une résolution du Congrès dans les années 1970. Bref, ce compte rendu n’avait pas pour but de polir l’image du jeune vainqueur de l’élection new-yorkaise.
Mais des démocrates – et au moins un socialiste démocrate – ont aussi critiqué le discours de Mamdani. Sur CNN, le commentateur Van Jones, ancien membre de l’administration Obama, a reproché à Mamdani d’avoir opéré un « character switch », un changement de personnage, en s’adressant au public après sa victoire.
« Je pense qu’il a manqué une occasion ce soir de s’ouvrir et de rassembler davantage de monde sous la tente », a déclaré Jones. « Je trouve que son ton était tranchant. Il utilisait le micro d’une manière où il criait presque. Et ce n’est pas le Mamdani qu’on a vu sur TikTok, dans les excellentes interviews et tout ça. J’ai donc eu l’impression qu’il y avait un petit changement de personnage ici : l’homme chaleureux, ouvert, proche des travailleurs n’était pas sur scène ce soir, c’était une autre voix qu’on entendait. »
David Axelrod, ancien stratège de Barack Obama qui était sur le même plateau, a donné raison à Jones.
Cela dit, l’analyse de Jones lui a valu d’être lui-même critiqué. Le lendemain matin, Charlamagne tha God, animateur d’une émission radiophonique populaire chez les jeunes Noirs, a répliqué en onde : « Mec, ferme ta putain de gueule pour toujours, d’accord ? Bon sang. Il n’a manqué aucune occasion. Le gars vient juste de gagner, d’accord ? Il vient de gagner. Après une victoire, oui, tu vas célébrer. Oui, tu vas parler fort. Qu’est-ce que tu veux dire, qu’il n’était pas assez chaleureux ? Il a fait un tour d’honneur, et il avait bien le droit de le faire, puisqu’il a gagné. »
Mais le journaliste et auteur John Judis, qui se définit comme un socialiste démocrate, a aussi pensé que Mamdani a raté mardi soir une belle occasion de s’adresser à un public qui ne lui était pas acquis ou qui le connaissait mal. « Un discours de victoire à la mairie ou au poste de gouverneur est la première étape dans la transition d’un candidat de la campagne électorale à la gouvernance, a-t-il écrit. Le sien était empreint de colère. Il manquait son sourire et l’humour fantaisiste de ses vidéos. Le discours promettait également plus que ce qu’il pouvait accomplir en tant que maire et ne reconnaissait pas les politiciens dont il aura besoin à ses côtés pour accomplir quoi que ce soit.
Plus dans son article, Judis a ajouté : « Dans son discours de victoire, Mamdani a commencé par citer Debs. Debs était un grand Américain. Il a été l’un des premiers défenseurs du syndicalisme industriel et de l’égalité économique et politique à l’époque des robber barons. Mais il avait une vision apocalyptique (Daniel Bell parlait d’« eschatologique ») des étapes du capitalisme et du socialisme, ce qui signifiait qu’il s’opposait aux réformes progressistes qui n’allaient pas jusqu’à la révolution. Dans son discours de victoire lors des primaires, Mamdani a cité Nelson Mandela et Franklin Roosevelt, des figures héroïques qui, indépendamment de la politique, sont bien plus connues du grand public télévisuel que Debs. S’il souhaite que les Américains acceptent une vision bienveillante du socialisme démocratique, il serait probablement préférable de commencer son discours par eux. »
Lors d’une brève interview avec le New York Times mercredi, Mamdani s’est défendu en faisant valoir que le ton de son discours était voulu. Il a expliqué qu’il cherchait à démontrer de l’« audace » et qu’il n’avait pas l’intention d’accepter le statu quo ou d’abandonner ses promesses, y compris celle d’augmenter les impôts des « riches ».
« Mes partisans et notre mouvement aspirent à une politique cohérente, une politique qui se concentre réellement sur les besoins des travailleurs », a déclaré Mamdani. « Je pense que notre système fiscal est un exemple parmi tant d’autres de la manière dont les travailleurs ont été trahis. »

P.S. : L’avant-dernière journée de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2025 se poursuit. Un grand merci à tous ceux et celles qui ont déjà contribué, ainsi qu’aux autres qui passeront à l’action incessamment. Le thermomètre ci-contre illustre où nous en étions au début de la journée par rapport à l’objectif. Un effort soutenu sera nécessaire pour y parvenir !
(Photo NBC News)
Je plaints Mamdani. Ça ne sera pas facile pour lui. Les 2 camps vont tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues pour prouver que le socialisme ne fonctionne pas. Même si bien de ses promesses se font ailleurs en Europe sans problème.
Bof, peu importe ce que Mamdani allait dire, il allait se faire critiquer par les conservateurs.
« Je remercie ma mère… » : C’est la preuve que c’est un woke ultra-féministe qui veut l’émasculation des mâles.
« Je remercie Dieu… »: Evidemment, Mamdani ne remercie pas le « Bon » Dieu!
« Je remercie les électeurs… »: Ça ressemble à du quid-pro-pro! Des électeurs votent pour lui et en échange il les remercie… C’est louche!
De toute façon, ce n’était qu’un discours, dont l’auditoire primaire était composé de ses partisans. On verra un peu mieux s’il est inclusif avec ses opposants lorsque viendra le temps des prendre des mesures concrètes.
Comme Bernie Sanders est un grand admirateur d’Eugene Debs je ne suis pas vraiment surprise que Zohran Mamdani le cite.
Tant pis pour eux, c’est justement parce qu’il essaie de jouer de prudence que les démocrates sont vue comme faible. Mamdani a raison
Mettons que c’est un faux pas, surtout dans le ton. Mais maudit, le gars vient d’être élu et l’autre à Washington qui promet de lui faire toutes les difficultés du monde. Ce qui ne ressemble pas à un grand respect de la voix de la population neworkaise qui vient de s’exprimer.
Faque, je ne jouerai pas longtemps avec le couteau dans la plaie. L’autoflagellation et la surpolitesse, ben je passe mon tour !
« Mais des démocrates – et au moins un socialiste démocrate – ont aussi critiqué le discours de Mamdani. »
Je vais vous dire les hauts placés des démocrates n’ont pas fait la queue pour appuyer Zohran Mamdani alors oui je m’attends qu’ils ne vont pas se gêner pour le critiquer à tort ou à raison.
Tout à fait !!
Peut-être parce que, au fond, peu importe le parti, ce sont les mêmes qui tirent les ficelles de la politique pour que ça reste à leur avantage…
On lui souhaite la meilleure des chances, et on espère qu’il sera en mesure de mettre en œuvre une partie importante de son programme. J’adore son idée d’épiceries communautaires pour lutter contre l’inflation.
Je prédis qu’il ne l’aura pas facile. Avec les médias et le gouvernement fédéral contre lui, ça va brasser fort à New York. Bonne chance!!
Contribution faite. Toujours un plaisir de vous lire.
« Je me réveillerai chaque matin avec un seul objectif : rendre cette ville meilleure pour vous qu’elle ne l’était la veille. » Zohran Mamdani
J’écrivais il n’y a pas si longtemps en parlant de « D***** » qu’ à chaque matin il se lève en se demandant comment je pourrais faire suer le monde.
Voici ce que j’ai retenu en plus du reste.
« New York restera une ville d’immigrants : une ville construite par des immigrants, animée par des immigrants et, à partir de ce soir, dirigée par un immigrant. »
« L’espoir est vivant. L’espoir est une décision que des dizaines de milliers de New-Yorkais ont prise jour après jour, bénévole après bénévole, malgré les attaques publicitaires incessantes. »
« Et même si nous avons voté seuls, nous avons choisi l’espoir ensemble. L’espoir plutôt que la tyrannie. L’espoir plutôt que l’argent et les idées étriquées. L’espoir plutôt que le désespoir. »
« Il arrive un moment, rare dans l’histoire, où nous passons de l’ancien au nouveau, où une époque s’achève et où l’âme d’une nation, longtemps réprimée, trouve enfin sa voix. »
« Pendant des années, les responsables de la mairie n’ont aidé que ceux qui pouvaient les aider. Mais le 1er janvier, nous inaugurerons une administration municipale qui aidera tout le monde. »
« Après tout, si quelqu’un peut montrer à une nation trahie par Donald Trump comment le vaincre, c’est bien la ville qui l’a vu naître. Et s’il existe un moyen de terrifier un despote, c’est en démantelant les conditions mêmes qui lui ont permis d’accumuler le pouvoir. »
Bien dit !!
S’il pouvait réaliser au moins ça.
« La sécurité et la justice iront de pair, car nous travaillerons avec les policiers
pour réduire la criminalité et créer un département de la sécurité communautaire qui s’attaquera de front à la crise de la santé mentale et à celle des sans-abri. »
« Et pourquoi pas rêver d’un monde meilleur…
Nous vivons dans un monde où idéalisme rime avec naïveté.
Et pourtant, l’histoire est riche de personnalités jugées idéalistes, qui ont contribué à changer le monde.
Parmi eux, Martin Luther King. Dans son célèbre discours, il proclamait qu’il avait un rêve. Il s’est battu toute sa vue durant pour le voir se réaliser.
Alors, moi aussi j’ai un rêve. «
Le Dailay Wire qui s’offusque que Mamdani cite le « radical » Debs qui a été condamné pour sédition en 1918.
J’imagine que leurs reporteur ne doivent pas dormir la nuit en voyant le séditieux trump foutre le bordel dans le plus.
À quand la déportation du plus grand fauteur de troubles de l’histoire des Etats-Désunis?
Bien dit !
la suite … le plus … greatest pays de l’univers
H.S. Un homme s’ėcroule pendant une allocution dans le bureau ovale, tout juste à la gauche de Donald. Remarquez l’extraordinaire empathie manifestée par celui-ci 🙄
La projection est une mécanique simple: dans ton fort intérieur tu sais que tu agis mal, mais tu en es inconscient. Alors toute personne qui te confrontera formellement ou pas te fera ressentir ce grand malaise et donc sera vue comme la source de ce malaise. C’est pourquoi les républicains reprochent ce qu’eux-mêmes font aux démocrates.
Avec Trump on voit tous les délires d’une partie de la population mis sur la place publique. À force de délirer de plus en plus de gens vont décrocher de maga. Son taux de popularité catastrophique déjà alors qu’il n’a été président moins d’un an. Ce sera quoi durant les élections l’automne prochain?
Les plus vilains ici sont ceux qui sont conscients de travailler contre les intérêts du peuple.
@marylap – 15:16
« Ça ne sera pas facile pour lui. Les 2 camps vont tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues pour prouver que le socialisme ne fonctionne pas. »
Non, ça ne sera pas facile!
Ni les républicains, ni les démocrates ne veulent la social-démocratie aux États-Unis. 😞
On s’entend, les démocrates sont une moins mauvaise option que les républicains, mais rien pour pavoiser. Une bonne partie du vote de mardi en était un de protestation contre les politiques de la Maison-Blanche et non pas parce que les gens pensaient que les démocrates sont la plus grande invention depuis celle du pain tranché.
@Cerveau – 16:36
« Peut-être parce que, au fond, peu importe le parti, ce sont les mêmes qui tirent les ficelles… »
Ce sont les riches et puissants qui tirent les ficelles dans les deux(2) partis – simplement pas les mêmes riches et puissant – et ils (elles) ne veulent pas de la social-démocratie, comme celle qu’on voit au Canada et en Europe, pourquoi? Parce qu’inévitablement, il faudrait piger plus d’argent dans leurs poches pour payer un filet social décent pour la plus grande partie de la population.
La 5e fois que Debs était candidat à la présidence, il était en prison Trump a passé proche d’être le 2e.
Il aurait dû être le deuxième!
Ils étaient où les stratèges démocrates pendant la campagne présidentielle ? Quelle est la stratégie des démocrates depuis la réélection de Trumperie. De beaux fleurons qui ont l’air de savoir quoi faire pour sortir le pays du marasme dans lequel il s’enfonce..
Ma crainte c’est que Mamdani ne réussisse pas à livrer la marchandise sur des promesses extrêmement difficiles à réaliser et que les républicains vont s’empresser de le lui remettre sur le nez.
Faut que les bottines suivent les babines.
La partie de son discours populiste sur la lutte des travailleurs contre les « oligarches » donnait un ton marxiste à son discours, ce qui ne fait qu’alimenter les critiques de droite. Je crois aussi qu’il aurait gagné à avoir un discours plus rassembleur, mais il décide de sa trajectoire. Voyons ce que ça donnera dans les prochaines semaines, il aura plusieurs projecteurs sur lui.
Quant à Charlamagne, quel réponse stupide… Ce n’est pas en leur disant de ne plus parler aux autres qu’on s’améliore, ou qu’on projète une image d’ouverture et d’écoute.
Comme l’on si bien dit CThaGod et Kyle Kulinksi : STFU Van Jones,and eat a DICK!