Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Quelle mouche a piqué ? La question se pose après la décision de Donald Trump de mettre fin aux négociations commerciales entre son pays et le Canada. Après tout, le président américain n’avait pas semblé s’offusquer mardi en faisant allusion à la pub diffusée par l’Ontario aux États-Unis et utilisant la voix et les mots de l’ancien président républicain Ronald Reagan pour critiquer les droits de douane.

« Je vois maintenant des pays étrangers, avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations, diffuser des publicités disant “Ne cédez pas aux droits de douane” », a déclaré Trump aux journalistes à la Maison-Blanche. « Ils diffusent des publicités. J’ai vu une publicité hier soir provenant du Canada. Si j’étais le Canada, je diffuserais la même publicité », a-t-il ajouté.

Il semble que Trump ait complètement d’opinion sur le sujet lorsque la Fondation Reagan, dont la mission est de protéger et de promouvoir l’héritage du 40e président, s’est objectée à la pub de l’Ontario. Dans une déclaration publiée jeudi sur X, la fondation a reproché à l’Ontario d’avoir utilisé des extraits audio et vidéo « sélectifs » d’une allocution de Reagan remontant à 1987. « La publicité déforme le discours radiophonique présidentiel », indique la fondation.

Les citations tirées de cette adresse et utilisées dans la pub ne viennent pas dans l’ordre où elles ont été prononcées et occultent une partie importante du contexte qui les a inspirées. De là à dire que la pub est fausse ou truquée, il y a un pas, que Trump n’a pas hésité à franchir ce vendredi matin.

« LE CANADA A TRICHÉ ET S’EST FAIT PRENDRE !!! Il a frauduleusement publié une grande annonce publicitaire affirmant que Ronald Reagan n’aimait pas les droits de douane, alors qu’en réalité, il ADORAIT LES DROITS DE DOUANE POUR NOTRE PAYS ET SA SÉCURITÉ NATIONALE », a-t-il écrit sur Truth Social en mentant de façon éhontée sur la position de Reagan concernant les droits de douane. « Le Canada tente d’influencer illégalement la Cour suprême des États-Unis dans l’une des décisions les plus importantes de l’histoire de notre pays. Le Canada triche depuis longtemps sur les droits de douane, imposant à nos agriculteurs des taxes pouvant atteindre 400 %. Désormais, ce pays, ainsi que d’autres, ne peuvent plus profiter des États-Unis. Merci à la Fondation Ronald Reagan d’avoir dénoncé cette FRAUDE. RENDONS À L’AMÉRIQUE SA GRANDEUR !!! »

Il est difficile de ne pas penser que Trump exploite la réaction de la Fondation Reagan pour augmenter encore davantage son rapport de force à l’égard du Canada.

(Photo capture d’écran)

46 réflexions sur “Comment Trump a changé d’opinion sur la pub de l’Ontario

  1. marylap dit :

    Trump a juste l’air plus fou avec sa crise du bacon. C’est clair qu’il se cherchait une raison pour arrêter les négociations.
    Je sais que l’opposition à Ottawa est en train de crier au meurtre. Mais comment négocier de bonne foi avec un gros bébé lala?

    1. Igreck dit :

      Le même abruti qui ch** sur ses concitoyen.ne.s💩 Aucune valeur⁉️

  2. Falalalama dit :

    Et notre banquier premier ministre va tout faire pour l’amadouer et espérer encore une entente. Il avait dit elbows up mais il ne fait que du knee down. Sa campagne électorale et son élection était centrée sur l’idée de tenir tête à Trump et depuis, il ne fait que s’agenouiller. Ford est une personne horrible selon moi mais en ce moment, je le prendrais comme premier ministre.

    1. Cyto dit :

      je suis pas spécialement libérale mais c’est la seule attitude possible, le pire serait poilièvre, le deuxième pire, Ford.

      Je trouve l’idée de la pub franchement bonne, très bien amenée, mais Carney n’aurait pas pule faire lui-même anyway.

      1. Méchant Boris dit :

        Tiens! un Conservateurophobe. Il n’est pas le seul sur ce blogue…

    2. Linda dit :

      Non Ford a agi sans réfléchir, sur l’attaque seulement. On commence par demander l’autorisation quand on veut utiliser une image d’une personnalité ou une chanson, ce qui semble ne pas avoir été fait. Il a agi seul sans l’unité du pays. On sait tous comment le gros 🤡 agit, c’est une girouette, un menteur. Il n’attends qu’un prétexte pour couper les ponts et quand on sait que la Cour Suprême va bientôt rendre une décision sur ses tarifs. Mais pour moi Ford agit seul et pas avec la même ampleur que le fou mais sans réfléchir ( suite à la perte d’emplois automobiles )

    3. chrstianb dit :

      Pensez-vous que se défaire de la dépendance au marché des États-Unis se fait en un claquement de doigts ? C’est toute notre chaine industrielle qui est branchée sur les États-Unis. Carney pousse aussi pour la diversification des marchés d’exportation.

      1. Falalalama dit :

        Absolument pas. Ceci étant dit, une entente signée avec Trump ne vaudra même pas le papier utilisé. Il faut se rendre à l’évidence et le plus tôt sera le mieux : nous n’avons plus de partenaire économique au sud de la frontière, nous avons un régime fasciste et prédateur. Carney semble vouloir faire un « Chamberlain » de lui-même.

    4. marylap dit :

      On ne peut pas négocier avec un terroriste.
      Trump ne veut pas négocier, il veut écraser. Et présentement, il est fâché parce que Carney ne s’écrase pas assez à son goût.

      1. Cyto dit :

        Et en plus, c’est pas Carney, c’est Ford. Je suis certaine que Lutnik lui a pissé dans l’oreille, trump a l’attention d’un poisson rouge, il y pensait surement plus du tout à la pub, il a sa salle de bal à « construire »

  3. Pierre Belley dit :

    Gros cave, gros crisse de cave ! https://www.youtube.com/watch?v=Cood3ZnRJk8

    1. Haïku dit :

      @Pierre Belley
      Hilarant ! 🤣
      Merci du partage !

  4. Syl08 dit :

    Quelle mouche l’a piqué: probablement une mouche à ce qu’il a lancé du haut des airs sur les manifestants.

    1. Cyto dit :

      il a probablement zéro idée du nombre de personnes samedi passé, ni de l’ampleur ni de ce qui s’est dit.

      Considérant sa destruction mentale, probable que aucun journaliste ne va oser lui poser de question directe sur son record d’impopularité, incluant avec sa propre base.

  5. belwet dit :

    Si Kennedy Jr a eu un vers qui est mort en mangeant son cerveau, combien keklouwne a a eu?
    Tsé quand tu te penses meilleur que le plus brillant humain n’ayant jamais exister mais que tu es plus de l’ordre du vers de terre, ben ça donne des niaiseries comme ça.

  6. Cyto dit :

    je vais prendre un wild guess: il n’a aucune idée de la réponse de la fondation Reagan, et si il en a entendu parler, il s’en c.

    C’est son grand ami Lutnik qui lui a pissé dans l’oreille, je met 10 piasse là dessus

  7. Dekessey dit :

    C’est épuisant tout ce cirque.

  8. M Beauregard dit :

    Probablement une mouche à merde.

  9. Steve dit :

    Une personne qui veut faire de la politque doit rester insensible à la critique car c’est impossible de se faire aimé de tous.

    Le déchet est en politique pour deux choses, s’enrichir et se faire flatter son égo.
    C’est le politicien avec l’épiderme le plus sensible de l’histoire. Incapable de prendre la moindre petite critique comme un gros bébé làlà.

    L’histoire ne sera pas tendre avec lui

  10. Cubbies14 dit :

    N’importe quoi comme d’habitude. Unfit for the job!
    Maudit imbécile.

  11. Duduche dit :

    Il est aussi possible que ses proches conseillers aient vu l’opportunité d’alimenter le chaos dans les relations avec le Canada et qu’ils lui ont conseiller de contacter la Fondation Reagan (ou d’envoyer un goon) pour qu’elle fasse ce communiqué. Après tout, le contenu utilisé était libre de droit et ne semble pas donner un aperçu si contraire que ça du discours de Reagan.
    L’intimidation, Corrompu-47 aime ça et ce sénile se fait aisément manipuler par son entourage.

    1. gl000001 dit :

      J’ai pris du temps pour écrire mon message. Je n’ai donc pas vu le votre ou on dit la même chose.

      1. Duduche dit :

        @gl000001: la redondance est pédagogique. Et puis, j’ai peut-être été influencé télépathiquement par ce que pensaient plusieurs lecteurs de ce blog 😉

      2. gl000001 dit :

        Vaut mieux être influencé télépathiquement que télé-pathétiquement comme DT l’est. Il faudrait aller voir ce que Fox News a dit de cette pub hier ou avant-hier 😉

  12. Alexander dit :

    Souffler le chaud et le froid. Jouer avec les nerfs de ses opposants en les gardant sur le qui-vive et l’instabilité et l’imprévisibilité.

    Finalement, ce sont des vieilles techniques de négociation pour tenter de casser l’adversaire et gagner des compromis payants de dernière seconde.

    Oui, il y a un énorme rapport de force entre le géant américain et le voisin canadien qui s’est trop fié aux EU pour étendre son marché domestique juste au sud et qui en paye le prix présentement.

    Mais il y a d’autres règles en négociation auxquelles je crois.

    On commence par respecter l’adversaire et chercher des ententes gagnant/ gagnant en faisant les compromis nécessaires en visant une relation de long terme.

    Trump cherche le coup d’éclat à court terme et vise toujours à écraser l’adversaire, peu importe les moyens.

    Le problème est que le vieil adage « on a toujours besoin d’un plus petit que soi » est toujours d’actualité.

    Et j’ajouterais: « du monde indispensable, il y en a plein le cimetière ». L’être humain a horreur du vide et va s’adapter.

    On ne doit pas trahir ses amis car on ne sait jamais quand la Vie tournera de bord. Une négociation trop acrimonieuse laissera toujours des séquelles car les gens ont la mémoire longue. C’est humain.

    On peut finir par enterrer la hache de guerre, mais la mémoire, elle, n’oublie jamais. Et surtout pas les trahisons. Elles n’ont pas de prescription.

    Il faut garder le cap sur nos valeurs et viser le long terme.

    La Vie va rééquilibrer les choses. C’est juste que ça ne se réglera pas en dix minutes.

  13. platanekyrah dit :

    C’est un MAGA qui est à la tête de la fondation Reagan.
    Il a eu des bons postes sous trump 1.

  14. PLesage dit :

    Rien d’autre que de la fiance de bovidés des USA, tout le monde sait que Reagan était pro libre échange. Rien d’autre qu’une occasion de faire planter les négo ou de les ralentir.

    Je ne suis pas un fa-fan de l’ex président, mais sur ce point, il avait raison. Dire que ses propos repris dans la pub ontarienne dénature les positions reaganiennes sur la liberté des échanges commerciaux est faux.

  15. gl000001 dit :

    Je ne vois pas comment ça change le sens de ce que Reagan a dit. En résumant pas mal : les tarifs causent des problèmes qu’il disait et on voit ces problèmes en ce moment.
    On voit sur le site de la Fondation Reagan que le grand frère trump y fait des discours. Baier de Fox News également. La fondation a peut-être reçu une demande de quelqu’un de l’entourage de DT pour faire cette sortie. Ca ne serait pas étonnant que ses tentacules se rendent jusque là !!

  16. platanekyrah dit :

    C’est Marc Levin.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Levin

  17. ctbourgeois dit :

    Certains agitateurs extrémistes dans son entourage l’ont crinqués pour qu’il fasse une sortie choc à un moment impromptu, le démenti de la fondation Reagan est douteux, rien n’apparaît dans leurs communiqués de presse, est-ce vraiment leur déclaration ou une invention de l’administration ?

    Cette vidéo est authentique, mais comme d’habitude, il nie et les médias américains répètent son éternel rhétorique pour ne pas se faire accuser et poursuivre en justice. Cependant, Doug Ford devrait user de retenue même si sa colère est justifiée, il n’est pas le représentant du Canada, provoquer un narcissique incontrôlable qui détient le pouvoir coûte que coûte et déteste les critiques n’est pas l’idée du siècle.

    1. ctbourgeois dit :

      *sa rhétorique éternelle*

  18. Layla dit :

    Radio Address to the Nation on Free and Fair Trade
    April 25, 1987
    My fellow Americans:
    Prime Minister Nakasone of Japan will be visiting me here at the White House next week. It’s an important visit, because while I expect to take up our relations with our good friend Japan, which overall remain excellent, recent disagreements between our two countries on the issue of trade will also be high on our agenda.
    As perhaps you’ve heard, last week I placed new duties on some Japanese products in response to Japan’s inability to enforce their trade agreement with us on electronic devices called semiconductors. Now, imposing such tariffs or trade barriers and restrictions of any kind are steps that I am loath to take. And in a moment I’ll mention the sound economic reasons for this: that over the long run such trade barriers hurt every American worker and consumer. But the Japanese semiconductors were a special case. We had clear evidence that Japanese companies were engaging in unfair trade practices that violated an agreement between Japan and the United States. We expect our trading partners to live up to their agreements. As I’ve often said: Our commitment to free trade is also a commitment to fair trade.
    But you know, in imposing these tariffs we were just trying to deal with a particular problem, not begin a trade war. So, next week I’ll be giving Prime Minister Nakasone this same message: We want to continue to work cooperatively on trade problems and want very much to lift these trade restrictions as soon as evidence permits. We want to do this, because we feel both Japan and the United States have an obligation to promote the prosperity and economic development that only free trade can bring.
    Now, that message of free trade is one I conveyed to Canada’s leaders a few weeks ago, and it was warmly received there. Indeed, throughout the world there’s a growing realization that the way to prosperity for all nations is rejecting protectionist legislation and promoting fair and free competition. Now, there are sound historical reasons for this. For those of us who lived through the Great Depression, the memory of the suffering it caused is deep and searing. And today many economic analysts and historians argue that high tariff legislation passed back in that period called the Smoot-Hawley tariff greatly deepened the depression and prevented economic recovery.
    You see, at first, when someone says, « Let’s impose tariffs on foreign imports, » it looks like they’re doing the patriotic thing by protecting American products and jobs. And sometimes for a short while it works — but only for a short time. What eventually occurs is: First, homegrown industries start relying on government protection in the form of high tariffs. They stop competing and stop making the innovative management and technological changes they need to succeed in world markets. And then, while all this is going on, something even worse occurs. High tariffs inevitably lead to retaliation by foreign countries and the triggering of fierce trade wars. The result is more and more tariffs, higher and higher trade barriers, and less and less competition. So, soon, because of the prices made artificially high by tariffs that subsidize inefficiency and poor management, people stop buying. Then the worst happens: Markets shrink and collapse; businesses and industries shut down; and millions of people lose their jobs.
    The memory of all this occurring back in the thirties made me determined when I came to Washington to spare the American people the protectionist legislation that destroys prosperity. Now, it hasn’t always been easy. There are those in this Congress, just as there were back in the thirties, who want to go for the quick political advantage, who will risk America’s prosperity for the sake of a short-term appeal to some special interest group, who forget that more than 5 million American jobs are directly tied to the foreign export business and additional millions are tied to imports. Well, I’ve never forgotten those jobs. And on trade issues, by and large, we’ve done well. In certain select cases, like the Japanese semiconductors, we’ve taken steps to stop unfair practices against American products, but we’ve still maintained our basic, long-term commitment to free trade and economic growth.
    So, with my meeting with Prime Minister Nakasone and the Venice economic summit coming up, it’s terribly important not to restrict a President’s options in such trade dealings with foreign governments. Unfortunately, some in the Congress are trying to do exactly that. I’ll keep you informed on this dangerous legislation, because it’s just another form of protectionism and I may need your help to stop it. Remember, America’s jobs and growth are at stake.
    Until next week, thanks for listening, and God bless you.
    Note: The President spoke at 12:06 p.m. from Camp David, MD.
    Date
    04/25/1987

  19. Layla dit :

    Traduction de la déclaration de R Reagan 25 avril 1987

    Discours radiophonique à la nation sur le commerce libre et équitable
    25 avril 1987
    Mes compatriotes américains :
    Le Premier ministre japonais Nakasone me rendra visite ici, à la Maison-Blanche, la semaine prochaine. C’est une visite importante, car si je compte aborder nos relations avec notre ami le Japon, qui restent globalement excellentes, les récents désaccords entre nos deux pays sur la question commerciale figureront également en bonne place à notre ordre du jour.
    Comme vous l’avez peut-être entendu, j’ai imposé la semaine dernière de nouveaux droits de douane sur certains produits japonais en réponse à l’incapacité du Japon à faire respecter son accord commercial avec nous sur les appareils électroniques appelés semi-conducteurs. Or, imposer de tels droits de douane, barrières commerciales et restrictions de quelque nature que ce soit est une mesure que je répugne à prendre. Et j’évoquerai dans un instant les raisons économiques solides qui justifient cette décision : à long terme, ces barrières commerciales nuisent à tous les travailleurs et consommateurs américains. Mais le cas des semi-conducteurs japonais était un cas particulier. Nous avions des preuves évidentes que des entreprises japonaises se livraient à des pratiques commerciales déloyales, contraires à un accord entre le Japon et les États-Unis. Nous attendons de nos partenaires commerciaux qu’ils respectent leurs engagements. Comme je l’ai souvent dit : notre engagement envers le libre-échange est aussi un engagement envers le commerce équitable.
    Mais vous savez, en imposant ces tarifs, nous cherchions simplement à régler un problème particulier, et non à déclencher une guerre commerciale. La semaine prochaine, je transmettrai donc ce même message au premier ministre Nakasone : nous souhaitons poursuivre notre collaboration sur les problèmes commerciaux et ardemment lever ces restrictions commerciales dès que les données le permettront. Nous le souhaitons, car nous estimons que le Japon et les États-Unis ont l’obligation de promouvoir la prospérité et le développement économique que seul le libre-échange peut apporter.
    J’ai transmis ce message de libre-échange aux dirigeants canadiens il y a quelques semaines, et il y a été chaleureusement accueilli. En effet, partout dans le monde, on prend de plus en plus conscience que la voie vers la prospérité pour toutes les nations passe par le rejet des lois protectionnistes et la promotion d’une concurrence libre et équitable. Il existe de solides raisons historiques à cela. Pour ceux d’entre nous qui ont vécu la Grande Dépression, le souvenir des souffrances qu’elle a causées est profond et poignant. Aujourd’hui, de nombreux analystes économiques et historiens affirment que la législation sur les droits de douane élevés, adoptée à cette époque et appelée tarif Smoot-Hawley, a considérablement aggravé la dépression et entravé la reprise économique.

    Voyez-vous, au premier abord, lorsque quelqu’un propose d’imposer des droits de douane sur les importations étrangères, on a l’impression qu’il agit par patriotisme en protégeant les produits et les emplois américains. Et parfois, pendant un court laps de temps, cela fonctionne, mais seulement pendant un court laps de temps. Finalement, les industries locales commencent à dépendre de la protection gouvernementale sous la forme de droits de douane élevés. Elles cessent d’être compétitives et d’innover en matière de gestion et de technologies, ce qui est essentiel pour réussir sur les marchés mondiaux. Puis, pendant ce temps, quelque chose d’encore pire se produit. Des droits de douane élevés entraînent inévitablement des représailles de la part des pays étrangers et le déclenchement de guerres commerciales féroces. Il en résulte une augmentation constante des droits de douane, des barrières commerciales de plus en plus élevées et une concurrence de plus en plus faible. Ainsi, bientôt, à cause des prix artificiellement élevés par des droits de douane qui subventionnent l’inefficacité et une mauvaise gestion, les consommateurs cessent d’acheter. Puis le pire survient : les marchés se contractent et s’effondrent ; les entreprises et les industries ferment ; et des millions de personnes perdent leur emploi.
    Le souvenir de tout cela, dans les années 30, m’a convaincu, à mon arrivée à Washington, d’épargner au peuple américain les lois protectionnistes qui détruisent la prospérité. Or, cela n’a pas toujours été facile. Certains membres de ce Congrès, comme dans les années 30, cherchent à obtenir un avantage politique rapide, sont prêts à risquer la prospérité de l’Amérique pour séduire à court terme un groupe d’intérêts particulier, oublient que plus de cinq millions d’emplois américains sont directement liés aux exportations et que des millions d’autres sont liés aux importations. Eh bien, je n’ai jamais oublié ces emplois. Et sur les questions commerciales, dans l’ensemble, nous avons obtenu de bons résultats. Dans certains cas précis, comme celui des semi-conducteurs japonais, nous avons pris des mesures pour mettre fin aux pratiques déloyales à l’encontre des produits américains, mais nous avons maintenu notre engagement fondamental et à long terme en faveur du libre-échange et de la croissance économique. Alors, à l’approche de ma rencontre avec le Premier ministre Nakasone et du sommet économique de Venise, il est crucial de ne pas restreindre les options d’un président dans ce type de relations commerciales avec des gouvernements étrangers. Malheureusement, c’est précisément ce que tentent certains membres du Congrès. Je vous tiendrai informés de l’évolution de cette législation dangereuse, car il s’agit d’une nouvelle forme de protectionnisme et j’aurai peut-être besoin de votre aide pour l’arrêter. N’oubliez pas que les emplois et la croissance des États-Unis sont en jeu.
    À la semaine prochaine, merci de votre écoute et que Dieu vous bénisse.
    Note : Le Président s’est exprimé à 12h06 depuis Camp David, Maryland.
    Date
    25/04/1987

    1. Haïku dit :

      @Layla
      Merci du partage ! 👍

  20. Layla dit :

    En lisant sa déclaration on comprend très bien qu’il est faux de dire que R.Reagan « ADORAIT LES DROITS DE DOUANE POUR NOTRE PAYS » le dernier extrait dit très bien ce que sont les droits de douanes.

    ——————-

    « Or, imposer de tels droits de douane, barrières commerciales et restrictions de quelque nature que ce soit est une mesure que je répugne à prendre. »

    « à long terme, ces barrières commerciales nuisent à tous les travailleurs et consommateurs américains. Mais le cas des semi-conducteurs japonais était un cas particulier. »

    « Mais vous savez, en imposant ces tarifs, nous cherchions simplement à régler un problème particulier, et non à déclencher une guerre commerciale. »

    « J’ai transmis ce message de libre-échange aux dirigeants canadiens il y a quelques semaines, et il y a été chaleureusement accueilli. En effet, partout dans le monde, on prend de plus en plus conscience que la voie vers la prospérité pour toutes les nations passe par le rejet des lois protectionnistes et la promotion d’une concurrence libre et équitable. »

    « Aujourd’hui, de nombreux analystes économiques et historiens affirment que la législation sur les droits de douane élevés, adoptée à cette époque et appelée tarif Smoot-Hawley, a considérablement aggravé la dépression et entravé la reprise économique. »

    « Voyez-vous, au premier abord, lorsque quelqu’un propose d’imposer des droits de douane sur les importations étrangères, on a l’impression qu’il agit par patriotisme en protégeant les produits et les emplois américains. Et parfois, pendant un court laps de temps, cela fonctionne, mais seulement pendant un court laps de temps. Finalement, les industries locales commencent à dépendre de la protection gouvernementale sous la forme de droits de douane élevés. Elles cessent d’être compétitives et d’innover en matière de gestion et de technologies, ce qui est essentiel pour réussir sur les marchés mondiaux. Puis, pendant ce temps, quelque chose d’encore pire se produit. Des droits de douane élevés entraînent inévitablement des représailles de la part des pays étrangers et le déclenchement de guerres commerciales féroces. Il en résulte une augmentation constante des droits de douane, des barrières commerciales de plus en plus élevées et une concurrence de plus en plus faible. Ainsi, bientôt, à cause des prix artificiellement élevés par des droits de douane qui subventionnent l’inefficacité et une mauvaise gestion, les consommateurs cessent d’acheter. Puis le pire survient : les marchés se contractent et s’effondrent ; les entreprises et les industries ferment ; et des millions de personnes perdent leur emploi. »

  21. PPL dit :

    « misrepresents » est un mot très vague en anglais, qui peut vouloir dire fausse, erronée ou déformée mais aussi simplement « qui n’est pas identique ». Dans ce cas, ce n’est pas identique mais nullement fausse ou déformée.

    1. gl000001 dit :

      Très bien dit !

  22. Claudine Bertrand dit :

    Ford a toujours été partisan de la méthode forte; il voit l’économie de sa province menacée et il réagit impulsivement peut-être, mais qui n’a pas rêvé de rendre à Trump la monnaie de sa pièce : après tout le manque de tact et de diplomatie de Trump mériteraient bien l’avalanche de répliques justifiées que ses interlocuteurs ont toujours ravalées jusqu’ici. Quant à Carney, il travaille dans l’ombre et s’active à tisser des relations commerciales pour réduire la dépendance du Canada face aux USA. Il n’est pas du genre à dévoiler ses plans et ça prendra du temps pour s’affranchir de cette trop lourde dépendance.
    D’ailleurs, qu’est-ce que ça change : Trump est une girouette qui change d’opinions à chaque heure; on se fatigue de l’entendre crier « au loup » et on poursuit ses tractations dans la discrétion. Tôt ou tard, l’orage trumpien se dissipera et ira pleuvoir ailleurs; il ne manque pas d’endroits où laisser choir ses foudres.

  23. Layla dit :

    Tout le monde sait que les droits de douanes ce n’est pas une question de sécurité nationale à maintes reprises il a dit que c’était de l’argent facile à gagner, il parle de sécurité nationale pour pouvoir le faire. Point barre.

  24. Charles IV dit :

    C’est facile à comprendre: je l’appelle Donald le pas fiable…

  25. POLITICON dit :

    Trump qui change d’opinion, c’est un peu comme un poisson rouge qui change de bocal : ça fait beaucoup de remous pour pas grand-chose, mais il finit toujours par tourner en rond au même endroit — au centre de son propre nombril.

    Qu’une pub ontarienne utilisant la voix de Reagan l’ait d’abord amusé avant de soudainement le scandaliser n’a rien d’étonnant. Il ne s’agit pas d’une question de vérité, ni même de respect pour Reagan — un président dont Trump n’a ni la culture, ni la décence, ni l’envergure intellectuelle. Ce qu’il y a derrière ce petit théâtre, c’est la vieille tactique du chantage politique : trouver un prétexte, n’importe lequel, pour piétiner le Canada et flatter les bas instincts de son électorat.

    Ce n’est pas la Fondation Reagan qui l’a fait changer d’avis, c’est l’occasion. L’occasion de humilier un voisin qu’il considère comme un vassal économique. L’occasion d’exhiber sa toute-puissance sur Truth Social, d’agiter le spectre du « Canada tricheur », et de transformer une pub maladroite en soi-disant attaque contre la sécurité nationale américaine. Tout est bon pour détourner l’attention de ses échecs et rallumer la machine à populisme.

    Mais derrière la farce, il y a un enjeu très sérieux : la souveraineté économique du Canada. Tant qu’on acceptera de jouer selon les règles d’un pays dirigé par un homme aussi erratique, on se condamnera à dépendre d’un marché où la vérité, la logique et la diplomatie changent au rythme de ses humeurs.

    Il est temps que le Canada arrête de tendre l’autre joue. On ne négocie pas avec un pyromane en espérant qu’il souffle sur les flammes. Il faut couper le gaz — réorienter notre commerce, investir dans notre propre production, renforcer nos alliances ailleurs.

    Parce qu’à force de vouloir ménager l’Amérique de Trump, on finit par ressembler à un figurant dans son cirque. Et pendant qu’il réécrit la réalité à coups de majuscules et de mensonges, c’est notre économie qui paie la facture et nos emplois qui s’envolent.

  26. bloglo dit :

    Comme d’habitude, Trump va prendre l’opinion de la dernière personne qui l’a encensé et qui l’a flatté dans le sens du poil.

    Maître Corbeau, sur un arbre perché,
    Tenait en son bec un fromage.
    Maître Renard, par l’odeur alléché,
    Lui tint à peu près ce langage :
    Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
    Sans mentir, si votre ramage
    Se rapporte à votre plumage,
    Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
    À ces mots, le Corbeau ne se sent pas de joie ;
    Et pour montrer sa belle voix,
    Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
    Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
    Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
    Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
    Le Corbeau honteux et confus
    Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

    dans cette fable.. le corbeau a les cheveux orange et le renard est Stephen Miller. C’est évident que le mouvement MAGA doit s’éloigner de l’image de Reagan rapidement, considérant à la fois l’antipode entre les 2 présidents, mais aussi le danger que certains républicains finissent finalement par se dire que Trump est complètement fêlé. Ce qui nuirait au plan de du véritable président qui est dans les faits Stephen Miller (à moins qu’il y ait un autre pire personnage inconnu du public autour de Trump)

    par contre, à la fin de la fable, le corbeau fini par prendre conscience de sa vanité, mais ça n’arrivera jamais avec Trump

  27. Jean Paul Pépin dit :

    Ce genre de sortie, aussi absurde soit-elle, sert à mobiliser sa base :
    il crée un ennemi imaginaire (ici le Canada), il se met en héros qui “dénonce la fraude” qui bien entendu n’en est pas une car si les américains ne dépassent pas les quotas imposés sur le lait, le beurre, le fromage ou la volaille, le tarif n’est pas de 400% mais presque nul ou ne dépassant pas 15%. Pendant ce temps, il détourne l’attention de ses propres déboires judiciaires ou économiques.

    En somme : du grand Trump Show, beaucoup de bruit, très peu de vérité,
    et une grosse dose de “spectacle politique trumpiste”.

  28. André Savard dit :

    En fait, de Carney le conciliant ou Ford le frondeur, il nous faut les deux! Bon cop, bad cop, capice? Deux jeux de cartes, un dans chaque main, selon le besoin du moment.

    1. Haïku dit :

      @André Savard
      Intéressante stratégie !!

  29. sylvain Roy dit :

    L’ontario devrait poursuivre la Reagan Foundation pour 200 milliards de $ pour atteinte a la réputation du Canada. Si c’est bon pour le roi débile Donny the Clown c’est bon pour l’ontario.

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