Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Mitt Romney and President Obama debate Monday in Boca Raton, Fla., with moderator Bob Schieffer

« Ma répartie préférée est de loin celle de Barack Obama lors de son troisième affrontement contre Mitt Romney en 2012 », écrit Alain des Cotes en lien avec le thème de la deuxième campagne de financement de ce blogue en 2024, les débats du passé entre candidats présidentiels américains. Ce débat suivait la contre-performance du président démocrate lors de son premier duel contre le gouverneur républicain du Massachusetts. Obama avait enflammé la Toile en répondant de façon sarcastique à l’affirmation de son rival selon laquelle la marine américaine n’avait jamais compté moins de navires depuis 1917.

« Eh bien, nous avons aussi moins de chevaux et de baïonnettes, parce que la nature de notre armée a changé », avait déclaré Obama comme s’il s’adressait à un écolier. « Nous avons ce qu’on appelle des porte-avions, sur lesquels les avions atterrissent. Nous avons ces navires qui vont sous l’eau, les sous-marins nucléaires. Ce n’est pas une partie de Battleships, où l’on compte les navires », a-t-il ajouté en faisant allusion au jeu de société.

L’expression « chevaux et baïonnettes » allait faire naître mille et un mèmes sur internet. Et Obama allait faire oublier sa contre-performance du premier débat aux yeux d’un électorat qui l’avait trouvé déconnecté et déboussolé quelques semaines plus tôt.

Merci à Alain des Cotes et autres autres qui ont rappelé cette répartie mémorable. Et merci à tous ceux et celles qui nous permettront de nous rapprocher et peut-être même d’atteindre l’objectif de cette campagne de financement au cours des prochaines heures. Le thermomètre ci-contre illustre où nous en étions ce vendredi matin. Et merci à tous ceux et celles qui ont déjà fait leur part pour assurer le maintien de ce blogue en cette période cruciale de la vie politique américaine.

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(Photo Getty Images)

8 réflexions sur “« Nous avons également moins de chevaux et de baïonnettes qu’en 1916 »

  1. lechatderuelle dit :

    Celle-là est hyper drôle!!!

    Une des pires leçons distribuées poliment à un cancre…..

    1. Haïku dit :

      Il s’agit effectivement d’un coup de circuit ! 🎯

  2. Che Sausage dit :

    Hello,

    J’adore ce type de réparties et même si Obama a été classe, il a aussi été un peu cassant, ce qui est dommage (pour ce genre de choses, je suis à fond pour la subtilité). Et bien sûr, on se doute que cela a été préparé à l’avance, ce sont des exercices de communication calculés au millimètre ou presque. Mais il n’en reste pas moins que de voir une telle pique arriver dans un débat est vraiment génial.

    Chez nous et plus récent que les débats Giscard / Mitterrand, celui de 2017 entre le méprisant actuel et la dédiabolisationneuse de Montretout, on a eu droit à « la poudre de perlimpinpin » d’une part et d’autre, pour décrire la vision supposée des électeurs du RN, il y a eu « ils sont là, ils sont dans les campagnes, dans les villes, ils sont sur les réseaux sociaux » (dit comme ça c’est pas très sexy, mais avec les gestes et la voix, c’est hilarant) :

    *https://www.youtube.com/shorts/odC-LQGiopo

    Bon, c’est moins classe que du Obama, on a les politiciens qu’on mérite. Faut voir le contexte aussi pour comprendre comment cela a pu arriver : Le Pen n’avait quasiment aucune chance de l’emporter, elle ne s’est pas présentée au débat après s’être vraiment préparée sérieusement (micron avec a lui fait d’ailleurs remarquer à un moment qu’elle se perd dans ses notes et c’est un autre « grand moment » du débat). Alors perdu pour perdu, elle n’était plus à ça près. Au-delà de ça, son attitude combative (dans le mauvais sens du terme) et son arrogance et cette façon de parler qui laisse à penser qu’elle se moque sans arrêt de son contradicteur. Ca a été catastrophique en termes d’image pour elle.

    1. Che Sausage dit :

      Je ne devais pas encore être bien réveillé car je n’avais pas trouvé le mot juste (et j’aime pas ne pas trouver les mots justes !). Je notais « son attitude combative (dans le mauvais sens du terme) ».

      Godferdom ! Pourquoi n’ai-je pas tout simplement noté « son attitude belliqueuse » ?!

      Tsssss !

  3. ducalme dit :

    @Che Sausage

    Vous avez entièrement raison.

    Le débat Macron – Le Pen de 2017 fut un massacre politique pour elle.

    Le résultat du second tour également.

    2022 fut nettement meilleur pour MLP.

    Et ce mardi 25 juin, nous aurons droit à un débat qui devrait être l’illustration parfaite de la France d’aujourd’hui.

    Gabriel Attal, c’est le dernier fusible d’Emmanuel Macron qui est soit sur un siège éjectable, soit condamné à terminer son mandat en président des chrysanthèmes.

    Les alliés d’hier de Macron, Bruno Le Maire, Édouard Philippe, François Bayrou, sont presque en collision frontale avec le président.

    Ils se préparent ouvertement pour les présidentielles de 2027.

    Gérald Darmanin, l’occupant de Place Beauvau et ministre de l’Intérieur la joue, je ne dirais pas plus finement, mais plus réalistement.

    Comme ministre de l’Intérieur, responsable de la sécurité, premier flic de France, il est en contact direct avec le terrain et il sait très bien que les casseurs ne sont pas des supporters anglais et que par suite des émeutes, il n’y a que très peu de Kévin et de Mattéo dans les commissariats et que les OQTF ne peuvent pas être exécutés pas plus qu’il ne peut assurer la sécurité des frontières.

    Attal ne cherche même plus à sauver le président, il vise plutôt à se conserver un avenir politique qui est encore devant lui.

    Jordan Bardella, né en 1995 et représentant la droite nationale, c’est du pain béni pour la droite nationale.

    Originaire des banlieues, il s’en est sorti, les comprend, mais porte une vision beaucoup plus traditionnelle de la France.

    Il ne porte pas le lourd passé de Jean-Marie Le Pen dont les coups de gueule ont tellement discrédité son option.

    Reste Manuel Bompard, le candidat du NFP qui réunit pour le moment la France qui va de Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Glucksmann et inclut même, pour l’heure, Dominique de Villepin qui se trouve dans cette alliance contre-nature comme le pape François serait comme participant dans un pèlerinage à La Mecque.

    1. Che Sausage dit :

      Hello ducalme,

      Je souscris à ton analyse. Je lisais justement la presse nationale quant aux désistements massifs des macronistes. Darmanin la joue très politique. On sait tous que Le Maire n’est pas dans les petits papiers du méprisant. Philippe a de facto pris ses distances en créant Horizons, Bayrou, avec « rou » comme dans gi*rou*ette. Il va là où la soupe est la meilleure.

      Sondage très récent : la côte de popularité du méprisant est descendue à 26 % d’opinions favorables, à la faveur bien sûr de la dissolution. Attal est à des années-lumière même s’il perd un peu (46 % d’opinions favorables). Il présente bien mais je m’en méfie beaucoup. Il a ces fameuses dents longues à rayer le plancher et peut-être même le carrelage. Bardella se normalise (« […] il prend la tête du classement des personnalités politiques dont les Français souhaitent le plus qu’ils aient de l’influence à l’avenir […] », et 38 % des interrogés sont d’accord là-dessus.

      Et après, ses adversaires souhaiteraient nous faire croire que s’il en est là aujourd’hui, c’est forcément un accident de parcours et parce que les gens ont voté pour lui par dépit ? Sûrement un moyen de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière mais je crois qu’il est malheureusement là pour rester. Je doute que la situation au soir du second tour soit radicalement différente de celle du 9 juin. Les gens ne changent pas leur fusil électoral d’épaule comme cela en trois semaines.

      Bien sûr, je peux me tromper mais pour moi, la principale question c’est « le 8 juillet, le Herr-Haine aura-t-il la majorité absolue ou la majorité relative ? ».

      Du temps de JMLP, les chiffres étaient beaucoup moins élevés, donc le FN ne risquait pas d’accéder au pouvoir. JMLP le savait et il pouvait donc se permettre tous les débordements sans jamais être inquiété (et s’il l’était aux yeux de la loi, cela lui faisait de la pub gratuite). Mais depuis que le parti à été repris par son héritière et du fait de la politique de dédiabolisation, on se retrouve face à un parti bien plus présentable et dont les résultats sont en constante hausse. Si Bardella avait le même discours que JMLP, ce serait totalement contre-productif.

      Mais ne même pas se cacher de vouloir dédiaboliser le parti, cela montre que c’est juste de la communication et que l’héritage du fondateur est toujours présent, sous une forme ou sous une autre. La dédiabolisation est nécessaire pour pouvoir accéder au pouvoir et maintenant qu’on est au pied du mur avec eux, il n’y a plus qu’à espérer que cela n’aille pas plus loin (mais je ne suis pas trop confiant). Et s’ils arrivent au pouvoir, j’espère qu’ils travailleront sérieusement, à défaut d’avoir un programme crédible, surtout du point de vue économique.

      Les outrances de LFI font pour leur part, je pense, encore plus peur, encore plus fuir. Dès que j’ai entendu le mot dissolution, je me suis dit « le RN va sûrement l’emporter et le seul contrepoids qu’il peut y avoir, c’est une alliance des gauches la plus large possible mais cette alliance de papier ne tiendra probablement pas au lendemain des élections ». Donc pour la stabilité de nos institutions, il vaut encore mieux tabler sur une victoire nette et franche du RN (parce que bien entendu, il n’est pas concevable que les macronistes finissent autrement que bons derniers).

      Voilà ce qu’on récolte, après que le méprisant ait totalement fait exploser la gauche et la droite classiques. « On » a voulu lui donner la chance de jouer à l’apprenti-sorcier, bien mal nous en a pris. Je suis maintenant si satisfait de n’avoir jamais voté pour lui, je m’en voudrais beaucoup si je l’avais fait.

      Si tel était le cas alors ce serait totalement inédit et cela aurait d’énormes conséquences mais imaginons que, fidèle comme il l’est à sa parole, le méprisant se décide à démissionner (il a dit qu’il ne le ferait pas, il y a donc de bonnes chances qu’il le fasse) si jamais le RN a la majorité absolue, cela serait peut-être le moyen de repartir sur de bonnes bases :

      – Larcher se retrouve de manière temporaire à la tête de l’état ;
      – de nouvelles élections présidentielles sont programmées, dans un délai qui donne la possibilité aux partis de mieux se préparer et de présenter des programmes crédibles. De plus, historiquement, le taux de participation aux présidentielles est supérieur à celui pour les législatives, cela donnerait donc de la voix à des tas de gens qui, pour l’occasion, choisiraient un candidat moins clivant et moins inexpérimenté que celui que le RN a à nous proposer. Avoir un PM RN, c’est pas la même chose qu’un PR RN, quoi qu’on en dise…

      En revanche, si on en arrive à ce cas de figure, il faut absolument tout faire pour empêcher le méprisant actuel de revenir par la fenêtre en 2029 (ce serait en effet cette année-là que nous aurions à retourner aux urnes).

  4. Boozadvisor dit :

    Mieux vaut tard que jamais! Contribution faite!

  5. Igreck dit :

    HS … quoique …

    Clarence Thomas, un juge plus cinglé que les autres à la SCOTUS ☹️
    Et une des juges progressistes qui avoue son désarroi : « Il y a des jours où j’arrive à mon bureau de la Cour suprême, quand un de nos jugements est rendu public, et où je ferme la porte et je pleure », confiait la juge Sotomayor devant un auditoire à Harvard ce printemps.
    « Il y a eu de ces jours. Et il y en aura probablement d’autres. »

    https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2024-06-22/le-droit-des-armes-a-feu-encore-plus-fou.php

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