
« Je me suis souvent demandé pourquoi je fais ce que je fais. Il me semble que c’est une façon très étrange de vivre sa vie, seul tout le temps, assis dans une petite chambre, tentant d’écrire des bonnes phrases. Mais j’ai besoin de le faire. C’est quelque chose de crucial. Quand je ne le fais pas, je ne me sens pas vraiment en vie. »
— Paul Auster, écrivain américain décédé mardi soir à l’âge de 77 ans, m’expliquant lors d’une entrevue dans sa maison de Park Slope, à Brooklyn, le besoin qui le poussait à s’isoler cinq ou six jours par semaine dans son petit studio pour écrire. C’était en 2002. L’auteur de la Trilogie new-yorkaise venait de faire paraître Le Livre des Illusions, un de ses grands romans avec Moon Palace et Leviathan, entre autres. Il aura publié un total de 34 livres, dont 18 romans, qui lui auront permis d’explorer ses thèmes chers – l’identité, le hasard, la nature insaisissable de la vérité, la mort – et de devenir une star littéraire dans plusieurs pays, et tout particulièrement en France, où il a vécu étant jeune. Il a également écrit des scénarios et tourné des films.
P.S. : Lors de cette interview à Brooklyn, Auster m’avait confié l’influence qu’avait eue sur son oeuvre Nathaniel Hawthorne, l’auteur de La Lettre écarlate, dont la sensibilité imprégnait Le Livre des Illusions : « J’aime Hawthorne, je pense, plus que tous les autres écrivains américains. Au 19e siècle, dans un contexte complètement différent, il a écrit des paraboles qui étaient aussi ancrées dans le monde. Elles sont réalistes, et en même temps, elles ont quelque chose de fantastique. J’ai tenté d’émuler l’esprit de Hawthorne dans le court métrage de la fin. »
P.P.S. : Le New York Times publie un article intéressant (lien gratuit) sur la vie et la carrière de celui qu’il surnomme le « patron du Brooklyn littéraire ».
(Photo AP)
Une vie d’écriture nourrie du sang noir de l’encre. Une vision de l’Amérique baignée de la lumière de l’intelligence et du respect.
Merci Paul Auster.
« Il pose une feuille blanche sur la table devant lui et trace des mots avec son stylo.
Le ciel est bleu, noir, gris, jaune. Le ciel n’est pas là, et il est rouge. Tout ceci s’est passé hier. Tout ceci s’est passé voici cent ans. Le ciel est blanc. Il a un parfum de terre, et il n’est pas là. Il est blanc comme la terre, et il a l’odeur d’hier. Tout ceci s’est passé demain, Tout ceci s’est passé dans cent ans. Le ciel est citron, rose, lavande. Le ciel est la terre. Le ciel est blanc, et il n’est pas là. »
Paul Auster,
L’invention de la solitude
🩷
Il y en a aussi beaucoup aujourd’hui dans la jeune génération qui passent plusieurs jours seuls dans leur chambre.
C’est avec une énorme tristesse que je reçois cette nouvelle que je pensais ne pas le savoir sinon le plus tard possible mais voilà, la mort est venue chercher Paul Auster. Merci pour votre éloge car j’avais rencontré Paul Auster avec lequel nous avions marché longtemps en parlant beaucoup de philosophie hassidique.
« J’ai senti le goût de la mortalité dans ma bouche, et à ce moment-là j’ai compris que je n’allais pas vivre éternellement. Il faut beaucoup de temps pour apprendre cela, mais quand vous y parvenez enfin, tout change en vous, vous ne pourrez plus jamais être le même. J’avais dix-sept ans et tout d’un coup, sans le moindre doute, j’ai compris que ma vie m’appartenait, qu’elle m’appartenait et qu’elle n’appartenait à personne d’autre.«
Paul Auster, Moon Palace
🙏 !!!
HS
Pourquoi pas un peu d’humour en ce 1er Mai, Fête des travailleurs, gracieuseté de Lincoln Project. Les Républicains trouvent toujours de nouvelles façons de se tourner en ridicule. Il faut admettre qu’ils sont très doués pour ça. Une mention spéciale à M. Pillow pour son oreiller très « design » (sarcasme).
LOL, le commentaire de Mitt Romney à la fin!!!!
« As far as I know, you don’t pay someone 130k$ not to have sex with you. »
Ouch !! 🎯
A lire son dernier livre « Blood bath nation » qui dénonce la folie des armes à feu aux États-Unis.
Livre disponible dans les bibliothèques de Montréal.
Blood bath nation suite.
Dans ce livre, on apprend la vrai nature des milices qui réclament le droit de porter des armes: prévenir les révoltes d’esclaves, pourchasser les fugitifs et faire des expéditions pour voler des terres aux amérindiens.
HS – Réponse de Netanyahu à Blinken
» Netanyahu dit à Blinken qu’Israël n’acceptera pas la demande du Hamas de mettre fin à la guerre et que l’opération Rafah se poursuivra. »
https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/netanyahu-tells-blinken-israel-wont-accept-hamas-demand-to-end-war-rafah-op-will-go-ahead/
Le ridicule de cette situation est que Netanyahu aurait tout de même enclenché l’opération à Rafah, même avec un accord.
Est-ce que les conditions imposées par le Hamas ont changé?
Non.
Le Hamas est prêt à mettre un terme à cette guerre en livrant l’ensemble des otages, mais Netanyahu veut poursuivre sa guerre.
Il FAUT voir le film
Smoke, scénarisé par Auster et co-réalisé par lui et Wayne Wang, qui met en vedette un Harvey Keitel en pleine possession de ses moyens. Une autre ode à
New-York, un film qui m’avait jeté par terre !
@François
Merci pour le tuyau. 👌
Attention au pouvoir des mots
Je n’ai lu qu’un seul livre de Auster et c’était en 2002. C’était Squeeze play, je n’en n’ai plus qu’un souvenir enfumé comme ce que je me souviens des descriptions qu’il fait des bars new-yorkais. Cet été là j’ai marché les 3200 kilomètres de l’Appalachian Trail. Il y avait une pratique intéressante, celle de laisser à l’intérieur des « lean to » les livres qu’on avait terminé de lire. À la fois pour se débarrasser du poids du livre et pour partager le plaisir de les lire.
C’est de cette façon que j’ai mis la main sur, et que j’ai lu, entre autres,Squeeze Play, The Evolution Man: Or How I Ate My Father, une analyse sociologique humoristique, mordante et encore d’actualité meme si elle se situe chronologiquement à la préhistoire et Zen and the Art of Motorcycle Maintenance: An Inquiry into Values, qui ne parle pas du Zen et très peu de l’entretien des motos.
Ce billet, mes souvenirs d’un cinq mois hors de l’ordinaire et l’incident d’hier à la chambre des communes me ramène au pouvoir des mots.
Quant à moi, si les citoyens et politiciens des Etats-Unis vivaient dans un vase clos, je ne préoccuperais que très peu de ce qui s’y dit, de ce qui s’y écrit et de ce qui s’y fait. Je reprendrais Péloquin et leurs dirait : « Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves! » je n’ajouterais même pas le : « C’est assez ». Et je leur enverrais mes sarcastiques « tots and pears » à chaque tuerie ou abrogation de lois visant le droit des femmes, des minorités, de la protection de l’environnement, etc.
Cependant ce sont nos voisins immédiats et les mots comme la pollution et la bêtise ne reconnaissent pas les frontières.
Hier, à la chambre des commune on a assisté au « show » de Poilièvre. Une copie conforme de l’approche du 45. La même utilisation des injures, le même absence de respect des règles que les autres respectent, le même processus de victimisation et la même utilisation de son rôle de victime pour quémander de l’argent pour pouvoir « défendre » le citoyen des attaques injustifiées de ses adversaires. Ajouter à cela son refus de prendre ses distances de Alex Jones et vous avez là l’importation sans payer aucun droit de douane des pratiques des politiciens républicains. Il n’y manque que de tuer un chien et un bouc et de s’en vanter pour avoir droit à la totale.
Le 45 a, par ses déclarations à l’emporte-pièce et sans réelle substance, libéré la parole et normalisé l’utilisation de la peur de l’autre, de la haine de la différence, et la création de la notion même de réalité alternative exprimée dans un vocabulaire appauvri utilisant les codes de la « novlangue » et des stratégies de communication mises de l’avant par Goebbels.
Le 45 utilise fait régulièrement des appels du pied à l’utilisation de la violence,en utilisant des expressions ambiguës mais reconnues par les membres de sa secte (dod whistle). Encore dernièrement, il a préparé le terrain en annonçant de la violence s’il perd ses élections. Son utilisation du terrorisme stochastique est généralisée et de moins en moins mis en exergue. On a normalisé l’utilisation de cette forme de violence.
Ici même sur ce blogue, il y a quelques jours,il y a eu des menaces d’utilisation de violence physique et cela n’a entrainé aucune réaction de « l’autorité ».
Il y a un monde de différence entre l’effet de l’utilisation des mots tel que Auster à pu le faire et celle que les idéologues comme le 45 et Poilièvre peuvent le faire.
Caveant consules …!
Poilievre, (sans accent) sera assurément notre prochain Premier Ministre. Si j’étais vous, je commencerais à faire mes boites en prévisions d’une relocalisation. Ou encore à chercher des plans d’élaboration et de construction d’un abri souterrain. Vous y seriez en sécurité dans un bon petit confort douillet.
J’ai lu quelques-uns de vos commentaires au début, mais devant votre mauvaise foi évidente. Je saute maintenant par dessus tout fil d’échange où votre nom apparaît. Je ne commenterai cet échange que parce que vous m’interpellez directement. Et si c’est la première fois que le fais c’est aussi la dernière. Comme l’a si bien dit Churchill : « You will never reach your destination if you stop and throw stones at every dog that barks ».
Mais ne vous en faites pas trop, je ne vous méprise pas. Pour ce faire, il faudrait d’abord que je m’intéresse à vous.
@NStrider — 09:14
Excellent texte ! 👍
NStrider
Merci pour votre magnifique texte
Ce que j’ai apprécié hier de cette histoire , c’est que Poil de Lièvre a été expulsé et que les chefs des partis ont approuvé la décision
Une règle du même existe t-elle ,me suis-je demandé à la chambre des représentants ou au sénat ? Je ne sais pas.A les entendre dire ce qu’ils veulent et comme il veulent ,j’ai des doutes
Du même genre
Je ne sais quels sont les règles de procédure au congrès, mais il doit bien exister quelque chose de semblable.
Quant aux réponses des autres chefs de parti celle de Blanchet ( qui ne m’impressionne pas toujours ) a été savoureuse et directement liée aux prétentions de Poilievre. Il a dit quelque chose comme, monsieur le président votre décision en est une de gros bon sens. C’était à la fois poli et dans les dents.
Merci pour votre excellent commentaire (01/05/2024 à 09:14), « Attention au pouvoir des mots ». L’expérience personnelle de Richard Hétu concernant Paul Auster est un rare moment où le blogueur partage une tranche de vie. La vôtre, dans le même billet, est la cerise sur le gâteau. Les expériences personnelles révèlent un côté humain pas assez souvent exprimé dans ce blog, et c’est un volet que j’apprécie beaucoup.
J’ai aussi eu un grand coup au coeur lorsque j’ai appris sa mort.
Sa plume venait tellement nous chercher jusqu’à l’âme !
Et j’ai beau avoir écrit des tonnes de romans, jamais je n’approcherai la virtuosité des mots de cet homme.
Il nous faisait grâce d’une véritable symphonie de lettres à chaque récit…
Merci !!!
Ce n’est pas un lapsus, vous être un romancier avec plusieurs romans à votre actif ? C’est intrigant.
Quel talent ce Paul Auster.
J’ai terminé la lecture son dernier roman (Baumgartner) la semaine dernière.
Je le recommande sans réserve.