Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a enfin eu sa visite à la Maison-Blanche. À l’époque où Donald Trump en était l’occupant, il avait à de nombreuses reprises exprimé son désir d’y être invité, histoire de renforcer sa position internationale en posant dans le Bureau ovale avec l’homme le plus puissant de la planète. On se souvient de ce que Trump lui avait demandé en retour. Ce mercredi, Joe Biden lui a promis son appui sans quid pro quo. « Les États-Unis restent déterminés à soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à l’agression russe », a-t-il déclaré en recevant son homologue ukrainien dans le Bureau ovale.

Le président américaine n’a cependant pas accompagné cette déclaration d’un engagement clair sur la question délicate de l’OTAN, que l’Ukraine voudrait rejoindre. Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan est de nature à semer un certain doute chez le président ukrainien sur la fiabilité des Américains en tant qu’alliés, tout comme la levée par Biden des sanctions contre le projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit relier l’Allemagne à la Russie.

(Photo Reuters)

31 réflexions sur “La photo du jour

  1. chicpourtout dit :

    Ça c’est un autre dossier à suivre l’Ukraine…

  2. Madalton dit :

    Trudeau devrait aussi le recevoir pour le remercier que les forces spéciales ukrainiennes aient aidé des afghans à joindre l’aéroport de Kaboul pour rejoindre le Canada.

  3. Haïku dit :

    Quid pro quo ???

    1. cotenord07 dit :

      @ Haïku :

      L’expression latine « quid pro quo » (« ceci pour cela ») est communément utilisée en anglais pour désigner un échange de bons procédés, du donnant-donnant.

      Il ne faut pas confondre cette expression avec le mot « quiproquo » (en un seul mot), qui, en français, signifie un malentendu ou une erreur dans le processus de communication entre deux parties.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Quid_pro_quo

      1. Haïku dit :

        @cotenord07
        Mon post était une référence à l’affaire du ‘quid pro quo’ entre Trump et Zelensky.
        Désolé pour mon manque de clarté.

      2. cotenord07 dit :

        @ Haïku :

        Ce « quid pro quo » entre Trump et Zelensky, c’est que Trump a secrètement demandé à Zelensky de faire déclencher une enquête sur Hunter Biden, fils de Joe Biden, relativement à la participation de Hunter Biden dans le conseil d’administration de Burisma Holdings, un regroupement de sociétés ukrainiennes dans le domaine de l’énergie.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_concernant_Donald_Trump_et_l%27Ukraine

      3. Haïku dit :

        @cotenord07
        Oui, tout à fait d’accord avec vous.
        Je ne comprends pas de quoi nous nous disputons.

  4. treblig dit :

    Un peu de sérieux. Le gazoduc russe, à bas prix, nuit aux chances des américains de vendre aux allemands leurs énormes surplus de gaz de schiste liquéfié. Dans ce dossier ( et c’est probablement le seul), je suis pourPoutine

    Comme disait de Gaulle, les pays n’ont pas d’amis, seulement des intérêts

    1. Samati dit :

      La quantité de gaz liquéfié que les États Unis pourraient livrer à l’Allemagne (pour des raisons techniques et économiques) ne représente qu’une petite partie de la consommation totale de ce pays.

      Ce nouveau pipeline nuit surtout à l’Ukraine où le gaz russe acheminé à l’Allemagne y transite actuellement.

      L’Ukraine perdra ainsi d’importances redevances sur le gaz russe qui passe sur son territoire et perdra également la possibilité de faire du chantage auprès de son voisin impérialiste.

      1. gl000001 dit :

        Est-ce que le GNL du projet avorté au Saguenay était destiné à l’Allemagne lui aussi ?

      2. Samati dit :

        @ gl000001

        Selon mes souvenirs GNL devait surtout servir les pays des Caraïbes, de l’Amérique centrale (en concurrence directe avec les sociétés américaines) et quelques pays d’Europe, pouvant ou non inclure l’Allemagne. GNL aurait été une source secondaire d’approvisionnement pour la majorité de ses clients (selon l’information initiale). Les pays d’Asie devaient être approvisionnés à partir du gazoduc qui doit être construit au BC.

    2. Jean Létourneau dit :

      Oui, l’exploitation gaz de SHIT, est une aberration, tout comme celle des des sables bitumineux.

  5. Loufaf dit :

    J’ espère que Biden remettra sur le tapis, l’ appel parfait du gros fêlé
    Belle occasion de connaître enfin la vérité!!

  6. Toile dit :

    Diable il y pas l’air plus à l’aise qu’avec l’autre. Question de timming de prise de vue, peut être. C’est hors micro que j’aurais aimé être une mouche ( pas pot de 🌷).

  7. kelvinator dit :

    Si Biden lève les sanctions sur le gazoduc Nord Stream, n’est-ce pas justement à la demande de l’Allemagne qui veut aller de l’avant avec le projet, démontrant que c’est un allié sur lequel on peut se fier en cas de changement de situation.

    Quant au retrait des forces en Afghanistan, je ne vois pas comment cela peut saper la confiance en l’allié. C’était prévu qu’ils partent, ils tiennent leur engagements. On peut le voir comme positif, démontrant que les USA n’ont pas vraiment l’intention d’intervenir au sol d’aussi tôt.

    Sinon, défendre l’intégrité territoriale de n’importe quel pays est primordial. Il est difficile de s’opposer à ce concept autrement qu’en supportant l’impérialisme.

  8. ProMap dit :

    HS Je reviens sur le billet précédent ayant bricolé une partie de l’après-midi. Lorsque Trump téléphonera à Johnson, je donnerais un conseil à ce dernier : RunJohnson, run! (Joke facile, j’en conviens.)

    Pour le présent billet, bien qu »imparfaite, cette rencontre devrait produire de meilleurs résultats pour le président ukrainien et son pays qu’une certaine parfaite conversation téléphonique.

    1. Haïku dit :

      ProMap
      Bon appel ! Oups, bon rappel !

    2. C’est drôle, en vous lisant j’ai pensé : c’est étonnant à quel point Trump ne demande jamais rien en personne, et c’est fou tout ce qu’il demande quand il est au téléphone.

  9. spritzer dit :

    « Les États-Unis restent déterminés à soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à l’agression russe »

    C’est pas sur la Russie ou la Chine qui Biden va nous surprendre. Pour rappel: Les habitants de la Crimée ont voté pour être rattachés à la Russie, à 95%, devant le coup d’état ukrainien violent et les menaces qui pesaient sur eux.

    L’admission de l’Ukraine dans l’OTAN est une ligne rouge que Biden comprend très bien, Poutine a dû le lui expliquer à leur première rencontre.

    1. Benton Fraser dit :

      Poutine a simplement besoin d’ennemis extérieurs pour maintenir son pouvoir intérieur…

      C’est dans l’ABC de tout dictateur!

      1. Haïku dit :

        @Benton Fraser
        On dirait un scénario du ‘Prisonier’.
        Merci Monsieur numéro six. 👌
        C’est un compliment.

  10. jcvirgil dit :

    Biden peut bien recevoir Navalny et l’assurer de son soutien, ça ne dépassera jamais de l’argent , de la quincaillerie militaire et la recommandation d’y aller mollo dans le conflit les séparatistes russophones du Donbass.

    A peine sorti d’Afghanistan , si le conflit s’envenimait je le vois très mal annoncer aux Américains qu’il enverra des soldats soutenir les Ukrainiens…

    1. Helene dit :

      Je sais que vous vouliez dire Zelensky et non Navalny qui lui est l’ennemi juré de V. Poutine.

      1. Haïku dit :

        @Helene
        Oeil de lynx ! 👌

  11. cotenord07 dit :

    Selon moi, les États-Unis sont en train d’amorcer un grand virage de Realpolitik dans leurs relations avec la Fédération de Russie et les pays d’Europe de l’Est.

    Les États-Unis n’ont aucun intérêt stratégique à continuer à élargir l’OTAN jusqu’aux frontières de la Fédération de Russie, et à pousser la Fédération de Russie dans les bras de la République populaire de Chine, comme c’est ostensiblement le cas depuis au moins une bonne vingtaine d’années.

    Quant à la sympathie naturelle que beaucoup de Nord-Américains ont envers l’Ukraine, il faut essayer d’analyser la situation rationnellement, même si, au Canada en particulier, la politique de notre pays tend à être influencée par le fort lobby constitué par les Canadiens d’origine ukrainienne, et par des entreprises qui veulent simplement profiter de la situation pour améliorer leur chiffre d’affaires.

    Il y a une faction du mouvement nationaliste et autonomiste ukrainien qui est respectable, mais il y a aussi une faction de ce mouvement qui est rétrograde, xénophobe, anti-juive et exagérément anti-russe, avec une filiation qui remonte entre autres aux groupes ukrainiens qui ont collaboré avec l’occupant nazi pendant la Grande Guerre patriotique, de 1941 à 1945.

    En ce qui concerne la Crimée et le Donbass, il y a un mélange de méconnaissance de ce dossier et d’hypocrisie chez les partisans de l’Ukraine dans ces dossiers.

    L’Ukraine compte une forte proportion de sa population qui est soit russe ethnique, soit ukrainienne russophone, en particulier dans l’est du pays et en Crimée. Ces citoyens tiennent à continuer à parler le russe et à conserver de bonnes relations avec la Russie.

    Or, depuis des années, des nationalistes ukrainiens anti russes préconisent des mesures vexatoires à l’égard de ces gens, y compris l’interdiction de l’enseignement et de l’usage de la langue russe.

    Culturellement, les Russes et les Ukrainiens partagent un patrimoine historique et culturel qui remonte à la Rus’ (ou Rous) de Kiev, au 9e siècle de notre ère, et à la christianisation des Slaves de cette région, sous Vladimir 1er, au 10e siècle de notre ère.

    Russes et Ukrainiens ont entre autres dû résister pendant des siècles aux féroces attaques mongoles et tartares provenant de l’est et du sud, attaques qui ont provoqué destructions de villes, massacres de population, etc. et qui ont assujetti les Slaves de la région à toutes sortes de vexations, dont l’esclavage et le paiement de forts tributs aux Mongols et aux Tatares.

    Une bonne partie des anciens Ukrainiens ont par la suite été les vassaux ou les esclaves de maîtres de la République des Deux-Nations (l’union de la Pologne et de la Lituanie), ou bien encore des Ottomans…

    C’est à partir de Pierre 1er (Pierre Le Grand) et de Catherine II (la Grande Catherine), et sous l’impulsion d’un mouvement émanant de Russie, que les Slaves (Russes et Ukrainiens) ont pris le contrôle de la péninsule de la Crimée et du sud de l’actuelle Ukraine, aux dépends des Ottomans et des Tatars, qui étaient les vassaux et les alliés des Ottomans.

    Il y a beaucoup plus de points communs que de différences entre Russes et Ukrainiens, et il est inconcevable que, avec la disparition du régime communiste soviétique, ces deux peuples slaves ne puissent collaborer sereinement, de concert avec les autres groupes ethniques (dont les Tatars) qui partagent avec eux un si vaste territoire…

    1. Samati dit :

      @ cotenord07

      Merci pour cet énoncé historique. Un élément derrière le nationalisme anti-russe ukrainien provient sans doute de la grande famine créé par Staline et ses grands mouvements de population où des ukrainiens ont été déportés un peu partout dans les républiques de l’ancienne URSS.

      1. cotenord07 dit :

        @ Samati :

        Il est vrai que beaucoup d’Ukrainiens ont souffert de l’Holodomor (la Grande famine des années 1930), mais ils sont loin d’avoir été le seul groupe ethnique à souffrir dans les 30 à 40 premières années du régime communiste (de 1917 à, mettons, la mort de Staline en 1953).

        Par ailleurs, l’acharnement du régime stalinien contre les agriculteurs faisait partie de la lutte des classes, et n’était pas à la base un projet raciste anti-Ukrainien, alors que le grand projet national de Hitler, lui, était carrément et indubitablement raciste.

        Staline et les bolcheviques qui appartenaient à son camp voulaient transformer profondément la société soviétique, et pour eux tous les moyens étaient bons.

        Ils s’en sont pris aux Cosaques après la Guerre civile russe parce que les Cosaques étaient majoritairement tsaristes, ils s’en sont pris aux koulaks (propriétaires d’exploitations agricoles) parce que ceux-ci s’opposaient à la collectivisation de leur terre, ils ont brutalement et énergiquement converti en travailleurs de l’industrie des millions de Soviétiques qui étaient des ruraux, etc., etc.

        À partir des années 1930, Staline a fait envoyer au Goulag des millions de Soviétiques de toutes nationalités (Russes compris), afin d’écraser toute dissidence et de réaliser ses grands projets d’industrialisation du pays : construction de barrages, de canaux, de chemins de fer, d’usines, etc., avec très peu de moyens techniques (ces gens effectuaient souvent leur dur labeur à la main) et très peu de services sanitaires.

        Pendant la Grande Guerre patriotique, Staline a déporté de façon préventive ou punitive des centaines de milliers d’Allemands ethniques qui vivaient pacifiquement en Russie depuis au moins deux à trois siècles; il a déporté les Tatars de Crimée et les Tchétchènes du Caucase, car il croyait qu’ils risquaient de sympathiser avec l’envahisseur allemand nazi; etc.

        Alors que des juifs de l’Empire russe avaient joué un rôle clef dans le mouvement bolchevique, et que les juifs soviétiques avaient énormément souffert des exactions nazies entre 1941 et 1945, il a commencé à s’en prendre aux juifs soviétiques après la Grande Guerre patriotique, car il les percevait comme sujets au cosmopolitisme et doutait de leur loyauté, et craignait en particulier un exode de ces juifs vers Israël.

        Il ne s’agit pas ici de minimiser les vexations et l’oppression subies par un grand nombre d’Ukrainien, mais de mettre ce phénomène en contexte, en soulignant qu’à peu près tous les groupes ethniques de l’ancienne URSS ont souffert pendant les 70 ans du régime communiste.

      2. gl000001 dit :

        Tout un cours d’histoire. Merci.

  12. POLITICON dit :

    Repositionner la politique extérieure des States après le 45e ressemble aux 12 travaux d’Astérix. C’est rempli d’une volonté qui sonne faux. Trump a détruit toute trace des ententes d’Obama minant la confiance des alliés internationaux. Pour les nombreux dirigeants de pays démocratiques, il est impossible de réajuster ses positions selon la personne qui est assis au bureau ovale à tous les 4 ans. Imaginez un gouvernement républicain en 2024, il détruira les ententes de Biden. Le déclin de l’empire américain ne se fera pas sur les plans économique ou militaire, mais sur le plan de l’influence mondiale, du poids sur les enjeux géopolitiques. Que les USA veulent élargir les frontières de l’Otan pour pointer leur missile vers Moscou est un combat que Poutine a déjà gagné. Il est devenu beaucoup plus acceptable de tenir tête aux USA après qu’ils ont parachuté un plouc qui croyait dans l’injection de désinfectant pour guérir la covid. On constatera encore les dégâts en pertes humaines dans 100 ans. L’économie va continuer à rouler entre Washington et ses alliés, pas le reste.

    1. Igreck dit :

      En effet, je suis aussi d’avis que les U$A ont abusé de leur puissance tant économique, militaire que culturelle. Une telle influence (domination) vient avec la responsabilité d’être un modèle de conduite. L’élection du « Plouc » en 2016 est un signe évident de déclin et averti les Alliés de prendre leurs distances avec le navire-amiral qui prend l’eau.

  13. citoyen dit :

    plutôt que de tomber dans une narratée négative de show de sofa, il devrait y avoir un congrès politique avec un agenda démocratique.

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