Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

«J’étais une des responsables de l’équipe qui a poursuivi les adolescents arrêtés après cette nuit horrible de violence. Le film de Mme DuVernay tente de me faire passer pour une procureure hyperzélée et une raciste, la police comme incompétente ou pire, et les cinq suspects comme étant innocents de toutes les accusations portées contre eux. Rien de cela n’est vrai.» Dans une tribune publiée aujourd’hui par le Wall Street Journal, l’ancienne procureure de Manhattan Linda Fairstein défend en ces termes sa réputation taillée en pièces dans la nouvelle mini-série de Netflix, When They See Us, signée par la réalisatrice et documentariste Ava DuVernay.

J’ai rappelé dans un texte publié hier dans La Presse les faits entourant la condamnation de cinq adolescents de Manhattan – quatre Afro-Américains et un Latino -, âgés de 14 à 16 ans, pour avoir battu sauvagement et violé une joggeuse blanche de 28 ans en avril 1989. Laissée pour morte dans un buisson de Central Park, la victime a passé 12 jours dans le coma et en est sortie sans aucun souvenir de l’agression.

Les «cinq de Central Park» ont été condamnés à des peines d’emprisonnement allant de six à 13 ans sur la base d’aveux obtenus par la manipulation et sans l’ombre d’une preuve physique les liant au crime. Ils ont été disculpés en 2002 après qu’un détenu, Mathias Reyes, a avoué avoir violé la joggeuse. Son ADN correspondait à celui découvert sur le corps de la victime.

Pionnière aux États-Unis dans la lutte aux crimes sexuels, Linda Fairstein est devenue à partir du milieu des années 1990 l’auteure de plusieurs romans policiers à succès. Or, depuis la diffusion de la série de Netflix qui dramatise l’histoire des «cinq de Central Park», elle fait l’objet d’une campagne en ligne qui a notamment incité son éditeur à la larguer.

Fairstein, 72 ans, se dit non seulement victime d’une «mentalité de lynchage» mais également d’une série fondée sur des «fabrications pures et simples» et «pleine de distorsions et de faussetés».

Les mêmes mots – «mentalité de lynchage», «fabrications pures et simples», «distorsions» et »faussetés» pourraient s’appliquer à l’enquête qu’elle a supervisée. Je ne le dis pas en me fiant à When They See Us, une mini-série coup de poing qui brosse un portrait révoltant du travail de la police et de la procureure de Manhattan. Je le dis en pensant au rapport de 50 pages publié en 2002 par l’ancien patron de Fairstein sur l’enquête qui a mené à l’inculpation des adolescents. J’en cite un passage :

«[Les aveux des adolescents] différaient les uns des autres sur les détails spécifiques de presque tous les aspects importants du crime – qui a instigué l’attaque, qui a renversé la victime, qui l’a dévêtue, qui l’a retenue, qui l’a violée, quelles armes ont été utilisées au cours de l’agression, et comment l’ordre des événements s’est produit.»

Qui plus est, aucun des «suspects» n’a pu identifier l’endroit où le viol a été commis. Il faut rappeler la violence, le crack et les tensions raciales qui gangrenaient New York à l’époque pour comprendre comment un jury a pu en arriver à les déclarer coupables. En 2014, la ville de New York a fini par leur verser une indemnisation totalisant 41 millions de dollars, sans toute fois accepter le moindre tort. Ce déni est aussi scandaleux que le refus de Fairstein d’admettre la moindre erreur.

P.S. : Je vous invite, d’ici à vendredi, à participer à l’avant-dernière campagne de financement de ce blogue en 2019. Merci à l’avance de votre précieux soutien!

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(Photos Gregg DeGuire/WireImage/AP)

37 réflexions sur “Un fait divers, deux versions

  1. bref, rien ne change réellement….

  2. ghislain1957 dit :

    « victime d’une «mentalité de lynchage» mais également d’une série fondée sur des «fabrications pures et simples» et «pleine de distorsions et de faussetés». »

    Elle devrait donc être en mesure de nous expliquer pourquoi l’ADN retrouvé ne correspondait pas à aucun des cinq adolescents dans ce cas là!

  3. Élie Lemieux-Huard dit :

    Pour ramener le sujet sur notre président préféré, Trump a payé pour une publicité dans les journaux New-Yorkais demandant le retour de la peine de mort suite à l’arrestation des Central Park 5. https://www.usatoday.com/story/life/tv/2019/06/03/looking-back-trumps-involvement-1989-central-park-five-case/1212335001/

    1. Est-ce que le vieux sénile, excusez-moi pour les personne âgées, s’en souvient ou il feint de ne pas s’en souvenir?

    2. xnicden dit :

      Merci pour ce rappel.

  4. ghislain1957 j’imagine qu’en 1989 l’ADN devait être de la science fiction…..surtout quand on a des « aveux » …..

    ça marchait de même à cette époque et la madame a sûrement fait son travail consciencieusement à cette époque selon les moyens et le laxisme du moment….. elle en était persuadée…..

    à cette époque et ça semble être encore le cas en 2019, les minorités visibles partent avec 2 prises aux USA….

    le « bon » mandat du président trump n’a absolument rien changé à cette réalité chose que ses groupies ne parleront pas….

    c’est injuste de juger un homme d’état en fonction de l’évolution d’un peuple mais quelque part, un homme ou une femme d’état d’exception inspire…. ça manque à la planète depuis un sacré bout…..

    pour ce cas, il serait injuste d juger une seule personne et non pas la société du moment….

  5. Guy LB dit :

    *******************
    Comme vous le faisiez remarquer dans votre chronique d’hier dans LaPresse+, il est ironique — et carrément insultant — d’entendre Fairstein se plaindre qu’on lui applique aujourd’hui le traitement qu’elle a appliqué aux «cinq de Central Park» en 1989. Pire encore, elle persiste et signe en affirmant que les cinq ne sont pas si innocents qu’on le dit, ce qui est vraiment un comble. Oui, en cherchant bien, ils sont sûrement coupables de quelque chose, à tout le moins d’avoir la peau noire.

    Et Trump dans tout ça ? Quand est-ce qu’on lui fera payer sa honteuse insistance à déclarer ces hommes coupables ?

    Il est proprement ahurissant de lire que la ville de New York a payé des dédommagements, mais n’a jamais admis ses torts. Drôle de système de justice, où pareille contradiction (et insulte au gros bon sens) est admissible !

    1. xnicden dit :

      « Et Trump dans tout ça ? Quand est-ce qu’on lui fera payer sa honteuse insistance à déclarer ces hommes coupables ? » 👍

      D’autant plus qu’il persistait encore il y a à peine quelques années.

    2. Constella1 dit :

      Guy LB
      Bien dit
      Ahurissant c’est le mot!

  6. Mon premier réflexe en lisant cet article est: Je suis incapable de me mettre dans la tête d’une personne qui a en toute conscience
    a inculpé ces jeunes et qui depuis ce temps-là vaguer à ses occupations comme si de rien n’était. Le degré zéro de l’humanisme.

    1. Achalante dit :

      Félicitations : vous êtes incapable de vous mettre dans la tête d’une personne raciste et opportuniste. Voilà de quoi être fier!

    2. Guy LB dit :

      @Réal Tremblay :
      Ah oui ! Excellente observation. Ce que vous relevez ici est bien le pire dans cette histoire sordide : madame a surfé longtemps sur les succès et la célébrité que lui a apporté cette affaire, comme si de rien n’était.

      Quelqu’un faisait remarquer que l’on ne peut pas honnêtement juger d’événements du passé à la lumière de notre compréhension et de notre morale d’aujourd’hui. Il y a du vrai là-dedans, mais ce que vous soulevez ici est inexcusable : elle savait, depuis longtemps déjà, qu’elle avait été l’instrument d’une grave injustice. Mais elle n’en a pas pipé mot et a semblé se satisfaire d’engranger les recettes générées par sa gloire mal acquise. On ne peut s’empêcher de renifler un certain parfum de soufre qui nous ramène au Potus déjanté qui s’est évertué à réclamer que soient châtiés sévèrement les cinq innocents de Central Park.

  7. treblig dit :

    Il y a un truc qui m’échappe.

    L’utilisation de l’ADN comme preuve scientifique a été demontré, pour le première en cour en Angleterre en 1986 et commercialisée sur une base industrielle au début de l’année 1987. Donc la technique était connu et s’est diffusée très rapidement dans tous les corps policiers. Imaginez une preuve indiscutable.

    En 1989, la victime a été violée et du sperme a été retrouvée sur elle. Sperme dont l’ADN était diffférent des 5 jeunes. Comment a t’on pu faire une erreur de ce niveau ?
    .

    1. A.Talon dit :

      «Donc la technique était connu et s’est diffusée très rapidement dans tous les corps policiers. Imaginez une preuve indiscutable.»

      Ce n’est pas aussi simple. Cette technologie a mis en fait plusieurs années avant d’être largement acceptée dans les pays occidentaux comme preuve en cour criminelle. Quant à l’aspect «indiscutable» de cette technique, ce n’est toujours pas réglé et il fait encore l’objet de discussions de nos jours. Vrai toutefois que l’empreinte génétique aurait dû être utilisée au plus vite dans ce cas compte tenu de l’immense importance médiatique (et sociale) de cette triste affaire.

      https://daily.jstor.org/forensic-dna-evidence-can-lead-wrongful-convictions/

  8. Layla3553 dit :

    L’ADN de celui qui a avoué correspondait à celui trouver sur la victime….alors pourquoi ces jeunes ont été condamné?
    Est ce qu’on sait si ces jeunes ont pu se refaire une vie après 2002, 12 ans de tribunaux pour être dédommagé, c’est long.
    Il me semble que même après les preuves hors de tout doute qui ont disculpé les jeunes, DT continuait à dire qu’ils étaient coupables, je dis ça sous toute réserve, il me semble me souvenir de cela, si mes souvenirs sont exactes il devrait à la sortie de ce film avoir l’air d’un « crétin » qui patauge dans le crottin.
    Cher TinySissy .

    1. Guy LB dit :

      @Layla : 👌
      « un « crétin » qui patauge dans le crottin ». Ah, la poésie du cramoisi ! ¹

      On est seulement mardi, et déjà vous êtes drôle.

      ¹ Quand j’étais gamin, on n’avait pas le droit, à la maison, de dire « moué », « toué » ni m*** ni rien d’intéressant, finalement. Alors on disait beaucoup « cramoisi ! »

  9. Layla3553 le violeur a avoué en 2002…. personne n’a cru bon comparer les ADN en 1989 car ils avaient des « aveux »….. en 1989, l’ADN devait être une espèce extra-terrestre peu reconnue par les « anciens » et donc les boss de la police…..

    loin de moi de les « excuser »…. des pas bons et des incompétents, y’en a eu , y’en a et il y en aura…. d’où l,absurdité de la peine de mort mais c’est un autre sujet….

    la madame Fairstein n’a pas fait a été un aveu d’erreur basé sur la bonne foi au pire….. elle a été instigatrice avec d’autres d’une erreur judiciaire claire…. et elle devait s’en excuser….
    ça laisse voir la petitesse de la dame… mais aux USA depuis un bout la petitesse est ;a la mode…..

    1. Achalante dit :

      Je crois que la seule chose qu’elle regrette, c’est la perte de revenus pour ses romans…

  10. A.Talon dit :

    «Les mêmes mots – «mentalité de lynchage», «fabrications pures et simples», «distorsions» et »faussetés» pourraient s’appliquer à l’enquête qu’elle a supervisée.»

    Les mêmes mots – «mentalité de lynchage», «fabrications pures et simples», «distorsions» et »faussetés» pourraient s’appliquer à l’enquête de «Witch Hunt» Mueller. (Le Drumpf)

    Tous pareils ces dretteux. Jamais capables d’assumer la responsabilité de leurs actes. Toujours à accuser les autres de leurs propres turpitudes.

    1. xnicden dit :

      De la projection, c’est pas mal ça.

  11. treblig j’imagine les inspecteurs en 1989 avec 5 suspects qui avouent, en se contredisant et un ADN qui ne fitte pas vraiment….

    ils ont fermé le dossier selon ce qui « marchait/ »…. les juges ont embarqué et hop justice est faite….. next….

    qui se préoccupait de 5 jeunes ??

    on est en 2019 et c’est exactement la même affaire….

    ensuite les gens s’insurgent pas les compensations données pour un mauvais jugement….. les gens ne regardent que le montant et non pas les sévices….

  12. treblig dit :

    « on peut admettre que n’importe quel prélèvement de n’importe quelle partie du corps prélevée à n’importe quel moment de l’existence de l’individu produit toujours le même profil ADN »

    1. Achalante dit :

      En fait, non. C’est bizarre, mais c’est comme ça: chez la plupart des humains, certaines cellules, voire même certaines parties du corps, ont un ADN différent du reste. Il faudrait que je retrouve l’étude.

      Évidemment, on ne parle pas d’un ADN 🧬 complètement différent, mais d’une erreur de reproduction de gènes lors de la mitose. Juste assez pour disculper quelqu’un.

      Des exemples : une personne qui a une mèche de cheveux dont la couleur est différente du reste; une personne avec des yeux dépareillés… Et je me demande pour les taches de naissances…

  13. papitibi dit :

    @ chatderuelle

    ça marchait de même à cette époque et la madame a sûrement fait son travail consciencieusement à cette époque selon les moyens et le laxisme du moment…. (21h57)

    ils ont fermé le dossier selon ce qui « marchait/ »…. les juges ont embarqué et hop justice est faite….. next…. (22h19)

    = = =

    Au mieux, Linda Fairstein pourrait – à la rigueur – avoir agi en 1989 en toute bonne foi et selon les pratiques alors admises. À ka rigueur et dans la meilleure des hypothèses.

    Mais c’était une championne en matière de crimes sexuels; elle avait bonne réputation et sans doute avait-elle de bons motifs de vouloir la garder intacte.

    Mais la madame s’est discréditée et ridiculisée quand, malgré des tests d’ADN concluants, elle a refusé de reconnaître que les cinq tit-counes qu’elle avait fait condamner en 1989 sur la foi de leurs aveux (plus ou moins vraisemblables, mais bon…) Ce faisant, non seulement ternit-elle SA propre image de Justicière infaillible, mais elle compromet également LA CAUSE qu’elle défendait avec passion.

    = = =

    Pour ce qui est des juges, heu… disons que j’ai eu l’occasion d’en croiser plusieurs dizaines. D’en engueuler quelques-uns dans l’intimité de leur bureau. Et de jaser avec eux de politique, de hockey, de recettes de tartes aux pommes… Au CANADA et au Québec, c’est pas vrai que les juges vont embarquer dans toutes sortes d’histoires. Ils sont plus PROFESSIONNELS que ça. Aux USA, par contre, mes certitudes n’ont pas le même degré…

    1. Achalante dit :

      Aux États-Unis, bon nombre de juges sont élus, plutôt que nommés sur la base de leurs compétences…

      1. Benton Fraser dit :

        Et les procureurs qui se présentent en élection pour un poste de juge, disons que d’être un procureur conciliant n’est pas se qui attire le plus de votes.

        Par contre une condamnation dans un procès médiatisé….

      2. papitibi dit :

        @ Achalante et Benton F

        Je sais qu’aux States certains postes de juges, de ‘prosecutors’ (le poste qu’occupait Madame) et de shérif sont électifs… ce qui constitue une aberration.

        Pourtant, les partisans de ce détournement de Justice considèrent que la Justice DOIT être rendue par un ÉLU; c’est – disent-ils, tellement plusse légitime. Évidemment, pas facile d’appartenir à une minorité à qui les white Supremacists refusent le droit de respirer le même air qu’eux.

        On a tous (?) en mémoire les délires du bon Shérif Joe Arpaio, condamné pour outrage au tribunal en raison de son refus de cesser ses pratiques scandaleuses de profilage racial. Et Trump, qui aime bien les White Supremacists, lui a accordé le pardon présidentiel:

        https://en.wikipedia.org/wiki/Pardon_of_Joe_Arpaio

        (belle photo couleur du Executive Grant of Clemency, avec cette humble signature éléphantesque qui occupe plus d’espace que le sceau présidentiel.

        Quand Strauss-Khan avait été inculpé pour viol, me semble que le successeur de Linda Fairstein avait lui-même été soupçonné de vouloir favoriser sa propre ré-élection à titre de prosecutor. Ce qui peut expliquer l’aveuglement de Fairstein.

        Je précise par contre que les juges qui sont élus occupent me semble-t-il des postes au sein d’un Tribunal de rang subalterne mais j’ignore si LE juge qui avait condamné les 5 tit-counes était lui-même ÉLU.

        Mais j’ajoute que, élu ou nommé, le juge DOIT rendre une décision basée sur la preuve administrée devant lui. Si on ne lui dit pas que l’ADN des accusés ne correspond pas à l’ADN du sperme du violeur, le juge ne peut pas le deviner. Par contre, si preuve en a été faite et qu’il a quand même condamné, alors c’est un trou de Q.

    2. Haïku dit :

      @papitibi 23:04
      Jaser avec des juges de recettes de tartes aux pommes.
      Ça se cuisine à quel degré dans le four ?

      1. papitibi dit :

        M’en rappelle pu!
        Mais pourcuisiner un témoin, moi je mettais ça à BROIL. 😉

  14. Ziggy dit :

    Hé bien moi j »imagine très bien les enquêteurs en 1986 armés de leur bottins téléphoniques soutiré avec insistance des aveux de cette bandes de noirs qui leurs semblaient suspects avec leurs couleurs et leurs cheveux crépuscule. Pis la madame procureur n’à pas poussé plus loin ses interrogations avec les aveux en main le dossier était fermé.
    Je sais ce n’est pas le vrai déroulement de cette histoire d’horreur ou une femme à été violé et aurais pu y laissé la vie et de l’autre côté 5 jeunes ont perdus 12 ans de leur vie Si la ville a payé tout ces millions c’est qu’il y a eu une grave injustice et la Mme se pose en victime pendant qu’elle devrait être sanctionné pour ce fiasco ainsi que les enquêteurs qui ont montés le dossiers.

  15. Lecteur_curieux dit :

    Le fait divers… Voyez maintenant la version journalistique en 1989 diffusée par les agences de presse.

    Page A7 de La Presse :

    http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2261949?docsearchtext=Viol%20central%20park

  16. Lecteur_curieux dit :

    Page A12, en 1990.

    Encore une simple dépêche:

    http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2169723?docsearchtext=Viol%20central%20park

  17. Apocalypse dit :

    Quel billet troublant!

    Linda Fairstein, c’est ce qu’on appelle avoir une tête de cochon; même devant l’évidence, on en remet.

    Dans certaines situations, avoir la peau noire, c’est partir avec deux prises, et peut-être même une demie de plus, contre soi. Au fil des ans, des noirs qui se retrouvent en prison, victimes d’un système qui les condamnent sur la seule couleur de leur peau, il y a dû en avoir, et en a sûrement encore, un très grand nombre.

    Nous sommes en 2019, on pourrait penser que ça fait longtemps qu’on ne voit plus la couleur de la peau des gens, mais c’est encore le cas et pas et c’est consternant. Notre société, notre civilisation avance a pas de tortue et je me demande si ce sera suffisant si on veut survivre. A un moment, et vite à part de ça, il va falloir faire tout un ‘step » en avant, sinon …

  18. theophileraulet dit :

    Peu importe l’objectif, le mensonge est utilisé souvent abondamment et de façon éhontée. Dans ce cas-ci pour faire condamner injustement des innocents et promouvoir sa carrière. Le président du pays en est malheureusement le premier utilisateur. Ce mal gangrène nos relations, nos pays.

  19. Gilles Morissette dit :

    Fairstein jouissait à l’époque, d’une bonne réputation . Elle était une procureure respectée et il n’y avait donc aucune raison de croire qu’elle avait bâclé cette enquête. Pourtant ça été le cas.

    Il faut se replacer dans le contexte de NY en 1989. La ville n’avait pas une bonne réputation en matière de criminalité. On a 5 jeunes afro-américains qui sont accusés d’avoir agressé un femme blanche. La cause semble limpide. Les accusés ont fait des « aveux » et l’ADN en est à ses premiers balbutiements.

    Toutefois, il est étonnant que Fairstein continue aujurd’hui à nier l’évidence même avec toutes les preuves qui disculpent totalement les 5 accusés.

    Il n’y a aucune vendetta, ni lynchage dans ce dossier. Il n’y a qu’une procureure zélé et des flics incompétents qui ont mal fait leur « job » trop pressés qu’ils étaient de boucler une affaire qui avait déjà trop attiré l’attention et pour laquelle il fallait trouver coûte que coûte des coupables quitte à « tourner les coins ronds ».

    On a déjà vu ce genre d’histoire même ici chez nous.

  20. jcvirgil dit :

    C’est un histoire qui se répète hélas encore de nos jours. Prenez un crime médiatisé comme ce viol à Central Park qui a fait tellement la une des journaux et des bulletins de nouvelles qu’on se souvient encore trente ans plus tard de l’événement , ajoutez y toute la pression sur la police pour qu’elle trouve le coupable et il est facile de comprendre qu’elle voudra clore l’affaire au plus vite avec des mises en accusation.

    C’est à ce moment là qu’il ne faut pas être à la mauvaise place au mauvais moment !

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