
Iran. Irak. Koweït. Bosnie. Rwanda. Afghanistan. Nommez n’importe quel pays où un conflit majeur a éclaté pendant les années 1980 et 1990 et Christiane Amanpour y a été déployée par CNN. Ayant su décrire les horreurs de la guerre avec une passion et un courage rares, cette journaliste née au Royaume-Uni d’un père iranien et d’une mère britannique figure pleinement parmi ces Américains naturalisés qui ont marqué leur pays d’adoption, thème de la dernière campagne de financement de ce blogue en 2026. Elle a fait les manchettes cette semaine en annonçant son départ prochain de CNN, 43 ans après avoir commencé à y travailler comme simple employée de bureau. Son message d’adieu n’avait rien d’anodin.
« Rappelez-vous : soyez véridiques, pas neutres », a-t-elle lancé dans une déclaration écrite, en s’adressant à ses collègues. Ce message constitue une sorte de leitmotiv dans sa carrière. Lorsqu’elle a couvert l’horrible guerre entre Bosniaques (principalement de confession musulmane) et Serbes de Bosnie (principalement de confession orthodoxe), elle a été accusée de manquer de « neutralité ». Sa réponse d’alors : « Certains m’ont reproché d’avoir pris le parti des musulmans en Bosnie, mais j’ai compris que notre métier consiste à donner la parole à toutes les parties de façon équitable. Seulement, face à un génocide, on ne peut pas se contenter d’être neutre. »
Âgée de 68 ans et animatrice de sa propre émission, Amanpour n’a pas expliqué les motifs qui l’inciteront à quitter CNN en juin prochain. Mais cette annonce coïncide avec l’entrée de la chaîne d’information fondée par Ted Turner dans une nouvelle ère, sous la houlette d’un nouveau propriétaire, David Ellison, qui est déjà accusé d’avoir compromis l’indépendance de CBS, chaîne issue d’une autre fusion.
Quoi qu’il en soit, bon vent à cette légende du journalisme qui aura également interviewé au cours de sa carrière à peu près tous les dirigeants de son époque, de Mouammar Kadhafi à Robert Mugabe en passant par Bill Clinton.

Sur ce, faisons le point sur cette campagne de financement. Comme l’indiquait le thermomètre ci-contre ce matin, l’objectif est désormais en vue grâce à une excellente avant-dernière journée. Il faudra cependant maintenir le rythme d’ici 23 h 59 pour y parvenir. Merci donc à tous ceux et celles qui profiteront de cette dernière journée pour apporter leur précieuse contribution au maintien de ce blogue dans cette période cruciale de la vie politique américaine. Et, bien sûr, un grand merci à tous ceux et celles qui sont déjà passés à l’action !
(Photo CNN)
Monsieur Hétu,
Je réponds à votre requête que j’avais complètement occulté.
John Muir est, à mes yeux, un grand Américain. Pas pour avoir conquis des territoires ou accumulé des richesses, mais pour avoir contribué à préserver ce qui nous permet, justement, de rester humains.
Je suis un grand « consommateur » de nature. D’ailleurs, je repars bientôt en kayak sur la mer de Cortés. Je serai hors réseau pendant les élections de mi-mandat. Je retrouverai les résultats à mon retour.
La nature ne fait pas disparaître les problèmes, mais elle nous aide à reprendre pied. Son pouvoir guérisseur n’a rien d’abstrait.
John Muir l’avait compris. Mais il est allé plus loin que la contemplation : il a transformé son amour de la nature en action. Ses écrits ont contribué à faire de Yosemite un parc national en 1890. En fondant le Sierra Club en 1892, il a donné aux citoyens un moyen de défendre les espaces sauvages. En 1903, il a même convaincu Theodore Roosevelt de camper avec lui à Yosemite, contribuant à faire avancer leur protection.
Voilà ce qui me semble grand chez cet homme : il a compris que la nature n’est pas simplement une ressource à exploiter, mais un bien commun dont nous avons tous besoin.
Je souhaite parfois que nos politiciens se voient imposés de longs séjours en pleine nature. Ils y apprendraient peut-être une leçon fondamentale : dans la nature, il n’y a ni punitions ni récompenses, seulement les conséquences de nos décisions et de nos actions. La nature ne négocie pas avec nous et ne se laisse pas impressionner par les discours, les demi-vérités et les promesses.
Une grande dame et j’adore son mot de départ. Il y a eu tellement de retenu des médias par rapport à cette campagne. On a préféré se taire ou de rester neutre malgré les attaques et les mensonges de Trump et des républicains. Rigueur, Rigueur comme a déjà dit Pierre Bruneau.
J’ai enfin réussi à vous envoyer ma contribution.
Il y a des départs qui ressemblent à la fin d’une carrière et d’autres qui nous obligent à mesurer ce que nous risquons de perdre. L’annonce du prochain départ d’Amanpour de CNN appartient à cette seconde catégorie.
Pendant des décennies, elle a porté son regard là où tant d’autres auraient préféré détourner le leur. Elle a côtoyé la guerre, recueilli les témoignages des survivants et raconté l’indicible. Derrière chaque reportage, il y avait des vies brisées, des familles arrachées les unes aux autres, des enfants privés d’avenir….
Je ne peux m’empêcher de penser à ce que signifie, pour une journaliste, le fait de regarder tant de SOUFFRANCES en face et de trouver, malgré tout, la force de les raconter au MONDE.
Car témoigner de l’horreur, c’est aussi porter une part de la DOULEUR de ceux qui la subissent.
Au fil des décennies, elle a interrogé les puissants, affronté les discours officiels et traversé des conflits dont les cicatrices demeurent ouvertes. Elle est l’un des visages les plus respectés du journalisme international. Ce parcours force l’admiration, mais c’est surtout ce qu’elle a choisi de faire de cette réussite qui me touche.
Elle aurait pu se contenter d’une carrière prestigieuse, d’interviews célèbres et de la reconnaissance de ses pairs. Elle a préféré aller sur le terrain, là où la vérité ne se présente jamais sous un éclairage flatteur, là où les mots des dirigeants se heurtent à la réalité des corps, des ruines et des deuils…. Son métier ne lui a pas seulement permis de raconter l’histoire : il l’a placée face à ceux que l’histoire menaçait d’effacer.
Bref, son départ annoncé intervient dans une période où l’indépendance des médias suscite de réelles inquiétudes. Je redoute toujours ces moments où les grandes voix du journalisme s’éloignent tandis que les intérêts financiers, les calculs politiques et les PRESSIONS sur les rédactions prennent une place CROISSANTE.
Une chaîne peut changer de propriétaire, une émission peut disparaître, une journaliste peut quitter l’antenne. Ce qui ne devrait jamais changer, c’est le devoir de chercher les FAITS et de les exposer, même lorsqu’ils dérangent les puissants. Qu’une rédaction commence à craindre davantage les réactions de ses propriétaires que les conséquences du SILENCE, non seulement c’est le journalisme qui recule, mais aussi le DROIT du public à connaître la vérité qui s’affaiblit.
Alors, Christiane Amanpour, merci.
Merci d’avoir regardé ce que le monde aurait parfois voulu ne pas voir.
Merci d’avoir donné une voix à ceux que les armes, la peur et l’indifférence condamnaient au silence.
Merci d’avoir rappelé que derrière les cartes militaires, les discours diplomatiques et les bilans de victimes, il y a des êtres humains dont la souffrance ne devrait jamais devenir une simple statistique.
Je ne sais pas quelles images vous accompagneront après toutes ces années de reportage, ni quels témoignages continueront de résonner en vous lorsque les caméras se seront éteintes. Mais je sais qu’une partie de votre travail restera dans la mémoire de ceux qui ont compris, grâce à vous, ce qui se jouait loin de leurs frontières.
Les guerres finissent parfois, les images s’effacent et les chaînes changent de visage. Mais il reste quelque chose de ceux qui ont eu le courage de témoigner. Et tant que des journalistes accepteront de regarder l’horreur en face pour nous empêcher de l’oublier, tout espoir ne sera pas perdu.
« Seulement face à un génocide, on ne peut pas se contenter d’être neutre ».
Voilà, à mon avis, ce qui résume bien la carrière de cette grande dame dont la probité, l’intégrité, l’éthique ne pourront jamais mis en doute.
Elle a couverte de nombreux conflits mais jamais elle n’a caché la vérité même lorsqu’elle déplaisait à certains politiciens (Nul besoin de les nommer. On les connait).
« Soyez véridiques, pas neutres ». Voilà un beau message laissé à ces collègues et à l’ensemble des journalistes dont certains, hélas, ont trop tendance à tomber dans le superficiel, le sensationnalisme, le « tape à l’oeil »
Merci à Christiane Amanpour pour nous avoir montré ce que doit être le vrai journalisme. On se doute bien des raisons qui font qu’elle quitte CNN, et ce, après toutes ces années de service.
Elle va nous manquer. On lui souhaite une bonne continuation car je suis convaincu qu’elle reviendra à son métier sous une forme ou une autre.
Bravo Mme Amanpour !! 👏👏👏