Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Les candidats milléniaux ont tous le même problème, de James Talarico à Zohran Mamdani en passant par Graham Platner. Ils ont tous publié dans la vingtaine des messages sur internet qui ne passent plus. Certains y survivent, comme Mamdani, qui a déjà qualifié les policiers de NYPD de sales racistes sur Twitter. Interrogé pendant sa campagne à la mairie de New York sur ce message et d’autres de la même eau, il les a carrément répudiés ou s’en est excusé. De toute évidence, Francesca Hong, candidate au poste de gouverneur du Wisconsin, n’a pas appris la leçon.

J’ai consacré un article dans La Presse de lundi à cette membre des Socialistes démocrates d’Amérique qui domine les sondages parmi les candidats à la primaire démocrate du 11 août en vue de cette élection dans un État pivot du Midwest. J’ai rappelé qu’elle avait écrit, dans un tweet publié en août 2020, que le « définancement » de la police était « une étape » vers son abolition. Le manque d’espace m’a cependant empêché d’évoquer son tweet publié en novembre 2020 où elle se prononçait en faveur de l’annulation de Thanksgiving, fête qu’elle a associée au colonialisme et à la propagation de la variole.

Lundi soir, l’animatrice de CNN Kaitlan Collins lui a demandé si elle croyait encore que la fête de Thanksgiving devrait être annulée. À la même question, Mamdani aurait probablement répondu : « Non. » La réponse de Hong démontre pourquoi plusieurs démocrates s’arrachent les cheveux en voyant ce qui se passe au Wisconsin, où trois candidats issus de l’establishment du parti se sont retirés de la course en juillet pour diverses raisons. L’un d’entre eux s’est remis en selle depuis.

« Je suis cheffe cuisinière, et l’un des premiers repas que j’ai préparés pour la communauté, à l’âge de 16 ans, était un repas de Thanksgiving », a répondu la candidate de 37 ans. « Mais Thanksgiving est aussi un moment particulièrement douloureux pour beaucoup de gens dans nos communautés. Je voulais donc que les gens comprennent qu’il existe plusieurs points de vue, mais que ces points de vue peuvent évoluer. Et pour le poste auquel je me présente actuellement, je pense que mon parcours de cheffe m’aidera véritablement à devenir une meilleure gouverneure, capable de rassembler davantage de monde autour de la table. »

J’ai employé le terme « wokisme » dans le titre de ce billet en référence aux excès d’une certaine gauche dont les États-Unis ont été témoins dans la foulée du meurtre de George Floyd par un policier blanc de Minneapolis en mai 2020. Six ans plus tard, Francesca Hong semble mériter pleinement le titre de reine de cette gauche. Sa chance, si elle remporte la primaire démocrate, sera d’affronter Tom Tiffany, représentant républicain, qui est peut-être trop trumpiste pour le Wisconsin.

(Photo capture d’écran)

21 réflexions sur “La reine du « wokisme »

  1. ghislain1957 dit :

    Les démocrates ont vraiment le tour de se tirer dans les deux pieds à la fois.

    1. marlap dit :

      Mais elle reste quand une meilleure candidate que n’importe quel débile MAGA.

      1. Le baron dit :

        Marlap… pour vous c’est clair, mais croyez vous représenter la moyenne des électeurs américains?

      2. Achalante dit :

        @Le baron: l’une des raisons pour laquelle TACO a été réélu, c’est que bon nombre d’électeurs démocrates, ne se reconnaissant plus dans un parti qui va de plus en plus à droite et courtise les grosses fortunes, ne sont pas sortis voter. Avec des candidats plus à gauche, ils ressortiront, et feront enfin entendre une voix qui s’oppose à tout ce que les Républicains représentent. Parce que le plus gros problème des Démocrates, à mon avis, c’est qu’ils essaient de convaincre des électeurs républicains de voter pour eux, quand ceux-co voteront toujours (R) même si ils doivent se boucher le nez, et de délaissent leur électeurs principaux: les progressistes, les socialistes, les idéalistes. Bernie Sanders continue de se faire élire malgré son âge parce qu’il n’a pas de remplaçant qui soutienne les mêmes idées progressistes.

    2. Achalante dit :

      Personnellement, je préfère un débat d’idées, même quand ça va un peu loin, que l’option des Républicains, où les « besoins » idéologiques priment avant même la décence, le respect, et la justice. Débattre de points de vues différents permet d’éviter la sclérose partisane.

      1. Le baron dit :

        Achalante… bon point mais des candidats trop à gauche pourraient motiver les républicains désabusés d’aller voter!!! D’un autre coté des démocrates beiges pales auront le même effet sur les socialistes démocrates!

  2. probert dit :

    Une élection où le choix sera entre deux extrêmes. C’est vraiment décevant de voir si peu de nuances et de retenu dans le discours public aujourd’hui, et pas seulement aux USA.

    1. Le baron dit :

      C’est la triste réalité de l’occident… En France, Melanchon ou LePen?

  3. MarcB dit :

    Parfois, les ultra-woke me font penser aux Maximilien de Robespierre et son règne de la terreur, Mao et ses gardes rouge, Pol Pot et ses Khmers Rouges. Détruisons tout pour se débarrasser des vestiges de l’ancienne époque et repartons à neuf!

    Les problèmes évoqués par ces ultra-wokes sont réels, mais leurs solutions sont un peu « over-the-top ». Oui les forces policières ont besoin d’être réformées pour être mieux préparées quand elles sont confrontées à des problèmes sociaux ou de santé mentale. Oui certaines célébrations peuvent être déconnectées de l’histoire de certaines communautés. etc… Mais ça ne veut pas dire tout détruire quand on peut tout aussi bien réformer et éduquer.

    Quand on a une crevaison, on ne change pas la voiture.

    En passant, les MAGA ont le même genre de solutions que ces ultra-wokes. La seule différence est ce qu’ils veulent détruire.

  4. P.R Belley dit :

    Faut choisir lequel des fonds de baril devra prendre le dessus…

  5. Falalalama dit :

    Comme s’ils allaient instaurer unilatéralement un système communiste dès le premier jour. Ils vont avoir bien du travail à faire avant d’en arriver au début du commencement du peut-être qu’on pourrait envisager mettre en place un premier morceau de leur agenda socialiste. Ce sont des questions destinées à faire peur et étiqueter de méchants wokes des gens parce que politiquement c’est payant le statut quo.

  6. Alexander dit :

    @ Richard Hétu

    La « tête » de Thanksgiving fait que les démocrates « s’arrachent les cheveux ».

    Savoureux lapsus qui veut tout dire!

    1. Richard Hétu dit :

      🫣

  7. lechatderuelle dit :

    Ce qu’elle dit n’a rien de révolutionnaire.
    C’est un fait.
    Mais le problème est quand les contemporains tentent de tout bannir au nom de la rectitude.
    Comme si bannir effaçait les excès, abus, dérives du passé….
    Faut avoir la maturité intellectuelle de regarder le passé sans jugement, sans le regard condescendant du moment présent.
    Ce passé, tout croche, honteux a aussi été glorieux, inspirant à d’autres moments et l’amalgame a créé le produit non fini de ce que nous sommes actuellement.

    Oui cette « fête » du Thankgiving, comme Noël, comme l’Halloween même, ont toutes été récupérées et transformées…
    Les bannir, les ostraciser ne règle absolument rien. Il faut assumer son passé et tendre à améliorer le futur.
    Canceller le passé n’améliore pas le présent. Ça assure, cependant, de refaire les mêmes conneries.

    C’est devenu ridicule, aux EU, cette manie de tout découper en lamelles pour avoir une raison de s’indigner du passé et d’être aussi amorphes sur des situations indécentes au moment présent.
    Ça saigne du nez en dénonçant la dénonciation de célébrer ce qui est vu comme du colonialisme voilà 250 ans et ça ne grogne pas trop fort contre le sort des Dreamers toujours en suspend, des pauvres incapable de se payer des soins de base ou de Ice pour l’ensemble de son oeuvre.

    Oui le passé est rempli de moments gênants.
    Oui plusieurs personnes ont des commentaires ou écrits ou gestes répréhensibles dans leur passé récent, mais qui n’en a pas? On ne parle pas d’attitudes illégales ou dangereuses … on parle de coups de gueule, d’impatience souvent teintée d’ignorance et qui ont mal vieillis… mais ça prouve que des gens peuvent changer.

    Ce mouvement de rectitude donne l’impression de dénoncer la dénonciation… de s’indigner d’une réaction d’indignation…
    Cette candidate dénonce le colonialisme. C’est correct. Ça ne désapprouve pas l’ensemble de l’oeuvre, mais un aspect détestable d’une époque révolue.
    Pourtant d’autres dénoncent la dénonciation. Est-ce à dire qu’ils soutiennent le colonialisme? Pas nécessairement, mais ça rend les discussions ardues et complexes, car souvent les protagonistes manquent de connaissances et interprètent le passé avec leurs biais contemporains.

    La montée en aiguille est, de plus en plus, une méthode d’éviter le compromis.

  8. lechatderuelle dit :

    ,,, montée en épingle… évidemment

    1. P.R Belley dit :

      Me semblait qu’il y avait aiguille sous roche 😉

  9. POLITICON dit :

    Le véritable problème des États-Unis ne s’appelle ni « wokisme » ni « trumpisme ». Le problème, c’est un système politique enfermé dans un duel permanent où chaque camp pousse l’autre vers ses excès.

    Avec seulement 2 grands partis qui monopolisent le débat, tout devient binaire. Vous êtes démocrate ou républicain, bleu ou rouge, éléphant ou âne. Pour ou contre les armes à feu. Pour ou contre l’avortement. Pour ou contre l’immigration. Chaque enjeu est réduit à un test de loyauté. Il n’y a pratiquement plus de place pour la nuance, le compromis ou le pragmatisme.

    Résultat : les candidats ne sont plus récompensés pour leur jugement ou leur capacité à gouverner, mais pour leur aptitude à satisfaire la base la plus bruyante de leur parti. À gauche, certains sombrent dans des positions idéologiques qui deviennent difficiles à défendre. À droite, le culte de la personnalité autour de Donald a remplacé les principes conservateurs. Les extrêmes dictent le débat pendant que les modérés disparaissent.

    Les États-Unis gagneraient à sortir de ce carcan bipartite. Dans la plupart des démocraties occidentales, plusieurs partis obligent les élus à négocier, à bâtir des compromis et à composer avec une diversité d’idées. Aux États-Unis, chaque élection ressemble davantage à une guerre culturelle qu’à un exercice de gouvernance.

    Pendant ce temps, les citoyens se découragent. Ils voient défiler des politiciens davantage préoccupés par les manchettes, les réseaux sociaux, les levées de fonds et leur carrière que par l’intérêt public. La confiance envers les institutions s’effrite, et le cynisme s’installe.

    Depuis l’arrivée de Donald en politique, cette polarisation a atteint un niveau rarement vu. Chaque controverse devient une bataille existentielle, chaque désaccord une trahison, chaque compromis une faiblesse. La politique est devenue un spectacle permanent où l’indignation rapporte davantage que les solutions.

    Ce n’est pas seulement la qualité du débat qui en souffre. C’est la démocratie elle-même. C’est peut-être là le plus grand drame américain : un pays qui se prétend le phare de la démocratie donne aujourd’hui l’impression d’en oublier les principes les plus élémentaires. Le respect des opinions, le partage d’idées et les compromis.

    1. Lanaudoise dit :

      Alors que le problème est la montée des inégalités. A preuve, le choquant parti-pris pour les compagnies de la présente administration. Juste dans l’actualité d’aujourd’hui:

      US consumer watchdog supervisor warned staff of ‘unpleasant’ fallout if they go too hard on firms – AOL
      tag:reuters.com,2026:newsml_KBN3TV0WW

      1. Lanaudoise dit :

        Autre preuve de mépris envers la majorité (trop silencieuse):
        I hope you saw my message last month about another attack from EPA on the public’s ability to weigh in on new polluting facilities. The agency is trying to allow new so-called « minor » pollution sources—like AI data centers and petrochemical operations—to get permits without even notifying local communities

        Les centres de données et les centrales au charbon, des sources de pollution « mineures »…. Pour qui vit a Mar-a-Lago?

  10. Louise dit :

    Ce que je n’aime pas dans le wokisme ce sont les excès parce que ça démontre un manque de jugement et de nuances.
    Cette madame Hong semble un peu trop centrée sur elle-même pour l’instant:
    «mon parcours de cheffe m’aidera véritablement à devenir une meilleure gouverneure»
    Oui et encore ? En quoi cela l’aidera-t’elle à comprendre les besoins de la population ?
    Il faudrait qu’elle s’explique.

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