
Son nom était souvent mentionné dans le même souffle que celui de Martin Luther King Jr. Cesar Chavez, issu d’une famille mexicano-américaine d’Arizona, était un héros du mouvement des droits civiques, un pionnier du syndicalisme agricole et une icône au sein de la communauté hispanique des États-Unis. Or, 33 ans après son décès, le héros est déchu. Même s’il ne subira jamais de procès en bonne et due forme, il fait aujourd’hui l’objet d’allégations accablantes qui changeront à jamais l’image que se font de lui les Américains en général et les historiens en particulier. Selon une enquête du New York Times (lien gratuit), il a manipulé et agressé sexuellement des jeunes filles qui travaillaient au sein du mouvement syndical qu’il a cofondé pendant des années.
Dans le cadre de leur enquête, les journalistes du Times ont interviewé plusieurs femmes qui ont raconté leur histoire pour la première fois, ainsi que plus de 60 autres personnes, parmi lesquelles les principaux collaborateurs et des proches de Cesar Chavez. Ils ont également examiné des centaines de pages d’archives syndicales, de courriels confidentiels, de photographies et d’autres documents.
L’un des témoignages les plus troublants n’est pas celui d’une jeune fille. Il vient d’une autre figure emblématique de l’époque, Dolores Huerta, qui a cofondé avec Chavez la National Farm Workers Association en 1962. Comme elle l’a répété dans une déclaration diffusée après la publication de l’article du Times, Huerta avait 36 ans lorsqu’elle a été violée pour la première fois par Chavez. Je cite sa déclaration au complet :

« J’ai près de 96 ans et, depuis soixante ans, je garde un secret ; je croyais en effet que révéler la vérité nuirait au mouvement des travailleurs agricoles, pour lequel j’ai passé toute ma vie à me battre.
« J’ai toujours encouragé les gens à faire entendre leur voix. À la suite de l’enquête pluriannuelle menée par le New York Times sur les inconduites sexuelles de Cesar Chavez, je ne peux plus garder le silence et je me dois de partager ma propre expérience.
« Jeune mère dans les années 1960, j’ai vécu deux épisodes sexuels distincts avec Cesar. La première fois, j’ai été manipulée et contrainte d’avoir des relations sexuelles avec lui ; je ne me sentais pas en mesure de refuser, car il était une personne que j’admirais, mon supérieur hiérarchique et le leader du mouvement auquel j’avais déjà consacré des années de ma vie. La seconde fois, j’ai été forcée, contre mon gré, dans un environnement où je me sentais prise au piège.
« J’avais déjà été victime de violences et d’abus sexuels par le passé, et je me suis persuadée que ces incidents étaient des épreuves que je devais endurer seule et en secret. Ces deux épisodes sexuels avec Cesar ont abouti à des grossesses. J’ai choisi de garder ces grossesses secrètes et, une fois les enfants nés, j’ai pris les dispositions nécessaires pour qu’ils soient élevés par d’autres familles, capables de leur offrir une vie stable.
« Au fil des ans, j’ai eu la chance de nouer des liens profonds avec ces enfants qui sont aujourd’hui très proches de mes autres enfants, leurs frères et sœurs. Pourtant, jusqu’à il y a quelques semaines à peine, personne ne connaissait toute la vérité sur les circonstances de leur conception.
« J’ai porté ce secret aussi longtemps car la construction du mouvement et la défense des droits des travailleurs agricoles constituaient l’œuvre de ma vie. La création d’un syndicat représentait le seul moyen de conquérir et de garantir ces droits ; je n’avais donc nullement l’intention de laisser Cesar — ni quiconque d’autre — faire obstacle à cette mission. J’ai consacré toute mon énergie à plaider la cause de millions de travailleurs agricoles et d’autres personnes qui souffraient et méritaient de jouir de l’égalité des droits.
« Je ne me suis jamais définie comme une victime ; je comprends désormais, en revanche, que je suis une survivante : une survivante de la violence, des abus sexuels et de l’emprise d’hommes dominateurs qui me considéraient — moi, comme d’autres femmes — comme une simple propriété ou un objet à contrôler.
« Je raconte mon histoire aujourd’hui car le New York Times a révélé que je n’étais pas la seule dans ce cas : d’autres femmes ont vécu la même chose. Des femmes sortent du silence pour révéler qu’elles ont été victimes d’abus et d’agressions sexuelles de la part de Cesar alors qu’elles n’étaient encore que des fillettes ou des adolescentes.
« Savoir qu’il a fait du mal à de jeunes filles me révolte. Mon cœur saigne pour toutes celles qui ont souffert, seules et en silence, pendant des années. Il n’existe pas de mots assez forts pour condamner les actes déplorables qu’il a commis. Les agissements de Cesar ne reflètent en rien les valeurs de notre communauté ni celles de notre mouvement.
« Le mouvement des travailleurs agricoles a toujours été bien plus vaste — et infiniment plus important — que n’importe quel individu, quel qu’il soit. Les actes de Cesar ne sauraient ternir les avancées durables obtenues pour les travailleurs agricoles grâce à l’aide de milliers de personnes. Nous devons continuer à nous investir auprès de notre communauté et à la soutenir ; celle-ci a, aujourd’hui plus que jamais, besoin de défenseurs et d’un engagement militant.
« Je poursuivrai mes engagements envers les travailleurs, tout comme mon combat pour les droits des femmes, afin de garantir que nous ayons une voix et que nos communautés soient traitées avec dignité, bénéficiant enfin de l’équité qui leur a été si longtemps refusée.
J’ai gardé ce secret bien trop longtemps. Mon silence s’arrête ici. »
Hâte de lire le récit du Gourou du sud dans quelques années.
60 ans de silence, de souffrances. Elle a 96 ans, merde. Mais quelle résilience, chapeau bas.
Quand l’emblématique Taco sera à son tour terni….avant sa tombe.
Un beau sourire charmant avec Gandhi en arrière fond….. wash
Ghandi qui aimait dormir avec des enfants…
Gandhi avait lui aussi des comportements sexuels plutôt inadéquats (voir mon commentaire plus bas).
L’autre portrait est de JFK dont la liste de maîtresses devrait rendre Donald jaloux!
Et Jackie était au courant!
*https://www.thelist.com/1389144/jfk-alleged-mistresses
Vous vous trompez de Kennedy. Il s’agit de RFK.
Je crois que les deux avaient des tendances libertines. Les articles parlent bien de JFK, même si la plus célèbre des liaisons alléguées, Marilyn Monroe, n’a été confirmée que pour RFK.
Jackie a couché avec RFK une fois veuve de JFK.
Now do Trump!
Bravo madame! Comme on dit: autre temps, autre mœurs. Alors qu’aujourd’hui, il faut dénoncer, à l’époque, souvent, on gardait le silence. Dommage car cet homme aurait dû avoir un procès mais avec le keklouwne, il aurait probablement été libéré avant de faire face à la justice.
Je seconde !
Bravo X2 .
C’est d’une tristesse sans nom. Un grand homme qui s’vère au final un tab. Ça me fait penser à l’ histoire de l’abbé Pierre.
Ou les curés catholiques.
Ciao
Ouin, souvent nos héros ont une face cachée dont on n’est pas fier….
La mère Thérésa n’était pas nécessairement une sainte.
*https://historycollection.com/mother-teresa-8-reasons-believe-no-saint
Gandhi demandait à ses nièces de 17 et 18 ans de dormir nues avec lui…
*https://www.ofmi.org/gandhis-sexual-abuse-of-grandnieces
Churchill aimait l’alcool encore plus que Kavanaugh…
*https://allthatsinteresting.com/winston-churchill-drinking
Par contre, aucun des péchés de Chavez ne devraient faire disparaître ses efforts pour sa lutte pour les droits civiques. Ce n’est pas parce que Chavez était un violeur que les droits des travailleurs devraient leur être enlevé. Ça ne fait qu’enlever son « droit » d’avoir des statues, ou autres récompenses publiques.
C’est triste, ça devient de plus en plus difficile de trouver des endroits où des secteurs qui n’ont pas été affectés par ce genre d’individu
HS
Donald Trump, le fossoyeur en chef de l’ordre mondial
Livre «Le monde en péril» de Charles-Philippe David
Trump n’est pas le seul acteur du changement de cap de la politique états-unienne. La crise politique aux États Unis est profonde et ses racines dépassent largement, dans le temps, l’émergence de Trump. Les démocrates eux aussi sont partie prenante dans ce glissement comportemental des USA. C’est l’ensemble de la société qui va mal et Trump n’est guère plus qu’un symptôme spectaculaire et caricatural de la pathologie profonde qui gangrène ce pays qui depuis quelques décennies glisse sur une insidieuse pente descendante. Les USA sont une nation en perpétuel affaiblissement tant sur le plan national qu’international. Son tissu industriel s’est délité en partie du fait de la délocalisation des moyens de production, les inégalités sociales n’ont cessé de croître, [ ] la rapacité des riches et des spéculateurs a fragilisé les finances publiques et la mortalité infantile a grimpé en flèche et tout ceci avant l’arrivée de Trump. Trump n’est pas la cause de cette situation, il est un simple catalyseur qui accélère la décrépitude de cette ancienne grande puissance qui se berce encore dans des illusions de grandeur alors que les fondations de la nation sont en train de céder. Tout mettre sur son dos est un peu réducteur. Ceci étant dit, sa gestion politique erratique est responsable d’une amplification des processus de destructuration de la société.
— Hervé LeQuillec
https://www.ledevoir.com/lire/963474/monde-peril-donald-trump-fossoyeur-chef-ordre-mondial
« Les démocrates eux aussi sont partie prenante dans ce glissement comportemental des USA. »
Il aurait été bon que l’auteur élabore un peu plus comment les démocrates sont une partie prenante des inégalités qui clivent les USA. Oui certains démocrates (Manchin, Sinema, Menendez…) étaient beaucoup plus alignés avec les « besoins » des riches, qu’avec les nécessités des démunis. Mais tant Clinton (EITC), Obama (ObamaCare), ou Biden (relance post-Covid) ont essayé de s’attaquer à cela. On pourrait dire la même chose d’autres démocrates: Bernie, AOC et le squad, etc…
Avec un.e président.e, 100 sénateurs et plus de 500 représentant.e.s le nombre des élu.e.s dépasse de beaucoup les quelques personnes que vous mentionnez. La classe politique, tous partis confondus, est responsable de la détérioration du climat social du pays❗️
Les démocrates ? Ils ont les Blue Dogs qui sont à l’opposé de Bernie, AOC et du squad.
Que c’est triste, elle s’est tue pour ne pas nuire à la cause. Combien ont permis à des hommes de profiter de leur « aura » pour abuser de femmes. @MarcB nous en nomme moi je pense à Raël et autres gourous. Il semble que le pouvoir des uns l’emporte sur les autres qui sont souvent des femmes.
Elle est responsable indirectement malheureusement des abus sexuels de Chavez par la suite. Elle aurait dû se douter qu’il ferait d’autres victimes.
Pauvre elle, avoir deux enfants suite à ses 2 viols.
Un autre hostie de vlimeux. « Maudit cul!! » comme on dit si bien dans les Belles-Soeurs de Michel Tremblay (même époque).
Ciao
On enlève les titres de noblesse accordés à Chavez et on les offre au plus criss à cette courageuse dame.
Patrick Bruel rejoint Cesar Chavez…
« Violences sexuelles – Le chanteur Patrick Bruel visé par au moins deux plaintes. »
https://www.lapresse.ca/arts/musique/2026-03-18/violences-sexuelles/le-chanteur-patrick-bruel-vise-par-au-moins-deux-plaintes.php
Vous lui avez fait un proçès expéditif! 🤔
Non déjà lors d’un certain massage, il était entièrement nu et à fait glisser la serviette pour découvrir son engin. Pas surprise de voir d’autres femmes qui parlent enfin contre Bruel. Ici c’est pas mieux avec certains de nos hommes de la colonie artistique qui se sont fait prendre « les culottes baissés » se croyant trop puissant ou trop imbu
« Savoir qu’il a fait du mal à de jeunes filles me révolte. Mon cœur saigne pour toutes celles qui ont souffert, seules et en silence, pendant des années.» Dolores Huerta.
Moi aussi je suis infiniment triste pour toutes ces jeunes femmes qui ont enduré leur sort en silence. Maintenant que madame Huerta a parlé, les américains devraient lui offrir une récompense publique pour son engagement social.
Elle pourrait être la représentante de toutes les femmes du passé qui ont fait de grandes choses pour leurs concitoyens(nes) et pour leur pays sans recevoir la moindre reconnaissance puisque les femmes étaient reléguées dans l’ombre des « grands hommes »
Quand j’étais une jeune femme il y avait un dicton qui disait « Derrière chaque grand homme, il y a une femme. »
Quand je pense qu’on diminuait la contribution des femmes et qu’on les maintenait à la maison pour des tâches supposément secondaires comme donner naissance à des enfants et assurer leur éducation. On revient de loin, on en a fait du chemin.
Petite note d’histoire. Tout les enfants du Québec ont appris dans leurs livres d’histoire que c’est Maisonneuve qui a fondé Montréal.
C’est vrai mais seulement à moitié. Montréal est une co-fondation de Maisonneuve et de Jeanne-Mance. Elle a été reconnue pour avoir fondé l’Hôtel-Dieu mais elle a fait beaucoup plus que ça. Est-ce que Maisonneuve aurait réussi sans elle ? On ne le saura jamais mais donnons-lui au moins la place qui lui revient dans l’histoire.
correction: Histoire avec un H majuscule.
Quel beau commentaire !
Cette femme a fait preuve de courage et de résilience. Se décider, à 96 ans, à raconter, sans filtre, ce qui est arrivé, a dû lui demander une force de caractère hors du commun. Elle mérite tout notre admiration et notre respect.
Chavez? Un autre salopard qui a utilisé son prestige, son autorité, son ascendant afin d’assouvir ses « bas instincts ». Dire que pendant toutes ces années, il a caché son côté sombre et a abusé de la confiance que ses victimes avaient placé en lui.
Il n’est pas le seul à s’être conduit de cette façon. Il y a un gars assis dans le Bureau Ovale, à la MB, qui a fait des choses semblables sinon pire, allant même jusqu’à agresser sa victime dans la cabine d’essayage d’un grand magasin de NYC.
Vous savez sans doute de qui je veux parler !!!