Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Les confidences de Susie Wiles au magazine Vanity Fair ont étonné par leur candeur. Mais certaines d’entre elles suscitent quand même le doute. Au point de se demander si la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche n’a pas tenté de faire avaler des couleuvres à l’auteur du reportage qui a eu l’effet d’une bombe à Washington. Il en est ainsi de la déclaration de Wiles selon laquelle Trump a été irrité d’apprendre que Ghislaine Maxwell avait été transférée dans une prison fédérale à sécurité minimale surnommée « Club Fed » après avoir été interviewée par Todd Blanche, ancien avocat personnel du président.

« Le président était furieux », a déclaré Wiles. « Le président était très mécontent. Je ne sais pas pourquoi ils l’ont transférée. Le président non plus. » Elle a ajouté : « Si c’est un point important, je peux vérifier. » Le journaliste Chris Whipple a précisé qu’il n’avait pas encore reçu l’explication demandée au moment d’écrire son article.

Dans ses confidences, Wiles se distancie ou contredit Trump sur plusieurs sujets, dont la relation entre Bill Clinton et Jeffrey Epstein. Elle précise ainsi que Trump ment lorsqu’il prétend que Clinton a visité l’île privée du défunt délinquant sexuel « 28 fois ». Mais elle le croit sur parole concernant la lettre attribuée au président à l’attention d’Epstein pour son anniversaire en 2003.

« Cette lettre n’est pas de lui », a déclaré Wiles. « Et rien, dans son contenu, ne me paraît authentique — pas plus qu’aux personnes qui connaissent le président depuis bien plus longtemps que moi. »

Évidemment, si Wiles avait dit le contraire sur ces deux sujets, elle aurait plongé la Maison-Blanche dans une véritable crise. Mais il est difficile de croire qu’elle a dit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité au cours de ses 11 interviews avec Whipple.

(Photo AFP/Getty Images)

29 réflexions sur “Les couleuvres de Susie Wiles

  1. chrstianb dit :

    C’est typique de la propagande. Utiliser des faits pour les déformer et faire passer des mensonges. Difficile de démêler le vrai du faux…

    1. Richard Hétu dit :

      « Utiliser des faits pour les déformer et faire passer des mensonges.»

      Que voulez-vous dire ?

      1. chrstianb dit :

        Par exemple, Ghislaine Maxwell est dans une prison dorée, c’est un fait et dire que Trump était fâché de cette situation est un mensonge.

    2. Mona dit :

      @christanb tout a fait d’accord, c’est la rhétorique utilisée par l’extreme droite. Je lis (quand j’ai le courage !) ce type de « presse » (Style Gatenstone Institute) et j’ai remarqué de quelle façon, par glissements successifs, le sens du sujet qu’il traite se modifie puis s’inverse. Ce qui semble des informations strictes et isolées, en s’assemblant, prennent un tout autre sens que le sens initial.

  2. Pierre dit :

    Faque une autre f….ké dans le cerveau dire tout et son contraire……………

  3. drivenwildlyc7ef398d85 dit :

    Tout , absolument tout ce que déclare les Réputains n’est que propagande.

  4. loulaf dit :

    Difficile de connaître les vraies raisons de ces confidences accordées au Vanity Fair. Un ras-le -bol généralisé?
    Essayer de faire comprendre à son boss de l’ écouter, lui qui n’ écoute personne ?

    Allez savoir! Anyway, elle demeure une bonne républicaine à part entière….

  5. lechatderuelle dit :

    Superbe stratégie de la part de Wiles qui donne du vrai, du faux, des doutes, des certitudes sans preuves….
    Il y en a pour tous les gouts dans ces « confidences »…
    Elle n’a pas choisi ce journaliste pour rien et elle n’a pas eu 11 rencontres candidement…..

    Surtout que personne à la Maison-Blanche n’a réagi vivement aux portraits peu flatteurs décris…

    C’est un exemple de relation publique réussie que cette madame a fait.
    Enrober quelques  » faussetés » avec 2 ou 3 impressions candides avec 1 vérité et 3 mensonges…. Opération réussie.
    Du bruit… rien d’autre.

  6. Anizev dit :

    Effectivement, cela ressemble à une stratégie afin de lui permettre de se montrer crédible sur certains points (Trump a une personnalité alcoolique) afin de faire passer une couleuvre sur d’autres points (Trump n’a jamais été sur l’ile de Epstein). Cela explique pourquoi Trump n’était pas fâché après elle. C’était convenu d’avance.

  7. onbo dit :

    Wiles est avant tout une politicienne aguerrie et une directrice de campagne électorale redoutable. Un regard d’aigle qui intimide surement le Donald, sinon il ne l’aurait pas prise à son service, ne serait-ce que pour éviter qu’elle s’attache … à une autre cause.

    La seule surprise à date à propos des interviews de Wiles, c’est la savate en pleine face servie à JD Vance. Ce dernier pourrait ne jamais s’en remettre, parce que la résultante de ses propos consiste à dire que le Donald est pas si mal et qu’il peut se rendre aisément jusqu’en 2028. Cela exclut Vance de l’équation des trois prochaines années, demeurant un simple dividu, sans véritable expérience parlementaire, avec rien de spécial dans sa besace, excepté ses bourdes, ses insultes, son Speak White d’un autre siècle, en somme un hillbilly obstiné dans la symphonie du monde nouveau qu’est le 21e siècle.

    Sa ‘force’? Son talent inné pour la provocation et la dérision. Sa ‘faiblesse’? Trump le bat à plate couture des deux côtés du terrain. Son débit verbal bat toute la colonie de la colline parlementaire. Ce serait un atout s’il choisissait d’être aimable plutôt que paraître dominant et résolument conflictuel.

    Vance ne changera pas. Wiles a anticipé le sondage Vance/AOC et cherché à remettre Trump en selle.

  8. lechatderuelle dit :

    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2214841/thailande-cambodge-combats-chine-mediation

    Le conflit frontalier se poursuit jeudi entre la Thaïlande et le Cambodge, qui a accusé son voisin d’avoir bombardé la ville de Poipet, l’un des principaux points de passage terrestres entre les deux pays, au moment où un émissaire chinois doit arriver sur place.
    Face au risque d’enlisement du conflit, les efforts diplomatiques s’accentuent après l’échec de l’intervention du président américain Donald Trump.
    Un envoyé spécial du ministère chinois des Affaires étrangères doit notamment se rendre sur place pour faire office de médiateur entre les dirigeants thaïlandais et cambodgien.
    R-C

    le Gros devrait ramener à 7 son nombre de guerres réglées…
    Quoique 7 semble encore trop élevé….
    Congo-Rwanda près 2 tentatives ça se tire dedans encore…
    Le Soudan ça n’a rien donné…
    Thaïlande-Cambodge est un échec…

    Y’a la chicane entre le Pakistan et l’Inde…
    L’entente qui avait été conclue entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan …
    Gaza-Israël si on peut appeler ça une fin …

    Pour le reste… difficile de savoir ce que le Gros s’approprie comme traité de Paix…

    Mais dans ce conflit Thaïlande-Cambodge le fait de souligner « l’échec du Président étasunien » sur toutes les tribunes internationales en rappelant que Pékin y envoie un émissaire pour trouver une voie de sortie est une rebuffade cinglante.
    Mais aux E-U ça va passer sous silence…

  9. infophile2 dit :

    Poutant et bien avant l’annonce du transfert de Maxwell dans un « club med » de l’incarcération, Trump lui avait étrangement souhaité bonne chance. Alors ‘mam Wiles, on manipule les faits !?

    https://www.rtl.fr/actu/international/affaire-epstein-donald-trump-souhaite-bonne-chance-a-ghislaine-maxwell-7800683872

  10. lechatderuelle dit :

    onbo

    Wiles prépare l’arrivée de Vance… le sondage ça ne veut rien dire…. Wiles prépare plutôt la sortie de trump.
    Wiles travaille plus pour Miller que pour trump….

    Lentement mais sûrement les idéologues laissent trump partir à la dérive…
    Sautes d’humeur contre les médias, manque de classe après le meurtre de Reiner…. discours hargneux et débile d’hier soir… Epstein… sa déconnexion face aux citoyens… ses sommes en après-midi… les questionnements sur sa santé…

    Ils préparent le terrain… Ça va s’installer tout seul… trump est trop vieux pour gouverner. Ils le « protègeront » au début, mollement, mais affirmeront sa Grandeur, sa vitalité, sa vision… puis peu à peu, ils ne le défendront plus… ils auront des silences polis en laissant monter la pression… Quelques fuites dans les médias et ça va se faire tout seul…. trump sera destitué en douceur..

    La suite du Projet 2025 se fera sans trump. Il n’a plus d’utilité.

    1. Richard Hétu dit :

      Si vous avez lu l’article de Vanity Fair, Wiles prépare bien davantage l’arrivée de Rubio que celle de Vance. Et absolument rien ne permet de dire qu’elle travaille plus pour Miller que pour Trump. Rien.

      1. lechatderuelle dit :

        Richard Hétu

        à court terme, ce sera Vance.
        Il est la suite logique de trump.

        trump divague de plus en plus …
        sa date de préemption est arrivée…
        Tous ceux qui sont « derrière » trump, à la Maison-Blanche doivent, nécessairement, démontrer une allégeance au Projet 20205 qu’ils mettent en place sans subtilité… Considérant que plusieurs voient Miller comme le chef de file, Wiles est sous sa gouverne,…
        Ça ne prouve rien, mais ça n’infirme rien non plus.

        Sans doute que Rubio est dans les cartons, mais avant qu’il soit le Présidentiable, faut se rendre à 2028 et pour ça, le suivant c’est Vance.
        Et je persiste à croire que Vance serra en poste en 2026. trump ne parvient même plus à masquer son impatience et son manque de classe…. ça ne pourra pas continuer longtemps ….

        Évidemment les républicains ne sont pas les libéraux du Québec mais ils finiront par faire un « Pablo » à leur chef….

  11. Gilles Morissette dit :

    Je partage l’avis de M. Hétu. Il m’apparaît est assez évident que Madame Wiles n’a dit que ce qui faisait son affaire.

    Son explication sur les réactions de « 47 » concernant le transfert de Maxwell dans une prison du genre » Club Fed » m’apparait peu crédible et ne semble pas correspondre à la réalité.

    Ce que je trouve particulièrement étranger est le peu ou pas de réaction de la part de la MB. On se serait attendu à une « crise du bacon » de « 47 » et un point de presse de Karoline Leavitt pour démentir vigoureusement les propos de Wiles les qualifiant de « mensonges ».

    Ben non. C’est comme si c’était une « banalité sans importance » ou presque, C’est à croire que tout avait été ‘ »planifié » par la MB,

    Bon d’accord, ça fait un peu « complotiste « mon affaire mais avouez qu’on est en présence de coïncidences pour le moins troublantes.

  12. citoyen dit :

    au lieu d’avaler des couleuvres, on devrait laisser le gouvernement gouverner et ceux qui ont une vision indépendante de la chose être indépendant.

  13. « Cette lettre n’est pas de lui », a déclaré Wiles. « Et rien, dans son contenu, ne me paraît authentique — pas plus qu’aux personnes qui connaissent le président depuis bien plus longtemps que moi. »

    Connaissait-elle si bien DT à l’époque de cette lettre ? Quant aux personnes qui connaissent le président depuis longtemps, pas sûr qu’elles soient une référence.

    La lettre aura peut-être paru authentique si on lisait « tremendous » « like no one has seen before », et à la fin « Thank you for your attention on this matter ».

  14. POLITICON dit :

    Les confidences de Susie Wiles à Vanity Fair ont fait l’effet d’une détonation à Washington. Tant de franchise, tant de détails, tant de distance affichée avec Donald Trump qu’on en viendrait presque à y croire. Presque. Car à bien lire, certaines révélations ont un arrière-goût de pisse. Celui d’une cheffe de cabinet qui, sous couvert de candeur, semble surtout vouloir faire avaler quelques couleuvres bien choisies.

    Prenons l’épisode Ghislaine Maxwell. Wiles affirme que Trump aurait été furieux d’apprendre son transfert vers une prison fédérale à sécurité minimale — le fameux « Club Fed » — après une entrevue menée par Todd Blanche, son ancien avocat personnel. « Le président était furieux », insiste-t-elle. Il ne comprend pas. Elle non plus. Elle promet même de vérifier. Problème : l’explication n’est jamais venue. Et ce silence, dans un dossier aussi explosif, en dit souvent plus long que les mots.

    Wiles se permet aussi de corriger Trump lorsqu’il affirme que Bill Clinton aurait visité l’île d’Epstein « 28 fois ». Là-dessus, dit-elle, Trump ment. Mais curieusement, lorsqu’il est question de la lettre d’anniversaire de 2003 attribuée à Trump et adressée à Epstein, Wiles devient Pinocchio: ce n’est pas lui. Ce n’est pas son style. Ce n’est pas authentique. Elle le sait. Elle en est sûre.

    Il faut reconnaître que l’équilibrisme est habile. Démentir Trump sur Clinton, c’est sans risque. Le défendre sur Epstein, c’est vital. Dire l’inverse sur l’un ou l’autre de ces points aurait plongé la Maison-Blanche dans une crise majeure. Wiles choisit donc soigneusement ce qu’elle concède et ce qu’elle absout.

    Reste une évidence : après onze entretiens avec Chris Whipple, croire que Susie Wiles a dit la vérité, toute la vérité et rien que la vérité relève de la naïveté. Ces confidences ressemblent moins à une confession qu’à une opération de contrôle des dégâts — polie, calculée, et stratégiquement incomplète. Les couleuvres sont peut-être bien passées. Mais elles laissent une drôle d’amertume, une puanteur nauséabonde de fond de teint et de teinture blonde.

  15. jeani dit :

    Est-ce que l’enragé a dit quelque chose, lors de son pseudo-discours, qui aurait fait progresser les indices boursiers.

    Actuellement, sur son trou social, l’indice progresse de 35%. Le Dow Jones, de son côté à progressé de 1%.

    Oubedon, je ne comprends rien.

    1. Capucine dit :

      J’ai vu ça ce matin. Inconcevable. Il y a encore trop de monde qui prennent ses paroles pour des vérités.

  16. Claudine Bertrand dit :

    Un astucieux mélange de petites vérités, de mensonges et de tactique; cette femme, qu’il ne faut pas sous-estimer, fait partie de ceux qui ont organisé une stratégie pour ramener Trump au pouvoir;elle a expliqué les débordements de Trump d’une autre manière et a laissé le bus rouler sur les orteils de Vance et de Bondi, elle a eu la « gentillesse » de dédouaner Bill Clinton; bref, elle a tissé la petite toile d’araignée qui lui plaisait pour susciter la perplexité, probablement avec l’assentiment des autres sbires et de Trump. Le but????

  17. gl000001 dit :

    De l’intox 😉

  18. Duduche dit :

    Ça serait Wiles qui aurait encouragé Corrompu-47 à faire son discours déjanté et sans pertinence d’hier: https://www.youtube.com/watch?v=pIGXDweXuZo

    1. Haïku dit :

      @Duduche
      Merci pour le clip !

  19. Madalton dit :

    Si Trump ne comprend pas pourquoi Maxwell a été transférée au Club Fed, il ajuste a exiger son renvoi à son ancien pénitencier.

  20. Niouininon dit :

    DÉTOURNEMENT: Manipulation et fausses confidences, trop franches pour être vraies. Le tsar ne l’a pas congédié, il n’a même pas boudé ni tempêté sur Truie sociale. Conclusion: c’était une action médiatique pour détourner l’attention de quelque chose. Ça devrait venir, les dossiers Epstein et les 95,000 photos ont encore des secrets à dévoiler.

    Le journaliste s’est fait berner par une vieille dame aux apparences gâteuses mais acoquinée avec les Miller, Vance et Rubio. Ne nous leurrons pas, tout est calculé au millimètre près…

  21. Alexander dit :

    Pourquoi une organisatrice politique aussi expérimentée irait dire des choses pareilles au Vanity Fair? En principe, elle doit un devoir de loyauté envers son Boss et devrait plutôt le protéger et rester dans l’ombre, pas s’ouvrir autant devant des journalistes.

    Effectivement, faut la mesurer au second degré.

    Trump achève et divague de plus en plus. Et les stratèges derrière lui ne laisseront pas aller le pouvoir sans prévoir des suites à leur Projet 2025 ou 2026 et après.

    On verra si la suite prévue s’appelle Vance, Rubio ou autre.

    Mais il y a un calcul de Wiles derrière ça.

    De toute façon, Trump est un grand garçon. Il n’a pas besoin de personne pour se ridiculiser; il le fait très bien lui-même.

    À chaque respiration.

    Et ce sera comme ça jusqu’à son dernier souffle.

  22. Jacques Bellehumeur dit :

    Difficile de faire la part des choses mais ce qui est évident c’est que la dame est « sneaky » en anglais. Elle est donc à l’aise avec les couleuvres.
    Elle a habilement mélangé les faits avec des mensonges et des distorsions.
    Essayez de discerner le vrai du faux, bonne chance!
    Quel personnage étrange cette créature. Comme une sorcière caméléon. Très inspirante pour une série Netflix ou autre mais perfide au final.
    Ma perception.

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