Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Malgré les pressions de Donald Trump et les menaces de ses partisans et alliés, les sénateurs républicains d’Indiana, État rouge du Midwest, ont envoyé paître le président élu sous la bannière de leur parti. Lors d’un vote tenu ce jeudi, la plupart des élus républicains de la chambre haute du parlement d’Indiana se sont joints aux démocrates pour rejeter une nouvelle carte électorale qui aurait assuré aux républicains les neuf sièges de l’État à la Chambre des représentants des États-Unis en jeu lors des élections de mi-mandat. Pour le moment, les républicains contrôlent sept sièges sur neuf. La Chambre des représentants d’Indiana avaient approuvé la nouvelle carte électorale.

« Les républicains du Sénat de l’Indiana souhaitent voir une majorité républicaine au à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat. La question qui se posait aujourd’hui était de savoir comment y parvenir, et bon nombre des membres de mon caucus ne pensent pas que le redécoupage de notre carte électorale à mi-mandat soit un moyen sûr pour l’Indiana – ou notre pays – d’atteindre cet objectif », a déclaré le président du Sénat, Rodric Bray.

Ce dernier avait essuyé à plusieurs reprises les attaques de Trump ces dernières semaines. « Malheureusement, le “leader” du Sénat de l’Indiana, Rod Bray, se réjouit d’être la seule personne aux États-Unis à s’opposer à ce que les républicains remportent des sièges supplémentaires, deux dans le cas de l’Indiana », a écrit Trump sur Truth Social mercredi soir. « Il met toute son énergie dans une tentative désespérée pour convaincre ses amis, bientôt très vulnérables, de voter avec lui. »

Trump a ajouté : « Rod Bray et ses amis ne resteront pas longtemps en politique, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour m’assurer qu’ils ne nuisent plus jamais au Parti républicain et à notre pays. L’un de mes États préférés, l’Indiana, sera le seul État de l’Union à rejeter le Parti républicain ! »

Des sénateurs républicains ont dénoncé les menaces dont ils ont fait l’objet. Des menaces qui se sont étendues à l’ensemble de l’État. « Le président Trump a clairement fait savoir aux dirigeants de l’Indiana que si le Sénat de l’Indiana ne votait pas la carte électorale, tous les financements fédéraux seraient retirés à l’État », a averti sur X le groupe conservateur Heritage Action.

La décision des sénateurs républicains démontrent les limites du pouvoir de Trump, qui subit ainsi un des revers les plus humiliants de son deuxième mandat après avoir réussi à forcer certains États, dont le Texas, à modifier leur carte électorale dans l’espoir de conserver la mince majorité de leur parti à la Chambre des représentants.

(Photo AP)

32 réflexions sur “« Gerrymandering » : les républicains d’Indiana envoient paître Trump

  1. Madalton dit :

    Il menace constamment de couper les fonds et il ne le fait jamais. Il n’est plus crédible le gros.

  2. ruinsthoroughly66e7f63039 dit :

    Eh oui, Kelowna avec des menaces, on peut parfois obtenir tout ce qu’on veut. Mais pas toujours!! Avec une crise de bacon, non plus. Demandez à vos petits enfants .

  3. ruinsthoroughly66e7f63039 dit :

    Message à un homme avec un problème aigüe de sénilité.

  4. jeani dit :

    L’idiot est vraiment tanné de gagner.

  5. Syl08 dit :

    Trump met la vie des gens en danger avec ses propos. À quand des poursuites intentées afin de lui fermer sa c… de grande gueule? Il va finir par y avoir des morts. C’est vrai, il y en a eu en janvier 2020 et rien n’a été fait.

    1. Jocnob dit :

      Mon impression est que rien n’a été fait après 2020 parce que les démocrates ont eu peur d’avoir peur.

    2. Dekessey dit :

      Rien n’a été fait suite aux morts du 6 janvier 21? Faux: tous les insurrectionnistes ont été graciés. 😛

  6. Duduche dit :

    Bientôt des troupes à Indianapolis?

    1. Haïku dit :

      Très probable !

    2. Che Sausage dit :

      Hello Duduche,

      Indianapolice va être rebaptisée Indianationalguard pour l’occasion, voire IndianICE s’il y a quelques Somaliens qui y traînent !

      😀

  7. Charles IV dit :

    La santé mentale du Donald inquiète de plus en plus de gens… chez les républicains… En fait, ils sont les seuls à pouvoir nous en débarrasser… Espérons que ces prises de conscience vont se multiplier… C’est quand même ce parti qui a aboli l’esclavage: ce n’est pas rien….

    1. Bonjour,

      Si vous dites que ces gens ont fait des « prises de conscience » parce qu’ils savent qu’ils risquent de perdre les prochaines élections, je suis entièrement d’accord avec vous. Je ne crois pas que ces « prises de conscience » représentent vraiment une réelle prise de conscience de quoi que ce soit.

      Quand vous dites que ce parti a aboli l’esclavage, ça s’est passé il y a combien d’années déjà? Les gens qui étaient là à l’époque ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. Je ne suis pas d’avis que l’on puisse leur attribuer quelconque intention bienveillante sur le sujet.

  8. Helene dit :

    L’Indiana, l’un de mes états préférés. Il dit ça de chaque état où il se passe quelque chose le mettant en cause.

  9. treblig dit :

    Entendez-vous les premiers craquements de la glace sous Trump? Le début de la fin.

    Les républicains ont actuellement une mince avance à la chambre des représentants. Selon les sondages les plus réalistes, une quarantaine de postes de représentants pourraient passer aux démocrates. Ce qui explique l’acharnement de Trump dans le gerrymandering. Malgré les apparences , il lutte pour sa survie politique en ce moment.

  10. ghislain1957 dit :

    « …les sénateurs républicains d’Indiana, État rouge du Midwest, ont envoyé paître le président élu sous la bannière de leur parti. »

    Heureux de voir qu’il reste encore quelques paires de couilles dans le parti ripoux-blicain! 😲

    1. Les sénateurs républicains de l’Indiana ont au fond décidé que si leur parti gagnait les mid-terms, ce ne serait pas à cause de Trump mais du vote de la population. Quel message!

  11. lechatderuelle dit :

    Ça doit quand même être gênant de tricher avec autant de sans gêne malgré que tu gères l’état 7-2 en élus…
    Magouiller les cartes électorales avec autant d’arrogance, en plein jour, pour carrément « truquer » l’élection c’était trop…

    Tant qu’à ça, empêche les démocrates de présenter des candidats… Trop c’est comme pas assez…

    Pour gagner, faudrait rappeler au gros trump qu’il faut un programme crédible et applicable sans bullshit…
    ça demande des efforts de réfléchir et encore plus de le mettre en action, ce programme, mais c’est la façon de faire.

    Dommage que les républicains aient été castrés…
    Le peuple en paiera le prix. Pas le choix… C’est toujours le peuple qui paie…

    le Gros trump ne subira pas une once de représailles…
    Le parti républicain? à peine…
    Évidemment, si des élections propres et nettes ont lieu en 2026.

  12. POLITICON dit :

    Franchement, voir les républicains de l’Indiana envoyer promener Donnie, c’est presque irréel tant l’emprise du personnage semble totale depuis des années. Mais là, quelque chose a craqué. Même des élus rouges foncés du Midwest ont fini par tracer une ligne – et dire non à un président qui exigeait, encore une fois, de tordre les règles démocratiques en sa faveur.

    Ce rejet clair d’une carte électorale taillée pour offrir tous les sièges républicains de l’État, c’est plus qu’un simple vote. C’est un aveu collectif que le trumpisme a franchi un seuil dangereux, celui où la volonté d’un seul homme prime sur les institutions, les électeurs et même le parti lui-même. Rod Bray, pourtant républicain pur jus, s’est retrouvé à résister à une avalanche d’insultes, de menaces à peine voilées et de pressions indignes d’une démocratie mature.

    Et quand Trump se met à promettre de ruiner la carrière de ceux qui lui résistent, à menacer de couper les fonds fédéraux à tout un État si on ne cède pas à son caprice électoral… on tombe dans le manuel de l’autocrate de bas étage. Ce n’est plus de la politique : c’est de l’intimidation brutale, du chantage digne d’un régime autoritaire.

    Ce qui vient de se passer en Indiana, c’est peut-être l’un des premiers signes que même au sein du GOP, certains commencent à comprendre que suivre aveuglément Trump mène droit au mur. Et que les dérives de son pouvoir – cette obsession de manipuler les cartes électorales, de punir les dissidents et de menacer les institutions – n’ont plus rien à voir avec la démocratie américaine qu’il prétend défendre.

    Un revers humiliant pour lui, oui. Mais surtout un rappel salutaire : même au cœur de son propre parti, il existe encore des gens capables de dire non à sa logique autoritaire. Espérons que cela fera boule de neige car en ce moment, on constate une fêlure qui s’accentue dans la fondation du trumpisme. Et à moins d’un an des élections de mi-mandat, cette vaguelette pourrait prendre la proportion d’un tsunami.

    1. Madalton dit :

      Dans l’article du NY Times que j’ai joint à mon commentaire du billet précédent, voici les commentaires de deux sénateurs qui ont voté contre:

      « Je crois que le projet de loi sur son visage est inconstitutionnel », a déclaré le sénateur d’État Greg Walker, un républicain qui s’oppose au redécoupage et qui a récemment signalé un incident de frappe à son domicile, une forme de harcèlement dans laquelle les forces de l’ordre ont été appelées à répondre à une urgence inexistante.

      Un autre républicain opposé à la nouvelle carte, le sénateur d’État Spencer Deery, a déclaré que « je ne vois aucune justification qui l’emporte sur les dommages qu’elle infligerait à la foi du peuple dans l’intégrité de nos élections et de notre système de gouvernement ». Il a ajouté qu' »il est temps de dire non à la pression de Washington, D.C. », et qu' »il est temps de dire non aux étrangers qui tentent de diriger notre État ».

  13. Haïku dit :

    RE: « Gerrymandering »
    On dirait lire le concept d’un plan pondu par Jerry Lewis.
    —-
    Ou de Goebbels avec Göring.
    Pas très jojo ceux-là !

    1. POLITICON dit :

      En 1812, le gouverneur Elbridge Gerry approuve une nouvelle carte électorale du Massachusetts dessinée par son parti. L’un des districts ainsi redécoupés avait une forme tellement tordue que des journalistes du Boston Gazette ont trouvé qu’il ressemblait… à une salamandre.

      Ils ont alors fusionné Gerry + salamander = “gerrymander”, et le mot est resté.

      Depuis, « gerrymandering » désigne la manipulation du découpage électoral pour avantager un parti, diluer certains électeurs ou garantir des sièges. Une plaie grande ouverte qui entache la démocratie chez notre voisin.

      1. Haïku dit :

        @POLITICON
        Grand merci pour les infos ! 👍
        Mais je fasais un jeu de mots entre gerrymandering et Jerry Lewis.

  14. Alexander dit :

    Comme quoi on peut être républicain, conservateur et rejeter la tricherie pour gagner.

    Je continue à dire que les républicains ne doivent pas être tous diabolisés. Ils ont droit à leur opinion, en autant qu’ils respectent les règles et travaillent pour le bien de leur citoyens.

    Juste ça, ça nous changerait du 47.

  15. Jacques Bellehumeur dit :

    Ce qui s’est passé là ressemble à un scénario version politique d’un film de Indiana Jones.

    Très divertissant.

  16. Gilles Morissette dit :

    Le geste posé par les Républicains de l’Indiana est le signe que des voix discordantes commencent à se faire entendre au sein de la grande famille Républicaine.

    Ces Élus ont osé défier l’autorité du « Godfather » signe qu’il y a une dynamique qui est en train de changer. Malgré les menaces, le chantage, l’intimidation, ils n’ont pas plié l’échine et ont refusé de cautionner un geste carrément anti démocratique pour ne pas dire illégal.

    « 47 » a voulu trafiquer les règles du jeu et ça lui a explosé en plein dans sa sale gueule de « crosseur ».

    Je crains fort que ce geste, si courageux soit il, ne soit pas sans conséquences pour ces Élus. Ils devront possiblement en payer le prix.

    « 47 » ne laissera certainement pas passer ce qu’il considère comme un affront. Les représailles seront à la hauteur de sa réputation d’enfoiré de salopard.

  17. Che Sausage dit :

    Hello,

    Très bonne chose que cette nouvelle. On se rend compte que ça et là, y a encore des gens qui tiennent à leur démocratie et qui résistent vaillament à l’infatué orange qui se prend pour le premier moutardier du Pape.

    Mais je n’arrive décidément pas à pleinement me réjouir. Au vu de la dégradation significative de la situation, je constate tout comme vous qu’une portion décidément encore trop importante de la population avalise les actions de l’affreux, adhère à sa politique. On le voyait dans le billet précédent, 36 % tout de même. C’est énorme.

    J’ai le souvenir de sondages de popularité ici en France, aussi bien pour Hollande (notre précédent président entre 2012 et 2017) que pour Macron plus récemment, on disait d’eux qu’ils avaient atteint le fond du baril, avec un tout petit 13 % pour Hollande en 2014, et un à peine plus élevé 19 % y a quelques mois pour son successeur.

    Or, toutes proportions gardées, ni l’un ni l’autre ne sont des présidents qui ont tenté de casser la démocratie ou qui se sont montrés irrespectueux des lois et de la Constitution (cela dit, Macron est doué pour jouer avec les institutions afin de faire tourner les choses à leur avantage, mais ce n’est pas le propos).

    Bref, on n’atteint pas l’envergure de ce qu’il se passe à MAGACityOne. Mais là-bas, c’est un gros tiers des sondés qui approuvent. Totalement inexplicable.

    On peut se dire que ce ne sont que des sondages et qu’on verra bien à la sortie des urnes. En espérant qu’il y ait de vraies élections et qu’elles se passent à la régulière. Les projections de 40 sièges raflés par les Démocrates sont revigorants mais il peut se passer tant de choses d’ici novembre 2026, et ce ne sont pour le moment que des projections.

    Une petite lueur d’espoir dans un sombre océan de désespoir.
    Autrement dit « Advienne que pourra ».

  18. Laverdure dit :

    Tiens, il reste des Républicains dignes de ce nom ! Un jour qui se rapproche, ils se bousculeront pour prétendre avoir « résisté »…

  19. Racza dit :

    Avec ce truc le
    « GERRYMANDERING » ils vont même réussir à couper les maisons en deux quand ils vont remarquer que la femme ne vote pas comme son mari !!!

  20. Racza dit :

    « Le président Trump a clairement fait savoir aux dirigeants de l’Indiana que si le Sénat de l’Indiana ne votait pas la carte électorale, tous les financements fédéraux seraient retirés à l’État »
    Retirer les financements à un état toss-up ??? Qu’il le fasse et il plantera lui-même les clous de son cercueil

    1. Racza dit :

      Pardon je voulais dire « rouge » et non « toss-up » 🙏

  21. ghislain1957 dit :

    Hors sujet (mais drôle à souhait): Regardez comment le représentant démocrate Bernie Thompson a mis en boîte Michael Glasheen, directeur des opérations de la branche Sécurité nationale du FBI. Sans oublier le poupée trumpiste Kristi Noem qui a son air naturel de tarte MAGA.

    « Un responsable du FBI qualifie Antifa de « plus grande menace terroriste » »

    https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2025-12-11/securite-interieure/un-responsable-du-fbi-qualifie-antifa-de-plus-grande-menace-terroriste.php

    1. Haïku dit :

      @ghislain1957
      Merci pour le lien !
      Non mais…. Ça s’peut-tu ! 🙉

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