Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Début d’un article que je signais dans La Presse en 1994 à quelques jours des premières élections démocratiques en Afrique du Sud : « Des jardiniers noirs plantent des arbustes sur la pelouse d’un hôtel de ville. En Afrique du Sud, il n’y a pas de scène plus banale. Mais aujourd’hui, à Akasia, la présence de ces hommes a quelque chose d’ironique. Tout autour de l’hôtel de ville, des barbelés surmontent les clôtures. Et dans un coin de la pelouse, des sacs de sable sont empilés. Ces moyens de protection ont été gracieusement fournis et installés la veille par des membres d’un groupe paramilitaire néo-nazi venus de Pretoria.

« Car la ville d’Akasia, qui se trouve à 15 km au nord de la capitale sud-africaine, est sur le pied de guerre. Ses élus blancs acceptent que les Noirs tondent leur gazon, mais ils ne veulent rien savoir de partager leur pouvoir avec eux. Aussi, ils ont joint le mouvement des petites municipalités du Transvaal et de l’État libre d’Orange qui ont unilatéralement déclaré leur “indépendance” de l’Afrique du Sud, étape préliminaire à la création du volkstaat – l’État – dont les Afrikaners d’extrême droite rêvent. »

Quelques paragraphes plus loin, je citais le maire d’Akasia, Louis Meynhardt, qui m’avait accueilli dans son bureau, où trônaient l’ancien drapeau de la république du Transvaal et deux sculptures d’antilopes : « Nous ferons tout pour réaliser nos objectifs de façon pacifique. Mais, à la fin, si ça ne marche pas, la Bosnie ressemblera à un pique-nique du dimanche. »

Les objectifs des Afrikaners d’extrême droite ne se sont pas réalisés. Mais je repense à Louis Meynhardt ces jours-ci en entendant que le programme d’admission des réfugiés des États-Unis sous Donald Trump sera désormais ni plus ni moins limité à ses semblables.

C’est ma dernière histoire de maire, thème de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2025. Le thermomètre ci-contre indique où nous en étions à l’amorce de la dernière journée de cette campagne par rapport à l’objectif. Ce n’est pas compliqué : pour l’atteindre, la meilleure fin de toutes les campagnes menées depuis 2018 sera nécessaire. Je me croise les doigts, en remerciant de tout coeur ceux et celles qui ont déjà contribué, ainsi que les autres qui passeront à l’action aujourd’hui !

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(Photo AFP/Getty Images)

12 réflexions sur “Contribuez à ce blogue, jour 5

  1. Toile dit :

    Primo, je contribue ce soir, désolé de mon retard.

  2. Pierre Belley dit :

    « Nous ferons tout pour réaliser nos objectifs de façon pacifique. Mais, à la fin, si ça ne marche pas, la Bosnie ressemblera à un pique-nique du dimanche. » Et que dire de ce qui arrivera si ça pète aux USA ? Ce ne sera pas joli et on est voisin…

    1. Achalante dit :

      Il y a pas mal d’agriculteurs le long de la frontière. Avec des tracteurs de ferme. Sur lesquels on peut installer un godet. Parfait pour bloquer les balles, et repousser les fauteurs de troubles. Je ne suis pas inquiète.

  3. MarcB dit :

    Photo de Elon Musk et Stephen Miller quand ils étaient jeunes? 😉

    La perte de privilèges est parfois très difficile à encaisser. Que ce soit pour la royauté, les gens de la « bonne » religion, du « bon » sexe, ou de la « bonne » couleur, rarement cette perte fut acceptée sans opposition.

    Oui il y a eu des violences à la fin de l’apartheid, mais rien en comparaison avec la guerre civile américaine! Et malgré ce que dit Elon, les Afrikaners n’ont pas été martyrisés. Chapeau au peuple Sud-Africain pour cette transition relativement paisible.

    1. jeani dit :

      Et, merci à notre Brian pour s’être mis le nez là-dedans pour aider à résoudre cette merde qu’était l’apartheid.

  4. Toile dit :

    En 2005 quand j’y ai mis les pieds pour 1 semaine (Le Cap), il était tout à fait normal que
    -les noirs s’occupent de la sécurité de l’auto que vous lui aviez confiée…..des fois que….
    – que tous vos paquets soient inspectés par des agents de sécurité à l’entrée et à la sortie de tous commerces
    – que toutes les entrées résidentielles soient munies de grilles électriques et électrifiées
    – de vous faire dire que tout est dangereux et d’être sur vos gardes….des fois que…
    – d’entendre la majorité des blancs en faveur de l’abolition de l’aparthied alors qu’ils se comporteraient quasiment comme des assiégés résignés.

    Mais dans la vraie vie, il demeurait extrêmement privilégié et très loin des préoccupations autres que les leurs.

  5. monsieur8 dit :

    « le maire d’Akasia, Louis Meynhardt, qui m’avait accueilli dans son bureau… »

    En tout respect… qu’est-ce que vous êtes allez foutre là ?? Vous êtes resté calme?
    Ayoye!

    En souvenir:

    https://www.lapresse.ca/international/correspondants/201312/10/01-4719471-mandela-le-pacificateur.php

  6. MarcB dit :

    Pour ceux intéressé à l’article original, page 4:
    https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2177676

  7. Linda dit :

    « Pauvres afrikaners, martyrs, vous serez protégés. Nous vous ouvrons les portes pour votre sécurité »
    Trump

  8. Haïku dit :

    Chanson/musique de circonstance…
    « Biko »(Peter Gabriel):
    *https://youtu.be/-LwbSeZx990?si=ETpWNQMd_I6tUclJ

  9. Gilles Morissette dit :

    On constate que malgré toutes les avancées faites depuis plusieurs années, le racisme, la haine, l’intolérance, le fanatisme se portent toujours aussi bien parmi les « Afrikaners ».

    .Il faut dire que le maire d’Akasia, avec l’aide de « 47 » y ont largement contribué.

    Ces deux (2) là sont fait pour s’entendre.

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