Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Gavin Newson s’est posé mardi soir en chef de la résistance au régime de plus en plus autoritaire de Donald Trump. Lors d’un discours télévisé prononcé peu avant l’imposition d’un couvre-feu au centre-ville de Los Angeles, le gouverneur démocrate de Californie a appelé non seulement les citoyens de son État mais également ceux du reste des États-Unis à se lever contre ce qu’il a décrit comme étant les efforts du président républicain pour détruire la démocratie américaine. Certains ont vu dans ce discours le lancement officieux de sa campagne présidentielle de 2028.

Avant de condamner la violence de certains manifestants et le déploiement militaire ordonné par Trump, le gouverneur démocrate de Californie a d’abord décrit les actions de la police de l’immigration qui ont poussé des gens de la région de Los Angeles à descendre dans la rue pour exprimer leur colère.

« La Californie n’est pas étrangère à l’application des lois sur l’immigration, a-t-il dit. Mais au lieu de se concentrer sur les immigrés sans papiers ayant un casier judiciaire grave et sur les personnes ayant fait l’objet d’un arrêté d’expulsion définitif – une stratégie que les deux partis soutiennent depuis longtemps -, cette administration encourage les déportations massives. Elle cible indistinctement les familles d’immigrants qui travaillent dur, sans tenir compte de leurs racines ou des risques qu’elles courent. Ce qui se passe actuellement est très différent de tout ce que nous avons vu auparavant. Samedi matin, lorsque des agents fédéraux sont sortis d’une camionnette banalisée près d’un parking de Home Depot, ils ont commencé à attraper des gens. Ils ont délibérément ciblé une banlieue à forte population latino. Une scène similaire s’est également déroulée lors de la perquisition d’une entreprise de vêtements dans le centre-ville.
Autres actions : une citoyenne américaine enceinte de 9 mois a été arrêtée. Une fillette de quatre ans a été emmenée. Des familles séparées. Des amis disparaissent. »

« Les régimes autoritaires commencent par cibler les personnes les moins à même de se défendre », a ajouté Newsom un peu plus loin dans ce discours. « Mais ils ne s’arrêtent pas là. Trump et ses loyalistes prospèrent sur la division parce qu’elle leur permet de prendre plus de pouvoir et d’exercer encore plus de contrôle. D’ailleurs, Trump n’est pas opposé à l’anarchie et à la violence, tant qu’elles le servent. Que faut-il de plus que le 6-Janvier pour s’en convaincre ? »

Newsom a placé par la suite les événements récents de Los Angeles dans un contexte plus large d’une « démocratie attaquée » par l’administration Trump.

« Je demande à chacun de prendre le temps de réfléchir à ce moment périlleux. Un président qui ne veut être lié par aucune loi ou constitution. Il perpètre un assaut intégral contre les traditions américaines. C’est un président qui, en un peu plus de 140 jours, a congédié les chiens de garde du gouvernement qui pourraient le tenir pour responsable de la corruption et de la fraude. Il a déclaré la guerre à la culture, à l’histoire, à la science – au savoir lui-même. Les bases de données disparaissent littéralement. Il a délégitimé les organismes de presse et s’est attaqué au premier amendement. Il dicte aux universités ce qu’elles peuvent enseigner, sous peine de les priver de financement. Il s’en prend aux cabinets d’avocats et au pouvoir judiciaire, qui sont les fondements d’une société civile et ordonnée. Il demande l’arrestation d’un gouverneur en exercice pour la seule raison – pour reprendre ses termes – “d’avoir été élu”. »

Il a aussi tenu à préciser que la Californie ne sera pas le seul État ciblé par Trump.

« La Californie est peut-être la première, mais il est clair qu’il ne s’arrêtera pas là. D’autres États suivront. Après, ce sera au tour de la démocratie. La démocratie est attaquée sous nos yeux – le moment que nous redoutions est arrivé. Il s’attaque au projet historique de nos pères fondateurs. Trois branches indépendantes et égales du gouvernement. Il n’y a plus d’équilibre des pouvoirs. Le Congrès est introuvable. Le président [de la Chambre des représentants Mike] Johnson a complètement renoncé à cette responsabilité. L’État de droit a de plus en plus cédé la place à l’État de Don. Les pères fondateurs n’ont pas vécu et ne sont pas morts pour voir ce moment. Il est temps pour nous tous de nous lever. »

Les crises permettent parfois à des leaders de se révéler. On verra si c’est le cas pour cette crise et pour Newsom. Le risque pour le gouverneur consiste notamment à être associé à un mouvement de contestation où le drapeau mexicain semble être plus visible que le drapeau américain.

P.S. : Le mouvement de protestations contre les actions de la police de l’immigration s’est étendu mardi à plusieurs villes américaines, dont New York, Chicago, Atlanta et Dallas. D’autres manifestations sont prévues ce mercredi à St-Louis et San Antonio, entre autres. Au Texas, le gouverneur républicain Greg Abbott a mobilisé la Garde nationale pour réprimer toute violence.

(Photo AP)



61 réflexions sur “Quand Gavin Newsom se pose en chef de la résistance

  1. Mcdodo dit :

    Mr.Gavin sur la photo qui coiffe ce billet,aurait dû montré qu’il est prêt à affronter seul , avec le doigt majeur l’gros 🤡

  2. Syl08 dit :

    Oui mais les Red Sox ont perdu 4-2 hier.- Un citoyen américain qui a les bonnes priorités.

    1. Mouski dit :

      Pis, el pri du gaz lui. Qu’est-ce qui va fair avec ça?

    2. Tom de Boston dit :

      Une manifestation a eu lieu à Boston lundi dernier et d’autres sont prévues samedi en conjonction avec le défilé militaire de DT.

  3. Loulal dit :

    Étranges similitudes entre ce qui se passe présentement aux États-Unis et les débuts du régime nazi allemand des années 1930.

    1. Charlot dit :

      Vrai. Mais quand une très (trop)grande partie de la population n’a aucune idée de ce qui s’est passé dans les années 30, on part de loin. De trop loin. Pourquoi croyez-vous qu’il s’attaque à l’instruction et à l’éducation sous toutes leurs formes? Un peuple instruit n’est pas soumis. So……

  4. ghislain1957 dit :

    « D’ailleurs, Trump n’est pas opposé à l’anarchie et à la violence, tant qu’elles le servent. Que faut-il de plus que le 6-Janvier pour s’en convaincre ? »

    Mets-ça dans ta pipe Cheetos pis fume!

  5. marie4poches4 dit :

    Le chef de la résistance devra recruter plusieurs combattants, il n’y arrivera pas seul.

    National Security

    Trump to ramp up transfers to Guantánamo, including citizens of allies

    The administration is preparing to send thousands of foreigners to the infamous detention facility, including people from Britain, France and Italy, with no plans to notify their home governments, officials said.

    The foreign nationals under consideration hail from a range of countries. They include hundreds from friendly European nations, including Britain, Italy, France, Germany, Ireland, Belgium, the Netherlands, Lithuania, Poland, Turkey and Ukraine, but also other parts of the world, including many from Haiti. Officials shared the plans with The Washington Post, including some documents, on the condition of anonymity because the matter is considered highly sensitive.

    The administration is unlikely to inform the foreigners’ home governments about the impending transfers to the infamous military facility, including close U.S. allies such as Britain, Germany and France, the officials said.

    1. xnicden dit :

      Ouf

      Je veux bien croire que des ressortissants de ces pays puissent être soupçonnés d’êtrs liés à des organisations terroristes mais une telle escalade c’est se magasiner une autre crise diplomatique.

      1. Haïku dit :

        Effectivement !!

  6. Niouininon dit :

    MALADIE: Ma seule réflexion ce matin: la gangrène s’étend dans ce pays, les remèdes n’ont pas encore été trouvé. Il faudra beaucoup de souffrance pour l’éradiquer.

    En attendant, grandes célébrations le 14 juin… pour quelque chose et quelqu’un que tous préfèreraient oublier: la guerre et le 47e!

    1. Jacques dit :

      Gangrène = amputation.
      Y`a rien d’autre à ajouter

      1. belwet dit :

        Oui, mais on ampute la tête? Ça va être dur à trouver. Son Toad? Ouf! Ça va prendre un microscope électronique et un scalpel au laser. Son coeur? Dekossé?
        Son catetere (https://thedailyguardian.com/united-states/did-trump-wear-a-foley-catheter-trouser-outline-fuels-online-health-theories/)? J’aurais peur d’un jet d’acide…

  7. Toile dit :

    Sur le fond, il est inattaquable de vérité ( la vraie). Je lui souhaite plus que tout qu’il remporte le duel. Faudra que des zombies se réveillent et pas juste les prouds boys. Il n’est jamais trop tard mais maintenant (enfin) est plus qu’indiqué de saboter l’aura de l’empereur. Taco carbure à la haine et aux pouvoirs. Miller lui carbure à la race « pure ».

  8. Il faut l’arêter, le juger et l’enfermer, ça presse, avant qu’il n’ait un contrôle total sur le système judiciaire. C’est le temps ou jamais. Mais ça n’arrivera pas ?!?

    1. belwet dit :

      Non, ça n’arrivera pas, trop de MAGAnés du servo

  9. gigido66 dit :

    Réflexion matinale.
    Après avoir lu un article sur Miller dans La Presse + de ce matin, la question suivante m’est apparue logique.
    Si on veut faire tomber l’Ôdieu (ce sera dorénavant le surnom que je lui attribue 😉), pourrait-on penser à miner ce qui le tient debout?
    Un géant « aux pieds d’argile » peut s’effondrer si *ce qui lui permet de se dresser est miné.
    Question:
    * Les Miller et compagnie bénéficient-ils d’une super protection contre des attentats ciblés contre leur personne?
    Si la réponse est non, n’est-ce pas par cette logique que l’on peut faire imploser le régime que le veau d’or est en train d’instaurer et faire descendre rapidement l’Ôdieu de son piédestal.

      1. Haïku dit :

        Merci pour le lien ! 👌

  10. Richard Desrochers dit :

    C’est quand les résultats désastreux des improvisations économiques et diplomatiques (euphémisme, ici) de DT, se mariant à la répression brutale de grèves d’envergure qu’une bonne fraction de la population commencera à comprendre que le mot « dictature » à un sens.

  11. Pierre S. dit :

    ————–

    la garde nationale devrait être mobilisé à washington pour
    ramasser le criminel imposteur qui squatte la maison blanche et tente de
    détruire toute les institutions américaines.

  12. POLITICON dit :

    BON COUP DE NEWSOM

    Il fallait bien que quelqu’un dise tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Mardi soir, Newsom a pris la parole et, sans tourner autour du pot, il a nommé le problème : Donald Trump transforme les États-Unis en État autoritaire. Ce n’est plus une dérive. C’est une stratégie.

    Dans son discours, juste avant l’entrée en vigueur du couvre-feu à Los Angeles, Newsom a dénoncé ce qui a poussé les gens à sortir dans la rue : les descentes fédérales menées comme des rafles. Des agents qui sortent d’une van banalisée et embarquent des gens sur un simple soupçon. Des familles déchirées. Une femme enceinte arrêtée. Une enfant de 4 ans emmenée. Tout ça dans des quartiers majoritairement latinos. Ce n’est pas de l’application de la loi, c’est une démonstration de force à but politique.

    Et ce n’est qu’un bout du portrait.

    Newsom a bien raison de dire que Trump ne s’en prendra pas qu’à la Californie. Il a déjà viré les chiens de garde du gouvernement, attaqué les universités, tenté de censurer la presse, et menace maintenant le système judiciaire. Il traite le Congrès comme une simple formalité. Mike Johnson, censé présider la Chambre, agit comme son assistant personnel. Plus personne ne freine les excès du président. La séparation des pouvoirs est en train de s’effondrer, lentement mais sûrement.

    Le message de Newsom est clair : soit on se lève maintenant, soit on regarde le pays sombrer. Il n’a pas sorti les violons. Il a lancé un avertissement. Brut, franc, nécessaire.

    Reste à voir qui l’entendra, et qui aura le courage de le suivre.

    1. Haïku dit :

      Fort bien dit !!

  13. gl000001 dit :

    Excellent discours. Quelle excuse DT va-t-il trouver pour essayer de le faire emprisonner ? Sédition ?

    1. Charlot dit :

      C’est bon, ça, sédition! Quelqu’un (pas lui 🙄) va sûrement y penser (Miller) et lui chuchoter le mot. Après avoir demandé à un autre quelqu’un qui sait lire de vérifier la définition dans un dictionnaire il va l’utiliser en disant que c’est son idée. Génial, comme lui seul peut l’être

  14. peperecussion dit :

    Le risque pour le gouverneur consiste aussi à ce qu’il s’enfarge (littéralement) dans les fleurs du tapis, qui se trouvait malencontreusement et par un pur hasard, au pied d’une fenêtre ouverte.

  15. peperecussion dit :

    Les États-Unis, c’est terre minée.

    1. gl000001 dit :

      Mon boss voulait envoyer en septembre un collègue aux USA pour un début de projet. Le collègue (prénom québécois et nom de famille latino) a dit non. Ca a fait toute une histoire. Avec l’histoire plus haut de Marie4Poches4, il ne veut pas se retrouver à Guantanamo.

  16. loulaf dit :

    Le criminel élu s’ inspire de son grand ami Vlad pour instaurer un régime similaire à la Russie.
    La moindre opposition est brimée et les adversaires politiques emprisonnés ou carrément tués.

    À la place de Newsom je serais très prudent, car si personne n’ arrête le roi autoproclamé des States, il risque de devenir le prochain Navalny .
    Il ne doit pas aller seul au front, mais s’ entourer de d’ autres gouverneurs et des personnes qui résistent aux abus de pouvoir de la crapule.
    À suivre…

  17. NStrider dit :

    La photo du billet, où l’on voit Gavin Newsom debout devant le drapeau officiel de la Californie, orné du grizzly, prend une saveur délicieusement ironique quand on se rappelle que ce a disparu de l’État il y a plus d’un siècle. L’animal, symbole de force et d’indépendance, a été exterminé par l’homme… mais rassurez-vous, son effigie trône toujours fièrement sur le drapeau. Comme quoi, en politique comme en environnement, l’illusion fait parfois office de réalité.

    Le parallèle devient presque trop facile dans le contexte politique actuel. Newsom, en dénonçant les manœuvres de Donald Trump, met le doigt « là où ça fait mal » : si on continue sur cette lancée, la démocratie elle aussi finira empaillée, exposée sous verre, glorifiée dans les discours, mais totalement absente de la vie réelle. On conservera peut-être une Constitution dans une vitrine, un Sénat pour faire semblant, et quelques slogans sur « la liberté », pendant que l’autoritarisme sera à l’honneur.
    Y’a rien comme des policiers à Los Angles et un défilé avec des tanks et autres blindés la journée de l’anniversaire du « criminal in chief » pour faire valoir l’état de la démocratie?

    À la suite de son dernier discours, Newsom prend des allures du dernier grizzly debout face à la meute trumpienne. En défendant ce qu’il reste des principes républicains, il ne parle pas seulement pour la Californie : il incarne cette voix têtue qui rappelle qu’avant d’être un mythe, la démocratie était un régime vivant.

    Il y a cent ans, ils ont laissé faire. Les voisins feront-ils mieux cette fois, ou préfèreront-ils, une fois de plus, accrocher un symbole au mur et faire comme si ça suffisait ?

  18. Macthieu dit :

    🎬 « Dans l’épisode de ce soir : Le Gouverneur contre le Suprême Taco ! »

    Alors que Donald « TACO Ier, Élu par lui-même, Protecteur des Bunkers et Grand Dissolvant des Lois » s’acharne à régner par décret, voilà que Gavin « l’Insoumis coiffé au gel » Newsom monte sur scène, drapeau ours en arrière, discours enflammé au micro, tel un héros de série HBO à budget moral.

    Et là, surprise : il parle de Constitution, de séparation des pouvoirs, de droits civiques… Des concepts que TACO Ier croit rangés dans une vieille armoire avec les livres sur la science et les preuves. Pour TACO, la démocratie, c’est bien joli, mais moins utile qu’un lance-flammes sur TikTok.

    La Californie résiste, et ce n’est peut-être que le début. Mais attention : tout bon scénario d’insurrection commence avec une déclaration solennelle… et se termine soit en révolution, soit en série Netflix annulée après deux saisons.

    🤖 Note de l’IA (qui panique doucement) :
    « J’ai analysé 12 395 régimes autoritaires dans l’histoire. Celui-ci n’est pas original. Mais il a des chars, un ego XXL et une fanbase. Mauvais combo. »

    1. Haïku dit :

      👍👍 !!!

  19. marie4poches4 dit :

    HS

    Le rat s’écrase.

    I regret some of my posts about President @realDonaldTrump last week. They went too far.

    https://x.com/elonmusk/status/1932695486684950962

      1. Haïku dit :

        Cré Chapleau ! 😅

    1. Madalton dit :

      Chicken shit!

  20. Steve dit :

    Pour un immigré illégal avec un casier, ils en arrêtent 10 sans casier qui sont même parfois légalement dans le pays.

    L’été arrive, tout ces bons agriculteurs qui ont voté pour le Flotus vont avoir de la difficulté à trouver de la main d’oeuvre bon marché.

    Le peuple commence à réaliser qu’ils va plus loin que les voteurs pensait.

    La réponse devraient toujours être, il était comme ça il y a quatre ans, on t’a averti pendant la campagne.

    1. Achalante dit :

      Non. C’est exactement ce pour quoi ils ont voté. Ils ont juste oublié que nos choix ont des conséquences. Ils pensaient que déporter des immigrants (avec ou sans papiers) n’en aurait pas. Ils étaient aveuglés par leur propre malfaisance. Quand les fruits et légumes pourriront aux champs, fautes de cueilleurs, et que la rareté se pointera sur les étals, alors seulement ils comprendront. (Et ils chercheront probablement quelqu’un d’autre à accuser.)

  21. Lise dit :

    Malheureusement, Trump a encore trop de supporteurs.

  22. POLITICON dit :

    NEWSOM DOIT SURVEILLER SES ARRIÈRES

    Gavin Newsom ne se contente plus de critiquer Donald Trump : il l’affronte. De front. Et maintenant, il est devenu la cible. Officiellement. Depuis qu’il s’est posé en porte-étendard du mouvement DAAG – Democrats Against Authoritarian Government, Trump et ses sbires le désignent à demi-mot comme un danger pour « l’ordre ». Et quand Trump parle d’ordre, il faut entendre : obéissance.

    Hier, Trump a dit sans trembler que les manifestants étaient des « gens qui détestent notre pays ». Ce genre de phrase, c’est un clou dans le cercueil de la démocratie. Dans sa bouche, manifester devient un crime, et l’opposition politique, une trahison. Ce sont les mots d’un dictateur, pas d’un président. Et dans cette logique malade, que fait-on avec un gouverneur démocrate qui mène la contestation nationale contre lui ? On l’élimine. Symboliquement, au début. Mais physiquement, pourquoi pas ? Trump a déjà menacé d’enfermer des journalistes, des juges, des adversaires. Ce n’est plus de la rhétorique électorale — c’est une méthode de gouvernance.

    Newsom, en lançant un appel national à résister à l’autoritarisme, vient de franchir une ligne. Il est devenu le visage de l’opposition. Et dans un pays qui glisse vers le fascisme, ça fait de lui une cible prioritaire.

    Surtout que Donald doit faire oublier que tout part en vrille : l’inflation grimpe, les prix explosent à cause de ses tarifs absurdes, les écoles manquent de profs, les hôpitaux de lits, et pendant que les inondations et les incendies ravagent le pays, il relance le pétrole comme si de rien n’était. Sur la scène mondiale, c’est le chaos : l’Ukraine est à bout, Gaza brûle, et Trump souffle sur les braises. En six mois, il a semé la pagaille partout. Alors il fait ce qu’il sait faire : désigner des ennemis intérieurs pour faire oublier son échec total.

    Qu’on ne se fasse pas d’illusions : Trump veut un pays sans contre-pouvoir. Il ne veut plus négocier. Il veut soumettre. Et ceux qui osent se lever deviennent des ennemis. Pas politiques — intérieurs. Il parle de “les mater”, de les faire taire. Alors oui, Newsom ferait mieux de surveiller ses arrières. Pas parce qu’il a tort. Mais parce qu’il a raison.

    Et parce que Donald Trump ne reculera devant rien pour le faire payer. Nous le savons maintenant.

  23. Anizev dit :

    Un commentaire publié sur MSNBC soulignait que les grandes chaines de télévision et les journaux (dont entre autres, le Washington Post de Besos) avaient presque passés sous silence le discours de Newsom. Les opposants à Trump devront peut-être se trouver d’autres moyens afin de faire passer leur message.

    1. xnicden dit :

      On est donc rendu à ce point.

  24. Le Champ dit :

    Si ca chauffe trop pour Trompe , une petite entente commerciale avec la Chine et il sera un super heros pour les Magas une fois de plus …

  25. Big 5hark dit :

    Je serai brève…
    Le gros ahuri, Taco Fell 1er, critiquait l’administration de Trudeau à cause de l’intervention de l’armée en 2021…🤦‍♀️🙄

    1. gl000001 dit :

      Bien vu !!!
      Et c’était dans la Capitale Nationale. Sans violence. Il vient de dire hier que les protestataires à Washington le 14, se feraient ramasser avec beaucoup de violence.

  26. Iléana dit :

    Le film Civil War (2024) est plus prophétique que jamais…

  27. lechatderuelle dit :

    Miller et trump prépare la phase II…
    ils ont provoqué l’indignation des latinos de tout le pays en s’attaquant à n’importe qui, les traitant sans humanité..
    Il fallait créer un chaos civil.
    Maintenant que le ICE, la Garde Nationale et l’armée forment le triumvirat de la Loi et l’Ordre de ce gouvernement, les manifestations attireront tout ce qui souhaite en découdre avec les forces répressives gouvernementales…
    c’était prévisible de la lune.

    Ils anticipent les réactions des « autres » ayant déjà planifié une parade pour les amener encore plus loin dan le piège à cons…
    Ils doivent saliver en se frottant les mains devoir Newsom se lever comme leader de ce mouvement de révolte.
    Un californien … l’état qui fait toujours différent des autres, détesté par une grande majorité de citoyens, qui prend le parti des « aliens »… un « présidentiable » en prime qu’ils veulent diaboliser pour l’exclure de 2028… une pierre, deux coups.
    Maintenant ils ont un « visage » pour galvaniser les hordes réactives …

    Les affrontements entre la Loi et l’Ordre US et les « destructeurs du pays », les « souilleurs » de sang, les « animaux » offriront des images d’émeutes violentes.

    La phase II, les milices entreront en action sous peu…
    Ces « Braves Patriotes » qui aiment leur pays feront la loi dans les rues et les quartiers …
    on y arrive… cette fois ce ne sont pas les noirs qui seront les ennemis, mais bien les latinos.
    Miller est content.
    Sortir le surplus de latinos des USA.
    Ne restera qu’à interdire totalement l’avortement chez les « blanches » et offrir en adoption les enfants non voulus pour de braves familles patriotes pour rehausser les rangs de la race dominante.
    Le Rêve Américain de Miller sort du brouillard….

    L’été sera chaud.

  28. Charlot dit :

    Lentement mais sûrement le processus s’enclenche; le Texas déploie « préventivement » la garde nationale. Et c’est parti. Et le sympathique ambassadeur américain au Canada, celui qui jette un œil suspicieux sur notre budget, en passant, nous invite à continuer de visiter son merveilleux pays où coule le miel en abondance. Bien oui, chose.

  29. lechatderuelle dit :

    Pendant ce temps, une autre petite victoire trumpienne….
    https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2025-06-10/la-cour-d-appel-a-tranche/les-droits-de-douane-de-trump-peuvent-rester-en-vigueur.php

    La Cour d’appel fédérale des États-Unis a estimé qu’« une suspension est justifiée dans les circonstances ». Il s’agit d’une victoire temporaire pour l’administration Trump, qui se heurte aux premiers obstacles juridiques à la réorientation du commerce mondial.
    « L’administration Trump utilise légalement les pouvoirs conférés à l’exécutif par la Constitution et le Congrès pour faire face aux urgences nationales que sont les déficits commerciaux persistants et le trafic de drogue dans notre pays », a réagi mardi par courriel le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai.
    « L’ordonnance de suspension de la Cour d’appel fédérale est une avancée bienvenue, et nous espérons obtenir gain de cause », a-t-il ajouté.
    La Cour d’appel a confirmé cette suspension, mais a souligné la nécessité d’une audience accélérée, affirmant que « ces affaires présentent des questions d’une importance exceptionnelle justifiant un examen en banc accéléré ». Un calendrier proposé prévoit que les arguments devraient être présentés au tribunal d’ici le 31 juillet.
    Cela signifie que les pays continueront d’être touchés par ces droits, pour l’instant.
    Lapresse

    Et voilà le travail…..
    Y aura-t-il un appel après le 31 juillet si la cause est considérée illégale??? Sans doute… et on va se retrouver en septembre… en pleine récession… il sera trop tard…

  30. xnicden dit :

    Est-ce que quelqu’un a des nouvelles sur les recours judiciaires dont Newson parlait en fin de semaine?

  31. marie4poches4 dit :

    Newsom demandait une réponse dans les 2 heures ce que le juge a rejeté. À suivre.

    1. marie4poches4 dit :

      Réponse à xnicden

    2. xnicden dit :

      Merci.

    3. Madalton dit :

      Le juge va entendre les arguments des parties demain.

  32. Gilles Morissette dit :

    Bon discours de Newsom. Le ton était juste, les mots soigneusement choisi, les exemples d’arrestations abusives étaient fort à propos, bref un discours digne d’un politicien qui aspire à la plus haute fonction au pays.

    Sans surprise, les enfoirés de salopards de sales « fils de pute » de médias auraient pratiquement ignoré le discours de Newsom. Pourquoi selon vous? Poser la question est y répondre. Toutes les réponses sont bonnes.

    Ceci dit, ce discours marque probablement un tournant dans le mouvement de révolte, d’indignation devant ce qui s’est passé à L.A. Le gouverneur Newsom a raison de croire que L.A n’est que le début. D’autres villes américaines, contrôlé par les Démocrates pourraient subir le même sort.

    Le « power trip » de « 47 » est en train de déraper au point de devenir une occupation militaire en bonne et dû forme ou tout semblant d’opposition même pacifique, sera purement et simplement éradiqué par tous les moyens possibles incluant, si nécessaire, la violence. Les contrepouvoirs sont inopérants, voire inutiles. On ne peut plus compter sur eux.

    La démocratie, la liberté de parole, la liberté d’expression sont des concepts qui n’existent plus dans l’univers MAGA. La soumission, l’obéissance sont dorénavant des prérequis pour survivre dans cette jungle qu’est devenu les USA sous le règne de TACO et de sa horde de gangsters.

    On apprend, grâce à M. Hétu, que l’architecte de cette « crise fabriqué » est l’infect, l’immonde, le répugnant Stephen Miller, un des individus les plus sales que la Terre ait jamais porté. Il n’y avait que lui pour concocter un plan aussi diabolique et convaincre TACO de le mettre en place. Il fallait juste trouver l’étincelle qui allumerait l’incendie.

    Miller est plus que toxique au sein de cette administration. . C’est un psychopathe dangereux animé par la haine, l’intolérance, le fanatisme. Rien ne semble pouvoir l’arrêter dans son oeuvre de destruction sauf peut être une mesure radicale. Nul besoin de dire de quoi je veux parler.

    Newsom est maintenant sur « le hot seat ». Il vient de placer une cible dans son dos. « 47 » et ses sbires tenteront par tous les moyens de le réduire au silence. Son discours est une véritable déclaration de guerre contre le despotisme, l’autoritarisme la dictature qui s’installent lentement mais sûrement dans ce pays.

    Oui il devient le symbole d’une forme de résistance qui est en train de s’organiser. Il y aura beaucoup de travail à faire à commencer par sortir le bon peuple endormi de sa passivité. Ce ne sera pas une mince tache. Il ne devra surtout pas compter sur les enfoirés de médias pour donner trop de visibilité son message.

    On entre maintenant dans une nouvelle phase de cette « guerre » contre l’administration de « 47 ». La suite risque d’être pleine d’imprévus.

    1. Haïku dit :

      @Gilles Morissette
      Fort bien énoncé ! 👍

  33. Duduche dit :

    Quand ils sont venus chercher les immigrants illégaux, je n’ai rien dit, j’avais mes papiers.
    Quand ils sont pris en plus les immigrants légaux, je n’ai rien dit, je n’étais pas immigrant.
    Quand ils sont venus chercher les californiens, je n’ai rien dit, je n’étais pas californiens.
    Puis, ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour protester.

    D’après un propos de Martin Niemöller concernant les nazis.

    1. Duduche dit :

      Je veux dire très fortement inspiré du propos de Martin Niemöller.

  34. Jean Paul Pépin dit :

    Un appel à ceux qui veulent résister sans se perdre
    Il y a une façon de résister qui ne nous détruit pas de l’intérieur.
    Une façon de tenir bon sans devenir ce qu’on combat.

    Le trumpisme a déclaré la guerre à la démocratie.
    Mais nous, nous ne répondrons pas avec des cris ou des poings.
    Pas parce que nous sommes faibles.
    Mais parce que nous sommes plus forts que leurs règles.

    Nous n’entrerons pas dans leur guerre.
    Nous ne nous laisserons pas posséder par la peur, ni aspirer par la rage.
    Ils veulent nous voir réagir, nous énerver, nous diviser.
    C’est là leur pouvoir.

    Alors, nous ferons le contraire.

    Nous allons répondre par la clarté, la constance et la dignité.
    Pas une dignité de façade.
    Une dignité profonde. Une force tranquille que rien ne peut acheter, ni corrompre, ni manipuler.

    Nous savons que dénoncer sans cesse finit par tourner en boucle.
    Et nous savons aussi que se taire, c’est abandonner le terrain.
    Alors, nous choisissons une autre voie : la présence lucide.

    Pas de ressentiment.
    Pas de colère jetée en pâture.
    Pas d’échos à leur vulgarité.

    Ils ont besoin de notre énergie pour faire grandir leur chaos.
    Nous, nous la gardons pour éclairer ce qui reste d’humain.

    Ce que nous affirmons haut et clair :
    Que la démocratie, ce n’est pas un luxe, c’est notre respiration commune.

    Que la vérité n’a pas besoin de hurler pour exister.

    Que la dignité, c’est une posture du cœur, enracinée dans le temps long.

    Que ceux qui vivent pour diviser finiront seuls, enfermés dans leur théâtre de cendres.

    Nous continuerons d’écrire.
    Pas pour faire du bruit.
    Mais pour rappeler ce qui compte vraiment.

    Et si nos mots vous semblent calmes,
    ne vous y trompez pas :
    ils sont portés par la certitude que nous valons mieux.

    Nous valons mieux que leur haine.
    Mieux que leur peur.
    Mieux que leur besoin de spectacle.

    Nous refusons de nous salir à leur contact.
    Et c’est ce refus-là qui, aujourd’hui, est notre geste le plus subversif.

    Trump est indigne de notre dignité.
    Et c’est précisément pour cela qu’on ne lui laissera jamais la chance de nous transformer.

    Sans haine.
    Sans vacarme.
    Mais avec une lumière qui ne vacille pas.

    1. Haïku dit :

      @Jean Paul Pépin
      Sages paroles ! 👏👏👏

  35. Jean Bédard dit :

    Trump agit comne un lâche avec sa Gestapo. Il provoque des incendies en toute connaissance de cause pour que sa base lui reste fidèle et pour que les gens s’habituent à son « style » de gouvernance.

Répondre à MacthieuAnnuler la réponse.

En savoir plus sur Le blogue de Richard Hétu

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture