Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Au tour de Robert Giroux de partager avec nous un souvenir de spectacle, thème de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue 2021. Souvenir du spectacle mythique J’ai vu le loup, le renard, le lion que je n’ai pas vu mais que j’ai entendu à de nombreuses reprises en écoutant le disque éponyme. Mais laissons la parole à M. Giroux :

« Ma plus belle expérience de concert – après celle de Pink Floyd (MEDDLE) – est très certainement en 1974, l’été de la Superfrancofête, où j’ai travaillé pour l’organisation comme photographe.

« Étudiant à l’époque, j’avais commencé un emploi d’été comme préposé au ‟Bureau des licences automobiles” et je m’ennuyais pour mourir en me disant que je n’aurais jamais la patience de ‟toffer” tout l’été debout derrière un comptoir à me faire engueuler par des gens furieux de ne pas être servis parce qu’il leur manquait un document essentiel.

« Après une semaine, une de mes amies qui travaillait au Placement étudiant m’appelle pour me dire que l’organisation de la SFF cherchait des photographes, et si j’étais intéressé…

« Le lundi matin, je me suis présenté à la job pour donner ma démission et commencer l’été le plus extraordinaire de toute ma vie !

« Avant le début du spectacle d’ouverture, en montant sur la Grande scène pour voir le set-up d’éclairages, j’ai littéralement figé sur place quand j’ai vu la mer de monde qui se tenait devant moi sur les Plaines d’Abraham ! C’est pas tous les jours qu’on peut voir plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies dans un même lieu pour faire la fête.

« J’en ai encore la chair de poule simplement à écrire ça !

« Quand je suis retourné ‟backstage”, Gilles Vigneault m’a demandé s’il y avait beaucoup de monde (on espérait 25 à 30 000 personnes, il en est venu plus de 60 000 ! ) et je lui avais répondu simplement que tout irait bien parce que je ne voulais pas lui dire que lui et ses comparses allaient jouer devant la plus grande foule jamais réunie pour les voir chanter ! »

Et voici la chanson Quand les hommes vivront d’amour interprétée ce soir-là par Vigneault et ses comparses, Félix Leclerc et Robert Charlebois :

Merci M. Giroux pour ce souvenir jeunesse. Et merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette campagne de financement, ainsi qu’aux autres qui le feront d’ici la fin de la soirée !

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(Photo GSI Musique)

22 réflexions sur “« Tout ira bien, M. Vigneault »

  1. chicpourtout dit :

    60,000 personnes ce n’est pas rien! @Robert Giroux.
    Moi c’est en ’76 que j’ai eu mon premier bain de foule sur la montagne avec ces chanteurs! Il y avais du monde partout, partout! J’étais là avec mes deux frères et ma mère. Oui, vous avec bien lu, ma mère. Quelle soirée mémorable. En cette période, le Québec était mémorable lui aussi. Je pouvais enfin travailler en français dans ma job d’étudiante (à temps partiel). Quelle fierté j’avais! Surtout que mon patron était une anglophone qui ne voulais pas dire un seul mot de français avec nous (son équipe).

    1. danielm dit :

      Nous nous sommes peut-être croisé sans le savoir.Oui quelle période euphorique! Vivement une machine à voyager dans le temps!

      1. danielm dit :

        Et en novembre de la même année, il y a eu l’élection du Parti Québécois. Et autre moment extraordinaire, la présentation du premier cabinet Lévesque, tant de nominations exceptionnelles et si porteuses d’avenir! Ah! Je plane encore!

      2. chicpourtout dit :

        Il y avais quelque chose d’émouvant à cette période. J’entend encore René Lévesque dire comment il était « Fier d’être Québécois ». C’était quelque chose. J’étais encore trop jeune pour réaliser ce que cela pouvait représenter. Une chose est certaine toutefois, il avais constituer un conseil de Ministre de gens vraiment compétent et talentueux. Avec le recul, c’est le moins qu’on puisse dire. Des hommes comme Jean Garon, Claude Charron, Camille Laurin et cie. C’était toute une équipe de gens de talents!

      3. danielm dit :

        C’était tout simplement exceptionnel! J’en pleure seulement d’y repenser. Tout était possible du haut de mes 19 ans, l’avenir nous appartenait. Quel délicieux souvenir!

      4. chicpourtout dit :

        Moi j’en avais 16 et je trouvais cette période particulière.
        Oui @danielm quels souvenirs!

      5. danielm dit :

        Alors nous étions des ados avec tout un avenir sans frontière!

      6. chicpourtout dit :

        ☺️🌞

      7. danielm dit :

        Oui C’est une Bitter Sweet Symphony – The Verge: https://youtu.be/1lyu1KKwC74

      8. kintouai dit :

        @chicpourtout

        « Une chose est certaine toutefois, il avais constituer un conseil de Ministre de gens vraiment compétent et talentueux. »

        Sans doute le Cabinet le plus impressionnant de toute l’histoire du Québec.

        Même les Anglo-Canadiens ont reconnu que Jacques Parizeau a été le meilleur ministre des Finances de tout le Canada durant la période où il a exercé (1976-1984).

        Nous étions enfin fiers de nous.

        Notre élan a cependant été brisé par les référendums de 1980 (où le traître Trudeau et sa clique ont affirmé qu’ils mettaient leur siège en jeu pour apporter des changements en faveur du Québec) et de 1995 (littéralement volé par le traître Chrétin et sa bande de salopards).

        Par la suite, tout s’est dissous dans le « confort et l’indifférence ».

        Aujourd’hui, nous assistons, impuissants, à la mort lente du Québec tel que nous l’avons connu à l’époque.

        J’aurai malgré tout le bonheur de ne pas assister à sa triste fin.

  2. xnicden dit :

    M. Vigneault a célébré hier son 93e anniversaire de naissance.

    Merci M. Giroux de nous l’avoir rappelé à notre souvenir. Pas qu’il soit dans la catégorie des oubliés, loin de là, mais je me sentirais un peu indigne de ne pas avoir une pensée pour lui de temps à autre.

    1. Lui qui a écrit « Mourir de jeunesse » !

      1. chicpourtout dit :

        Belle expression n’est ce pas?
        « Mourrir de jeunesse » c’est exactement comment on se sent en vieillissant!
        L’enveloppe extérieure « se froisse » un peu mais ciel! que l’on se sent jeune encore (je parle pour moi ;). Comme si on avait 40 ans en fait.
        On vieillit de coeur comme on a vécu.

    2. kelvinator dit :

      Une chose est certaine, il n’a pas perdu sa peine, il n’a pas perdu son temps! Son chêne sera vivant pour longtemps.

  3. chicpourtout dit :

    P.S. Correction pas juste un conseil de Ministres un Cabinet au complet qui était remarquable.

  4. chrstianb dit :

    La marche du président par Charlebois, Leclerc et Vigneault à ce spectacle.
    https://www.youtube.com/watch?v=bm07JzXu0uE
    Mes parents avaient l’album que j’ai écouté et écouté et écouté et écouté…

  5. gigido66 dit :

    Je viens de d’augmenter ma contribution pour que ce blogue, qui est une incroyable source d’informations sérieuses et pertinentes, puisse survivre.

  6. ctbourgeois dit :

    Je ne suis pas une fan de Gilles Vigneault, je suis cependant consciente de son impact positif sur les québécois, j’ai contribué à ce blogue pour souligner votre bon travail, j’apprécie vos sujets toujours pertinents avec l’actualité.

  7. Haïku dit :

    La nouvelle lettre de Heather Cox Richardson:

    « En 1929, le 28 octobre est un lundi, la soirée d’ouverture du Metropolitan Opera de New York. 

    Quatre mille spectateurs étincelants se pressent dans l’élégant bâtiment, à pied ou dans l’une des mille limousines, pour voir Manon Lescaut de Puccini, l’histoire mélodramatique d’une innocente jeune fille française séduite par la richesse, dont la réticence à abandonner sa richesse pour le grand amour conduit à son arrestation, à sa déportation dans les contrées sauvages de l’Amérique et à sa mort tragique. Des ampoules à éclairs aveuglent la foule, réunie pour voir des visages célèbres et des robes coûteuses, tandis que les photographes enregistrent les arrivées des célébrités sociales de l’époque. 

    Personne ne savait qu’il portait un toast au début de la saison d’opéra ce soir-là, mais il s’agissait de la fin d’une époque.

    À dix heures le lendemain matin, lorsque le gong d’ouverture retentit dans le grand hall de la bourse de New York, les hommes commencent à décharger leurs actions. Les transactions vont si vite qu’à la fin de la journée, le téléscripteur enregistrant les transactions a deux heures et demie de retard. Lorsque le décompte final a pu être lu, il a montré qu’un nombre extraordinaire de 16 410 030 actions avaient été échangées, et que le marché avait perdu 14 milliards de dollars. Le marché était mal à l’aise depuis des semaines avant le vingt-neuf, mais le mardi noir a marqué le début d’une dégringolade qui ne semblait pas devoir prendre fin. A la mi-novembre, la moyenne industrielle était la moitié de ce qu’elle était en septembre. Le boom économique qui avait alimenté les années folles était terminé.

    Une fois que le marché boursier a touché le fond, l’économie s’est effondrée. La production manufacturière est tombée à des niveaux inférieurs à ceux de 1913. La production de fonte brute est tombée à ce qu’elle avait été dans les années 1890. Le commerce extérieur a chuté de 7 milliards de dollars, pour atteindre seulement 3 milliards de dollars. Le prix du blé est passé de 1,05 dollar le boisseau à 39 cents, celui du maïs de 81 à 33 cents et celui du coton de 17 à 6 cents la livre. Les prix ont tellement baissé que vendre les récoltes signifiait subir une perte, de sorte que les agriculteurs en difficulté les laissaient simplement pourrir dans les champs. En 1932, plus d’un million de personnes étaient au chômage dans la ville de New York. En 1933, le nombre de chômeurs dans le pays s’élève à 13 millions de personnes, soit un travailleur américain sur quatre. Incapables de payer un loyer ou une hypothèque, les gens vivent dans des abris faits de boîtes d’emballage.

    Personne ne sait comment combattre la Grande Dépression, mais les riches Américains sont sûrs de savoir ce qui l’a provoquée. Le problème, disent-ils, est que les Américains pauvres refusent de travailler assez dur et drainent l’économie. Il faut les forcer à prendre moins. « Liquidez le travail, liquidez les actions, liquidez les fermiers, liquidez l’immobilier », a dit le secrétaire au Trésor Andrew Mellon au président Herbert Hoover. « Cela purgera les pourritures du système. Le coût de la vie et la cherté de la vie vont baisser. Les gens travailleront plus dur, mèneront une vie plus morale. Les valeurs seront ajustées, et les gens entreprenants ramasseront les épaves des personnes moins compétentes. » 

    Réduire les dépenses publiques, convient le Chicago Tribune : licencier les enseignants et les fonctionnaires, et exiger que ceux qui restent acceptent des salaires plus bas. Richard Whitney, ancien président de la Bourse, a déclaré au Sénat que le seul moyen de relancer l’économie était de réduire les salaires des fonctionnaires et les prestations des anciens combattants (il leur a toutefois précisé que son propre salaire – qui, à soixante mille dollars, était six fois supérieur au leur – était « très faible » et ne pouvait être réduit).

    Le président Hoover ne connaissait pas grand-chose aux finances, et encore moins à la manière de résoudre une crise économique de portée mondiale. Il tente d’inverser la tendance économique en réduisant les impôts et en rassurant les Américains sur le fait que « l’activité fondamentale du pays, à savoir la production et la distribution de marchandises, repose sur une base saine et prospère ». Mais les impôts étaient déjà si bas que la plupart des gens ne verraient que quelques dollars supplémentaires par an grâce aux réductions, et les affaires fondamentales du pays n’étaient pas, en fait, saines. Lorsque les Américains qui souffraient imploraient des programmes de travaux publics pour créer des emplois, Hoover insistait sur le fait que de tels programmes étaient des programmes « d’assèchement des riches » qui « asserviraient » les contribuables, et appelait plutôt à la charité privée.

    Lorsque le premier mandat de Hoover touche à sa fin, les Américains sont prêts à essayer une nouvelle approche de la reprise économique. Ils refusent de réélire Hoover et se tournent vers le gouverneur de New York, Franklin Delano Roosevelt, qui promet d’utiliser le gouvernement fédéral pour fournir des emplois et un filet de sécurité pour permettre aux Américains de surmonter les périodes difficiles. Il promet un « New Deal » pour le peuple américain.

    Le New Deal de FDR a employé plus de 8,5 millions de personnes, a construit plus de 650 000 miles d’autoroutes, a construit ou réparé plus de 120 000 ponts et a construit plus de 125 000 bâtiments publics. Elle a mis en place un filet de sécurité sociale pour les Américains ordinaires, en fournissant une assurance chômage et une assurance invalidité, ainsi qu’une aide aux veuves, aux orphelins et aux personnes âgées. Il a soutenu la main-d’œuvre et réglementé les entreprises, les banques et le marché boursier. Il a investi dans les infrastructures, reconstruisant les routes et les ponts, fournissant l’électricité aux zones rurales et construisant des écoles, des bureaux de poste, des aéroports et des hôpitaux dans tout le pays. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté. »

    1. gigido66 dit :

      @ Haïku

      En nous partageant cette lettre d’Heather Cox Richardson et sans le mentionner explicitement vous nous présentez une très forte analogie de la situation actuelle américaine. En ce matin du 29 octobre 2021, on a encore des politiciens qui hésitent obstinément à remettre l’argent dans les poches du monde ordinaire en pensant à leurs propres intérêts et en prétextant que ces gens-là (le peuple) ne sauront quoi faire avec cette « manne ».
      Malheureusement, l’Histoire tend à se répéter dans ses moments les moins glorieux.

    2. kintouai dit :

      @ Haïku 0h23

      👍👍👍

      Magnifique texte qui résume bien la Grande Crise,

      Il faudrait ajouter que Roosevelt a établi l’impôt des riches à 90%, pourcentage qui a par la suite été réduit comme peau de chagrin par les gouvernements successifs, aussi bien démocrates que républicains.

      Le marasme économique dans lequel se trouve à présent le gouvernement amaricain résulte en grande partie de l’abandon des mesures d’égalité fiscale instaurées par Roosevelt.

      Le plan de Biden ne sera jamais adopté, car aussi bien les démocrasses rouges que les Ripouxblicains ne veulent à aucun prix qu’une certaine justice sociale soit instaurée au shithole USA –des mesures considérées comme « communistes ».

      Pourtant, c’est la seule issue possible à la situation actuelle.

      Malheureusement, les Démocrasses n’ont pas les couilles pour imposer leur programme et les Ripouxblicains. comme d’habitude, ne visent que l’obstruction systématique pour empêcher toute mesure en faveur du peuple amaricain, sachant que ce peuple est tellement stupide qu’il reprochera aux Démocrasses leur pusillanimité et votera pour ceux qui ne cessent de leur promettre mer et monde, mais qui ne livrent jamais la marchandise.

      Triste pays !

  8. christian reny dit :

    j y étais quel soirée et spectacle fantastique

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