Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Diplômé de l’école de droit de Harvard, vétéran de deux guerres (Afghanistan et Irak) et sénateur des États-Unis, Tom Cotton a une feuille de route rêvée pour un prétendant à la Maison-Blanche. Et ce natif d’Arkansas n’a jamais caché ses ambitions présidentielles, souhaitant de toute évidence hériter des appuis dont jouit aujourd’hui Donald Trump au sein du Parti républicain. Aussi bien dire que l’homme ne fait pas dans la dentelle.

En juin dernier, par exemple, il a signé une tribune controversée dans le New York Times appelant au déploiement de l’armée pour mater les manifestations liées au meurtre de George Floyd. Un mois plus tard, Donald Trump a quasiment exaucé son voeu en dépêchant à Portland des agents fédéraux habillés et armés comme des militaires à Falloujah.

Or, voici que Tom Cotton se retrouve au coeur d’une nouvelle polémique. Jeudi, il a présenté au Sénat un projet de loi destiné à couper les vivres aux établissements scolaires qui ont recours au «Projet 1619» du New York Times pour aborder la question de l’esclavage. Pour souligner le 400e anniversaire de l’arrivée des premiers esclaves africains en Virginie, le Times avait publié en août dernier un numéro spécial de son magazine dominical et créé une série balado, entre autres documents, afin de «raconter l’histoire comme elle s’est vraiment passée».

«L’esclavage est souvent considéré comme le péché originel de l’Amérique, il est bien plus que cela : c’est l’origine même du pays», estimait le «Projet 1619», qui a valu à son instigatrice, Nikole Hannah-Jones, un prix Pulitzer.

Or, selon Cotton, ce projet n’est rien d’autre qu’«un récit révisionniste et clivant sur le plan racial qui nie les nobles principes de liberté et d’égalité sur lesquels notre nation a été fondée». Le sénateur d’Arkansas ajoute ainsi son nom à ceux de plusieurs républicains ou conservateurs ayant dénoncé récemment le «Projet 1619», dont Mike Pompeo, Ted Cruz et Donald Trump.

Le sénateur d’Arkansas a continué le week-end dernier à défendre son projet de loi en faisant un commentaire qui a suscité une nouvelle controverse. «Nous devons étudier l’histoire de l’esclavage, son rôle et son impact sur le développement de notre pays car sinon nous ne pouvons pas comprendre notre pays. Comme l’ont dit les Pères fondateurs, c’était le mal nécessaire sur lequel l’Union a été construite, mais l’Union a été construite de manière, comme l’a dit Lincoln, à mettre l’esclavage sur la voie de son extinction ultime», a-t-il dit.

La déclaration de Cotton est problématique et révisionniste à plusieurs égards. D’une part, ce n’est pas tous les Pères fondateurs qui considéraient l’esclavage comme un «mal nécessaire». Certains approuvaient cette «institution» sans réserve et d’autres s’en accommodaient pour diverses raisons qui ne troublaient pas leur conscience. D’autre part, la création de l’Union n’a pas mis l’esclavage sur la voie de son extinction, elle a plutôt favorisé ou toléré son expansion. Seule une guerre civile a sauvé cette Union et mené à l’abolition de l’esclavage.

La grande ironie, c’est que Tom Cotton se trouve à donner raison au «Projet 1619» lorsqu’il dit que l’esclavage a été un mal nécessaire «sur lequel l’Union a été construite». Nikole Hannah-Jones dit la même chose. Mais elle veut que les États-Unis cessent de n’y voir qu’un «mal nécessaire» :

Tom Cotton, faut-il préciser, s’est défendu d’avoir endossé lui-même l’opinion selon laquelle l’esclavage était un «mal nécessaire», même si sa déclaration donne à entendre le contraire. Quoi qu’il en soit, plus d’un historien lui a rappelé qu’il avait tout faux. Citons Joshua Rothman, dont la spécialité est l’histoire de l’esclavage.

Seth Cotlar en est un autre critique de Tom Cotton :

À noter enfin que cinq historiens respectables ont protesté l’an dernier dans une lettre contre certains aspects du «Projet 1619». Mais les propos de Cotton sur l’esclavage le placent dans une autre catégorie, tout comme ses attaques contre le déboulonnage de statues, y compris celles de généraux confédérés.

(Photo Getty Images)

66 réflexions sur “L’esclavage, «mal nécessaire»?

  1. Mouski dit :

    A force d’entendre ces déclarations extrémistes je me demande souvent si ce pays n’est pas sur le bord de se séparer en plusieurs petits pays. Tu vois le comportement d’un état comme New York et tu réalises que beaucoup d’états sont complètement à l’opposé. Lorsque l’on entend des déclarations comme celles de Cotton eh bien, ça réveille le doute que ce pays survivra. C’est quasiment irréconciliable.

    1. ghislain1957 dit :

      @ Mouski

      « …je me demande souvent si ce pays n’est pas sur le bord de se séparer en plusieurs petits pays. J’en parlais justement ce week-end avec un ami et nous en sommes arrivés aussi à cette conclusion. tRump divise le pays au point que certains états vont vouloir quitter l’union.

      1. Madalton dit :

        De nouvelles provinces canadiennes (NY, VT et WA).

      2. Achalante dit :

        @Madalton: On parle aussi souvent de la Californie, mais le PIB de la Californie (2,17 $ billions US) est supérieur à celui du Canada tout entier (1,74 $ billions US)… Ils pourraient très bien faire leur propre pays et être dans le G7/G8/G9…

      3. Madalton dit :

        @Achalante,

        Je considérais les États limitrophes seulement. La Californie est la 5e économie au monde derrière les USA, Chine, Japon et l’Allemagne avec un PIB de 3.13 G$ en 2019.

  2. Emalion dit :

    Moi je me demande si c’est la voix pour la présidence ou la voix vers l’extinction de ses espoirs. Certain ont dit que le sursaut du white power que représente Trump est le premier signe du déclin du pouvoir « blanc » qui se dirige inexorablement vers la minorisation des blancs qui représenteront tot ou tard une portion de la population qui sera moins dominante.

  3. jeani dit :

    Tout de même paradoxal que ce zouf se nomme « cotton »!

    1. Haïku dit :

      Très bonne remarque ! 😉👌

    2. Pierre Kiroule dit :

      Au « coton » dans le suprémacisme blanc…

      Un peu plus et il va nous dire que c’est Dieu — une Blanc bon teint — qui a voulu que le coton soit blanc : pour pouvoir distinguer les esclaves noirs dans les champs.

    3. Richard Desrochers dit :

      Ça doit être pour ça qu’il est dans le champ.

      Sa prochaine étape consistera à dire que le racisme systémique est un mal nécessaire. Ou pire, que les Afro-américains sont un mal non nécessaire.

  4. marylap dit :

    Raciste un jour, raciste toujours. C’est quand même aberrant d’entendre une élu dire ça. L’esclavage était un mal, point à la ligne. Pas étonnant que le racisme systémique est aussi flagrant aux E-U avec des gens comme lui.

  5. MarcoUBCQ dit :

    Je ne comprend pas ces gens qui se sentent visés personnellement quand il ne s’agit que de leurs ancêtres. En quoi ça les diminue d’admettre les failles de ceux-ci? Sont-ils si faibles et susceptibles que la moindre critique qui s’adresse de leur côté, ne fut-ce qu’une qui soit dirigée vers des gens qu’ils n’ont jamais connus, font qu’ils refusent d’admettre le passé? Je connais des gens qui se sentent mal si tu critique la bagnole qu’ils possède: Ils ne l’ont pas conçue ou fabriquée, alors ça change quoi à leur vie? Les républicains ont l’épiderme fragile comme du vieu parchemin qui se désintègre si on souffle dessus. La pseudo-présidence c’est ça: Une faiblesse immense causée par une ignorance de soi consternante.

    1. Gina dit :

      @MarcoUBCQ
      Pour le comprendre , il faut savoir qu’il y a des gens qui vivent encore ou qui ont comme héritage ( immobilier , financier , terrien , etc ) et pour plusieurs de leurs générations n’auront jamais à se demander comment ils vont faire pour gagner leur vie . Ce sont ces privilèges qu’ils ont peur de ne plus avoir . Quand on parle de réparation pour des descendants d’anciens esclaves , cela voudraient dire que pour certaines de ces familles privilégies de départir d’une partie de leurs richesses . L’exemple , le plus flagrant c’est la reine d’Angleterre et sa famille d’où viennent leurs richesses . Le peuple , c’est de la canaille . Beaucoup d’Anglais ne remettront jamais en question la famille royale . Ils sont fiers qu’ont les traite de sujets . Ils ne sont pas des êtres humains , mais des sujets . C’est ce lavage de cerveau que plusieurs acceptent sans se poser des questions . Comment quelqu’un peut-il avoir des millions dans son compte de banque en coupant des rubans des évènements dits caritatifs . Ils ne sauront jamais ce que c’est une journée de dure labeur . Ce système ne concerne pas seulement les Noirs , on devrait tous se révolter. Ils nous exploitent tous . Et c’est ce réveil de conscience que les républicains ne veulent pas . Le jour que le peuple américain de toutes origines confondues revendiqueront pour un système social plus juste , ce sera une vraie bataille de la lutte des classes aux États-Unis .

  6. Louise Tanguay dit :

    Non non non ,une fois c est suffisant. Un trump dans l histoire des usa c est assez.

  7. jcvirgil dit :

    Tom Cotton un raciste qui s’assume quoi…L’esclavage est certainement à l’origine de la richesse des Etats-Unis c’est vrai .

    Il faudrait maintenant qu’il assume vraiment ses opinions et qu’il nous explique en quoi il était moral d’enlever des hommes et des femmes à leur pays et à leurs familles pour leur faire jouer le rôle de bêtes de somme dans les plantations en les tuant et en les mutilant à la moindre révolte, tout ça au profit du maître blanc ?

    Pourquoi alors qu’on connaît l’horreur du racisme qui s’est perpétué depuis des années , ne pas donner des compensations à leurs communautés pour ce crime historique ,dans un pays qui a les moyens de gaspiller chaque année des centaines de milliards en quincaillerie militaire ?

    Il est pourtant en tant qu’ancien militaire bien à même de constater l’immense gaspillage de fonds publics que sont les budgets d’une armée incapable psr ailleurs de gagner aucune guerre à laquelle elle participe.

    1. Aube 2005 dit :

      jcvirgil,
      Pour les amer(loques), ce qui compte c’est le drapeau étoilé et barriolé, l’armée et les guns. On les appelle les PATRIOTES. Les autres ce sont de communissssses.
      Tous ce qu’ils dépenses pour l’armement est incommensurable et on n’entend personne pour s’horrifier de cette corruption visible et éhontée qui déferle au sud de notre frontière.
      Le dixième de ce qui est engouffré au complexe militaro-industriel pourrait sauver des milliers de vies et permettre aux indigents de se faire soigner sans s’endetter et devenir des itinérants.

      1. jcvirgil dit :

        @Aube

        C’est tout à fait ça et les rats comme Cotton y font carrière pour finir au gouvernement et assurer que ca ne changera jamais.

        Les Américains se reveilleront-ils un jour ? Probablement pas ils feront faillite avant..

  8. Gilles Morissette dit :

    Tom Cotton n’est qu’un autre de ces racistes « soft » qui essaie de réhabilier ce concept en lui donnant une certaine « noblesse historique » (!),

    Il y a plein d’enfoirés du même acabit aux USA qui pensent la même chose,

    Son projet de loi pue le racisme à plein nez. À ce stade-ci, on ne peut plus parler de « révisionnosme » mais carrément de négation de l’histoire.

    Oui, il faut parler de l’esclavage car ça fait hélas partie de l’histoire de ce pays. Cependant, c’est un devoir de mémoire collective que de rappeler aux prochaines générations toutes les vexations et la violence qu’ont dû subir les Afro-Américains à cette époque.

    Comme quoi, un diplôme universitaire même d’une prestigieurs université comme Harvard, ne vous confère pas nécessairement le jugement et le discernement pour comprendre certaines réalités.

    « L’esclavage un « mal nécessaire ». Vaut mieux être sourd que d’entendre une connerie semblable.

    Dommage que le regretté John Lewis ne soit pus là pour lui fermer le clapet.

  9. Jacques Rivard dit :

    Cotton ???????

  10. Haïku dit :

    « Je ne suis pas raciste, mais….. »(Anonyme).

  11. Apocalypse dit :

    ‘Le sénateur d’Arkansas ajoute ainsi son nom à ceux de plusieurs républicains ou conservateurs ayant dénoncé récemment le «Projet 1619», dont Mike Pompeo, Ted Cruz et Donald Trump.’

    Etre associé avec une telle compagnie, c’est la preuve qu’on a les deux(2) pieds dans la bêtise la plus profonde. Espérons que cet autre idiot, Tom Cotton, n’ait pas eu la malheureuse idée de se reproduire.

    Tu parles, penser qu’on peut bâtir quelque chose de solide, de durable en piétinant les droits d’une minorité.

    SI, et je dis bien SI – en lettres majuscules – les Etats-Unis était le MODELE parmi tous les modèles d’une sociéte juste, équitable, respectueuse de tous les citoyens, qu’on traiterait les afro-américains avec le plus grand respect, qu’on aurait fait des pieds et des mains pour corriger les injustices dont ils ont été victimes, alors la pilule de l’esclavage passerait un ‘tantinet’ mieux, mais comme tous et toutes peuvent le constater, les afro-américains sont encore victimes d’injustice par-dessus injustice.

    En fait, les Etats-Unis sont le modèle qu’il faut à tout prix ne pas imiter.

    Les célèbres mots de Rex Tillerson s’appliquent donc aussi à Tom Cotton: ‘f*cking moron’.

    1. lanaudoise dit :

      👍

  12. Pierre s. dit :

    ———————————–

    Ce débile incarne à lui seul le cancer qui ronge l’Amérique.

  13. Guy LB dit :

    Il faut être un indécrottable idiot
    pour proférer pareille opinion en 2020.

    Je n’en finis plus de tomber à la renverse devant l’avalanche d’opinions rétrogrades qui prolifèrent sous le régime Trump. Ce gros tas ignorant aura permis à toutes sortes d’opinions honteuses de se faire une place au soleil comme autant de champignons sur un tas de fumier.

    1. CBT dit :

      On pourra leur dire que la prison n’est « qu’un mal nécessaire » lorsque Trump et sa bande de racistes sans scrupules qui se foutent de la justice se retrouvent derrière les barreaux.

  14. Apocalypse dit :

    @Gilles Morissette – 13:27

    ‘Comme quoi, un diplôme universitaire même d’une prestigieurs université comme Harvard, ne vous confère pas nécessairement le jugement et le discernement pour comprendre certaines réalités.’

    J’ai eu la même pensée. Comme quoi la stupidité ne connait pas de frontière!

    1. Pierre s. dit :

      ————————————

      instruit un crétin, ce ne sera toujours qu’un crétin avec un diplôme.

    2. Madalton dit :

      Le savoir et le savoir être, 2 choses très différentes.

    3. Micheline L dit :

      Moi, je ne pense pas que Tom Cotton est stupide ou qu’il est ignorant. Il est malhonnête, c’est tout. Une personne malhonnête réussit toujours à se convaincre elle-même de théories qui l’arrangent. Ainsi, pas de compensation pour les victimes puisqu’il n’y a pas vraiment de victimes et on peut tout se permettre parce qu’on est de la race supérieure. Si on est riche, c’est parce qu’on a travaillé fort ou bien, plus souvent, parce que nos ancêtres ont travaillé fort. C’est donc mérité. Les autres n’ont qu’à faire comme nous. On ajoute un peu de religion et on se dit que c’est Dieu qui a voulu que les choses soient ce qu’elles sont. En plus, on fait la leçon à ceux qui ne pensent pas comme nous. C’est une recette de « gagnants ». Gagnants méprisables mais, hélas! gagnants quand même.

  15. Pierre s. dit :

    ———————————

    Trump aura simplement décomplexé ce qu’il y a de plus médiocre et de détestable
    aux USA en terme de peur de haine d’ignorance et perfidie. Il est clairement une
    imposture, la pire présidence de l’histoire de ce grand pays et une sérieuse menace
    pour son propre peuple.

  16. Est-ce que les 45, cotton, pompeo et cie sont un mal nécessaire pour qu’enfin les américains s’ouvrent les yeux?

    1. Jacques Rivard dit :

      Malheureusement OUI ! Car leur problème est profondément profond.

    2. Guy LB dit :

      Question parfaite, marie4poches !
      Ça expliquerait bien des choses.

      1. Haïku dit :

        Exact !

  17. Danielle Vallée dit :

    A quelque part Cotton, vétéran de deux guerres, a dû aussi croire qu’il était normal que les Irakiens et les Afghans meurent, puisque les Américains avaient des armes supérieures. Des élus de Dieu!
    Il est juste cette sorte de personne.

    1. ProMap dit :

      À cela, j’ajouterais que ces élus ont combattu d’autres élus lors de la 2e guerre mondiale : les nazis. Cette guerre a poussé les USA au premier rang des puissances économiques. Le nazisme était donc un mal nécessaire, sieur de Cotton?

      L’Allemagne étant aujourd’hui une puissance économique, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’Allemands qualifiant le nazisme de mal nécessaire.

  18. titejasette dit :

    C’est un édenté qui fait partie de sa Base. Un raciste diplômé de Havard, p-e équipé d’un beau compte en banque et une portefeuille d’actions « rentables » . L’Amérique en fourmille de ceux-là. Cela explique le % de 40% de la population et le pourquoi du maintien toujours stable de ce pourcentage, peu importe les conneries et les signes cognitifs inquiétants de la Chose.

    Il faut rester vigilent malgré les résultats des sondages car Trump est un accident de parcours et d’autres sont préts à prendre la relève quand Sa Majesté lèvera ses pattes

    1. Aube 2005 dit :

      Aux States, il y a beaucoup, beaucoup de diplômes qui s’achètent. Il ne faut pas se surprendre que des insignifiants et illettrés se pètent les bretelles avec des maîtrises bidons. Et nous voyons le résultat.
      Un bel exemple se situe au sommet de la pyramide

  19. POLITICON dit :

    RACISTE UN JOUR…

    Les États-uniens ont toujours été divisés sur cette question. Ils ont utilisé l’esclavage comme levier économique et après la guerre civile une certaine minorité ont trouvé plus approprié de continuer à les traiter comme bêtes de somme, pas comme des êtres humains. Il n’y a pas si longtemps, les générations qui ont suivi l’esclavage n’avaient pas le droit de s’asseoir, dormir, boire, manger, utiliser le transport en commun et aller aux toilettes réservés aux blancs. Pas le droit aux études supérieures. Ce pays a tout fait pour nuire au développement des minorités et saper leur fierté. Est-ce que les US seraient aussi riches aujourd’hui sans l’apport de l’esclavage? Pour un pays qui comme le Canada s’est développé par vague massive d’immigrants tous azimuts, il faut faire attention lorsque l’on parle d’origine ethnique, de citoyens de souche, d’étrangers etc.

    Ce n’est pas le bon moment pour les US de trancher cette question. Le président et son entourage puisent leur base électorale dans le racisme qu’ils aiment bien enflammer pour servir leur cause. Rien de bon ne peut sortir d’une Maison Blanche aussi incompétente et clivante. Il faut sortir le président des chiottes d’abord, se faire entendre lorsque la nouvelle administration présidentielle prendra place. Espérons autour début janvier, si une 2e guerre civile n’éclate pas avant.

  20. Pierre Lesage dit :

    Godwin point j’assume, mais ce mal « nécessaire » n’avait-il pas été évoqué dans le « Mon combat » d’un certain dictateur du siècle dernier. En tout cas, dans le roman de J. Littell « Les bienvellantes », oeuvre certes de fiction il es vrai, ce mal nécessaire était évoqué par les autorités nazis aux Einsatzgruppen alors qu’ils se préparaient à faire leur basses oeuvres sur le font est.

  21. Pierre s. dit :

    ———————————-

    et depuis 2 semaines avec le déploiement des gardes nationaux qui vont inévitablement
    commetre des actes racistes …. Trump est ni plus ni moins en train de recréer le massacre
    du quartier Greewood à Tulsa en 1921 …. c’est même pas subtil …..

    Les garnd architectes de ce désastres ( S Miller, S Bannon, Fox news etc …) devront être tenus responsables
    un jour de ce chaos dirigé sciemment contre les américains eux même.

  22. jeanfrancoiscouture dit :

    «Comme l’ont dit les Pères fondateurs, c’était le mal nécessaire sur lequel l’Union a été construite, mais l’Union a été construite de manière, comme l’a dit Lincoln, à mettre l’esclavage sur la voie de son extinction ultime».(Tom Cotton)

    Elle est bonne celle-là. L’esclavage c’est O.K. pour créer un fonds de richesse pourvu que l’on inscrive dans le plan qu’une fois l’objectif atteint, l’iniquité originelle disparaisse.
    Si c’est comme ça, et puisque j’ai comme objectif d’être riche, je serai un gangster le temps requis pour atteindre la richesse et une fois l’objectif atteint, je me requalifierai en philanthrope, je distribuerai des donations déductibles d’impôt et je verrai mon nom au fronton d’édifices dédiés à l’éducation, à la santé et autre bonnes œuvres.
    Mais bon Dieu! je suis en train de m’égarer solide. Plein de gens y ont déjà pensé bien avant moi. N’avons-nous pas ici et ailleurs plein d’enfants et petits enfants de contrebandiers et autres malfrats célèbres qui sont aujourd’hui d’ardents distributeurs de philanthropie et en prime, de grands donneurs de leçons voire de politiciens cités en exemple?
    C’est fou comme l’éloignement temporel contribue à conférer de la légitimité à des contemporains, possesseurs de fortunes acquises grâce à l’habileté de leurs ancêtres à éluder les efforts de la «Justice».
    Ce Tom Cotton à au moins «l’honnêteté» de l’admettre sans tous ces artifices de légitimité qui sont le lot de trop de ces philanthropes de pacotille en quête de respect factice essentiellement dû aux courbettes qu’il faut faire pour bénéficier de leur «générosité».

    1. Haïku dit :

      Fort bien énoncé ! Chapeau. 👌👌

    2. Guy LB dit :

      @jeanfrancoiscouture (14h14)
      Vachement bon résumé de ce qui ne va pas dans la position intenable défendue par Cotton.

      Mais je vous trouve généreux de prêter quelque molécule d’honnêteté, même entre guillemets, à la pensée de Cotton. J’y vois plutôt juste une autre manifestation de cette certitude assurée d’avoir raison, solidement ancrée au cœur des vrais esclavagistes. Il y a quelque chose de répugnant dans cette suffisance complaisante.

      1. jeanfrancoiscouture dit :

        @Guy LB merci pour votre appréciation. Et je suis d’accord avec l’interprétation que vous faites de cette «honnêteté» que j’ai prudemment mise entre « ». J’adhère pleinement à votre expression «suffisance complaisante» qui traduit très bien cette arrogance de nantis ayant directement ou pas profité des injustices d’un système voué à l’enrichissement.

    3. Carl Poulin dit :

      @ jeanfrancoiscouture
      Dans l’mille une fois de plus.

  23. P-o Tremblay dit :

    Son nom de famille est cotton… remontons dans son arbre généalogique voir

  24. onbo dit :

    Cotton, le conseiller de Trump pour tout ce qui concerne les mousquets, est le grand ami de Eric Pratt, fils de Larry Pratt, directeur exécutif de Gun owners of America. Le directeur actuel est Eric Pratt.

    Larry Pratt est connu spécialement pour avoir rendue célèbre l’expression: « A toddler wiht a gun ». Revoir la vidéo du comédien Cohen maquillé en instructeur israélien. Vidéo où on voit Larry Pratt s’émerveiller ouvertement du fait que l’enfant (a toddler) qui détient un gun jouit d’un temps de réaction moindre qu’un adulte parce qu’il n’a pas encore appris …… à réfléchir avant d’agir……… Ce qui lui confèrerait, toujours selon Pratt, un avantage indéniable sur les adultes.

    Je ne suis pas surpris que le sénateur Cotton tiennent des propos explosifs. Parce que de son point de vue, c’est bel et bien vrai que les planteurs de coton sont devenus compétitifs avec l’Europe grâce à l’esclavage. ET donc que les Planteurs ont pu se constituer des fortunes par l’avantage de travail non rémunéré des esclaves noirs.

    Puisqu’il parle à postériori, Cotton, quel nom prédestiné, trouve bon ce mal nécessaire que l’esclavage qui lui vaut aujourd’hui d’être un grand monsieur riche et puissant. Et en bon monsieur riche et condescendant, il affirme que l’esclavage a cessé depuis belle lurette. Nos amis les lapins; nos amis les Noirs!

    Petit rappel à tous ces gens qui étalent les mots Liberté et Égalité et s’en drapent satisfaits d’eux-mêmes, et qui omettent, sinon ignorent complètement, le 3e mot sans lequel les deux premiers n’ont aucun sens pour les êtres humains, Fraternité!

  25. Alexander dit :

    Évoluer ou stagner.

    Vivre dans le passé ou dans le moment présent tourné vers l’avenir.

    S’adapter ou disparaître.

    Progresser ou régresser.

    Apprendre des leçons du passé.

    Tout est là.

    Les dinosaures ont dominé un temps Mais ont disparu.

    T’en tenir à un passé révolu auquel tu t’accroches, ça ne regarde pas bien pour la suite des choses.

    Cotton, comme Trump et trop d’autres s’accrochent au passé par peur de perdre leurs vieux acquis.

    Ils doivent évoluer pour survivre.

    Pas facile la vie.

  26. Cubbies dit :

    Pour faire dans la caricature, Cotton est un édenté intellectuel. Incroyable de cultiver le racisme ouvertement comme ça encore de nos jours.

    Diplômé de Harvard. Ça me dépasse.

  27. Apocalypse dit :

    @jeanfrancoiscouture – 14:14

    Nice! 👍👍

  28. Benton Fraser dit :

    C’est assez fou que certains élus agissent comme si les États confédérés auraient gagné la guerre civile où tout au plus, ce qui encore pire, croit que finalement, l’Union, comme les Confédérés, même combat! Simplement que la guerre civile n’était qu’une guerre économique, le genre que guerre facile a gagner comme dirait Trump!

  29. monsieur8 dit :

    Ça me fait penser au concept de colonialisme civilisateur cher à l’extrême droite européenne.

    De la pure bullsxit!

  30. Danielle Vallée dit :

    Monsieur Hétu, merci pour la vidéo de M. Phipps. Frissons garantis comme vous dîtes.

    J’en si manqué un bout (travail)
    Trump n’a toujours pas dit un mot gentil pour Lewis?

    Il est encore en train de mentir de façon horrible en ce moment.
    Le virus va être contrôlé, le vaccin s’en vient, et les polls le donnent gagnant.
    Quelle ordure.
    Et il vient encore de se vanter d’avoir écrit une loi qu’Obama a signée des années avant qu’il soit là.

    1. Philip Crowther (@PhilipinDC) a tweeté :

      Trump says he won’t be paying his respects either today or tomorrow to late Congressman John Lewis.

      https://t.co/WM0qjBx1uy

      1. Danielle Vallée dit :

        Belle ordure encore une fois.
        Il va mourir un jour et il n’y aura pas grand monde pour pleurer, même pas Mélania.

      2. papitibi dit :

        C’est probablement un soulagement pour John Lewis.
        Devenir un objet de propagande au service d’un trou d’anus? Non, merci.

  31. quinlope dit :

    Tout ce qui sort de Harvard n’est pas nécessairement gage d’un jugement éclairé.

  32. papitibi dit :

    billet:
    Or, selon Cotton, ce projet n’est rien d’autre qu’«un récit révisionniste et clivant sur le plan racial qui nie les nobles principes de liberté et d’égalité sur lesquels notre nation a été fondée»

    Cotton a tout à fait raison:

    TOUS les Blancs Esclavagistes étaient ÉGAUX, bien que certains pouvaient se payer des ‘spécimen’ auxquels les autres ne pouvaient même pas rêver! Et TOUS ces Blancs étaient LIBRES de fouetterou d’occire leurs nègres, et même d’enfourcher la belle négresse aux gros tétons!

    Et TOUS les esclaves étaient libres d’obéir sans chialer ou de mourir pendu. Quant aux femelles, bin… jouir du poinçon du maître, c’était tout un privilège. D’ailleurs, elles étaient ÉGALES (toutes devaient s’y soumettre lorsque requis) et LIBRES d’accepter cet hommage ou d’accepter quelques coups de fouet!

    Il porte bien son nom, le Cotton.

  33. Maïs1988 dit :

    « L’esclavage, mal nécessaire ?» Ouf! Quelle horreur!

    Honnêtement, toutefois, l’histoire des USA est une succession d’histoires d’horreur.

    Souvent, le pire scénario, le plus mortifère, le plus destructeur, le plus satanique, le plus mal, est celui retenu par les USA.

    La guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne. Là où d’autres pays, Canada, Australie, etc. sont parvenus à s’affranchir pacifiquement des Britanniques, les USA feront la guerre (sans pourtant jamais réussir à s’affranchir de la Grande-Bretagne).

    L’horreur de l’esclavage érigé en système économique

    La guerre de sécession qui oppose les citoyens d’un même pays, au lieu de négocier

    Le génocide des premières nations présenté dans les livres d’histoires comme la « glorieuse » Conquête de l’ouest

    La ségrégation raciale érigée en système social

    La guerre perpétuelle érigée en nouveau système économique pour faire rouler l’économie, créer de « bons emplois » et surtout enrichir ceux qui bénéficient de cet état

    Les multiples renversements de gouvernements démocratiquement élus pour les remplacer par de dictateurs sans merci (les multiples révolutions de couleurs, de fleurs, etc.)

    Deux bombes atomiques sur le Japon

    La destruction de pays entiers, trop nombreux pour tous les nommer, mentionnons simplement le Vietnam et l’Iraq, ce dernier deux fois plutôt qu’une…

    Et aujourd’hui les tambours de guerre qui battent contre la Russie ou la Chine, selon l’humeur du jour, avec le soutien tous azimuts des média dits progressistes et des journalistes qui se pensent progressistes, sans égard aux conséquences… Un aigle, même chauve, ne peut pas constamment « picosser » un gros ours ou un dragon…

    Tous cela en 250 ans!

    … Et les dirigeants américains qui aiment se gargariser sans cesse avec « l’exceptionnalisme américain ». Honnêtement, quand je regarde l’Histoire des USA, ils ont peut-être raison de parler « d’exceptionnalisme américain »… Mais pas pour les bonnes raisons…

    N’oublions pas Reagan qui également brodait librement sur une parabole de Jésus pour dire : “America is a shining city upon a hill whose beacon light guides freedom-loving people everywhere” (Les États-Unis sont une ville brillante sur une colline dont le phare guide partout les gens épris de liberté)… Rien de moins!

  34. Pierre s. dit :

    ——————————

    Quand même très significatif …..

    lors de ce mandat, John Mc Cain et John Lewis, deux républicains très estimés de la
    population , sont décédé. Dans les deux cas, les familles ont avisées qu’il ne voulait absolument
    pas voir le président se pointer aux obsèques.

    Avis à tous … c’est quand même très évocateur comme signal. Moi je ne me rappelle pas avoir
    vue ca par le passé … la famille d’un homme politique d’importance interdire la présence
    du président aux obsèques du défunt. Et dans les deux cas nommé ici, je vous rappelle
    qu’on parle d’élus républicains en plus.

    si il y a un précédent, faites moi en part.

  35. Gina dit :

    @Pierre s.
    John Lewis est un Congressman Démocrate .

  36. M.Rustik dit :

    Quand on sait qu’il est plus facile de trouver des raisons incensées pour continuer à croire en une fausse croyance que d’accepter les faits qui réfute sa croyance, on comprend que l’Histoire mal racontée raconte n’importe quoi… et que les gens qui s’y ont fait éduqués sont pratiquement des causes perdues.

    Ce Cotton est un moron profond, un esclavagiste qui rêve à de nouveaux champs de coton…

  37. Carl Poulin dit :

    Le Coton n’aura pas de Pulitzer mais plutôt un prix Bullshitter.

  38. jeanfrancoiscouture dit :

    En plus du prix «Bullshitter», il faudrait lui faire savoir si «On est au coton», c’est souvent à cause de gens comme lui.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/On_est_au_coton

    1. Haïku dit :

      Le film de Denys Arcand ?
      Pertinent rappel ! 👌

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