Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Hachette a annoncé ce vendredi après-midi qu’elle ne publiera pas lundi les mémoires de Woody Allen, contrairement à ce qui avait été prévu. La décision de la maison d’édition intervient au lendemain d’un débrayage spontané de ses employés. «Nous exprimons notre solidarité avec Ronan Farrow, Dylan Farrow et les survivants d’abus sexuel», avaient-il déclaré en demandant non seulement au grand patron de Hachette de renoncer à la publication de ce livre mais également de s’excuser auprès d’eux.

Dylan Farrow est la fille adoptive du réalisateur. Elle l’a accusé de l’avoir agressé sexuellement alors qu’elle avait 7 ans. Ronan Farrow a publié chez Hachette l’an dernier un livre sur les prédateurs sexuels intitulé Catch and Kill. Il a quitté la maison d’édition plus tôt cette semaine pour protester contre sa décision de publier les mémoires de son père.

Sommes-nous face à un autre dérapage de la cancel culture ou une saine indignation qui aurait dû également influencer les membres du jury qui ont accordé à Roman Polanski le César du meilleur réalisateur pour J’accuse.

(Photo Getty Images)

60 réflexions sur “Hachette renonce à publier les mémoires de Woody Allen

  1. lechatderuelle dit :

    le silence des curés et autres machins religieux a-t-il le même odeur que celle de ce milieu artistique qui a préféré se taire quand les abus avaient lieu???

    Si on condamne les curés, les Cosby, les Weinstein de ce monde, pourquoi pas les Polansky et Allen ???

    Pourqui ces prédateurs s’en sortiraient parce qu’ils ont plus de talent que les autres??
    Vraiment dommage de saccager leur talent ainsi, mais si les actions avaient été posées au bon moment …

    Le milieu artistique regarde peut-être trop les agresseurs en oubliant les victimes….
    il faut demeurer conséquent….

    1. Chicpourtout dit :

      @lechatderuelle 15h37
      👍

    2. Achalante dit :

      Très juste. Et c’est parce qu’ils ont du talent, ou du pouvoir, ou de l’argent, qu’ils se croient tout permis; ils se pensent intouchables, et donc ne voient pas de raison de réprimer leurs pulsions, encore moins de se faire soigner. S’ils avaient eu des conséquences dès le départ, ils auraient probablement fait moins de victimes. Je pense entre autre à Polanski; s’il avait été remis à la justice américaine qui l’avait trouvé coupable, il aurait peut-être suivi une thérapie; mais non, il a continué à faire des victimes en Europe à la place.

      Et sérieusement. Comment peut-on douter le la culpabilité de Allen, lui qui a divorcé Mia Farrow pour épouser sa belle-fille, Soon-Yi Prévin, dès qu’elle a été majeure? Il la connaissait depuis qu’elle avait 9 ans; il aurait dû avoir une relation de parent-enfant avec elle, pas une attirance sexuelle! (Et aucune accusation n’a été portée dans le cas de Dylan Farrow, supposément pour éviter de lui causer plus de torts; pas parce qu’il n’y avait pas matière à accusations.)

      Bref, bonne décision, Hachette. Dommage que ça ait pris tant de temps pour y arriver!

  2. ddescarreaux dit :

    Selon les informations qui circulent, Woody Allen aurait réussi le test du polygraphe, Mia Farrow aurait refusé de le passer.

    Ça soulève quand même un petit doute, non?

    1. lechatderuelle dit :

      ddescarreaux non… le polygraphe est un outil parmi tant d’autres…. y’a quand même eu les témoignages des victimes…..

      1. ddescarreaux dit :

        Comme s’il n’y avait jamais de faux témoignages.
        Comme s’il n’y avait jamais de femmes qui s’acharnaient contre leurs ex, lors d’un divorce.
        Apparemment, les enquêteurs auraient soulevé la thèse des souvenirs inventés.

        Du reste, je ne parlais que d’un tout petit doute, petit, petit.

    2. Achalante dit :

      Le polygraphe n’est pas un test sans faille. Il mesure la nervosité. Quelqu’un habitué à mentir, ou qui est intimement convaincu qu’il n’a rien fait de mal, passera sans problème, alors que si on dit la vérité à propos de quelque chose de stressant, il peut indique un mensonge.

      Comme ce violeur que Mme Clinton a dû défendre. Elle savait qu’il était coupable, et pourtant, il a menti lors d’un test du polygraphe sans que la machine détecte quoi que ce soit. Elle a ri de cette absurdité… Et ses détracteurs ont utilisé ça contre elle, disant qu’elle était contente que le violeur s’en tire ou quelque chose du genre.

      Alors, non, je ne suis pas surprise qu’Allen ait accepté de passer au polygraphe, et qu’il n’ait rien détecté. Et je comprend que Mme Farrow, en personne intelligente, ait refusé de jouer le jeu et risquer qu’une réponse émotionnelle la fasse passer pour une menteuse.

      1. fylouz29 dit :

        N’empêche que Woody Allen a accepté de se soumettre au polygraphe et Mia Farrow a refusé.
        A tout le moins, c’est un bon point pour Allen, un mauvais pour Farrow.

  3. Madalton dit :

    Il n’a jamais été condamné à ce que je sache. Il ne s’est pas sauvé comme Polanski qui faisait face à une accusation de viol qui pouvait lui valoir jusqu’à 50 ans de prison.

    1. Achalante dit :

      Non, il n’y a pas eu d’accusations (pour diverses raisons), mais le juge a tout de même décidé que des actions « inappropriées » avaient eu lieu, et a retiré à Allen la garde de Dylan. (Selon les versions, le procureur n’a pas voulu causer plus de tort à Dylan Farrow en la forçant à aller en cour.)

      Qu’une telle histoire sorte aujourd’hui, la conclusion serait probablement différente, ne serait-ce que parce que #MeToo a sensibilisé beaucoup de monde sur l’importance des viols et des abus sexuels; ce ne sont plus des crimes que l’on balaie trop rapidement sous le tapis pour éviter de « causer du tort à un homme important »… (Ils doivent trouver des raisons pour le faire, maintenant.)

  4. Réal Tremblay dit :

    Je comprend comme je le peux les victimes mais le violeur n’est pas l’auteur quoiqu’en dise la nouvelle rectitude extrémiste. Loin de vouloir défendre Allen mais il me semble qu’il existe un droit de s’exprimer que l’on soit un salaud ou pas.

    1. lechatderuelle dit :

      Réal Tremblay zi la justice avait fait son oeuvre au moment des faits, probablement que la carrière de Allen n’aurait jamais eu la notoriété qu’elle a maintenant….
      Même constat pour Polansky …..

      Le silence complice de ce milieu a nourri la bête et quelques décennies après les faits, les oeuvres pèsent subitement lourds dans le plateau de la justice….

      Tout le monde était d’accord pour fesser sur Weinstein, un salopard ou un epstein, un autre salopard… mais Allen et polansky, eux….

      le droit de s’exprimer aurait été pas mal plus difficile à obtenir si les 2 lascars avaient été reconnus coupable de leurs crimes… vous ne pensez pas??
      Sinon donnons le droit de créer à Weinstein et aux curés de ce monde qui ont abusé de milliers d’enfants….

      Parmi les mouvements racistes, il y a assurément des gens avec beaucoup de créativité….est-ce que ça rend leur idéologie moins pire, ou plus acceptable???

      1. Richard Desrochers dit :

        Je me suis depuis longtemps résolu à distinguer l’homme et l’œuvre (qu’il s’agisse de Céline, Wagner, Sade, Jutras, sinon pour certains Nietzsche ou Heidegger… ) et l’auteur et le narrateur (ce qui est écrit à la première personne provient d’un narrateur, on sait bien que Proust est l’auteur mais pas le narrateur, de même pour le docteur Watson).

        Le problème devient plus délicat avec une autobiographie, mais si l’auteur/narrateur peut mentir, il a quand même le droit de s’exprimer, et peut avoir des choses à dire, ce sera à l’Histoire de trancher.

        Museler quelqu’un parce qu’il est criminel (ou présumé coupable) ne me semble pas une option pour la liberté d’expression. Que ceux qui le blâment ne le lisent pas. La non-publication ne se fonde pas sur des critères éthiques mais commerciaux.

  5. Gilles Morissette dit :

    M.Hétu soulève une excellente question dans le dernier paragraphe de son post.

    Commnet peut-on récompenser un abuseur sexuel comme Polanski et en même temps ostraciser ujn autre abuseur comme Woody Allen.

    Hypocrisie, indignation à géométrie variable, à chacun de trouver sa réponse.

    Force est de constater que la brillante carrière de personnalités connus est parfois entaché par des histoires qui mettent en relief les aspects obscurs et tordus de leur personnalité.

    En cette époque du mouvement #metoo, ce ne sont pas les exemples qui manquent.

    1. Achalante dit :

      C’est pourquoi Mme Adèle Haenel et d’autres acteurs sont sortis de la salle pour protester contre le César remis à Polanski. Et que des protestataires ont piqueté à l’extérieur. Bref, l’establishment protège encore et toujours les abuseurs, alors que d’autres refusent désormais de se taire.

      1. Mariette Beaudoin dit :

        Quelqu’un qui se cherche et est en mal de modèles inspirants devient encore plus confus devant ce spectacle désolant.

    2. fylouz29 dit :

      Polanski a multiplié les témoignages contre lui. que je sache, à part Dylan Farrow, personne ne s’est levé pour dire : « Woddy Allen m’a violée ».
      C’est parole contre parole, et ici on interdit à Allen de s’exprimer. Belle conception de la justice.

  6. Gilles Morissette dit :

    HS

    Biden vient de donner une belle leçon à Brenie Sanders et à ses « Bros » (Voir tweet de M. Hétu).

    Voilà un comportement « présidentiel » qui est tout à son l’honneur.

    Biden est « un gars de parti », Sanders ne l’est pas.

    Voilà qui résume la différence entre les deux.

    I don’t care who you’re supporting, attacks like this against a man who could be the first Jewish President are disgusting and beyond the pale. Hatred and bigotry have no place in America — and it’s up to all of us to root out these evils wherever they’re found. (Joe Biden, 6 mars 2020 à 15:18)

  7. ducalme dit :

    Aujourd’hui, on prononce les sentences avant que de rendre les verdicts.

    Les Facebook, Twitter, Instagram et hashtags ont vite remplacé le tribunal.

    J’ai pu obtenir le film J’ACCUSE en fichier P2P : un chef d’oeuvre cinématographique bien sûr, mais surtout un rappel d’événements cruels que la mémoire collective est train d’oublier sinon d’oblitérer.

    Ce film devrait être non pas uniquement dans nos cinémas québécois, mais diffusé dans nos écoles où les denrées historiques ont fait place aux journées de relâche.

    Il n’y a rien à`faire avec la mentalité anglo-saxonne, de part et d’autre de l’Atlantique, encore à l »ère victorienne à ce chapitre, mais que les propriétaires de salles au Québec aient cherché mille et un prétextes pour ne pas projeter le film donne à frémir.

    Quant à la décision de Hachette, c’est encore une soumission à la saveur du jour.

    Torquemada est de retour !

    https://urlz.fr/c1pS

    En passant, je voudrais féliciter le gouvernement de Justin Trudeau d’avoir patiemment négocié avec la nation Wet’suwet’en.

    Je dois dire que j’ai tout de même un peu souri lorsque le fils, ne suivant pas le triste exemple de son père, a dit : «Jamais je n’enverrai l’armée contre des civils.»

    1. Achalante dit :

      Mentalité anglo-saxonne, que de tenter d’amener devant la justice des abuseurs sexuels? Que de reconnaître le viol comme un crime? Vous allez devoir être plus précis dans vos propos, parce que ce que je lis me dégoûte profondément. Il ne s’agit pas de cas de personnes consentantes qui font une partie de jambe-en-l’air un peu trop olé-olé, mais d’enfants incapables de donner un consentement éclairé, soumis à des actes sexuels de la part de personnes en situation d’autorité sur eux.

  8. Anne-Marie Allaire dit :

    auto dafé

  9. Gilles Morissette dit :

    HS

    Les « Répugnants » se présentent comme les « grands défenseurs de la moralité publique ».

    Boulechite. ils feraient mieux de regarder dans leur propre cour.

    Certains d’entre eux ont manifestement quelques squelettes bien cachés dans leur placard.

    Jim Jordan. Un autre de ces visages à deux faces (comme « Brown Nose » Graham) au milieu d’une horde de crapules et de fripouilles.

    https://www.cnn.com/2020/03/06/politics/jordan-osu-wrestlers-strauss-invs/index.html

  10. Apocalypse dit :

    A moins qu’il ait des choses ‘outrageantes’ dans les mémoires de Woody Allen, on publie et on laisse les gens libres de l’acheter ou non et le cas échéant, de se faire une idée sur l’homme.

    Est-ce qu’on est rendu dans une société où certain(e)s voudraient imposer leur moralité ou leur perception de certaines choses? Je n’aime pas cette chose ou je me suis fait une idée sur telle chose ET je veux que les gens pensent comme moi sur cette chose 😢.

    Si Woody Allen a commis un ou des crimes, qu’on le juge, mais SVP laissez-moi le droit de me faire une idée sur cet homme et non pas qu’on veuille m’en imposer une en me privant d’informations.

    1. Achalante dit :

      Et le « récompenser » et lui donnant plus d’argent? D’autant plus qu’aucune vérification de faits n’avait été faite sur le manuscrit; Dylan Farrow n’avait même pas été contactée pour qu’elle puisse donner sa version. Publier ces mémoires telles quelles, c’était lui donner l’absolution.

      Ah, mais oui, ça aurait fait beaucoup d’argent à la maison de publication… Après qu’une autre branche ait fait beaucoup d’argent avec le livre de Ronan Farrow, qui dénonçait les abuseurs tels sont père… L’argent n’a pas d’odeur…

  11. ghislain1957 dit :

    De toute façon, publiées ou pas, les mémoires d’un pédophile ne m’intéressent pas. Pas plus que ses films ennuyeux d’ailleurs.

  12. CBT dit :

    Je ne pleure pas pour des agresseurs sexuels comme Polanski ou Allen, leur vie et leur carrière n’ont jamais été perturbées, ils ont poursuivi leurs routes sans remords puisque si c’était le cas inverse, ils se seraient dénoncés eux-mêmes. Ils en subissent les conséquences que tard dans leur vie ou après leur mort, leur seule punition est une réputation ternie, c’est la moindre des choses qu’ils perdent leur lustre.

    Par contre leurs victimes qui se sont retrouvés involontairement sous leur emprise, leur vie n’a pas eu la même qualité, il suffit d’écouter leurs témoignages des années après les faits pour se rendre compte à quel point elles ont réprimées une profonde souffrance.

  13. FlorentNaldeau dit :

    @lechatderuelle, 16h06 « le polygraphe est un outil parmi tant d’autres »

    En fait le polygraphe n’est même pas un vrai outil, contrairement à ce que présentent souvent les émissions de télé ou les films. Les principes techniques qui sont censés le sous-tendre n’ont jamais été validés et plus encore, les tests scientifiques auxquels il a été soumis ont prouvé qu’il n’a aucune efficacité ni aucune valeur probante, pas plus (ni moins) que tirer à pile ou face. Pas étonnant qu’il ne soit pas une preuve admissible en cour.

    @Apocalypse, 16h45 « Si Woody Allen a commis un ou des crimes, qu’on le juge, mais SVP laissez-moi le droit de me faire une idée sur cet homme et non pas qu’on veuille m’en imposer une en me privant d’informations. »

    C’est une des deux principales questions soulevées par cette affaire et bien d’autres. Tout d’abord le droit que s’arrogent certains gardiens de la morale collective de priver le public du droit de se faire sa propre idée si ça lui tente. Personne n’est obligé de lire le livre de WA ou de voir ses films. Mais chacun doit être libre de se faire une tête si ça lui tente.

    Deuxième question: que faire des oeuvres de créateurs qui ont eu des gestes ou des paroles que l’on juge répréhensibles? Céline a publié des chefs-d’oeuvre, mais cela n’efface pas ses opinions anti-sémites ni sa collaboration au régime de Vichy. Doit-on pour autant interdire ses romans? Leni Riefenstahl a réalisé des films admirables du point de vue technique, mais au service de la propagande nazie; doit-on bloquer l’accès à ces oeuvres et même au reste de son travail au cinéma ou dans d’autres domaines? Mark Twain a employé dans ses romans un vocabulaire tout à fait dans l’usage courant au 19è siècle mais qui serait raciste si on l’utilisait aujourd’hui; est-ce une raison suffisante pour modifier ceratins passages de « Huckleberry Finn » afin de les atténuer?

    Nous sommes à l’ère de la dictature des apôtres de la censure préalable, animés par le désir allégué de « protéger » une pauvre société sans défense et un public qui n’a pas l’intelligence nécessaire pour faire lui-même ses choix. Robert Lepage en fait les frais de ces opportunistes lors de controverses très médiatisées.

    D’accord avec le droit de critiquer et de dénoncer, mais pas avec celui d’interdire et de javelliser la culture ainsi que la pensée.

    1. fylouz29 dit :

      En Afrique, on déboulonne des statues de Gandhi parce qu’il aurait tenu des propos racistes envers les Africains;
      Einstein a écrit des lettres dans lesquelles il tient des propos racistes envers les Chinois. Il a aussi laissé tomber son fils Eduard.
      On sait que Picasso était un salaud, que Alphonse Daudet était antisémite, qu’Alexandre Dumas père a abandonné sa maîtresse et leur fils avant de revenir arracher ce dernier à sa mère plusieurs années après.
      On sait que de nombreux intellectuels du XIXe siècle ont condamné de la façon la plus violente les Communards de 1871 (entre autre, Alexandre Dumas fils et George Sand), que Rimbaud était marchand d’armes.
      Si on devait boycotter tous ceux et celles qui ont mal agi (et sur quels critères exactement), on ne lirait plus rien, on ne verrait plus rien.
      En passant, Margaret Atwood a été critiquée pour son appui à Steven Galloway, viré comme un chien de l’Université de British Columbia sur de fausses accusations de viol (tiens donc !).

  14. Apocalypse dit :

    @Achalante – 17:19

    Peut-être que dans le cas de Woody Allen, vous ne voyez pas de problème à ce que certain(e)s imposent leur choix, leur moralité, mais c’est ouvrir toute grande la porte à des dérapages de gens qui sont insultés de tout et de rien et qui vont vous imposez leur point de vue et à ce moment-là, vous n’allez pas la trouver drôle.

    Qu’on publie le bouquin et qu’on laisse les gens libres ou non de l’acheter, c’est ça qui se passe dans une démocratie.

    1. Achalante dit :

      M. Allen est tout à fait libre de faire imprimer ses mémoires à son propre compte, et donc, à ses propres risques. Son (futur) livre ne sera pas mis à l’index; il ne s’agit pas de censure. Mais il s’agit 1) de s’assurer d’un minimum de véracité dans ce qu’on publie (Hachette n’a pas fait de vérification; vous souvenez-vous, il y a trois-quatre ans, une biographie québécoise a dû être retirée du marchée parce qu’elle était remplie de faussetés?), et 2) du problème moral de publier les mémoires d’un agresseur sexuel alors qu’on a fait de l’argent avec un livre qui dénonce les agresseurs sexuels.

  15. Apocalypse dit :

    @FlorentNaldeau – 17:24

    👍👍

  16. noirod dit :

    Sais pas quoi en penser honnêtement. Je suis mal a l’ aise avec le fait que a cause de ses mœurs un homme qui a eu du succès voit son oeuvre devenir du vomit. Je suis aussi dégouté que tous de ces histoire weirds Allen, Weinstein , Polanski et j’ en oublie sans doutes des meilleures mais en même temps a l’époque de nos aïeuls l’âge de former un couple était très aléatoire. Bien sur que quand on parle d’ agression ou d’ exploitation c’ est autre chose … C’ est juste que parfois la chasteté et la rectitude qu’imposent notre époque me fait un peu penser a de la censure catholique hypocrite…Parce qu’ en même temps dans les médias , tout en dénonçant le crime, pendant des semaines on va se farcir tous les détails scabreux des pires criminels, détraqués et vicieux . Parce que aussi on tolère un grotesque individu au plus haut échelon du pouvoir américain .C’ est pas pareil vous dites ? Tsé, on choisit nos batailles…

  17. loup2 dit :

    Une fan du donald, avec sa logique! -:)
    http://pix.toile-libre.org/upload/original/1583537780.jpg
    À moins qu’il s’agisse d’une jeune victime de woody ou roman ?

  18. Toile dit :

    L’âpre conflit Allen / Farrow est un qui relève de l’aliénation parentale aigue où l’abus sexuel est fréquemment évoqué. Trouver la vérité dans ce contexte relève presque du miracle. Quand t’es poigne avec l’alienation, l’enfant en vient à adopter les propos de son parent identifié victime au point où la réalité est altérée. Il le fait pour ne pas perdre son parent fragile. L’ennui terrible avec la chose est que l’enfant vit des traumatismes : avoir été abusé sexuellement ou être convaincu que son parent l’a abusê laisse de méchantes traces et l’une ou l’autre des alternatives n’est guere reluisante. Et préconiser une thérapie à l’enfant s’il n’a pas été de fait abusé c’est lui retaper sur la tête une fausseté. comment refaire confiance à un parent abuseur? Et plus l’enfant est jeune, plus revenir à la réalité présente des difficultés.

    L’autre gros problème avec l’alienation parentale est l’effet succion. L’émetteur est si convainquant de certitudes qu’on finit par prendre son parti et ne plus être ouvert à une autre réalité. Tout est clivé. Du gros noir et du blanc et les tribunaux ploient sous des avalanches de requêtes et d’expertises. Le nombre de requêtes est un bon indicateur. A plus de 100, ton idée est vite fait que tu vas ramer comme intervenant.

    Comme tel, la relation de Woody Alenn avec sa fille n’est pas de nature incestueuse au point de vue criminel vue l’absence de filiation sanguine mais cliniquement si. Même si la cohabitation est survenue alors qu’elle était majeure, Il manque cruellement à Allen la notion de non transgression du tabou et cela alimente sinon cautionne toute la problématique.

    Anyway, Hachette a bien fait quoique tardivement.

  19. Samati dit :

    H.S. Selon Raw Story, deux personnes ayant le virus ont participé à la conférence AIPAC à laquelle le Vice président Pence a participé. Espérons que ces deux individus en ont profité pour serrer de nombreuses mains.

    1. Haïku dit :

      @Samati
      Je l’espère aussi. 😉👌

  20. Haïku dit :

    Conseil amical:
    Pour ceux et celles qui croient que Woody Allen est coupable,
    allez lire le témoignage de Moses Allen paru dans Vanity Fair.
    (Désolé, le lien ne fonctionne pas).

    1. Haïku dit :

      *http://mosesfarrow.blogspot.com/2018/05/a-son-speaks-out-by-moses-farrow.html

  21. CBT dit :

    @noirod
    « C’ est juste que parfois la chasteté et la rectitude qu’imposent notre époque me fait un peu penser a de la censure catholique hypocrite »

    La question morale n’est par sur le fait des relations sexuelles ou pas et comment, mais sur le caractère criminel de ces relations lorsque par exemple, un adulte agresse un enfant de 7 ans, il s’agit d’une déviance grave et d’une atteinte au droit fondamental d’un enfant d’être protégé et non agressé.

  22. Toile dit :

    Ajout
    L’objectif du parent identifié victime est d’expulser définitivement l’autre parent de la vie de l’enfant tellement il le haït. Il se présente à autrui sous des jougs bienfaisants, ne voulant que le meilleur pour son enfant en ulta bon protecteur. Pour arriver à ses fins, il se doit d’inculquer à son enfant la peur de l’autre parent quitte à dire l’impensable de sorte que l’enfant n’a plus la capacité d,avoir confiance en l’autre parent. Il n’est pas autorisé de l’aimer car s’il le fait c’est l’autre qui ne l´aimera plus. Là le conflit de loyauté est solidement installé pour l’enfant.Certains parents arrivent à introduire dans la mémoire des détails particulièrement dévastateurs pour le développement. Et l’enfant répete mots à mots et de façon presque mécanique ce qui lui a été dicter si subtilement en fait sienne cette version. Il a parfois même pas l’âge de se rappeler. Ca vous fait tout un dégât.

  23. spritzer dit :

    Que dire alors de la fausse accusation d’agression sexuelle contre Julian Assange qui lui a coûté sa liberté, près de 10 ans confiné à l’ambassade et maintenant en route pour l’extradition et la prison à vie?

    1. Danielle Vallée dit :

      @spritzer. Personne n’a dit qu’Assange n’était pas coupable.
      Les Britanniques ont dit qu’ils désiraient le remettre aux Américains qui ont bien hâte de le voir.
      Ils ne l’ont pas absous, ils ont voulu se débarrasser de lui.

      1. Danielle Vallée dit :

        @spritzer:
        Swedish prosecutors eventually dropped the case against Mr. Assange, calling it pointless to pursue it, but said they could revive it if he became available. Nevertheless the bail-jumping charge remained.

      2. spritzer dit :

        Les Suédois ont mis fin à leur enquête en novembre, après 10 ans… Maintenant ce sont les Britanniques qui décident si les crimes d’Assange sont de nature politique ou non, auquel cas ils vont l’extrader.

        There was never an indictment. There were never charges. There was never a serious attempt to put “allegations” to Assange and question him – behaviour that the Swedish Court of Appeal ruled to be negligent and the General Secretary of the Swedish Bar Association has since condemned.

        Both the women involved said there was no rape. Critical written evidence of their text messages was willfully withheld from Assange’s lawyers, clearly because it undermined the “allegations”.

        One of the women was so shocked that Assange was arrested, she accused the police of railroading her and changing her witness statement. The chief prosecutor, Eva Finne, dismissed the “suspicion of any crime.”
        https://consortiumnews.com/2019/11/24/john-pilger-the-lies-about-assange-must-stop-now/

    2. spritzer dit :

      @Danielle Vallée

      Je reformule.

      Les Suédois ont mis fin en novembre à l’enquête préliminaire sur les allégations de viol contre Assange après presque 10 ans… Maintenant c’est un tribunal britannique qui décide si les crimes reprochés à Assange par les États-Unis qui demandent son extradition sont des crimes politiques ou non. On parle de la publication de documents du gouvernement qui montrent des crimes de guerre, de la corruption, des magouilles diplomatiques et autres.

  24. Layla dit :

    C’est vendredi prise 2
    ***

    Un couple de parisiens décide de partir en week-end à la plage et de descendre au même hôtel qu’il y a 20 ans, lors de leur lune de miel.
    Mais, au dernier moment, à cause d’un problème au travail, la femme ne peut pas prendre son jeudi.
    Il est donc décidé que le mari prendrait l’avion le jeudi, et sa femme le lendemain.

    L’homme arrive comme prévu et après avoir loué la chambre d’hôtel, il se rend compte que dans la chambre, il y a un ordinateur avec connexion à Internet. Il décide alors d’envoyer un courrier à sa femme. Mais il se trompe en écrivant l’adresse.

    C’est ainsi qu’à Perpignan, une veuve qui vient de rentrer des funérailles de son mari mort d’une crise cardiaque reçoit l’Email.

    La veuve consulte sa boîte aux lettres électronique pour voir s’il n’y a pas de messages de la famille ou des amis. C’est ainsi qu’à la lecture du premier d’entre eux, elle s’évanouit. Son fils entre dans la chambre et trouve sa mère allongée sur le sol, sans connaissance, au pied de l’ordinateur.

    Sur l’écran, on peut lire le message suivant:

     » A mon épouse bien-aimée, je suis bien arrivé.

    Tu seras certainement surprise de recevoir de mes nouvelles maintenant et de cette manière. Ici, ils ont des ordinateurs et tu peux envoyer des messages à ceux que tu aimes. Je viens d’arriver et j’ai vérifié que tout était prêt pour ton arrivée, demain vendredi.

    J’ai hâte de te revoir.

    J’espère que ton voyage se passera aussi bien que s’est passé le mien.

    P.S. : Il n’est pas nécessaire que tu apportes beaucoup de vêtements : il fait une chaleur d’enfer ici !

    1. Haïku dit :

      @Layla
      Superbe prise 2 !!! Merci. 🤣🤣

  25. xnicden dit :

    Dans le cas d’Allen, disons que le simple fait d’avoir eu une liaison avec la fille adoptive de sa conjointe qui était à peine adulte à l’époque…Même si ça s’est terminé par un mariage ça m’a toujours semblé une forme d’abus. Pour ce qui est des accusations de Dylan Farrow, il y a eu deux enquêtes de police qui ont conclu qu’il n’y avait pas matière à poursuite. Et on ne parle pas ici d’enquêtes superficielles.

    Mais à moins que je ne m’abuse, contrairement à Polanski, il n’y a pas plusieurs femmes qui ont dénoncé Allen au cours des dernières années. N’empêche que Ronan Farrow reste convaincu que sa soeur n’a rien inventé. Le fait qu’il a réussi à faire plier Hachette en dit beaucoup sur l’influence qu’il a gagné avec son travail pour exposer les crapules d’Hollywood.

    Pour ce qui est de la cancel culture…Je vous invite à écouter l’entrevue de Caroline Fourest qui donne à réfléchir:
    « Une œuvre a le droit d’être plus grande que son auteur »

    https://t.co/lGc3jtBzi3

    1. Toile dit :

      Xniden
      Je partage avec vous la notion d’abus de pouvoir mais je mets une réserve : si il n’y a pas eu d’accusations au criminel c’est parce que la notion hors de tout doute était absente ce qui ne se contredit aucunement en la véracité de la chose. Méchant dilemme.

      1. xnicden dit :

        Vous avez le mot juste, dilemme. Trancher la question n’est pas facile.

  26. Apocalypse dit :

    @xnicden – 19:21

    ‘« Une œuvre a le droit d’être plus grande que son auteur »’

    J’adore! Merci! 👏👏👏

  27. ducalme dit :

    @Achalante

    La mentalité anglo-saxonne, c’est :

    «  »Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
    Par de pareils objets les âmes sont blessées,
    Et cela fait venir de coupables pensées. »
    Le Tartuffe, III, 2 (v. 860-862)

    Dès qu’il est question de sexe, il faudrait lapider tous les hommes.

    C’est requérir un châtiment alors qu’il n’y a que de vagues allégations.

    Si Polanski ou tout autre a commis des actes qui engagent sa responsabilité pénale, qu’on l’accuse et qu’on le juge et s’il est coupable, qu’on lui impose une sentence, mais tant que cela n’est pas fait, qu’on lui fiche la paix.

    Les Anglo-saxons (Royaume-Uni, Canada-anglais, États-Unis, Irlande) sont passés maîtres dans l’art des exécutions sans procès.

    C’est devenu le lynchage médiatique autrefois réservé aux Afro-américains.

    Le Québec est-il à l’abri ?

    1. xnicden dit :

      Quand même, le mouvement Metoo a exposé des actes et comportements abjects. Certains sont de nature criminelle et d’autres non. Je ne plaiderai jamais pour qu’on élargisse la notion d’acte criminel mais qu’il y ait un prix à payer pour certains autres gestes me semble juste.

    2. Achalante dit :

      Polanski *a* été jugé coupable aux États-Unis. Il s’est sauvé en Europe avant que la sentence ne soit prononcée, pour ne pas aller en prison. S’il remet les pieds aux États-Unis, il sera arrêté.

      Vous disiez?

  28. Lecteur_curieux dit :

    L’homme a été récompensé? Oui mais cela n’enlève rien au génie de son oeuvre.

    Ensuite c’est difficile ces histoires d’agression mais il faut dénoncer dès le départ dès les premiers actes commis et aider les victimes à le faire et les protéger.

    Bien des gens ont dû être silencieux tout en sachant des choses d’autres auraient dû s’en douter.

    C’est comme Jean Vanier dans un tout autre domaine on le croyait un bon modèle… Et sin oeuvre reste bonne.

    Je ne sais pas ce qui se passe. Des gens ont des démons intérieurs et avec une situation de pouvoir ou de notoriété ils vont abuser d’autrui ?

    L’occasion fait le larron ?

    Des prédateurs peuvent aussi être des gens sans notoriété aucune ni argent ni célébrité.

  29. Lecteur_curieux dit :

    C’est quand même triste quand on veut avoir des inspirations, des héros ou autres dans divers domaines mais au final ce sont des salauds.

    Mais pas tous quoique certains cela peut être resté secret.

    Le génie créatif peut être obsessif mais encore si ces gens commettent des actes criminels qu’ils soient punis comme les autres.

    Par contre retirer les oeuvres ? Est-ce que l’oeuvre n’appartient qu’à l’artiste ou à toute la population ?

    Mais ici on ne parle pas de censurer ou interdire son cinéma mais de ne pas éditer, publier une bio.

  30. FlorentNaldeau dit :

    @Toile
    Il est certain que la dynamique familiale des Allen-Farrow rend difficile pour un observateur externe de se faire une idée nette de ce qui s’est réellement passé. L’hostilité est à son comble (il faut avoir entendu Mia dans certaines entrevues) tandis que les enfants et autres parents se sont divisés entre les deux camps. La seule chose dont on soit certain c’est que les enquêtes policières ont conclu qu’il n’y avait pas matière à poursuite criminelle.

    @Lecteur_curieux, 20h15
    Que la censure soit préalable ou intervienne après la publication, ça reste de la suppression. Et l’autobiographie d’un auteur fait partie de son œuvre.

  31. CBT dit :

    Ce n’est pas rare que des personnes riches et célèbres échappent à la justice, comme par hasard, les charges sont abandonnées ou le procès se termine en leur faveur, tout va dans ce sens comme dans le cas de O.J. Simpsons, le soleil brille toujours pour eux.

  32. Mariette Beaudoin dit :

    Peut-être faudrait-il obliger les auteurs de ces abus sexuels de verser la totalité de leurs gains à des organismes fiables qui viennent en aide aux victimes ?

    Ça ferait réfléchir les coupables présents et futurs.

    De plus, ça ne punirait pas les familles des gens qui ont travaillé très fort à faire éclore ces oeuvres dans les industries du cinéma et de l’édition. Et ces derniers, pour un temps, pourraient encourager la relève à la place afin de ne pas répéter la même mésaventure.

  33. Boozadvisor dit :

    Un débrayage spontané est un magnifique symbole et résultat d’une grande solidarité.
    Jamais je ne pourrais m’en indigner.
    Ça démontre l’importance et la force du nombre.

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