Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

Pour une raison qui en gêne plusieurs, l’Association des correspondants de la Maison-Blanche a invité Donald Trump à prendre part à son dîner annuel, qui aura lieu samedi, en tant qu’« invité d’honneur ». Trump, qui a boycotté cette soirée depuis son tout premier mandat, a accepté l’invitation le 2 mars dernier, précisant sur Truth Social que les dirigeants de l’organisation lui avaient demandé « très gentiment » de les honorer de sa présence. Il s’était jusque-là refusé de se joindre aux convives de ce dîner en invoquant l’hostilité présumée à son endroit de ceux qu’il traite de tous les noms, y compris de menteurs, de traitres et d’ennemis du peuple.

Lundi, plus de 250 anciens journalistes de télévision et de la radio, dont Dan Rather, Ann Curry et Sam Donaldson, ont adressé une lettre aux organisateurs du dîner, les exhortant « à démontrer fermement leur opposition aux efforts du président Donald Trump visant à piétiner la liberté de la presse », liberté dont la défense est la raison d’être officielle de ce dîner.

« Ce ne sont pas des temps normaux », peut-on lire dans la lettre, « et il ne peut y avoir de statu quo où la presse se lève pour applaudir l’homme qui l’attaque quotidiennement. »

Les signataires de la lettre ne trouvent pas suffisante l’action envisagée par certains journalistes, à savoir le port de pochettes de costume ou d’épinglettes portant les mots « Premier amendement », référence à l’amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté de presse. En évoquant ce mode de contestation, le commentateur conservateur anti-Trump Charlie Sykes a utilisé le mot « pitoyable ».

Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche, a publié en mars cette déclaration pour justifier l’invitation à Trump : « Depuis plus de 100 ans, les journalistes de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche partagent une soirée avec le président, un dîner qui célèbre le Premier amendement tout en soutenant notre travail, notamment par des prix récompensant l’excellence journalistique et des bourses destinées à aider la prochaine génération de reporters qui, un jour, seront ceux qui poseront des questions à la Maison-Blanche. Nous sommes heureux que le président ait accepté notre invitation et nous nous réjouissons de l’accueillir. »

Trump n’en sera pas à son premier dîner de l’Association des correspondants de la Maison-Blanche. Avant d’être élu à la présidence, il y a effectué un certain nombre de présences, y compris lors de cette fameuse soirée où Barack Obama s’est moqué de lui. Certains font remonter à cette humiliation sa décision de briguer la présidence en 2016, mais l’idée l’obsédait depuis les années 1990.

Trump sera accompagné de sa femme Melania. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le président de la Commission fédérale des communications Brendan Carr, qui piétinent le Premier amendement de façon régulière, seront également présents lors de ce qui pourrait ressembler à un dîner de cons. Il est certain que les blagues de Trump, un des orateurs de la soirée, les feront se tordre de rire. Peut-on croire que des journalistes les imiteront ?

(Photo capture d’écran)

35 réflexions sur “Un dîner de cons samedi soir à Washington ?

  1. Pierre Belley dit :

    Ils ont la chienne. Peut être que les femmes vont se tenir debout et en payer le prix.

  2. Charlot dit :

    Qui osera dire, suite à sa prestation, « Le roi est nu ». Ah j’oubliais, ils porteront une affichette de protestation 🙄

  3. gl000001 dit :

    A surveiller : Hegseth et le bar. Hegseth et les jeunes journalistes féminines. Hegseth et les journalistes mâles plus musclés que lui. Carr devrait avoir besoin de garde-du-corps car il est l’ennemi de bien des gens à ce banquet. Ca va être un beau party !!

    1. Gerhard dit :

      Il manque Kash Patel. Un autre abonné au bar.

      1. Haïku dit :

        @gl000001
        RE:
        « Carr devrait avoir besoin de garde-du-corps car il est l’ennemi de bien des gens à ce banquet »
        ——
        Exact !! 👍
        Je n’aurais su mieux dire !

  4. passionate1a762133ce dit :

    Donald est-il capable d’autodérision? Aura-t-il la bonne idée de faire écrire ses blagues par quelqu’un de compétent en la matière? À suivre.

  5. Duduche dit :

    Combien de membres de la gICEstpao accompagneront Corrompu-47, sa potiche et ses lèches-bottes? Eux, ils s’y connaissent pour refroidir une ambiance que le patron n’apprécierait pas.

    1. ICE va s’occuper de ceux qui ne riront pas – ou pas assez fort — aux blagues (ou insultes) de DT. Lutnik va bien s’en tirer alors. Il ne sera plus en danger d’être limogé.

      1. Haïku dit :

        MDR !! 😎

  6. Charlot dit :

    À bien y penser, ça va être une très belle soirée. Les amis de Trump passeront la soirée dans la gnôle et les journalistes présents la finiront tous en tôle! Génial, non?

    1. Charlot dit :

      ´´taule’´🙄 Maudite gnôle

    2. Rignolera bien qui rigolera le dernier ! 😉

  7. Layla dit :

    «  l’organisation lui avaient demandé « très gentiment » de les honorer de sa présence. »

    Très gentiment du genre les 🤞dans le dos, en espérant qu’il refuse.

    Ça risque d’être très malaisant, quoique j’ai l’impression que le temps est révolu de « l’apaisement du bébé lala » les alliés ont donné l’exemple.

    Être une journaliste, je ne prendrais pas de chance j’amènerais une paire de bouchons pour ne pas l’entendre lui et ceux qui l’accompagneront.

    1. Achalante dit :

      Ou peut-être qu’ils espèrent le faire mourir d’apoplexie en le ridiculisant en public? Ça ne serait pas un meurtre, puisque le ridicule ne tue pas! Et puis, comme il ne connaît pas la honte, il ne pourra pas mourir de ça non plus. Donc, juste sa pression qui est montée, montée, montée… jusqu’à ce qu’il pète au fret! « Décédé de causes naturelles. » 🤣

  8. Pierre.s dit :

    —————

    Ca ne peut que mal finir, PeDonald est un stupide de haut niveau incapable
    d’autodérision, égo fragile et incapacité chronique à comprendre les moindres
    subtilités.

    De l’autre coté, des médias intimidés, frustrés et surtout craintifs des représailles
    d’une présidence aux instincts criminels qui cherchera à se venger à la moindre
    occasion,

  9. lechatderuelle dit :

    faut solidement manquer de tout ce qu’il faut pour inviter son intimidateur…
    C’est fou comment la soumission est devenue « respectable » et normale…

    Tous les médias et leurs artisans sont coupables de leur situation.
    Comme tous les Universitaires sont coupables de la couardise des institutions…
    Comme les scientifiques qui ont baissé les bras sont aussi responsables du chaos qui ralentira plusieurs domaines….
    Comme le bon peuple qui se cherche des excuses, attend Godot, rêve les yeux ouverts mais surtout regarde ailleurs…

    Ça risque d’être navrant de voir cette hypocrisie en veston cravate, ricaner sans joie et avaler les boulettes de poison distribuées par leur gros Président toujours en place par leur lâcheté…

    Spectacle décadent.
    Il faudrait au dernier acte, voir Brutus sortir des coulisses…

  10. lechatderuelle dit :

    Aux journalistes donc, de boycotter l’événement… s’ils ont un peu d’orgueil.

    Y’a des limites à être lâches….

    1. MarieFrancineF dit :

      Exactement !

  11. Haïku dit :

    « Nous sommes heureux que le président ait accepté notre invitation
    et nous nous réjouissons de l’accueillir. »
    (Weijia Jiang, présidente de l’Association des correspondants)
    ———
    Non mais….. Wow !!!!
    😅😂🤣🙈🙉🙊

    1. MarieFrancineF dit :

      Sont vraiment tous très atteints !!!!

  12. PATlecamer dit :

    C’est une scène presque surréaliste qui se prépare. Un événement censé honorer le rôle du journalisme qui déroule les honneurs à celui qui a bâti une partie de sa carrière politique en s’en prenant précisément à ce métier !

    Voir le Trumpeur célébré dans ce cadre, est non seulement PARADOXAL, mais aussi révélateur d’un milieu qui, malgré les tensions affichées, reste profondément attaché à la proximité avec le pouvoir. On appelle cela une tradition ; en réalité, cela ressemble surtout à une incapacité chronique à rompre avec certains réflexes.

    En outre, la manière dont les journalistes eux-mêmes gèrent ce malaise est intrigant. D’un côté, des figures respectées montent au créneau pour DÉNONCER la situation. De l’autre, on voit émerger des formes de contestation presque symboliques, comme si l’essentiel se jouait désormais dans des gestes discrets plutôt que dans des prises de position claires. Cela donne l’impression d’un corps professionnel partagé entre LUCIDITÉ et RETENUE, comme s’il hésitait à aller au bout de ses propres convictions.

    Cela dit, la présence du 47e n’a rien d’un geste d’apaisement. Elle marque plutôt une inversion du rapport de force. Il ne vient pas pour se rapprocher d’un milieu qu’il critique, mais pour occuper un espace qu’il a contribué à fragiliser. Et c’est là que la situation devient presque ironique. D’où la question, qui n’est plus vraiment de savoir qui, dans la salle, trouvera cela amusant, mais POURQUOI un tel moment continue d’exister dans ces conditions, comme si tout le monde jouait un rôle dont plus personne n’est dupe.

    1. MarieFrancineF dit :

      Paradoxal…comme dans sommeil paradoxal ?
      Ce moment où le cerveau est très actif, mais le corps est paralysé…
      Sont tous comme des chevreuils affolés devant les phares du gros autobus du donald et sa gang d’imbéciles heureux !
      Pathétique…car on peut bien avoir peur mais rester lucides et courageux !

      1. PATlecamer dit :

        Marie

        J’aime bien l’image du sommeil paradoxal, mais je dirais qu’on est passé à un stade encore plus avancé : le SOMNAMBULISME institutionnel.

        Ça bouge, ça parle, ça applaudit parfois… mais personne n’est vraiment sûr d’être réveillé.

        Et ton autobus lancé à pleine vitesse avec le Trumpeur au volant, c’est assez juste — sauf que les “chevreuils”, eux, ont une excuse : ils n’ont PAS invité le véhicule… Là, on a plutôt des gens qui ont envoyé le carton d’invitation, préparé le tapis rouge… et qui découvrent au dernier moment que le klaxon est un peu agressif.

        Le plus drôle — ou le plus inquiétant, selon l’humeur — c’est cette capacité à trembler tout en maintenant le protocole. Une sorte de courage sous anesthésie : on voit très bien le PROBLÈME, mais on tient absolument à rester ÉLÉGANTS pendant l’impact.

      2. MarieFrancineF dit :

        @Pat
        Heim…les étasuniens adorent le cinéma…à grands déploiement…les héros….et les films qui finissent bien.

        PS: j’adore les chevreuils !!
        ;o)

  13. Syl08 dit :

    Peu importe ce qu’il y aura d’écrit pour son intervention, Trump finira par dire que les élections de 2020 étaient truquées, que l’économie n’a jamais été aussi bien, qu’il a mis fin à 48 guerres, qu’il est le plusss meilleur des prez, que les journalistes sont des pas fins, etc. Bref, tout le monde sur place va se retrouver au bar avec Pete pour éviter d’entendre ce discours usé à la corde.

  14. loulaf dit :

    Oh boy! Un dîner de cons! C’est le cas de le dire!
    Quand nous savons tous que le gros clown peut se permettre de rire de tout le monde , même des infirmes… Mais lui, ne supporte pas la moindre petite  » joke » à son endroit.

    Le ou la journaliste qui se permettra de le faire, sera barré ( e) à vie à la MB.
    Les journalistes peuvent s’ attendre à tout , suite à ce dîner…

  15. Gilles Morissette dit :

    L’Association des correspondants de la MB devrait avoir honte de s’être lamentablement écrasé devant le salopard qui foule aux pieds. et ce, à chaque jour, la liberté d’expression, la liberté de la presse.

    Ils se prosternent devant l’Élu comme un bande de pleutres, de lâches, de lavettes, reniant à peu près tous les grands principes qui constituent les fondements d’une presse libre et indépendante.

    Non, ce ne sera pas un dîner de cons.

    Ce sera un dîner de l’aplaventrisme, de la soumission voire de la trahison. Les journalistes canadiens n’auraient jamais accepté de jouer dans une telle partie.

    Cela vient, hélas, confirmer ce qu’il faut penser de la presse américaine en général. Au nom de « l’impartialité. »(Quelle blague), on édulcore la réalité, on l’embellit, on la « nuance » de crainte de déplaire à l’ESCROC EN CHEF.

    Cette nouvelle est une « claque sur la gueule » à tous les journalistes encore consciencieux qui ont le respect du public et pour qui toute vérité est bonne à dire même si elle déplaît.

    HONTE !!!

  16. jeani dit :

    Un dîner de cons organisé par une association de cons.

    Plusieurs seront payés pour rire, d’autres pour applaudir à tout rompre et certains pour verser des larmes, tout comme en CDN.

    1. Haïku dit :

      @jeani
      Intéressant parallèle ! 👌

  17. Syl08 dit :

    Comme le disait Sol: Les convives, les convives, les cons, vive les cons, vive les cons.

    1. Haïku dit :

      Cré Sol !! 😂

  18. Toile dit :

    J’ai souvent pester contre disons la complaisance des médias à nous alimenter à la Une des lubies et des mensonges de Tofu lors de son premier mandat acchoppant de l’affronter sur ses mensonges, les reléguant quasiment à des anecdotes et contribuant de ce fait à l’implantation des fakes news et par conséquent à nourrir la bête. Une certaine contrition fut faite.

    Combien de fois s’est il acharné sur tel ou tel journalistes, enlever leurs accréditations ? Sans compter les poursuites pour diffamations pour quelques centaines de millions de dollars.

    Mais là inviter son abuseur et je le remercier de sa participation, c’est eux qui s’inscrivent eux mêmes au menu du dîner de cons, en plat principal svp. Le roi Léo a hâte de manger de la viande fraîche. C’est comme s’afficher en syndrome de Stocklom . Il ne s’en privera pas. Et s’il dit des conneries, ils vont applaudir? Le petit macaron ? Une idée de con.

    Faut être lâche, sans grande dignité envers cette profession dont trop de membres ont perdu la vie pour nous donner des images en prime time ou nous rapporter des fois que la simple vérité.

  19. POLITICON dit :

    Il y a quelque chose de bizarre à vouloir accueillir Donald comme un invité d’honneur, comme si l’on pouvait, le temps d’un dîner, suspendre la réalité. Comme si les mots « ennemis du peuple » pouvaient être remisés au vestiaire avec les manteaux, le temps de quelques blagues tièdes et de rires nerveux.

    Soyons sérieux deux minutes : il serait presque surprenant que Donnie se présente réellement. Non pas par humilité — ce mot n’existe pas dans son vocabulaire — mais parce qu’il ne contrôle pas la scène. Or, Trump ne va jamais là où il risque d’être mis à nu, là où le rire ne lui appartient pas. Il préfère les foules dociles, les applaudissements sur commande, les vérités qu’il tord jusqu’à ce qu’elles lui ressemblent.

    Et s’il y va, ce ne sera pas pour tendre la main, encore moins pour apaiser quoi que ce soit. Ce sera pour marquer, jauger, intimider. Une présence calculée, presque clinique. Et il faudra alors observer la salle : ces journalistes, ces gardiens autoproclamés du Premier amendement, assis bien droits, le rire coincé quelque part entre la gorge et la peur. Rire, oui — mais pas trop fort. Applaudir — mais pas trop longtemps. Critiquer — surtout pas.

    Car Trump ne tolère qu’une chose : l’adhésion. Tout le reste appelle la punition. On l’a vu avec Jimmy Kimmel, avec Stephen Colbert — peu importe ici la mécanique exacte, le message est clair : ridiculisez-moi, et vous deviendrez la cible. Dans son monde, l’humour n’est pas une soupape démocratique, c’est un crime de lèse-majesté.

    Alors ce dîner ? Peut-être un bal des faux-semblants. Peut-être une démonstration d’aplaventrisme en direct, où certains riront plus fort qu’ils ne le pensent pour mieux sauver leur place. Et le lendemain, qu’en restera-t-il ? Une autre salve contre les médias. Une autre preuve que la proximité n’achète ni le respect ni la clémence.

    Parce qu’au fond, il ne s’agit pas d’un dîner. Il s’agit d’un rapport de force. Et dans ce rapport de force, Trump ne cherche pas à être aimé — il veut être craint.

  20. Radamanthe dit :

    Des cocus contents…

    1. 430a dit :

      Des cocus contents, et consentants rendus là!

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