Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

C’était à l’époque où la première édition des journaux du soir sortait bien avant que les résultats électoraux ne soient connus. Qu’à cela ne tienne : le 2 novembre 1948, en se fiant au consensus ambiant à Washington ainsi qu’aux derniers sondages, Arthur Sears Henning, correspondant et analyste politique du Chicago Daily Tribune, écrivit que les premiers résultats indiquaient que le gouverneur républicain de New York Thomas Dewey allait défaire facilement le président démocrate Harry Truman. D’où cette manchette du Daily Tribune que Truman prit un malin plaisir à brandir au lendemain d’une des plus grandes surprises électorales de l’histoire américaine, thème de la troisième et dernière campagne de financement de ce blogue en 2024.

Truman remporta 303 grands électeurs contre 189 pour Dewey et 39 pour le candidat ségrégationniste Strom Thurmond. La course entre Truman et Dewey avait quand même été plus serrée que ne l’indiquaient ces chiffres. En effet, si Dewey avait remporté un peu moins de 1 % des votes de plus en Californie, en Illinois et en Ohio, il aurait gagné l’élection. Et la manchette erronée du Daily Tribune n’aurait pas passé à l’histoire.

Comme quoi ce n’est pas d’hier que les sondeurs et les experts se trompent.

Ce qui nous amène à faire le point sur notre campagne de financement en cours. Comme l’indique le thermomètre ci-contre, nous avions presque atteint la moitié de l’objectif fixé au début de cette troisième journée, ce qui est fort encourageant. Or, comme cette troisième journée est souvent la plus creuse de la campagne, je vous encourage tous et toutes à défier cette tendance et à apporter votre contribution à l’instant même ! Et un grand merci à tous ceux et celles qui sont déjà passés à l’action.

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22 réflexions sur “Contribuez à ce blogue, jour 3

  1. Pierre Belley dit :

    Moi c’est fait ! Bonne journée !

  2. NStrider dit :

    Iran crise des otages

    Je ne parle pas ici d’une surprise d’octobre classique mais d’un événement qui a bousillé les chances de Carter de se faire réélire et a mis Regan au pouvoir. C’est sous son règne que s’est installé un climat et des idées qui ont été les précurseurs de ce qu’est devenu le parti républicain actuel.
    C’était le début de la dérive marquée vers la droite du parti et la naissance du mythe du « trickle down ». Le supposé ruissellement vers le bas des passes-droit accordé aux plus riches, aux corporations et aux institutions bancaires.
    Ruissellement qui ne s’est jamais matérialisé mais qui a forcé d’être répété ad nauseam par les républicains fait maintenant parti de la psyché collective de nos voisins.

    La « crise des otages en Iran » a vraiment été un des facteurs principaux de la défaite de Jimmy Carter lors de l’élection de 1980 face à Ronald Reagan.

    En novembre 1979, des militants iraniens ont attaqué l’ambassade américaine à Téhéran et ont capturé 52 Américains, qu’ils ont gardés en otage pendant plus d’un an. Pendant tout ce temps, Carter n’a pas réussi à les libérer. Ça donnait l’impression qu’il n’était pas assez fort pour régler la situation. Beaucoup de gens ont commencé à le voir comme un président inefficace.

    En avril 1980, Carter a autorisé une mission militaire, appelée « opération Eagle Claw », pour essayer de sauver les otages. Mais cette mission a tourné au désastre : plusieurs hélicoptères sont tombés en panne, et un accident a coûté la vie à huit soldats américains. Ce fiasco militaire a renforcé l’idée que Carter n’était pas capable de gérer des crises importantes.

    La crise des otages a aussi été un coup dur pour l’économie américaine. Il y a eu une crise pétrolière sur fonds de tension avec l’Iran, ce qui a fait grimper les prix du pétrole et provoqué de l’inflation. Du coup, beaucoup de gens étaient mécontents de la manière dont Carter gérait à la fois l’économie et la situation internationale.

    J’achetais ma première maison en 1980 et j’étais bien content de bénéficier d’une reprise d’hypothèque à 10,5%.
    L’expression à la mode chez les économistes était « stagflation ».

    Sous la loupe des 13 clés de Lichtman la candidature de Carter a pris une sérieuse débarque.
    Pas surprenant que Reagan ait su utiliser cette crise à son avantage. Il a critiqué Carter en disant qu’il était trop faible et a promis qu’il serait un président beaucoup plus fort. Il a aussi promis de redonner du prestige aux États-Unis dans le monde. Beaucoup de gens ont commencé à croire que Reagan pourrait mieux gérer ce genre de problèmes.
    Les otages ont finalement été libérés le jour même où Ronald Reagan est devenu président, en janvier 1981. Même si les négociations avaient commencé sous Carter, cela a donné l’impression que l’Iran attendait que Carter parte avant de libérer les otages, ce qui a encore plus renforcé l’idée que Reagan serait un président plus respecté.

    Et c’est ce concours de circonstance qui a mis la table à ce que nous connaissons aujourd’hui.
    Entre les Reaganomics et les politiques fiscales du « project 2025 » je ne vois pas beaucoup de différences fondamentale.
    Entre le discours du 45, celle de Reagan en 80 et celle du candidat à la chancellerie allemande sur la nécessité d’avoir un homme fort au pouvoir pour redresser la situation économique, contrôler les « races »inférieures, l’image du pays et la capacité de rétablir la gloire d’antan, je ne vois pas beaucoup de différences.

    J’espère, mais j’ai de forts doutes étant donné la faiblesse de leur système d’éducation, que nos voisins se souviennent des leçons de l’histoire.

    1. Madalton dit :

      Nixon avait fait la même chose en 1968 en faisant échouer le plan de paix de L.B. Johnson avec le Vietnam pour ne pas que les démocrates de Humphrey remportent l’élection. Johnson avait, comme Biden, décidé de ne pas se représenter et son VP Humphrey était le candidat démocrate. Voir l’affaire Chennault. Toujours les républicains qui négocient par en-dessous pour gagner des élections (Nixon, Reagan et Trump sur l’entente bipartisane sur l’immigration et ses négociations avec des dirigeants étrangers).

      https://www.politico.com/magazine/story/2017/08/06/nixon-vietnam-candidate-conspired-with-foreign-power-win-election-215461/

    2. Jehan Lambert dit :

      Bonjour NStrider,

      Voici un extrait qui explique que Reagan a négocié avec l’ayatollah Khomeini pour que les otages soient libéré dès qu’il entrerait en poste:

      « La « Surprise d’octobre » est le surnom donné à une hypothèse en rapport avec la libération en janvier 1981 des 56 otages américains détenus depuis novembre 1979 à l’ambassade des États-Unis en Iran, et selon laquelle l’entourage de Ronald Reagan aurait négocié secrètement avec les Iraniens pour empêcher la libération des otages avant l’élection présidentielle d’octobre 1980, à laquelle il est candidat, afin que cette heureuse surprise ne bénéficie pas à Jimmy Carter, son rival et président sortant.

      De fait, Reagan remporte la victoire, et les otages sont libérés douze minutes après son discours inaugural. L’accord passé entre l’ayatollah Khomeiny et Reagan aurait porté sur une reprise de la livraison d’armements à l’Iran en échange d’une libération tardive des otages, afin de désavantager Carter qui avait essuyé un revers cuisant lors de l’opération commando en avril 1980 pour les délivrer. »

      -Source Wikipedia

  3. freddyf1977 dit :

    Fait 🙂

  4. Gilles Morissette dit :

    Aucun médias, même les plus tendancieux, malhonnêtes, tordus, n’oseraient aujourd’hui faire une telle chose. Pas mal intéressant ce que raconte M. Hétu sur ce qui s’était passé en Californie, Illinois et Ohio et comment l’Histoire aurait pu être différente.

    Ça me fait penser à ce qui est arrivé en 2016. Quelques votes de différences dans certains États Clés ont permis à Diaper Don de remporter la victoire, et ce, même si au final Clinton avait remporté le vote populaire.

    J’aime bien la phrase du post de M. Hétu qui dit que » Comme quoi, ce n’est pas d’hier que les sondeurs et les experts se trompent ». Cela pourrait bien être semblable à ce qui pourrait se passer cette année. Sondeurs et experts prédisent une élection serrée et cela pourrait être un « landslide »

    1. Orphee dit :

      Je repose ma question ici sur la fiabilité des sondages à l’heure de la désinformation … pourquoi est-ce que les sondages en seraient pas affectés eux aussi?? Difficile de s’y fier en tout cas, moi je pense que la surprise ça va être un balayage bleu !!

  5. Treblig dit :

    On commence à voir clair de la distorsion dans les sondages. Des sites, comme RCR sont des agglomérations des sondages qui sont exécutés durant la semaine passée. Sauf qu’il y a pléthore de petites firmes de sondages de la droite, dont les fameux Rasmussen et Trafalgar, qui biaisent ainsi les résultats pour donner l’impression d’une lutte serrée.

    Ce qui n’est pas le cas. Harris caracole en tête largement.

    Alors pourquoi les démocrates laissent faire ? Je soupçonne que ça fait leur affaire. Les démocrates sont difficiles à convaincre d’aller voter et , malheureusement, leurs succès reposent entièrement sur un haut taux de participation. Si votre candidat est largement en tête, ou largement perdant, vous n’irez pas voter ( surtout les hommes). Alors maintenir le suspense d’une course serrée est un bon motivateur.

    1. Treblig dit :

      Correction pas RCR mais RCP.

      À propos, RCP donne ce matin : L’avance du RCP de Trump est de 312 à 226 grands électeurs . Ce qui est absolument hilarant . Mais bon j’aurai raison seulement que le 6 novembre au matin mais gardez ce chiffre en tête.

      1. gl000001 dit :

        Je ne garde pas ces chiffres en tête. Ca me fait trop peur.
        Mais je suis d’accord avec vous. DT va perdre par beaucoup. Tsé, le sondage qui donnait DT en avance en Pennsylvanie mais qui ne tenait pas compte de Philadelphie …

        Et les démocrates n’ont pas été difficile à convaincre d’aller voter en 2018, 2020, 2022 et dans plusieurs élections « complémentaires » depuis 2020. Ils ont presque tout gagné.

    2. MarcB dit :

      « Les démocrates sont difficiles à convaincre d’aller voter »
      Exact!

      Les électeurs démocrates sont plus jeunes. Ils travaillent, vont à l’école, vont porter leurs enfants à la garderie, doivent aller au garage faire poser les pneus d’hiver, etc… Il faut qu’ils trouvent du temps pour aller voter. Au Canada, les entreprises sont obligées d’accorder un bloc de 4 heures durant les ouvertures des bureaux de scrutin. Ce n’est pas le cas aux USA, sauf peut-être dans quelques états.

      Les gens plus vieux (65+) sont généralement plutôt républicains, et n’auront autant de contrainte familiale ou professionnelle. Aller voter est une « activité sociale ».

      2022
      18-29 ans : +37% dem
      30-49 ans: +7% dem
      50-64 ans: +11 rep
      65+: +14% rep
      *https://www.pewresearch.org/politics/2023/07/12/voting-patterns-in-the-2022-elections/

      2016 (% de ceux allant voter)
      18-29 ans : 43%
      30-44 ans: 57%
      45-59 ans: 66%
      60+: 71%
      *https://ourworldindata.org/grapher/voter-turnout-rate-by-age-usa

      Donc, oui il faut faire peur aux jeunes pour qu’ils se bougent le cul et aillent voter!!!

    3. orphee dit :

      C’est exactement ce que je crois: c’est une bonne affaire pour les démocrates que les sondages montrent une course serrée !!

  6. Gilles Morissette dit :

    HS

    C’est le moment de rire un peu avec un autre désopilant clip de la série « This Week In The Republican Party », gracieuseté de Lincoln Project »

    https://www.youtube.com/watch?v=KN_l21TRq24

    1. Haïku dit :

      @Gilles Morissette
      Hilarant !! 🤣
      Merci du partage !

    2. gl000001 dit :

      « I love cows » !!!! Mort de rire !!!!! 🤣🤣🤣🤣🤣🤣

      1. Haïku dit :

        😎 !!!

    3. Snoopy dit :

      OMFG! Les ost… de bozos avec des croix gammée sur un canal (surement en Floride!), absolument ahurissant… Je suivrais ces crétins avec une vedette équipée d’un lance-torpille ou mieux, des Exocets. I hate Florida Nazis!!!

      1. Capitaine B dit :

        Il faudrait que la Russie envahisse la Floride pour la dénazifier!

  7. simonolivier dit :

    L’élection de 1960 me vient à l’idée pour ce qui est des surprises et ce, pour plusieurs raisons. Pour la première fois de l’histoire, le Président en poste, Eisenhower, ne pouvait se représenter pour un troisième mandat à la suite du passage du 22ieme amendement en 1951. Pour la première fois de l’histoire, les 50 états participaient à l’élection d’un Président et pour la dernière fois le District of Columbia n’y participait pas. Pour la première fois, le gagnant, JFK, remporta moins d’états que le perdant et VP en poste, Richard Nixon.

    Les sondages donnaient Nixon gagnant mais avec des marges très faibles. JFK l’a emporté par la deuxième plus faible marge de victoire au scrutin général soit 0,17%.

    JFK a remporté l’élection mais ce qui est surtout ressorti de cette élection sont les avancements sociaux qui ont résulté de la Présidence de JFK suivi de celle de Lyndon Johnson dont le Civil Rights Act, le Voting Rights Act et la déségrégation scolaire issue du CRA.

  8. Rosaire Thibaudeau dit :

    Ca a été une bévue historique pour la fameuse firme Gallup de prédire la victoire de Dewey. Gallup a quand meme continue longtemps de faire des sondages électorales. Jusqu’à 2012(?) ou la firme abandonna complètement les prédictions électorales pour ne faire que des sondages d’opinion “soft”.

  9. probert dit :

    Les manchettes des journaux du 6 novembre vont aussi faire l’histoire quelque soit le résultat de l’élection. Il est cependant très possible qu’il faille attendre un jour ou deux pour être certain du gagnant.

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