Le blogue de Richard Hétu

L'Amérique dans tous ses états

« Depuis quelques jours, on a pu voir et entendre une belle série de répliques assassines dans le cadre de débats entre candidats aux plus hautes fonctions de l’État », écrit André Sormany en référence au thème de la deuxième campagne de financement de ce blogue en 2024. « Il y a peu, on nous présentait le débat présidentiel où Valéry Giscard d’Estaing “recadrait” Mitterrand en lui assénant qu’il n’avait pas le monopole du coeur. Mitterand s’est bien repris en 1988 alors qu’il affrontait cette fois le Premier ministre Jacques Chirac. »

« Alors que ce dernier voulait inspirer un peu d’humilité au “candidat” Mitterrand, celui-ci utilisa sa répartie comme un fleuret pour asséner une botte finale au prétendant », ajoute notre commentateur. Voici une transcription de l’échange en question, suivie de la vidéo :

François Mitterrand : « Je ne fais aucune observation particulière sur votre façon de vous exprimer, vous en avez le droit… Moi, je continue à vous appeler “monsieur le Premier ministre”, puisque c’est comme cela que je vous ai appelé pendant deux ans, et que vous l’êtes. Eh bien, en tant que Premier ministre, j’ai constaté que vous aviez de très réelles qualités, vous n’avez pas celles de l’impartialité, ni du sens de la justice dans la conduite de l’État. »

Jacques Chirac : « Permettez-moi juste de vous dire que, ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats à égalité et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. »

François Mitterrand : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre ! »

À partir de 30:16 de la vidéo ci-dessous :

Merci à André Sormany pour le souvenir de cette petite phrase dont l’effet perdure. Et merci aussi à tous ceux et celles qui nous rapprocheront de l’objectif de cette campagne au cours des prochaines heures. Le thermomètre ci-contre illustre où nous en étions au début de cette avant-dernière journée de campagne. Un effort soutenu sera nécessaire pour atteindre le but visé d’ici vendredi soir. Et merci à tous ceux et celles qui ont déjà fait leur part !

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(Photo capture d’écran INA)

13 réflexions sur “« Mais vous avez parfaitement raison, monsieur le Premier ministre »

  1. Pierre Laberge dit :

    Pas capable de contribuer car il y a un bug avec le code postal…il est refusé à chaque fois !

    1. onbo dit :

      @Pierre Laberge

      Le logiciel nous case comme des citoyens écrivant depuis la France, leur code est 31. Vous écrivez CANADA et le tour est joué. Votre code postal sera reconnu. bonne chance. 🙂

  2. Chicpourtout dit :

    Oui, il y a comme cela des phrases que l’on n’oublie pas. Elles restent gravées dans nos esprits longtemps.

    Anecdote: durant mes études universitaires, une de mes bonnes amies avait choisi une tout autre discipline au sein d’une autre faculté.
    Un jour elle se voit offrir un mandat de travail de recherche et d’organisation.
    Elle amorce donc son mandat pétillante d’énergie, pleine d’enthousiasme.
    De nature discrète et plutôt introvertie, arriva le jour où elle devait enfin présenter les fruits de son labeur…
    Elle rencontre donc son patron, ce cher Maitre universitaire… et elle lui résume au mieux le corpus.
    « C’est tout?  » lui dit-il…
    « He… oui, vous avez ici la synthèse du programme. Oui, tout y est… » Et d’enchainer, « Vous savez, j’ai l’habitude d’être toujours assez discrète. »
    « Je sais… » lui répond-il. Assurez-vous tout de même à l’avenir de développer davantage. »
    « Ah bon, lui répond elle… »
    « Cela est préférable Mlle car dans le cas présent, ma femme vous dirait que la modestie et l’humilité sont les vertus des ratés…. »

    Inutile de vous dire que mon amie a terminé son mandat et s’en rappele encore 40 ans plus tard…

  3. ducalme dit :

    Lors de ce débat, François Mitterrand a déclassé Jacques Chirac.

    Il était totalement présidentiel alors que Jacques Chirac était l’apprenti.

    Mitterrand est un phénomène politique.

    Il a d’abord servi le régime de Vichy sous Pétain, décoré de la francisque , puis est devenu socialiste, a combattu le référendum sur l’élection du présent de la République au suffrage universel et est finalement devenu lui-même président la République pendant deux septennats, de 1981 à 1995, le seul sous la Vè République à avoir réussi cet exploit.

    Sur le plan personnel, Francois Mitterrand a réussi à l’époque à mener une double vie parallèle tant avec sa femme, Danielle Mitterrand qu’avec sa maîtresse, Anne Pingeot, avec qui il a eu sa fille Mazarine.

    Tous les médias le savaient, mais personne n’en parlait.

    Charles Pasqua, son adversaire politique, mais son ami, raconte même que Mitterrand promenait fièrement sa gamine en landau aux Jardins du Luxembourg à l’occasion.

    Jusqu’au jour où Paris-Match a publié ses premières photos.

    https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Quand-Paris-Match-publiait-la-premiere-photo-de-Francois-Mitterrand-et-sa-fille-Mazarine-1096577

    Les deux femmes étaient même à l’enterrement du Président, au bord de la fosse,

    Voici un court résumé de cette histoire d’amour.

    ***https://tinyurl.com/bdhvam5v

    Le 25 juin, à 21 heures (15 heures HAE) aura lieu le débat des législatives entre les trois premières têtes de liste, Gabriel Attal (Renaissance), Jordan Bardella (RN) et Manuel Bompard (Nouveau Front populaire).

    Le débat devrait être intéressant car chaque tête de liste a ses forces et ses faiblesses.

    Le problème sera peut-être pour les modérateurs Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray qui sont pourtant parmi les meilleurs de France.

    Attal est pris en étau entre l’Alliance RN-LR et le Front populaire, alors que Bardella et Bompard sont en collision frontale.

    C’est sur TF1, mais d’autres chaînes peuvent s’jouter.

  4. PLesage dit :

    Imaginez de discours et ces répliques toutes en subtilité avec l’un des candidats américains… Nah! oubliez ça.

  5. Ziggy9361 dit :

    Nous avons ici la preuve ici que des adversaires politiques peuvent discuter de façon civilisé après-tout ce qu’ils veulent c’est recevoir l’approbation de là population. Au bout de la ligne c’est la population qui décide et c’est de cette façon que ça doit se passer dans un pays démocratique, sauf aux États-Unis où un des deux seuls partis national a perdus ses repères au profit d’un usurpateur sans scrupule.

  6. constella1 dit :

    Un autre grand acteur que l’on perd

    Cet homme de 88 ans ,mariée en troisième noces à une Québécoise est demeuré realativement actif jusqu’à la fin .
    Il habitait le Canton de Stantead,en Estrie depuis près de trente ans

    L’acteur Donald Sutherland s’éteint
    https://lp.ca/v4LuXg?sharing=true

  7. Haïku dit :

    HS, quoique…
    Puisque la « canicule » politique est devenue très « hot » aux States,
    et même ici au Québec, en France et sur l’ensemble de la planète….
    Permettez donc une riposte musicale plutôt rafraîchissante:

    Il s’agit de la merveilleuse Hélène Grimaud qui interprète Ravel au piano:
    https://youtu.be/NRTWLQ4nI6Q?si=QCxKAZDOgjlcnZ5f

    🎶❤️

  8. Che Sausage dit :

    Merci Haïku pour cet enregistrement. 🙂 Ravel n’arrive pas en tête des compositeurs que je préfère au piano, mais il n’est pas loin (les Russes ont toujours eu ma préférence). J’ai en tout cas le souvenir d’avoir vraiment pris mon pied à chaque fois que j’ai eu à le travailler (Sonatine, La Vallée des Cloches, Ma Mère l’Oye, À la manière de… Borodine, Le Tombeau de Couperin).

    Me souviens de la Sonatine, je devais jouer ça pour un examen. Je commande la partition au magasin de musique et le vendeur m’appelle pour que je puisse venir la chercher, juste quelques heures avant mon cours de piano. Je vais chercher la partition, je rentre chez moi, je déchiffre le truc vite fait et je file au cours. Mon prof qui me fait jouer le morceau pour la première fois et, une fois que j’ai fini « tu l’as déjà travaillé ? ». Moi : « Non, j’ai récupéré la partition cette après-midi, j’ai juste joué vite fait avant de venir pour voir un peu à quoi ça ressemblait ! ».

    Il y a de ces morceaux comme ça où il se crée naturellement une espèce de connexion, une communion non seulement intellectuelle mais aussi physique. C’était un peu la même chose avec À la manière de… Borodine mais c’est venu un peu plus tard.

    Ce que je me réserve pour la suite : Le Gibet et Oiseaux Tristes.

    D’ailleurs, sur youtube, il y a un enregistrement de Oiseaux Tristes (et du Gibet) par Richter dont je ne me lasse jamais, à des années-lumière des autres interprétations.

    Pour Oiseaux Tristes : *https://www.youtube.com/watch?v=dvVfqAordyY
    Pour le Gibet : *https://www.youtube.com/watch?v=vRQF490yyAY

    (je tente les étoiles devant les liens en espérant que ça passe).

    1. Haïku dit :

      @Che Sausage
      Merci pour les liens.
      J’adore ! 🎶👍

      1. Che Sausage dit :

        Bonjour Haïku,

        Ravi que cela te plaise. On ne risque jamais grand-chose avec Richter, même s’il était réputé pour taper pas mal de fois à côté, les interprétations sont toujours éblouissantes. J’avoue qu’avec ces deux-là, on touche la perfection.

        Avec Oiseaux Tristes, Ravel avait voulu évoquer, je cite, « des oiseaux perdus dans une sombre forêt aux heures les plus chaudes de l’été ». Et figure-toi qu’à chaque fois que j’entends l’interprétation de Richter, j’ai limite un coup de chaleur, probablement doublé de ce que je pense être du spleen ! 😀

        Et pour Le Gibet, dont le simple nom est déjà très évocateur, mais qui ne remet pas forcément les choses dans le contexte, ce sont d’autres sensations qui m’envahissent.

        Tu le sais certainement, mais chaque pièce de Gaspard de la Nuit est précédée d’un poème d’Aloysius Bertrand. Je ne résiste pas à l’envie de reproduire ici celui qui est en préambule du Gibet :

        Ah ! ce que j’entends, serait-ce la bise nocturne qui glapit, ou le pendu qui pousse un soupir sur la fourche patibulaire ?
        Serait-ce quelque grillon qui chante tapi dans la mousse et le lierre stérile dont par pitié se chausse le bois ?
        Serait-ce quelque mouche en chasse sonnant du cor autour de ces oreilles sourdes à la fanfare des hallali ?
        Serait-ce quelque escarbot qui cueille en son vol inégal un cheveu sanglant à son crâne chauve ?
        Ou bien serait-ce quelque araignée qui brode une demi-aune de mousseline pour cravate à ce col étranglé ?
        C’est la cloche qui tinte aux murs d’une ville, sous l’horizon, et la carcasse d’un pendu que rougit le soleil couchant.

        Tu ne seras pas étonné d’apprendre qu’en écoutant Richter, j’aie toujours en tête la scène d’un pendu dont la peau asséchée se craquelle, qui se balance, la lueur du soleil couchant, les oiseaux qui viennent se nourrir sur son presque cadavre. Si tu as déjà eu l’occasion de voir la partition, il y a tout au long du morceau deux si bémol espacés d’une octave et qui résonnent à intervalle régulier. Cela me fait immanquablement penser, quand je les entends, au balancement du pendu. Il faut en plus savoir que ces deux notes (de ce que j’ai pu voir, j’ai fait un déchiffrage rapide seulement, à ce stade) ne se jouent pas systématiquement avec la même main. Et chaque main doit donc gérer cette fameuse note en plus d’une mélodie. Alors techniquement, c’est redoutable, il faut réussir à jouer ça de manière très régulière, pianissimo et Richter réussit ça admirablement. Il a cette facilité en plus à faire chanter chaque voix distinctement et c’est si parfait que je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu beaucoup de pianistes avoir un tel contrôle. Horowitz et Rachmaninoff bien sûr. Mais à ce niveau, c’est à peu près tout je pense.

  9. Duduche dit :

    H.S.: l’équipe de Jimmy Kimmel a réalisé une hilarante publicité parodique pour le café de Rudy Giuliani: https://youtu.be/8raYmdcaWo8?t=484

    1. Haïku dit :

      Hilarant !!! 😂🤣
      Merci du partage .

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